Shutter Island : Dennis Lehane

Shutter Island - Lehane (2)

Titre : Shutter Island

Auteur : Dennis Lehane
Édition : Payot et Rivages (2006)

Résumé :

Shutter Island est un îlot au large de Boston où un hôpital psychiatrique semblable à une forteresse accueille des pensionnaires atteints de troubles mentaux graves et coupables de crimes abominables.

Un matin de septembre 1954, le marshall Teddy Daniels et son équipier Chuck Aule débarquent sur cette île pour enquêter sur l’évasion de Rachel, une patiente internée après avoir noyé ses trois enfants.

Dès leur arrivée, les deux policiers perçoivent l’étrange atmosphère de ce lieu clos. Ils comprennent vite que personne ne les aidera dans leur mission et ils se posent plusieurs questions : quel rôle jouent sur l’île les médecins qui dirigent cet hôpital et quelles méthodes expérimentent-ils sur leurs patients ?

À quoi sert le phare qui domine l’îlot et dont l’entrée semble inaccessible ?

Persuadés que l’évadée a bénéficié de complicités, les deux marshalls vont ruser pour découvrir tout ce qu’on leur cache mais un message codé laissé par Rachel les enfonce davantage en plein mystère.

Petit à petit, ce drame fait ressurgir chez Teddy des éléments de son passé : il a connu la douleur de perdre sa femme dans un incendie criminel.

Mais lorsque Chuck Aule découvre que le pyromane responsable des malheurs de son collègue se trouve interné sur l’île, il s’interroge sur Teddy : celui-ci est-il venu pour enquêter ou pour se venger ?

POLAR - shutter-island-bCritique : 

Ma deuxième fois avec Lehane fut tout aussi réussie que ma première, pourtant, le livre partait avec un gros handicap puisque j’avais vu le film de Martin Scorsese, avec le bô Léonardo Di Caprio.

« Mon dieu ! Elle savait la fin » se disent avec effroi tous ceux qui ont lu le livre.

Oui, je connaissais la fin, malgré tout, cela n’a pas entamé mon plaisir durant lecture, bien que j’aie eu peur de ne pas apprécier le livre étant donné que j’avais moyennement aimé le film.

En fait, j’avais trouvé le film un peu touffu (monsieur Scorsese, si vous me lisez, j’implore votre pardon pour ce que je viens de dire) et je n’avais pas tout capté, surtout la fin.

Le film était sombre et j’avais décroché quelques fois, la faute sans doute aussi à la mauvaise qualité de film téléchargé. Oui, punie.

Par contre, durant ma lecture, je vous avoue que j’avais le palpitant à 100 à l’heure et ma visite sur l’île me laissera quelques séquelles psychologiques. L’avantage des livres sur les films, c’est que nous sommes actifs.

Lehane joue avec nous comme un chat avec une souris, nous faisant croire que nous allons en réchapper, mais que dalle !

Il le fait si bien (je parle de l’écriture) qu’à un moment donné, j’étais à fond dans l’histoire, sursautant à chaque rebondissements que nous apprenait le marshall Teddy Daniels, avant de me secouer en me disant « Imbécile, tu connais la fin, pourtant ».

Si ça c’est pas un talent digne d’un grand auteur…

Pire : malgré tout, j’ai tout de même senti le coup de pied au fondement à la fin parce là, faut avouer que c’est grandiose ! En plus, cerise sur le gâteau, j’ai enfin compris le film !

Alléluia !

PS : petit avantage, durant ma lecture, j’avais Di Caprio qui se promenait dans ma tête. Avouez qu’il y a pire…

Titre lu en Lecture Commune avec Liliba et faisant partie aussi des Challenges « Thrillers et polars » chez la même et

CHALLENGE - 77158541_pCHALLENGE - Lectures communesCHALLENGE - La littérature fait son cinéma 1

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Mercy Thompson – Tome 5 – Le grimoire d’argent : Patricia Briggs

Titre : Le grimoire d’argent

Auteur : Patricia Briggs
Édition : Milady (2010)

Résumé :

Mercy ne cracherait pas sur quelques jours de vacances. Après avoir passé les derniers mois à tenter d’échapper aux griffes de la Reine des Vampires, elle découvre que le grimoire des faes est tombé dans de très mauvaises mains : les secrets qu’il renferme sont sur le point d’être révélés.

Ce qui n’est pas du goût de tout le monde. Non contente de devoir régler cette crise majeure, Mercy a des problèmes personnels : sa maison a brûlé, son ami Samuel file un très mauvais coton et on lui reproche les dissensions apparues au sein de la meute.

Elle va devoir faire preuve de la plus grande diplomatie… pas facile quand on est sous pression !

Critique :

Bien que ce cinquième tome commence plus lentement que les autres, je ne me suis pas ennuyée.

Certes, l’enquête de Mercy passe au second plan, mais l’auteur nous en apprend un peu plus sur le monde des faes et surtout sur Samuel, le loup-garou, qui traverse une grosse crise de dépression.

Appréciant beaucoup Samuel, cela m’a fait mal de le découvrir dans cet état.

Son loup a pris le pouvoir et il reste dans cette forme, avec tous les dangers que cela comporte pour les autres, même pour Adam, puisque Samuel aime bien Mercy. La testostérone est encore bien présente.

Mercy, fidèle à elle-même, s’occupe de tout résoudre : elle prend Samuel chez elle, elle aide Adam dans ses problèmes de meute, enquête sur la disparition du fae, de sa caravane qui a explosé,… Bref, seule une femme a la capacité de résoudre autant de problèmes à la fois.

