Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof

Titre : Nuit sans lune au Waziristan

Auteur : Saqib Mausoof
Édition : De l’aube Noire (02/03/2017)
Édition Originale : The Warehouse (2016)
Traduction : Benoîte Dauvergne

Résumé :
Lorsqu’un entrepôt est réduit en cendres au Waziristan (entre le Pakistan et l’Afghanistan), l’inspecteur d’assurances Cash est envoyé sur place pour examiner les dégâts.

Il arrive à Tank, une ville provinciale frappée par la pauvreté, et découvre un projet de détournement de fonds qui met ses patrons et la police secrète pakistanaise dans une situation délicate.

Alors qu’il s’efforce de trouver un compromis entre deux idéologies opposées, Cash est hanté par le souvenir de sa femme décédée et par les devoirs qui lui incombent en tant que père d’une adolescente particulièrement douée.

La corruption du monde dans lequel il évolue et les soupçons unanimes finissent par triompher de lui : Cash est persécuté, menacé et finalement kidnappé par des talibans, qui réclament une rançon…

Critique :
Une nuit sans lune au Waziristan est le contraire du clair de lune à Maubeuge !

Rien à voir avec la lune, juste que c’est plus tranquille de se balader à Maubeuge qu’au Waziristan.

Ah, contrairement à la célèbre région du Boukistan, qui n’existe pas, le Waziristan Waziristan (situé entre le Pakistan et l’Afghanistan), lui, existe bel et bien.

Mais je n’ai absolument pas envie d’aller y faire tamponner mon passeport après avoir lu ce roman qui est parti dans une direction à laquelle je ne m’attendais pas.

Au Waziristan, il fait dangereux de s’y promener, les Talibans sont là, la corruption aussi et les agents d’assurance ne sont pas les bienvenus puisque dans ces pays musulmans, faire assurer ses biens et toucher une indemnisation est très mal vu.

Si on pense au départ que le personnage principal, Sayyid Qais Ali Qureshi (dit Cash), se trouve face à une mission pépère, on est vite remis sur le droit chemin par l’auteur qui nous expliquera combien il est difficile d’exercer le métier d’agent d’assurance au Pakistan et combien la région du Waziristan est foutrement dangereuse.

Rien n’est simple dans ces pays pétris de traditions où l’appartenance à une tribu est plus importante qu’au pays, presque, où l’on paye encore le prix du sang, où la religion est LA chose la plus importante (même si tout le monde s’arrange avec sa propre conscience et interprètent ce qu’ils veulent bien) et où il est bien difficile de vivre en harmonie avec son époque puisque c’est en opposition perpétuelle avec la religion et les traditions éculées.

Alors que je pensais lire un livre sur un agent d’assurance qui a bien du mal à faire accepter une grosse indemnité à un homme dont l’entrepôt à explosé, j’ai pris un cours accéléré sur les mœurs au Pakistan, sur les Talibans, sur les conflits dans cette région, sur les Américains qui y sont toujours.

Très vite j’ai compris que je n’avais pas ouvert un roman policier simpliste, mais un polar où rien n’est simple, où rien n’est tout noir ou tout blanc, où il faut marcher perpétuellement sur une corde raide et où prendre la défense d’une pute peut vous amener à des situations totalement surréalistes, folles, dangereuses.

Ce roman noir, très noir, c’est mieux qu’une immersion en programme Erasmus (en moins dangereux) car on découvre tout un pan d’une société que nous ne connaissons pas, ou très mal. Gardez à l’esprit que vous ne fréquenterez pas que du beau linge mais aussi des crapules finies, même si elles sont riches.

Voilà un polar que l’on devrait faire lire à ceux et celles qui pensent toujours que la littérature policière c’est de la littérature de gare ou que tous les polars sont des whodunit (colonel Moutarde, dans la biblio, avec le chandelier) simpliste où il faut découvrir qui a tué Untel.

La littérature policière, c’est plus que ça, ce n’est plus ça et je suis contente que les éditions de L’aube Noire publient des auteurs d’ailleurs, des auteurs aux nationalités peu lues dans nos pays, des romans où le dépaysement est assuré et où l’on ne cherche pas à nous montrer les plus beaux coins vus d’un drone… Parce que au Waziristan, les drones, ça fout la trouille et maintenant, je sais pourquoi.

À ne pas lire si vous souhaitez juste un polar divertissant, amusant, drôle, léger… Ici, c’est du lourd, du sombre, de l’épais et chez les Talibans, il ne fait pas bon y être prisonnier.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°182]et le Mois du Polar – Février 2021 – chez Sharon [Fiche N°08].

21 réflexions au sujet de « Nuit sans lune au Waziristan : Saqib Mausoof »

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    • Il fut un temps où la littérature policière était de gare, dans sa majorité, on ne voulait pas que les gens grillent leurs neurones, fallait juste les distraire, mais depuis des lustres ce n’est plus ainsi ! Mais lorsque tu dis à quelqu’un que ta littérature préférée, c’est la policière, bardaf, on te regarde avec un pauvre sourire… Les gens qui ne lisent pas, ou peu et qui ne font pas dans le polar ne savent pas que le niveau est bien plus élevé qu’à l’époque des romans de gares style « marabout » (que j’adore toujours, surtout les western).

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  5. Nan ? Sérieux? Il y a encore des assureurs qui acceptent d’assurer quoi que ce soit dans des régions aussi instables ? Ils assurent aussi les humanitaires qui partent au Mali ? Et font des assurances vie qu’on peut signer sans questionnaire de santé jusqu’à 95 ans? Ils assureraient aussi la voiture de Tatie Zinzin (une tante de Toqué qui conduit comme les bonnes sœurs de la Grande Vadrouille) ? File moi vite leur adresse! 😆 Pas certaine du tout qu’ils fassent fortune ! 😉 D’ailleurs pas certain qu’ils acceptent de payer la rançon pour Cash, ni même qu’ils puissent lui verser un salaire! 😀

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