Kentucky straight : Chris Offutt

Titre : Kentucky straight

Auteur : Chris Offutt
Édition : Gallmeister Totem (03/03/2018)
Édition Originale : Kentucky straight (1992)
Traducteur : Anatole Pons

Résumé :
« Personne sur ce flanc de colline n’a fini le lycée. Par ici, on juge un homme sur ce qu’il fait, pas sur ce qu’il a dans la tête. Moi, je chasse pas, je pêche pas, je travaille pas. Les voisins disent que je réfléchis trop. Ils disent que je suis comme mon père, et maman a peur que peut-être ils aient raison. »

Ce sont des histoires de mineurs et de sorciers, de joueurs et de cultivateurs de marijuana, des contes tragiques et étranges enracinés dans le réel.

Le Kentucky est vu et raconté sans le vernis de la nostalgie : une petite communauté anonyme des Appalaches, trop petite pour être qualifiée de ville, un endroit où réclamer une éducation scolaire est la marque d’une arrogance impie et chercher de l’eau avec une baguette de coudrier, une occupation normale et légitime ; où chasser n’est pas un sport mais un moyen de survie.

Critique :
Ce petit recueil de nouvelles met en scène des loosers de chez loosers, tous issu du Kentucky, qui, au vu de que je viens de lire, ne possède pas beaucoup de lettrés !

D’ailleurs, là-bas, terminer ses études et être intelligent, c’est assez mal vu. Être instruit aussi, passer ses examens, être Noir…

Un fameux ramassis de frappadingues, de zinzin de la religion, de tarés à aller pendre tant leur pouvoir de réflexion vole plus bas que le derrière d’un cochon.

Pas un à sauver, hormis quelques uns qui se démarquent de tous ces autres largués de l’existence possédant 2 neurones.

Ici est le territoire de nos fameux Hillbillies ! Et l’auteur nous propose 9 tranches de vie de ces gens qui ont un mode de vie et de pensée particulier.

Sans de chichis, sans fioritures, sans enjoliver ou présenter ses récits avec des circonstances atténuantes, l’auteur nous décrit sa région et ses gens, tels qu’ils sont, avec un réalisme qui fleure bon la fiction tant il nous semble impossible qu’il y ait encore des gens qui se comportent ainsi.

Malheureusement, avec des nouvelles, il y aura toujours un goût d’inachevé, un goût de trop peu, un goût de « J’en voudrais encore s’il vous plait » car j’aurais aimé savoir ce qui allait se passer ensuite pour certains personnages auxquels j’ai réussi à m’attacher en si peu de pages (Junior et Vaughn, surtout).

Dans ces pages, exit le rêve américain, exit les bienfaits de l’éducation nationale et de l’éducation tout court. La croissance économique les a oublié, l’Amérique aussi, même la Bonne Fée doit être en grève ou les bouder tant la misère sociale et intellectuelle est immense chez eux.

Les histoires contées pourraient même être banales tant elles sont simplissimes (une partie de poker, un camion embourbé, un examen à passer, une partie de chasse qui tourne mal, une voiture désossée…).

Ce qui en fait des histoires à faire froid dans le dos, c’est la manière dont Offutt les raconte : plantant ses décors en y incorporant ses personnages avec leur manière de vivre, de penser, de réfléchir, de vivre…

Des histoires simples, mais des histoires noires. Une réalité sociale qui fait froid dans le dos car elle n’est pas issue de la fiction ou du cerveau fécond d’un auteur, mais juste un simple reflet de la réalité.

À savourer avec un alcool fort afin de faire passer le pilule.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019) et le Mois Américain chez Titine (Septembre 2018).

Publicités

27 réflexions au sujet de « Kentucky straight : Chris Offutt »

  1. Oh… moi le Kentucky… ce que j’en connais… c’est surtout le gras et les os de poulet frits dans la panure qu’on te vend dans des seaux tout rouges avec la tête d’un vieux barbu que je confond souvent avec le père Noël maintenant qu’en j’ai la vue qui baisse… et j’aime pas trop… au point de me méfier de tout ce qui vient de là bas! 🙄 Chuis d’un snob des fois avec mon earl grey et mes spongebob cakes! 🧐

    Aimé par 1 personne

    • J’ai déjà vu ces cartons remplis de poulets qui n’avaient pas l’air très catho mais fort antibio et élevés en gros. Bref, que du scato ! Quand à son père Nowel d’inventeur, j’ai vu un peu trop sa gueule durant les pubs de TF1 version foot. Pas envie de bouffer ses poulets !

      Sinon, un p’tit noir, même si ce n’est pas ta tasse d’earl grey souchong… 😆

      J'aime

  2. Ping : Billet récapitulatif du mois américain 2018 | Plaisirs à cultiver

    • Je te laisse les deux breuvages ! Je préfère la boisson qui a la couleur de l’alcool mais qui n’en est pas. Bien que je vais arrêter d’un boire car elle contient le fameux colorant E150d, le pire des colorant à base de sucre (ammoniaque rajoutée, entre autre, pour ôter l’horrible goût de sucre brûlé). Moi qui pensait que sa couleur « urine trouble » indiquait qu’elle contenait le E150a, le moins pire… je vais peut-être boire du Jack, pour finir !

      J'aime

  3. Ping : Knockemstiff : Donald Ray Pollock | The Cannibal Lecteur

  4. Ping : Bilan n° 2 du challenge Polar et Thriller du mois de septembre 2018 | deslivresetsharon

  5. Ping : Bilan du Mois Américain – Septembre 2018 | The Cannibal Lecteur

  6. Ping : Bilan Livresque Mensuel : Septembre 2018 | The Cannibal Lecteur

  7. Ping : Bilan #3 du challenge polar et thriller session 2018 | deslivresetsharon

  8. Ping : Bilan #4 du challenge polar et thriller 2018 | deslivresetsharon

C'est à votre tour d'écrire !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.