Evolution aussi du point de vue relationnel entre Mercy avec Adam…. ça m’a fait plaisir, tiens.

Adam n’a pas l’air, mais dans le fond, il a un coeur et sa sensibilité est bien présente. Un homme comme lui, on en redemande. Maniant avec brio la fermeté avec ses loups, la douceur avec sa fille et mélangeant les deux pour Mercy.

Ce que j’ai apprécié, c’est qu’il doute. Oui, Adam a peur d’échouer dans sa relation avec Mercy et du fait que c’est un dur à cuire, sa carapace s’effrite. Ce qui n’est pas bon lorsqu’on est un Alpha.

Lorsqu’Adam se retrouve seul avec Mercy, il se dévoile plus, et, même s’il reste un dominant, il essaye de faire en sorte de satisfaire ses désirs.

Je n’approfondirai pas cette partie du roman, laissant la chose à Adam, si vous voyez ce que je veux dire…

Bref, vous comprenez que je ne me suis pas embêtée avec tout ce qui se passe entre les différents personnages, les problèmes de meute, Mercy qui doit se faire respecter,…

Pour finir, j’en avais oublié l’enquête au sujet de la disparition du fae. Et tout à coup, bardaf, ça revient et l’enquête prend un autre tournant. Suspense, suspense !

Le final est grandiose, inattendu. Une belle évolution du personnage, une belle évolution du style de l’auteur.

Pas de regret d’avoir commencé la série.

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette et « Thrillers et polars » de Liliba.

 

Mercy Thompson 3 – Le baiser du fer : Patricia Briggs

Titre : Le baiser du fer

Auteur : Patricia Briggs
Édition : Milady (2009)

Résumé :

« Je retroussai mes babines pour lui donner une bonne vue de mes crocs. J’avais beau ne pas peser plus de quinze kilos sous ma forme de coyote, j’étais néanmoins un prédateur… »

La forme de Mercy Thompson est peut-être changeante, mais ce n’est pas le cas de sa loyauté. Lorsque son ancien patron et mentor est arrêté pour meurtre et abandonné par les siens, Mercy est la seule à vouloir l’innocenter, qu’il le veuille ou non.

Le coeur de Mercy , quant à lui, est à l’image de la nature de sa propriétaire : partagé. il balance entre deux loups-garous. Or, ces derniers ne sont pas réputés pour leur patience, et si elle ne parvient pas à faire un choix, Sam et Adam s’en chargeront peut-être pour elle…

Critique :

Plusieurs meurtres ont eu lieu dans la réserve des Faes et puisque c’était grâce à une arme Fae que Mercy avait réussi à envoyer le vampire André bouffer les pissenlits par la racine (dans le tome précédent), et bien, ils lui demandent d’éponger sa dette et d’utiliser son flair de coyote pour tenter de retrouver  la piste de l’assassin.

Et puisqu’un Lanister… heu, une Thompson paie toujours ses dettes, Mercy va aller coller sa truffe de coyote dans les maisons où ont eu lieu les meurtres, cherchant à isoler une odeur connue.

Tout baigne ? Avec Mercy dans les parages ? NON ! Déjà qu’elle voit des choses qu’elle n’aurait pas dû voir, voilà que de ce petit « reniflage » de piste va découler un nom…

Ensuite, tout va foirer suite au meurtre dont la victime – qui, en plus d’être celui que Mercy a donné le nom à Zee et Oncle Mike – est un humain appartenant à la BFA (le bureau des affaires aux Faes).

Zee se retrouve donc accusé, emprisonné et abandonné par son propre peuple, les Faes ! C’est beau la fraternité ! A croire que ça les arrange bien que l’on accuse Zee et que personne ne fouille dans leurs petites affaires.

Mais attendez, la grosse erreur c’était de penser que Mercy aller rester les bras croisés ! Non, mais, vous ne la connaissez, pas, vous !

Là, c’est sûr qu’elle va fourrer sa truffe et son nez partout dans le but de sauver Zee, son ami.

Pour le sortir de là, elle doit trouver l’assassin des Faes et celui du connard de la BFA.

Une partie de plaisir ? Non, car c’est sans compter l’univers impitoyable de  Daaalllaaaaassss, heu, des Faes ! En plus, leurs Seigneurs Gris sont sans pitié et Mercy a toujours l’art et la manière de foutre tout le monde en rogne et de n’en faire qu’à sa tête.

Le style de l’auteur est simple (sans être péjorative), agréable à lire, elle utilise des mots de tous les jours et nous saupoudre le tout d’humour dans les réflexions de Mercy.

De l’action, de la réflexion, du suspense, un bon cocktail qui ne se prend pas la tête. Si vous cherchez de la haute littérature ou le Goncourt, allez voir ailleurs !

J’avoue que je n’avais pas trouvé le nom du coupable ! Un point Bonux en plus pour ce tome qui m’a fait pousser un « Oh, merde, c’était… ».

C’est aussi dans ce tome 3 que Mercy va mettre fin à ce léger triangle amoureux entre Samuel et Adam (triangle amoureux moins hard que chez la tueuse de vampire Anita Blake).

Bref, une chouette enquête policière au pays, non pas de Candy, mais des loups-garous et des faes, les vampires étant aux abonnés absents dans ce tome.

Titre participant au Challenge « Totem » organisé par Lili Galipette  et « Thrillers et polars » de Liliba.

