Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique]

Titre : Un avion sans elle

Auteur : Michel Bussi
Édition : Pocket (07/03/2013)

Résumé :
Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ?

Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule.

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…

Critique (celle de Stelphique juste sous la mienne):
Si vous êtes à la recherche d’un bon page-turner, d’un roman qui vous colle aux doigts car vous ne pouvez plus le lâcher avant de savoir le mot de la fin, ce livre est fait pour vous.

Certes, on me dira que ce n’est pas un possible Goncourt, que c’est juste un thriller bien foutu, addictif, le genre qui est excellent pour emmener à la plage.

Effectivement, on ne va pas révolutionner la littérature et ci ce roman est parfait pour lire sur une plage, je préciserai, néanmoins, qu’il vaut mieux le lire de préférence là où il n’y a pas de marées, c’est plus prudent.

Je ne voudrais pas avoir sur la conscience la noyade de Babéliottes qui auraient suivi mon conseil et, plongés dans cette lecture, en auraient oublié que la mer, elle monte !

Ce qui joue sur l’addiciton, c’est la manière dont est construit le récit car dès les premiers moments, on se sent happé par le mystère avec les dernières lignes écrites par le détective, Crédule Grand-Duc, avant qu’il ne se tire une balle dans la tête.

Oui, moi aussi je trouve qu’il devrait y avoir des lois afin d’interdire à des auteurs de nommer leur personnage avec des noms qui ne font pas sérieux, qui ressemblent à un totem scout et qui, selon moi, enlève le caractère sérieux au récit en donnant au lecteur l’impression que le détective principal est un bouffon.

Tant que j’en suis à vous parler des personnages, mon autre coup de clavier ira au fait que certains étaient plus que caricaturaux (Malvina, Marc et Lylie, surtout) et trop figés dans leur comportement, comme si les événements, les faits, ne les changeaient pas un peu au fil de l’histoire.

De plus, on se retrouve avec un combat des méchants riches contre les gentils pauvres. D’accord, les riches ne sont pas des adorables Bisounours, ils n’ont pas fait leur fortune en bouffant des arc-en-ciel et en chiant des papillons, mais bon, un chouïa de modération et moins de clichés auraient apporté un peu plus de nuances aux personnages et à leurs situations sociales.

Anybref, je ne vais pas non plus bouder mon plaisir de ce triple looping sans les ceintures attachées et sans parachutes non plus car l’auteur a construit son récit de manière à nous tenir en haleine durant 570 pages, sans que l’on s’emmerde une seule seconde, jouant avec le suspense en coupant habillement le fil de l’histoire pour revenir sur un autre point, un autre protagoniste.

Niveau mystère, on est servi comme en première classe, il n’y a pas de gras, pas trop de sucre, tout est dosé, même si Bussi rajoutera de la crème chantilly sur le final, juste pour nous voir y foutre nos doigts dedans et les relécher avec gourmandise. Il nous le devait bien, après nous avoir balancé dans des tas de trous d’air et de cabine dépressurisée.

Alors oui, ce ne sera pas la révolution dans la littérature, la plume de l’auteur étant « normale » (comme un ancien président, mais en mieux), sans fioritures, sans poésie. Une écriture simple qui ira droit au but, c’est déjà pas mal, je trouve.

Niveau construction, c’est bien agencé, le suspense est maintenu et les révélations fracassantes se feront au fur et à mesure, après quelques coups de mystères qui deviendront des coups de tonnerre lorsque nous en saurons plus.

Malgré le fait de la construction et du mystère bien caché, j’ai tout de même compris ce que l’auteur avait derrière la tête et ce que Crédule Grand-Duc avait vu, par le plus grand des hasards, après 18 ans d’enquête. Moi, je ne l’avais pas vu, n’ayant pas le journal sous les yeux, mais j’ai compris à un moment donné que…

Un livre que j’ai dévoré, tel Lance Armstrong lancé comme un fou dans le Mont Ventoux et qui n’a même pas remarqué que ça montait un peu. Ma pauvre binômette de LC, ma fée Stelphique, a fini sa lecture, dégoutée par mon rythme de malade (comme d’habitude) et pas aussi conquise par le roman qu’elle l’aurait souhaité. Nous avons les mêmes reproches…

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019).

Synopsis : 

Lyse-Rose ou Emilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapé d’un crash d’avion, un bébé de 3 mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les média ont baptisée Libellule. Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’histoire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, le lecteur est entraîné dans une course haletante jusqu’à ce que les masquent tombent…


Ce que j’ai ressenti :

  • Un vol plutôt réussi…

On peut dire que Michel Bussi m’a encore bien eu avec ce thriller! Cette histoire d’avions et les ailes de son intrigue m’ont transportée dans une affaire de famille fracassante. Ailes et Elle.

ELLE, c’est une Libellule qu’on voudrait s’arracher. Elle, cet être fragile aux ailes abîmées, volette frénétiquement, d’un secret à un autre plus lourd encore… Elle qui cherche à se construire entre ses deux partis, qui se disputent la lumière au fond de ses yeux bleus. Elle, qui porte deux possibles, deux chemins diamétralement opposés, deux choix du cœur.

Alors, cette expédition vers la Vérité ne se fera sans quelques heurts et sacrifices… Un page-turner efficace!

