Wiggins et les plans de l’ingénieur : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 6]

Titre : Wiggins et les plans de l’ingénieur

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Syros

Résumé :
Wiggins, jeune apprenti détective, est chargé par Sherlock Holmes de retrouver Richard Western, un dangereux fugitif qu’on soupçonne de s’être réfugié sur la côte bretonne.

Sur le bateau qui le mène en France, Wiggins est abordé par un individu inquiétant. Mais à son arrivée à Roscoff, les journaux lui apprennent que Richard Western vient d’être arrêté par Sherlock Holmes !

Qui est alors le mystérieux inconnu à l’œil de verre rencontré sur le bateau ? Une nouvelle enquête de l’assistant de Sherlock Holmes, parsemée de fausses pistes, de rebondissements et de vrais tueurs..

Critique : 
Wiggins la trouve mauvaise… Lui qui était tout content que son ami Louis lui ait demandé de venir avec lui dans sa famille, en France, pour Noël, lui qui avait économisé chaque pièce pour se payer le voyage, voilà qu’il a tout perdu en se bagarrant avec une bande rivale. Tout ça parce que l’un des Irréguliers n’a pas aimé se faire insulter !

Alors qu’il ruminait sec, Sherlock Holmes vient lui confier une affaire de la plus haute importance : retrouver Richard Western, un dangereux fugitif qu’on soupçonne de s’être réfugié sur la côte bretonne.

YES ! Il peut donc partir en France avec Louis puisque le détective lui fournit l’argent du voyage.  Tout content de partir sur une affaire, notre Wiggins.

Sur le bateau qui le mène en France, il se passe quelques bricoles louches et Wiggins est abordé par un individu inquiétant et à oeil de verre. Son enquête commencerait-elle déjà ?

Mais à son arrivée en France, les journaux lui apprennent que Richard Western vient d’être arrêté par Sherlock Holmes !

QUOI ?? Là, il fulmine sur Holmes qui a osé se payer sa tête et, une fois de plus, il ne réfléchit pas et c’est Louis, qui doit lui expliquer ce que lui a compris de la manoeuvre de Sherlock Holmes.

Wiggins aurait pu en rester là et profiter de son séjour aux frais du détective, mais alors, nous n’aurions pas eu cette petite enquête…

Heureusement qu’il nous reste l’inconnu à l’oeil de verre que nous avons croisé sur le bateau. Ah, ah, ah, Holmes voulait jouer au plus malin ? Et bien, notre Wiggins va remonter une piste pour prouver au détective qu’avec lui, on n’a pas le dernier mot.

Une nouvelle enquête mitonnée par l’auteur, parsemée de fausses pistes mais avec de vrais tueurs (en entier et pas en morceaux), un mort pour la garniture, des jolies filles en détresse, sans oublier les véritables morceaux de la vie telle qu’elle était à l’époque, saupoudré de rebondissements et enroulé dans un cornet de papier fait avec des vrais plans !

Je ne me suis pas ennuyée, pas eu le temps !

Titre participant au Challenge  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge   « Thrillers et polars » de Liliba et au Challenge  « Polar Historique » de Samlor.

Publicités

Wiggins chez les Johnnies : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 5]

 Titre : Wiggins chez les Johnnies

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Syros

Résumé :
À la fin du XIXe siècle, la vie n’est pas toujours rose dans les quartiers pauvres de la capitale britannique. Vendeur de journaux, le jeune Wiggins a eu la chance de sympathiser avec Sherlock Holmes et l’aide parfois dans ses enquêtes.

Lorsque l’apprenti-détective apprend que son fin limier d’ami est séquestré dans un pub louche, il échafaude un vaste plan de bataille…

Une intrigue trépidante, un héros astucieux et une bonne dose de suspense : voilà un roman policier qui ne manque pas de tonus !

Critique : 
Wiggins l’a assez mauvaise : il a beau crâner devant Simpson et Jonathan, deux des plus anciens des « Irréguliers de Baker Street » en leur disant qu’il est sur une affaire top-secret pour Sherlock Holmes, tout cela n’est qu’esbroufe pour ne pas perdre la face et avouer que le grand détective n’a pas fait appel à ses talents depuis bien trop longtemps.

Pourtant, Wiggins a acquis ses lettres de noblesses en résolvant des affaires mais là, point de vue de Baker Street, c’est chômage technique pour l’apprenti-détective. Rien de rien… et s’il veut monter son affaire de détective, il doit gagner de l’argent pour quitter Whitechapel.

Le lendemain, il reçoit une bouteille de lait avec un message codé et notre jeune apprenti-détective met l’enseignement de Holmes à l’oeuvre pour le déchiffrer.