Druss la légende : David Gemmell [Saga Drenaï 6]

Titre : Druss la légende

Auteur : David Gemmell
Edition : Bragelonne (2002)
Résumé :

Son nom est Druss. Garçon violent et maladroit, il vit dans un petit village de paysans situé au pied des montagnes du pays drenaï.

Bûcheron hargneux le jour, époux tendre le soir, il mène une existence paisible au milieu des bois. Jusqu’au jour où une troupe de mercenaires envahit le village pour tuer tous les hommes et capturer toutes les femmes.

Druss, alors dans la forêt, arrive trop tard sur les lieux du massacre. Le village est détruit, son père gît dans une mare de sang. Et Rowena, sa femme, a disparu…

S’armant de Snaga, une hache ayant appartenu à son grand-père, il part à la poursuite des ravisseurs. Déterminé à retrouver son épouse, rien ne devra se mettre en travers de son chemin. Mais la route sera longue pour ce jeune homme inexpérimenté.

Car sa quête le mènera jusqu’au bout du monde. Il deviendra lutteur et mercenaire, il fera tomber des royaumes, il en élèvera d’autres, il combattra bêtes, hommes et démons.

Car il est Druss, et voici sa légende…

Critique :

Ayant découvert Gemmel par le titre « Légende » que Milady avait publié en format poche, je me suis tournée vers les autres ensuite.

« Druss la légende » était le livre qui venait, dans la chronologie, avant « Légende » et ce livre nous explique comment le paisible mais colérique fermier qu’était Druss est devenu « Marche-Mort » et une légende.

La femme qu’il aimait s’étant fait enlever, il a empoigné la hache Snaga, hache de son grand-père, la « lame sans retour » et à entamé son périple, passant par tous les stades pour gagner un peu d’argent et financer son voyage.

C’est violent, il y a du sang, des têtes tranchées (ou autres parties du corps).

Notre héros n’est pas un gentil chevalier chevauchant sur son fidèle destrier blanc. Non, Druss est un être violent, il n’a pas de peine à tuer. Pourtant, loin d’être un héros parfait, il a ses faiblesses. Le personnage est détaillé, fouillé et on l’apprécie déjà.

Toute sa souffrance, il la ressentira à la fin du livre. Heureux et triste en même temps. Le livre m’avait déjà enchanté, n’ayant pas de temps mort, mais le final, il était encore mieux.

Un grand auteur, qui nous a quitté trop tôt… mais il nous laisse toute son œuvre à découvrir.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

Waylander – Tome 3 – Le Héros dans l’ombre : David Gemmell

Titre : Waylander – Tome 3 : Le Héros dans l’ombre

Auteur : David Gemmell
Edition : Bragelonne (2007)
Résumé :

Waylander est à l’automne de sa vie.
Il cherche désormais la paix, mais les crimes du passé reviennent le hanter… Des créatures de légendes maudites sont de retour pour conquérir le monde dans le sang et la terreur.

Cette fois, aucune armée ne pourra s’y opposer. Seule une poignée de héros avec, à leur tête, un mystérieux Homme Gris, un personnage énigmatique haï et envié pour sa formidable fortune. Un homme aux mains couvertes de sang, qui a tué par conviction et pour de l’argent.
Un homme connu au pays des Drenaï comme le héros assassin. Pour vaincre un fléau éternel, une ancienne énigme doit être résolue… et Waylander, prince des tueurs, devra tuer un homme qui ne peut pas mourir.

Critique :

Non, « le héros dans l’ombre » ne veut pas dire que notre sombre héros, Waylander, se la coule douce sous un palmier à Acapulco ! C’est juste que Waylander est à l’automne de sa vie, comme je vous l’avais précisé à la fin de ma critique du tome 2…

Bon, nous ne retrouvons pas notre héros en train de baver dans un home, édenté, bouffant de la panade insipide et hurlant à tue-tête « Infirmière, y’m’faut faire ! ».

Non, il est plutôt bien loti, notre sombre héros, puisque devenu milliardaire, il a changé d’identité (je ne dévoilerai pas la fin du tome 2 et les raisons qui l’ont fait changer d’identité) et il est devenu l’Homme Gris.

Pas égoïste pour deux sous, il assure lui-même la protection des gens qui vivent syr ses terres et se charge lui-même des pillards qui auraient eu la très mauvaise idée de venir chaparder sur ses terres. Sus aux pilliards.

Ce troisième tome comme d’une manière différente, comme le second l’avait fait et c’est ce qui fait la force de Gemmel : on ne sait pas comment ça va se passer.

La preuve, on est passé de « isolé au fin fond des bois » à « je vis dans un palais entouré de mes larbins ». Enfin, « larbins » est un bien grand mot, notre héros est large dans ses rétributions et le syndicat n’a pas de raison d’être avec un boss tel que lui.

Et qu’en est-il de ses ennemis ? Oublions les pauvres pilliards, ils ne font pas le poids et découvrons les nouveaux méchants qui tiennent plus du surnaturel que du naturel.

Nous sommes loin des assassins classiques des autres tomes : ici, ce sont des magiciens invulnérables et des hordes de démons. Harry Potter n’est même pas là pour lui donner un coup de main, en plus.

Pour pourfendre les démons, il y a les les Rajnees, des samouraïs armés d’épée magiques, les seuls capable de décapiter ces démons.

Je vous l’ai déjà dit, la trame chez Gemmel reste sensiblement la même. Malgré tout, lire ses livres est toujours un plaisir pour moi.

Cette trilogie n’a pas dérogé à ce plaisir, bien qu’elle reprenne des thèmes vu et revu : la horde de démons qui veulent déferler sur le monde, c’est du déjà vu/lu.