Oh, libellule
Toi, t’as les ailes fragiles,
Mais, moi, j’ai la carlingue froissée…

  • Des turbulences nommées Désir…

Le désir peut prendre plusieurs formes, et ne se contrôle pas, la plupart du temps… Michel Bussi explore toutes les lignes du désir, quitte à frôler des lignes ambiguës, qui pourrait mettre mal à l’aise. Des frontières dans les mœurs, entre les pays, au sein de la famille, au cœur de l’amour: un vol plané au dessus des sentiments humains qui n’était pas de tout repos…

Et peut être à trop vouloir que le lecteur choisisse un « camp », j’ai trouvé que certains éléments manquaient de subtilités et tiraient beaucoup en longueurs… Et il a eu aussi des scènes qui m’ont un peu dérangée, même si elles servent l’intrigue, j’ai été un peu déçue par ses turbulences : les riches trop riches avec le mauvais rôle, les pauvres trop pauvres avec le meilleur rôle, l’héroïne trop parfaite que tout le monde envie, les méchants trop méchants et prêts à tout…

Finalement, on me l’avait fortement conseillé mais, ça ne sera pas le coup de cœur attendu de mon coté, sans doute parce que j’avais trop d’attentes…

« Ils auraient dû se méfier, il faut toujours se méfier des sourires. »

  • Heureusement, j’ai pris l’avion avec elle… 

Je parle bien sûr, de ma binômette, qui, comme de par hasard, l’a lu sans escale, et à vitesse grand V !

Dans l’ensemble, j’ai passé un bon moment de lecture puisqu’il était partagé, mais ça ne sera pas, un de ceux qui m’auront marqué. J’ai été surprise par le twist final, comme d’habitude, ça c’est l’élément qui caractérise les thrillers de cet auteur, et à chaque fois, je salue cette originalité.

Il y avait quand même, une curiosité permanente pour cette petite libellule et des petits instants de poésie qui ont rendu ce voyage agréable…

« Le cerf-volant comme un fil tendu entre tous les enfants de la planète : juste un peu de vent, rien besoin d’autre. 
L’art d’apprivoiser le ciel, juste pour rire. »

Ma note Plaisir de Lecture    7/10

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36 réflexions au sujet de « Un avion sans elle : Michel Bussi [LC avec Stelphique] »

  1. Ping : Un avion sans elle, Michel Bussi (LC avec Cannibal Lecteur.) | *****Mon féerique blog littéraire!!!!!*****

    • Nous étions à une époque où les tests ADN n’existaient pas encore !! Pas con l’auteur 😉 Une fois qu’on a su en faire un, on l’a fait mais on ne te dit pas le résultat de suite et on te fait des cachoteries… héhéhéhé

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      • bin si c’est 20 ans avant 2018 oui cela existait..c’etait assez lourd et long…mais cela existait…..lol….apres si c 20 ans avant 1945….oui lala je suis d’accord…;)
        Le test de paternite le plus vieux que je connaisse…1980, pour prouver que anna Anderson n’etait pas la grande Anastasia (les tests ont ete faits en 1980 precis sur des bouts de tissus)…;)

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        • Années 80… mais parents carbonisés dans l’avion… je ne m’y connais pas en test ADN, mais dans l’histoire, ce n’est que bien plus tard que le détective au nom débile magouillera pour récupérer un peu de sang de Lillie mais l’auteur se gardera bien de nous donner le résultat et lorsqu’il le donnera, il le fera de manière à conserver le suspense…

          Je ne me souvenais plus du test ADN de celle qui se disait fille des Roumanov…

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            • Je sais, je me suis déjà embêtée avec des détails bêtes !! Mais là, j’avoue, je n’ai pas fait des recherches pour savoir quand le test ADN est devenu « abordable » et « faisable »… j’ai lu dans une critique 1987… alors oui, ils auraient pu en faire un mais voilà, l’auteur voulait nous mener jusqu’au bout de ses pages 😆

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              • Bon j’avoue c’est mon domaine d’etudes…j’ai fait beaucoup de biologie moleculaire a l’universite avant de me lancer dans l’ecophysiologie vegetale….mais la vie est faite ainsi que maintenant je travaille pour mon homme qui est dans la genetique des pops….alors j’en ai extrait des ADNs ces derniers temps….alors ce detail est disant flagrant pour moi….lol

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                • Évidemment, tu étais en terrain connu, toi !! Un peu comme moi comme lorsque dans un épisode de Holmes à la Granada, on me présente un jeune cheval de course entièrement blanc… chose qui n’arrive que lorsque les chevaux prennent de l’âge… un jeune cheval de 4 ans ne sera jamais blanc immaculé… Ils commencent brun (poulain) puis migrent vers un poil gris pommelé avant, en prenant de l’âge, de devenir blanc. Bon, déjà qu’un cheval de course gris, c’est vachement rare ! Mais un blanc… mais faut le savoir pour repérer la faute ! 😆

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  2. Je l’ai lu il y a des annees et franchement, je ne m’en souviens plus a part cette impression de deception. Je me souviens que je le trouvais un peu long par endroits et la du coup pour un page turner, si tu trouves ca long c’est que l’auteur t’a perdue en route…

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    • Ouille, tu titilles ma curiosité, toi ! Bon, si on voulait, on pourrait aussi le démonter, le négativer, mais mon but était de passer un chouette moment lecture et ressentir l’adrénaline, rien de plus. Des fautes, des erreurs, il y en a sans aucun doute, des bémols, j’en ai trouvé aussi, mais ne cherchant rien de plus que le divertissement, du TF1 en quelque sorte, ça passe. Si j’avais pensé lire du ARTE, j’aurais été déçue.

      À quoi ça tient…

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    • Oui, ils sont légions, les clichés et autres, mais comme je voulais un roman pour me distraire, j’ai été moins déçue que ceux qui y entraient avec des attentes… Quand tu ne cherches rien de plus que du TF1… tu en as pour tes sous avec ce roman ! 😀

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