Bon sang ! Une fois décodé, notre Wiggins apprend que le fin limier de Baker Street est séquestré dans un pub louche. Il a beau lui en vouloir, il vole à son secours en échafaudant un vaste plan de bataille…

Holmes l’a dit et répété : les émotions troublent les déductions et Wiggins ne remarque pas ce qui est élémentaire et qui crève les yeux. Un détail m’avait frappé… Un, ce pouvait être une coïncidence (une coquille d’édition), mais 3, ce n’est plus du hasard !

Et puis, il y avait une grosse incohérence en plus…

Oui, Wiggins doit réfléchir et ne pas se ruer tête baissée sans avoir analysé les indices avec une tête froide ! Bon, il est toujours en apprentissage et les erreurs sont légions.

Pas trop grave, cela lui apprendra l’humilité (qu’il a dû perdre un jour) et cette histoire lui a permis aussi de se faire un ami : Louis, un jeune français exilé à Londres avec d’autres, le temps de vendre leur production d’oignons rouges. On les appelle les « Johnnies » qui veut dire « Jeannot ».

Louis est un jeune garçon débrouillard qui n’a pas son pareil pour vous refourguer un chapelet d’oignons rouge. Il a de la suite dans les idées – plus que Wiggins, parfois – et lui aussi nous apprendra un peu plus sur la vie des pauvres des quartiers miséreux.

Présence aussi de Watson, mais le pauvre fera juste ronchonner Wiggins.

Une qui ronchonne aussi dès qu’elle voit le garçon, c’est la logeuse, madame Hudson, qui ne l’apprécie pas du tout. Wiggins nous le rappelle dans chacune de ses aventures.

Ce roman jeunesse possède une intrigue trépidante, pas de temps mort, des fausses pistes, des indices, des bars louches, un détective qui utilise son cerveau, un Wiggins astucieux malgré ses erreurs, une belle leçon d’humilité pour tous, la possibilité de bien se venger, un Watson et un Holmes « humains » malgré ce qu’en pense Wiggins et de l’amitié franco-anglaise.

L’auteur nous fait partager l’atmosphère sordide du Londres de la reine Victoria et Holmes est toujours bien campé.

Ah oui, j’oubliais la bonne dose de suspense. Gratiné aux petits oignons, ce roman.

Oignons rouges en provenance de France, of course !

Titre participant au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge  « Thrillers et polars » de Liliba et au Challenge « Polar Historique » de Samlor.

Wiggins et la ligne chocolat : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 2]

 Titre : Wiggins et la ligne chocolat

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Syros

Résumé :
Dans l’ombre de Sherlock Holmes, Wiggins rêve de devenir un grand détective. Quand sa mère est accusée à tort d’avoir volé des objets de valeur chez le comte et la comtesse Brazenduke, Wiggins court à son secours.

Ses soupçons se portent bien vite sur Marjorie, la fille des Brazenduke, qui semble avoir de drôles de fréquentations. C’est le début d’une filature mouvementée…

Critique : 
Comme je l’expliquais, le personnage de Wiggins faisait partie de la bande de gamins des rues, « Les Irréguliers de Baker Street » et ils étaient utilisé par Sherlock Holmes pour des filatures (suivez un peu, dans le fond).

Wiggins veut sortir de son taudis, il aimerait lui aussi avoir chaud en hiver, en finir avec les courants d’air aux fenêtres, et pour cela, un métier le botte plus que celui de vendre des journaux à la criée dans les rues : devenir détective !

Va falloir continuer à apprendre, mon cher Wiggins, parce que tu te laisses souvent emporter sans réfléchir… Mais bon, faut lui pardonner, il n’a que 15 ans.

La mère de Wiggins est montée en grade et la voilà aide-cuisinière chez des riches : la famille Brazenduke. Wiggins est heureux pour elle car elle ne travaille plus dans le froid du marché au poisson.

Wiggins est resté seul dans leur chambre minable remplie de courant d’air et il continue de vendre des journaux dans la rue, tout en profitant pour nous décrire un peu plus les mauvaises conditions de vie des pauvres.

Aie, aie, aie, grosse catastrophe ! Sa mère vient lui demander son aide parce que des objets de valeur ont disparu chez les Brazenduke et, vous l’aurez deviné, on suspecte toujours le petit personnel, la nouvelle en première ! Pas directement, mais bon, on peut vous faire comprendre des choses sans vous les dire.

Si vous n’êtes pas familier des romans de l’époque victorienne ou que vous n’avez lu « que » Conan Doyle (qui reste muet sur les conditions de vie du petit personnel), c’est le moment d’apprendre que les domestiques étaient cantonnés dans le sous-sol dévolu au cuisine tandis que leurs maîtres avaient toute la baraque pour eux tout seuls.

L’auteur nous l’explique à travers les pensées de Wiggins : une fille de cuisine dans les chambres, ça se remarque autant qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine !

Wiggins va s’occuper de l’affaire, il élimine l’impossible et, ce qui reste, aussi improbable que ce soit, est forcément la vérité. Là, pas trop complexe, moi aussi j’avais deviné.

Il a repéré qui avait de drôles de fréquentations dans cette maison cossue. La filature commence et elle sera mouvementée…

Heureusement, le grand détective n’est jamais loin et Wiggins pourra compter sur son aide.

Enquête sans temps mort, courte mais bonne (Canel, si tu me lis…). Agréable à lire et toujours un plaisir de retrouver mon détective préféré.

Titre participant au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge  « Thrillers et polars » de Liliba et au Challenge « Polar Historique » de Samlor.

Wiggins et le perroquet muet : Béatrice Nicodème [Saga Wiggins 1]

Titre : Wiggins et le perroquet muet

Auteur : Béatrice Nicodème
Édition : Syros

Résumé :
« Je ne sais pas comment fait M. Sherlock Holmes, mais tout ce qu’il touche se transforme en roman. Le nom, déjà, Violet Juniper… Les Folies-Bergère… J’en oubliais de boire mon thé.

– Prêt pour une nouvelle aventure, Wiggins ?  »

Non, Sherlock Holmes ne travaillait pas seul. De nombreuses énigmes ont été résolues grâce à Wiggins, un môme des rues de Londres. Cette fois, il enquête sur le meurtre d’une danseuse de cabaret et doit se faire embaucher chez un empailleur.

Critique : 

Pour quiconque à lu le Canon Holmésien, « Wiggins » est à tout jamais lié à la bande de gamins des rues, déguenillés et nommé « Les Irréguliers de Baker Street » par Sherlock Holmes.

Cette bande de gamin des rues était utilisée par le détective pour les filatures ou autres renseignements. Ils apparaissaient dans « Une étude en rouge » et aussi « Le signe des quatre » et l’un se détachait du lot : Wiggins.

Le voici donc avec des ambitions : devenir détective lui aussi ! Ce qui ne sera pas facile car il a encore beaucoup à apprendre…

Bien que ce livre appartienne à la collection « Jeunesse », il peut être lu par un adulte sans que cela cause un problème. Très court, il correspondrait presque à la taille d’une aventure canonique classique.

Pas de temps mort et l’enquête se résout assez vite, sans se perdre dans des méandres inutiles.

L’auteur, contrairement à Conan Doyle, nous parle un peu plus de l’extrême misère dans laquelle certains enfants sont plongés : travail dur, le froid, le fait qu’ils ne mangent pas à leur faim tous les jours, pas d’école, ils vivent avec leurs parents dans des maisons en ruine, si pas des taudis,…

Elle nous parle du quartier mal fréquenté qu’est celui de Whitechapel (même si Jack a rendu son tablier de cuir), des pubs louches et mal-famés se livrant à des trafics en tout genre, du travail lourd et mal payé de la mère de Wiggins (elle cumule deux emplois, travaille dans le froid et dort 3h par nuit) des petits boulots que cumule Wiggins afin de pouvoir acheter du bois pour se chauffer,  des chaussures pour sa mère.

Bref, de ce qui concernait une grande partie de la population londonienne !

Elle nous touche aussi un mot sur l’oisiveté ou les occupations inutiles des bourgeois par le biais des pensées de Wiggins. La fracture sociale est grande entre les différentes couches sociales.

La personnalité du grand détective est bien respectée et au passage, Wiggins se permet même d’égratigner un peu Watson avec le fait qu’il dénature les écrits de Holmes… Comme Holmes se plaisait lui-même à faire remarquer à son biographe !

L’enquête que Sherlock Holmes confie à Wiggins est faite pour lui et très plaisante à suivre : nous avons une charmante danseuse qui a été étranglée, un mec à la jambe de bois et le principal suspect fréquenterait le marché aux poissons où travaille la mère de Wiggins (dans le froid le plus polaire). Du tout cuit ? Ben non, Wiggins, pas si évident que cela. Faut pas croire que tout lui tombe tout cuit et qu’il ne fait pas d’erreur.

Pour pimenter le tout, nous sommes en plein hiver, les filatures et les planques de Wiggins sont rendues plus difficile à cause du  froid et le pauvre se gèle les doigts de pied (et le reste aussi) à cause de ses souliers rempli de courant d’air.

Wiggins met le doigt sur une affaire complexe où un perroquet muet entre en scène !

Quand à cet empailleur, il est bizarre, non ?

Une lecture rafraichissante après une période « noire » ou juste pour le plaisir de suivre un gamin dans les ruelles sombres de Londres. La neige est comprise dans le prix.

Titre participant au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, au Challenge  « Thrillers et polars » de Liliba et au Challenge « Polar Historique » de Samlor.