Pourtant, j’ai suivi toutes les péripéties de Waylander et je ne me suis pas ennuyée une seconde.

De plus, last but not least, la fin m’a collé un coup de pied au cul parce que totalement imprévisible, absolument fantastique (fallait de la magie) et très belle (et une larme, une).

Malgré toutes ses richesses, il est des choses que l’homme ne peut obtenir, même s’il se nomme Waylander…

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

Waylander – Tome 2 – Dans le royaume du Loup : David Gemmell

Titre : Waylander – Tome 2 : Dans le royaume du Loup

Auteur : David Gemmell
Edition :  Bragelonne (2004)
Résumé :

Il venait d’un enfer de souffrance et entra dans un monde de mort. Dans les monts de Skeln, Dakeyras l’homme des bois et sa ravissante fille Miriel vivent dans la solitude et l’harmonie.

Ils ne savent pas qu’un groupe de guerriers sanguinaires rôde dans les montagnes. Des hommes qui n’ont jamais connu la défaite, pour qui la vengeance et la torture sont comme la viande et la boisson.

Pour dix mille pièces d’or, ils sont prêts à tuer l’homme des bois. Ces combattants endurcis n’ont pas peur de cette mission… Ils devraient.

Car Miriel est une fille de feu et d’acier, maîtrisant l’arc et l’épée grâce à l’enseignement du plus mortel assassin qui ait jamais vécu : son père, mieux connu sous le nom de… Waylander !

Critique :

Ah, je vous l’avais bien dit que Waylander n’était pas si irrécupérable que cela ! La preuve, malgré sa blessure due à la perte de sa femme – il y a longtemps – malgré son passé d’assassin, il coule des jours heureux avec sa fille adoptive, Miriel.

Ok, il ne lui apprend pas les règles du crochet ou du tricot, mais savoir manier une arbalète est utile lorsque votre tête est mise à prix !

Oui, mesdames et messieurs les lecteurs, sa tête est mise à prix comme celle des Dalton !

Le roi Karnak, usant de son pouvoir royal, désire protéger son gamin, Bodalen (et pas Bo Derek) qui a eu la très très mauvaise idée d’envoyer six pieds sous terre l’une des filles de notre héros solitaire…

Oui, le héros solitaire… Vous savez, l’ancien assassin, tout de cuir noir vêtu, possédant une grosse arbalète qui peut tirer deux coups de suite… huumm. Ah, ça vous revient !

Bodalen aurait mieux fait de tuer une autre personne, de massacrer un village tout entier, mais voilà, il a fallu que ce gamin de merde tue la mauvaise personne et que son papounet le roi veuille le protéger. Pauvre petit.

Les chiens sont lâchés, ou plutôt : ce que le pays compte de plus cruels parmi les membres de la corporation des tueurs sanguinaires et sans merci (et non syndiqués).

Aie, aie, aie, les miches de Waylander vont chauffer !  Ou bien ce seront celles des tueurs sanguinaires… parce que Waylander est fâché, il doit reprendre le turbin alors qu’il est en vacances.

Moi, ça me mettrait de fort méchante humeur !

Waylander va donc reprendre la route du boulot afin de démasquer ces sales emmerdeurs qui l’obligent à reprendre du service et, tant qu’il y est, il pourrait aussi – accessoirement – sauver une nouvelle fois son pays de la guerre. Tant qu’a faire ! Et la crise économique, il la résout quand ? Plus tard…

Waylander est peut-être « dans le royaume du Loup », mais il n’a rien du petit chaperon rouge ou de la grabataire grand-mère ! S’il vous balance une galette, vous ne survivrez pas…

Ce qui change par rapport au premier tome c’est que Waylander n’a plus vingt ans, mais l’âge de ses artères ! Et oui, les héros vieillissent, eux aussi.

Et bien que son instinct soit toujours vivace et jamais égalé – bien que souvent copié – il a aussi une fille sur laquelle il doit garder un oeil.

Gemmel, dans ce tome, étoffe une fois de plus la psychologie de notre héros en cuir noir. La mort de sa femme lui pèse toujours lourd sur la conscience (au moins, il en a une) mais il a appris à vivre sans elle (je parle de sa femme).

Pour le reste, ce deuxième opus reste du Gemmel : autrement dit, il continue dans le lignée du précédent : baston, tueries, sang, brutalité, c’est haletant et c’est épique, même si on se dit qu’il aurait pu encore mieux faire.

Si ça ne mange pas de pain, ça se lit facilement et on se retrouve à enquiller la suite sans même s’en rendre compte.

Prochain tome : « Waylander le grabataire entre au home pour assassin du Troisième Age ». Au menu : de la purée…

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

Waylander – Tome 1 : David Gemmell

Titre : Waylander, Tome 1

Auteur : David Gemmell
Edition : Bragelonne (2001)
Résumé :

Le Roi de Drenaï a été assassiné. Une armée d’envahisseurs déferle sur le pays, avec pour mot d’ordre de tuer hommes, femmes et enfants. Mais tout espoir n’est pas perdu. Il repose sur les épaules de celui que la nation surnomme Waylander.

Seul, il va s’aventurer en territoire nadir pour retrouver la célèbre Armure de Bronze, symbole de liberté.
Mais peut-on faire confiance à ce Waylander ?…
Après tout, c’est lui qui a assassiné le roi.

