Le baiser de l’ogre : Elsa Roch

Titre : Le baiser de l’ogre

Auteur : Elsa Roch
Édition : Calmann-Lévy Noir (09/10/2019)

Résumé :
Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort.

Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.

Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.

Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession.

Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?

Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Critique :
Comment savoir si, à la fin d’une lecture, on a aimé ou pas ? Comment savoir si l’histoire que l’on vient de lire était super ou pas ?

Tout simplement en me projetant dans le futur et en me posant cette question : lorsque je ferai un bilan littéraire, me souviendrai-je encore de ce roman, des émotions ressenties ? Que garderais-je en mémoire ?

Car oui, il est des romans que l’on a adoré, des thrillers ou policiers que l’on a dévoré et à la fin de l’année, on n’en a gardé aucun souvenir. C’est terrible, l’épreuve des souvenirs littéraires, pour certains romans car ils ne passent pas le cap alors que d’autres, lu il y a plus de 30 ans, résonnent encore dans la mémoire, même si elle en a gommé des détails.

Donc, lorsque après une lecture je me retrouve en train de me questionner sur mon ressenti, déjà, ça sent mauvais dans l’air.

Une fois de plus, je me retrouve le cul entre deux chaises face à un roman que je n’ai pas détesté, que j’ai lu sans m’ennuyer, où j’ai ressenti des émotions mais où des détails m’ont chiffonné dès le départ.

Alors, une inspectrice retrouvée à côté d’un type assassiné, elle-même blessée et qui demande à son chef de ne rien dire aux autres membres de l’équipe de sa présence blessée sur les lieux d’un crime et que ce chef accède à sa demande, moi j’appelle ça de la folie, du vice de procédure.

Bref, une grosse couille dans le pâté et du pain béni pour un avocat de la défense qui mettrait la main sur ce genre d’irrégularité au moment du procès.

Certes, nous apprendrons après le pourquoi du comment de cette demande folle, mais sur le moment, je n’ai pas compris pourquoi le chef Marsac accédait à toutes ses demandes un peu folles, surtout que ça le mettait en porte-à-faux avec les autres membres de l’équipe qui partaient perdants en analysant la scène de crime et allaient perdre aussi un temps de fou. Pour moi, il y a des blâmes qui auraient dû tomber.

Pourtant, une fois passé ces quelques incohérences (il y en avait d’autres), j’ai apprécié la plume de l’auteur qui n’a rien de simpliste, la preuve en est que j’ai dû aller vérifier quelques mots au dico, que l’auteure utilise trois fois le mot « anamnèse » (faudra que je le replace, celui-là) et qu’elle ne se contente pas de construction de phrases banales telles que  « sujet-verbe-complément ». C’est plus recherché chez elle.

J’ai apprécié aussi les secrets enfouis, que Marsac va déterrer au fur et à mesure, l’ombre d’un danger qui plane sur son inspectrice blessée, leurs incursions dans le monde des salons de massages et de tout ce qu’ils cachent derrière les paravents, l’horreur de la pédopornographie (qu’on m’apporte un flingue),…

Mais surtout, surtout ce que j’ai le plus aimé et qui restera dans ma mémoire, c’est la petite Liv, une gamine de 3 ans souffrant du trouble du spectre de l’autisme.

Lorsque je ferai mon bilan et que je passerai en revue tous les livres lus cette année, c’est le personnage de Liv qui restera dans ma mémoire pour ce roman.

C’est elle qui m’a marqué, même si elle ne parle pas, car sa présence était lumineuse et à la limite, la résolution de l’enquête, je m’en fichais pas mal, tant que l’auteure me faisait passer du temps avec l’enfant.

Sans elle, le roman serait oublié car rien dans sa résolution n’est exceptionnel. Mais Liv, elle, elle est exceptionnelle !

Plus marquante que le chef Marsac, toujours endeuillé par la disparition de sa petite sœur, tel le commissaire Erlendur (qui cherche encore et encore son petit frère  dans les romans de l’auteur Arnaldur Indriðason).

Une fois de plus, c’est un personnage féminin qui est réussi et qui me marquera durablement. Girl Power !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°116.

 

18 réflexions au sujet de « Le baiser de l’ogre : Elsa Roch »

    • Heu… Moi ça m’est arrivé et ça ne cesse de m’arriver… La preuve, à deux reprises, j’ai acheté des livres que j’avais déjà lus en trouvant le résumé de la 4e de couverture intéressant!!!

      On m’avait pas prévenue que trop lire faisait perdre la boule…

      Aimé par 1 personne

      • Voilà pourquoi je suis devenue zinzin, alors !! J’ai trop lu !

        Le pire, c’est quand ces enfoirés changent le titre, le résumé et l’image de la cover quand ils rééditent le roman… je me suis déjà faite baiser 3 fois avec ça (2 romans et 1 BD, de Holmes).

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  1. Je te trouve un peu sévère avec ta note. En fait, l’important dans cette histoire ce n’est pas du tout l’enquête, elle est même secondaire, pour mettre en avant les personnages et cette petite fille si touchante

    Aimé par 1 personne

  2. Hummm… Bon… Ben non… Une invraisemblance trop énorme au départ (en général ça me crispe tellement que ma lecture devient impitoyable sur le reste…), et de la pédopornographie… ça suffit à me rebuter! Et puis une enfant autiste… là c’est tout much… surtout que… rares sont les romans capable de bien traiter les questions de troubles cérébraux ou mentaux aux yeux de ceux à qui ça rappelle trop le boulot… surtout qu’en plus l’autisme est au cœur d’un débat idéologique (aucune des théories qui s’affrontent n’est expérimentalement démontrée… même celles de ceux qui se prétendent scientifiques et qui n’ont à leur crédit que des tableaux statistiques qui ne sont pas des preuves expérimentales ou empiriques recevables, donc ça reste de l’idéologie)… Bref… Un risque de crispation supplémentaire… Donc… Je ne gonflerai pas ma PAL pour me faire mal aux yeux, à la tête et à ma tension… 😀

    Aimé par 1 personne

    • Spectre de l’autisme, et sans m’y connaître, j’ai trouvé le portrait touchant et cohérent, mais je puis me tromper. De toute façon, la gamine m’a touchée, je ne creuserai pas les incohérences là-dessus ! ❤

      Effectivement, nous n'étions pas dans l'île aux enfants avec de la pédopornographie… :/ Il serait temps que je me remette à Petzi, moi…

      Pas de soucis, je ne voudrais pas être responsable de ta hausse de tension ! 😀

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