L’Appel de la forêt (L’Appel sauvage) : Jack London

Titre : L’Appel de la forêt (L’Appel sauvage)    big_5

Auteur : Jack London
Édition : Hachette

Résumé :

C’est le plus grand livre que London aura consacré au monde du froid, mais c’est beaucoup plus que cela : par-delà l’aventure du chien Buck, rudoyé et humilié par la chiennerie humaine et qui choisit de retourner à la libre vie de ses frères loups, c’est le plus bel hymne que le grand écrivain américain ait composé à la gloire du monde sauvage.

Michel Le Bris a tenu à préfacer cette édition d’un texte à ses yeux capital, que les lecteurs de langue française, aussi étrange que cela paraisse, n’ont pu lire longtemps que dans une édition incomplète et peu fidèle.

Sous un titre enfin conforme à l’original (The Call of the Wild), une redécouverte qui sera, pour le plus grand nombre, une véritable découverte.

Malmené et humilié par les humains, le chien Buck, après quelques aventures bien propres à glacer d’effroi le lecteur, décide de s’en retourner à la vie libre de ses frères loups…

Le plus bel hymne que London ait consacré à la vie sauvage – dans une traduction nouvelle enfin conforme à l’original.

Critique : 

Voilà un livre avec peu de dialogues, retraçant toutes les péripéties d’un chien de sang-mêlé, nommé Buck, enlevé, qui va devoir apprendre à survivre, se laisser aller à la loi du plus fort, apprendre à se débrouiller par ses propres moyens (car il est devenu, malgré lui, un chien de traineau) et qui est palpitant ! L’eusses-tu cru ?

Buck au départ, il vit tranquillos chez son maître, le juge Miller, dans la vallée ensoleillée de Santa Clara. Pas de chance pour lui, on a trouvé de l’or dans le Grand Nord et puisqu’on a besoin de chiens grands et forts pour tirer les traineaux et que le jardinier a le vice du jeu, il le vole et le vend.

Voilà notre grand chien mêlé (avec du Saint-Bernard dans ma version et du Terre-Neuve dans d’autre, mais dans les films aussi, la race change) qui est embarqué pour une sacrée aventure sans billet de retour !

Son voyage et son arrivée dans le Grand Nord le déroute car il se retrouve confronté à un environnement naturel dont il n’a pas l’habitude : le froid, la neige, la faim,…

Sans compter qu’ici, les hommes et les autres chiens ne se comportent pas comme il en avait l’habitude dans sa vallée ensoleillée. Ici, tout n’est que brutalité.

Pour survivre, va falloir s’adapter, devenir rusé, réfléchir… C’est l’homme au pull rouge qui va le transformer en le battant comme un plâtre. Buck comprend ce qu’il doit faire pour survivre dans ce milieu hostile où personne ne vous fait de cadeaux, ni les hommes, ni les chiens.

Il devra faire attention et se méfier des hommes…

Un fameux et bien dur apprentissage de la vie pour ce chien attachant. Et ensuite, le reste se fera dans des conditions encore plus dantesques que celle de l’homme au pull rouge et au bâton. Là, il devra s’accrocher et apprendre à se battre, retourner aux instincts de ses ancêtres, les loups…

Durant tout le livre, nous suivons les pensées de Buck, ses défis, son apprentissage, tout ce qu’il comprend, apprend, bref, tout ce qui le pousse à se surpasser jusqu’à ce qu’il se révèle comme le leader naturel de l’attelage des chiens de traineau, le big boss incontesté au sein de cette meute. Oui, Buck aime tirer le traîneau et il se sent « utile ».

Buck n’est pas un imbécile, il assimile la méthode et s’adapte aux conditions difficiles à vitesse grand V. La force est avec lui, il a de l’intelligence et lorsqu’il veut devenir calife à la place du calife, il n’hésitera pas une seconde car ce qu’il convoite, c’est la place de chien de traineau de tête ! Oui, ce cannis lupus a de l’ambition.

Dans ce récit, l’homme n’a pas le plus beau rôle (hormis un, sur la fin, Jack Thornton) : toutes les grandes douleurs de Buck et ses désillusions, c’est aux hommes qu’il les doit.

Ses premiers maîtres, François et Perrault, sont sévères mais justes et on ne peut pas dire qu’ils ne prennent pas soin de leurs chiens. Que du contraire, ils sont organisés et s’occupent des chiens avant de s’occuper d’eux-mêmes.

Leurs aventures seront palpitantes et je sentais le froid du Grand Nord me flageller les joues.

Buck aurait été heureux avec eux, hélas, il passera ensuite (suite à une vente) chez des autres qui n’auront pas le soucis du bien-être de leurs bêtes. « Qui veut voyager loin, ménage sa monture » mais pour eux, rien à faire, on cravache les chiens.

Mon coeur s’est serré cette fois-là, une fois de plus… Mais ma douleur n’était encore rien face à ce qui l’attendait ensuite : un trio familial inexpérimenté, cruel et suicidaire. Eux, aucune organisation, les néophytes total !

C’est sa rencontre avec Thornton qui le sortira de sa vie de chien de traîneau qui n’avait plus aucune saveur.

Là, on sent que Buck change, apprend à faire confiance, qu’il aime son nouveau maître. Thornton le respecte et Buck transcende vers un autre animal.

Pourtant, durant tout le récit, on sent bien que Buck est intrigué par les hurlements des loups qu’il entend dans la forêt, on sent qu’il veut répondre… Il le fera, timidement, puis, de plus en plus régulièrement. Mais ses attaches avec Thornton sont fortes et il restera avec lui, jusqu’au jour où un événement malheureux ne lui brise ses dernières chaînes…

Maintenant, il peut répondre à l’Appel de la forêt et de ses ancêtres… et je n’ai pu empêcher mon petit coeur d’artichaut de se serrer.

Jack London nous livre ici une aventure canine et épique, celle d’un chien courageux, follement attachant, bien que féroce. Un voyage canin qui sonne comme une véritable quête de soi dans un Grand Nord hostile où il faut survivre si on veut vivre.

Un Grand Nord si bien décrit et un récit bien rythmé où l’ennui n’existe pas. Un livre à découvrir.

L’Appel de la forêt (The Call of the Wild), c’est aussi un film américain, adapté et réalisé par William A. Wellman, sorti en 1935, avec le beau Clark Gable dans le rôle de Jack Thornton.

Ce fut aussi un film britannique réalisé par Ken Annakin en 1972, avec le grand Charlton Heston dans le rôle de John Thornton.

Livre lu dans le cadre du Challenge « Totem » par Liligalipette (catégorie « Loups »), du Challenge « Romans Classiques » de Métaphore et du Challenge « La littérature fait son cinéma – 3ème année » de Kabaret Kulturel.

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