Petit plus :

– David Gemmell est l’auteur de Fantasy le plus connu et le plus vendu en Angleterre, juste derrière Terry Prattchet.
– Waylander est le deuxième grand succès de Gemmell après Légende. C’est avec Waylander que Gemmell s’est taillé une réputation internationale et s’est établi comme auteur majeur du genre.
– Le héros de ce roman est le personnage préféré des lecteurs de David Gemmell. Tant et si bien qu’il a écrit deux autres romans dans le même univers avec ce personnage, à la demande des fans et donc des éditeurs.

Critique :

John McClane, dans ses films, se promenait avec deux flingues en main, mais Waylander fait mieux que lui : une arbalète à deux arcs !

Plus complexe pour dézinguer et pas de chargeur ou de viseur infrarouge. John McClane peut aller se rhabiller !

C’est un mec, Waylander, un vrai, tout de noir vêtu (du cuir, huum), assassin à ses heures perdues (c’est son job, en fait, et sa petite entreprise ne connait pas la crise) usant de tous les stratagèmes possibles et imaginables pour arriver à éliminer ses victimes (des notables), désignées par contrats.

Waylander, c’est mises à mort, trahisons,  magouille et compagnie… Drenaï, ton univers impitoyable. De plus, il fait son job correctement : il est plus silencieux qu’une ombre, il ne parle pas beaucoup et est implacable. C’est du satisfait ou remboursé.

Aie, catastrophe, le Roi de Drenaï a été assassiné ! Les Vagrians, une bande d’envahisseurs, déferlent sur le pays telles des tiques sur le dos d’un chien, avec, pour ordre de pilier et envahir le pays, sans oublier de tuer hommes, femmes et enfants au passage, dans l’ordre ou le désordre, mais d’épargner quelques femmes, s’ils veulent se soulager… Charmant.

 

Et pendant que ça gerroie au loin, Waylander croise la route de Dardalion et lui sauve même la vie. Un assassin qui sauve une vie ? Peut pas être tout à fait mauvais, le bougre ! Déjà qu’il n’occis jamais des femmes et des enfants. Réglo.

Dardalion, c’est un prêtre de la Source et on peut dire que c’est lui qui sera à l’origine de tout ce qui va arriver à Waylander dans ce premier tome.

Dardalion lui colle aux basques et ils vont bien vite se retrouver empétré dans cette foutue guerre entre Drenaï et les Vagrians.

Ben oui, une guerre, c’est le bordel et vu que les Vagrians ont envahis les Drenaï, ça chauffe !

Pour sauver le royaume, il faudrait retrouver la mythique Armure de Bronze… (et là un type se met à chanter dans ma tête : « les chevaaaliers du Zodiaaaque, s’en vont toujours à l’attaque… » ce qui me fait dire que je suis irrécupérable).

Cette protection magique est cachée dans une grotte en territoire Nadir. Pas trop complexe. Quoi ? Elle est remplie de loups-garous ? Waylander va avoir du mal à récupérer le catalyseur de l’espoir de Drenaï.

Au fait, vous savez qui a assassiné le roi Drenaï ? Non ? J’vous l’donne en mille : Waylander ! Et c’est à lui qu’on demande de sauver l’bazar ?

Gemmel ne fait jamais ses héros irrécupérable et Waylander ne fera pas exception.

Puisqu’il a été « touché » (pour ne pas dire infecté) par la pureté de Dardalion, le prêtre de la Source qu’il a sauvé, il accepte la mission, confié par le fantôme du père de sa précédente victime.

Oui, nous sommes bien dans du Gemmel ! C’est classique chez lui : les héros sont torturés, hanté par leur passé, avec des blessures secrètes, bien souvent causées par une femme qu’ils ont perdu (partie, enlevée ou morte assassinée) et qu’ils aimaient plus que tout.

Une fois de plus, le héros, en tuant le roi, a commis un meurtre qui s’avère être le meurtre de trop, celui qui lui fait prendre conscience que tuer c’est MAL, ça le fait vomir sur son existence, il se découvre un âme et réveille sa conscience qu’il croyait avoir laissé en gage au Mont de Piété ou à la consigne d’une gare.

Chez Gemmel, l’héroïsme est magnifié, par contre, les scènes de combats sont un peu pâlottes alors que nous sommes en pleine guerre. A croire que les guerriers furent passé dans un programme informatique qui a généré une armé de clones. Ma déclaration fiscale a plus d’épaisseur qu’eux.

Pire, Gemmell ne décrit  pas son décor, du coup on doit faire le travail sois-même. Dommage. Une carte en début de roman n’aurait pas été du luxe.

Malgré ses défauts, Waylander est un personnage qui m’a bien plu.

Bien que froid et distant dès le départ, il changera au fil du roman et des deux autres tomes.

Sa rencontre avec Dardalion nous a changé l’assassin sociopathe en un homme plus ouvert aux autre et  l’on découvrira que, sous cette carapace de tueur sans pitié, se cache en fait un homme qui n’attend plus rien de la vie, ayant déjà tout perdu.

D’accord, cela ne l’excuse pas ! Le fait d’avoir tout perdu n’efface pas ses crimes, mais on comprend le cheminement : il n’avait rien d’un méchant, il a tout perdu et son premier crime de vengeance en a entrainé un autre et ainsi de suite. Après, il est trop tard. Un peu comme Druss.

Le seul bémol dans l’histoire fut sa relation avec Danyal. Trop guimauve, on aurait pu s’en passer largement ou alors, il aurait fallu changer un peu le personnage de cette femme, la creuser un peu plus, la rendre moins « roquet agressif ». Mais bon, un détail.

Dardalion, le prête de la Source, est plus travaillé. Lui aussi il a évolué, comme Waylander, mais dans le sens inverse. Si le loup s’est fait agneau, l’agneau a fait pousser ses crocs. Il est devenu un Prêtre-guerrier.

Pour résumer, malgré ses défauts, le roman est intéressante et lire du Gemmel m’a toujours fait du bien, même si à la fin, les trames restent semblables.

Ce que j’aime, c’est que son héros doit s’impliquer – un peu malgré lui – dans cette guerre où il n’a rien à faire, changeant petit à petit et devenant plus humain.

Un peu comme Stanislas Lefort (de Funès) dans le film « La grande vadrouille » qui se retrouve, lui aussi, imbriqué dans une histoire dont il n’en a que faire et bien obligé de s’impliquer alors qu’il comptait se la couler douce tout en faisant des ronds de jambe devant l’ennemi.

C’est ça que j’aime ! Le héros qui n’en est pas toujours un, avec ses faiblesses, ses défauts.

Sans compter ce que j’apprécie aussi par-dessus tout : les passages où Waylander flingue des gens plus vite que son ombre, dégainant son arbalète, lançant ses dagues… Paf, paf !

« T’es mort et tu ne le sais pas encore » (les fans auront reconnu la citation tirée de Ken – pas le mari de Barbie – mais le Survivant).

Oui, je suis une lectrice avide d’élimination de son prochain.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

L’Étoile du Matin : David Gemmell

Titre : L’Étoile du Matin

Auteur : David Gemmell
Édition: Bragelonne (2003/2007/2012)
Résumé :

Les hordes angostines déferlent sur les frontières méridionales des Hautes-Terres : l’invasion a commencé. Sur leur passage, les Angostins sèment terreur et destruction, soutenus dans leur conquête par la sorcellerie d’un nécromancien fou.

Inconscient de ses actes, il décide de ramener à la vie les Rois Vampyres, morts depuis des siècles. Seul Jarek Mace, le bandit de grand chemin, aura le courage de se mettre en travers de la route des Angostins et des morts-vivants. Très vite, il deviendra le héros dont les Hautes-Terres ont besoin, et ralliera son peuple sous sa bannière.

Tous voient en lui L’Étoile du Matin, figure légendaire, revenue également d’entre les morts pour sauver une fois encore les Hautes-Terres. Seule une personne connaît la vérité, Owen Odell le barde, l’ami de Mace.

Des années après ces événements, Odell se souvient et nous raconte l’histoire de ce fameux bandit, du sauveur dont on chante encore les exploits, le coupe-jarret qui aurait égorgé père et mère pour le prix d’un repas.

Critique :

Owen Odell est un conteur et un magiquien (non, pas de faute de frappe), et il a bien connu celui que la Légende nomma « L’étoile du Matin », autrement dit Jarek Mace… le dernier héros des Highlands, le libérateur, celui qui a combattu les rois vampyres et qui s’est dressé devant l’envahisseur angostin. Une Légende que Owen a écrite.

Une Légende ? Tu parles ! Un bandit, un voleur, un séducteur de femmes, plus amoureux de l’or que Picsou. Un type qui, découvrant que le village dans lequel il vit vient d’être razzié par les troupes d’Arzek, découvrant que les villageois, hommes, femmes ou enfants sont morts, hurle sa rage… mais pas sa rage de voir Wulf le forestier bossu serrer dans ses bras les corps sans vie de ses enfants qu’il aimait, non, Jarek hurle parce qu’on lui a volé l’or qu’il avait planqué.

Et s’il parle de vengeance, ce n’est pas pour venger les cadavres des enfants innocents qui furent massacrés, non, c’est juste pour récupérer le chariot d’or !!

Alors, je ne vous dis pas sa tête quand, dès son retour avec le chariot, les gens de tous les environs l’acclament, criant et remerciant « l’étoile du matin » de leur avoir ramené leurs richesses que l’envahisseur avait spolié…

Ouh, il l’avait trouvé mauvaise !

Oui, Jarek Mace n’est pas du bois dont on fait les héros, que du contraire. Et pourtant, dans ce livre, Owen raconte tout leur périple, la rédemption de cet homme qui ne vit que pour lui et pour devenir riche.

C’est une belle histoire d’amitié entre des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer, c’est une belle résistance à l’ennemi, de beaux combats, qui est loin d’être épique et sur un champ de bataille avec le bruit des armures qui s’entrechoquent….

Non, les combats ont la solitude pour paysage et auront pour guerriers les quatre hommes et les deux femmes qui constitueront ce groupe disparate.

Combats contre le mal absolu, combats pour leur liberté et pour chasser les oppresseurs.

Jarek a beau être un homme imbuvable, je l’ai apprécié parce que sous la forteresse, se cache sans doute un coeur. Et rien à dire sur les autres personnages qui sont bien travaillés. J’ai passé trois jours très agréables en leur compagnie.

Quand à la fin, nous avons affaire à Gemmel et l’auteur nous réserve une petite surprise de son cru qui m’a fait ouvrir les yeux tous grands.

Mince alors, je l’ai pas vue venir, celle-là !

Excellent Gemmel comme d’habitude, même si les trames restent sensiblement les mêmes.

FANTASY - Snaga Légende - Drenaï

Profanation : Jussi Adler Olsen [Département V – Tome 2]

Titre : Profanation

Auteur : Jussi Adler Olsen
Édition : Albin Michel (2012)

Résumé :

« Profanation », le deuxième tome de la série, ne décevra pas les fans du tandem atypique et attachant que forment le cynique inspecteur Carl Mørck et son mystérieux assistant syrien, Assad.

Sur le bureau de Mørck, le dossier d’un double meurtre impliquant une bande de fils de famille, innocentée par les aveux « spontanés » de l’assassin.

Mais très vite l’inspecteur s’aperçoit que l’affaire, hâtivement bouclée, comportait des zones d’ombre.

Quel rôle ont vraiment joué, il y a vingt ans, trois des hommes les plus puissants du Danemark ?

Cercles très fermés des milieux d’affaires, corruption au plus haut niveau, secrets nauséabonds de la grande bourgeoisie…

Adler-Olsen mêle à la perfection suspense implacable et regard acerbe sur son pays.

Critique :

La pub n’était pas mensongère : le deuxième tome ne m’a pas déçu et c’est avec grand plaisir que j’ai retrouvé mes deux compères, Carl Mørk et son aidant syrien : Assad.

Petit plus, on nous a ajouté un personnage à cette fameuse division du Cold Case danois : Rose ! Une charmante (hum) aidante qui ne se laissera pas marcher sur les pieds et emmerdera Mørck à du cent à l’heure.

Scénario toujours bien travaillé : comme pour la fois précédente, nous passons du temps avec nos amis policiers mais aussi avec la bande des tueurs de faisans (titre original du livre), ces jeunes qui, lorsqu’ils « étudiaient » dans un pensionnat huppé, aimaient tabasser, tuer ou ruiner les carrières des autres.

Ils étaient six : 5 garçons et une fille (beaucoup de possibilités). L’un est décédé, un autre – le moins nanti – purge une peine de prison et Kimmie, la fille, a disparu

L’auteur nous fait passer de ces 3 membres masculins du groupe – Sans Difficultés Financières – sadiques, salopards, violents, imbu de leur personne et non fréquentables à celle de Kimmie, leur ancienne complice, devenue Sans Domicile Fixe (même lettres – SDF – destins différents) et qui se cache.

Cette dernière nous réservera quelques surprises, à nous et à Carl Mørck.

Je tire mon chapeau à l’auteur qui a réussi à me faire aimer un personnage a priori détestable : Kimmie ! Elle aime le sang, ça l’excite, elle peut vous tuer et croyez-moi, elle prendra son pied en le faisant.

Mais malgré tout, en découvrant sa vie, son destin, on ne peut avoir que de l’empathie pour elle. J’avoue qu’elle m’a arraché quelques larmes à la fin.

Pour les autres ? Rien pour les racheter, eux ! Ce sont vraiment des salauds, imbus d’eux-mêmes et tout plein de fric, ne faisant aucun cas de la vie d’autrui.

Assad m’a tiré quelques sourires, avec sa manière de faire, de penser, de parler et sa bonne entente – quasi en intelligence – avec Rose est des plus agréable. Ils en feront voir à Mørck tous les deux.

Mørk, lui, reste fidèle à lui-même : il suffit qu’on lui demande de résoudre une vieille enquête pour qu’il n’ait pas envie.

Alors, il faut ruser, éveiller sa curiosité (comme déposer un dossier anonymement sur son bureau encombré) et là, tel un chien sur la piste d’un rôti, il renifle et remue la queue (surtout en présence de la belle psy !).

Malgré tout, comme c’est un têtu, il suffit qu’on lui interdise de s’en occuper pour qu’il fasse tout le contraire ! Pas trop compliqué de le manipuler, lui… Vous désirez qu’il fasse quelque chose ? Interdisez-le lui de le faire.

Notre flic devra se battre afin de mener à bien cette ancienne enquête (20 ans d’âge), les bâtons dans les roues ne manquant pas à l’appel, ni les coups de pelle dans les tibias.

Vous pensez bien que l’on ne remue pas une vieille affaire dont on possède déjà le coupable, lui-même ayant avoué le double meurtre (celui qui n’était pas un fils de riche).

Oui, mais… et si ce n’était pas vraiment lui ? Et si les autres, ses anciens copains de classe, étaient les vrais coupables ?

Et vous pensez que les gros plein de fric vont le laisser faire ? Nooon ! Z’ont le bras long, en plus. Il est de la merde qu’il ne faut pas remuer, elle risquerait d’éclabousser et certains scandales ne peuvent avoir lieu quand les protagonistes sont haut placés.

Heureusement que Rose et Assad sont là pour l’aider… Sans parler de son ami paralysé, Harry, qui lui donnera quelques pistes des plus instructives.

Chez Adler-Olsen, les enquêtes vont à leur rythme, pas trop vite, mais je n’ai pas baillé une seule fois parce qu’il arrive à vous tenir en haleine, alternant les chapitres, les croisant, nous montrant la convergence entre les différents protagonistes jusqu’au final… et c’est dans les derniers chapitres que l’on comprend le prologue.

Magistral ! Je ne dis rien de plus.

Lu dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » de Liliba.

 

658 : John Verdon [Dave Gurney 1]

658 - Verdon

Titre : 658

Auteur : John Verdon
Édition : Livre de Poche (2012)

Résumé :

Ancien alcoolique reconverti en gourou pour milliardaires dépressifs dans une clinique très privée, Mark Mellery reçoit un jour une lettre anonyme, lui demandant de se prêter à un petit jeu d’esprit à première vue inoffensif… Mais l’énigme ne tarde pas à prendre une tournure sanglante et terrifiante.

Appelé à résoudre une enquête en apparence insoluble, semée d’embûches et d’indices trop flagrants pour être honnêtes, le légendaire inspecteur David Gurney, jeune retraité du NYPD bientôt rattrapé par les démons de l’investigation, se lance aux trousses d’un meurtrier aussi inventif que machiavélique — pour qui le décompte macabre ne fait que commencer…

POLAR - 658 - VerdonCritique : 

De ce livre et vu les critiques, je m’attendais à un grand cru, style un Château Latour ou un Château Margaux, pour ne citer que ces 2 là parmi la liste des 5… Lors de mes premières gorgées, ce ne fut pas tout à fait ce que j’escomptais.

Attention, je ne sous-entend pas que j’ai bu une piquette ! Loin de là, mais dès le départ – un peu long – j’ai fait la grimace, pensant que je me trouvais face à un 4ème cru…

Si certains auteurs ont ce don de faire « dans le long » sans m’ennuyer (Indridason est champion), ici, m’attendant à partir sur les chapeaux de roues, je fus un peu déçue de cette lenteur. L’impression que ce qui était indiqué sur le 4ème de couverture n’était qu’un appât, un truc du marketing pour nous pousser à l’achat, petits curieux que nous sommes.

Pourtant, les membres de Babelio étaient élogieux. Et eux, ils sont libres, contrairement aux critiqueurs professionnels. Donc, j’ai continué…

Le postulat de départ était donc enchanteur, comme je vous le disais : imaginez, vous recevez une lettre, manuscrite, et un type inconnu vous déclare qu’il peut lire dans vos pensées.

Ça vous fait marrer ? Mark Mellery a ri aussi. Et pourtant…

On lui demande de penser à un chiffre entre 1 et 1000, notre homme pense à 658, comme ça, bêtement et lorsqu’il ouvre l’enveloppe jointe à la première, c’est ce nombre-là qu’il a trouvé à l’intérieur de la petite enveloppe ! De quoi vous glacer, même en pleine canicule… et dans le roman, nous sommes en hiver

Mellery est prêt à faire dans son froc de terreur et il décide de se tourner vers le seul flic qu’il connaisse, David Guerney, jeune retraité du NYPD, qui vit dans un cottage avec son épouse et qui, pour passer son temps, travaille sur des portraits de sérial killer.

Dubitatif – on le serait aussi – et en proie avec quelques problèmes conjugaux, David lui conseille d’appeler les flics, les vrais, ce que son ancien pote ne veut pas. Monsieur à des trucs à cacher.

Les messages deviennent un peu plus menaçant, mais durant les 160 premières pages, j’avais l’impression de faire du sur-place en lisant l’enquête.

Même après une mort, ça stagne encore un peu, bien que le meurtre ait mis mes neurones K.O à force d’essayer de le résoudre. Mes principaux suspects étant Batman, Spiderman, Superman, Iron Man ou le comte Dracula. Pas de bol, tous avaient des alibis en béton !

Mais comment avait-il fait, ce bougre d’assassin ??? Des traces de pas dans la neige, qui, tout à coup se terminent brusquement comme si le mec s’était envolé.

Après, ça s’accélère et je dois dire que le 4ème cru s’est révélé un excellent 2ème !! Non, pas que se soit un Château Lafite-Rothschild (1er), mais tout de même, il avait une belle robe rouge, signe de maturité scénaristique, son intensité était soutenue bien avant la moitié du verre, mais pas de lie au fond de la bouteille. Le fantastique se révèle être du concret, pas d’entourloupe à craindre de ce côté là.

Sa longueur en bouche du départ s’estompe sur la fin, vous laissant une bonne bouche et si certains romans sont creux, car sans consistance, celui-ci possédait une bonne concentration en tanins, sans assécher pour autant ma langue de lectrice.

Bien équilibré aussi, l’auteur n’ayant pas fait addition de saccharose (guimauve romantique) durant la fermentation alcoolique et de ce fait,  l’alcool fut bien intégré…

L’enquête, les meurtres, la violence, le sang, les énigmes, tout cela étaient bien mélangés, le tout bien expliqué et là, je fus sur le cul, malgré qu’à un moment donné, ayant éliminé l’impossible, ce qui me restait, aussi improbable que ce soit, était la vérité : j’avais le nom du coupable !

Et je ne me suis pas trompée. Je vous avoue que ça n’a pas entamé ma jubilation sur la fin puisque je savais et pas eux et que je me délectais de la situation. Jouissif !

Scénario au top et bien ficelé ! Pas bouchonné.

Niveau personnages, la femme de David m’a exaspéré – pour ne pas dire « saoulé » – de par ses remarques envers son mari, qu’elle voudrait voir décrocher définitivement de son ancien travail. Elle a ses blessures, lui aussi, mais ils les ont enfoui profondément.

Pourtant, le caractère de son épouse ne peut être blâmé trop fort, cela a ajouté de la profondeur à cette femme et elle n’était pas transparente.  Malgré tout, je ne l’ai pas aimé, bien que je reconnaisse qu’elle ait de la prestance dans le récit.

Quant à l’ancien flic, il est est torturé, mais l’auteur reste sobre dans ses tourments, s’en prenant plus au criminel qui, lui, n’a pas eu la vie facile. Il est profond aussi. Tout bon pour les personnages, monsieur Verdon.

Seul le départ m’a donc un peu ennuyé, le temps que tout se mette en place, donnant à cette mise en bouche un faux air râpeux.

Pour le reste, c’était le petit Jésus en culottes de velours !

Cette belle bouteille aux couleurs de robe sombres dont le nom sur l’étiquette était sobre mais intrigant fut dégustée dans le cadre du Challenge « Thrillers et polars » de Liliba. Un bon cru et je compte déboucher le suivant de ce petit producteur.

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