Une étude en écarlate : Jean d’ Aillon [Chroniques d’Edward Holmes et Gower Watson]

Titre : Une étude en écarlate                                                         big_3-5

Auteur : Jean d’ Aillon
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :
Le 21 mai 1420, Isabeau de Bavière, reine de France, signait, au nom de son mari Charles VI, fou et incapable, un traité par lequel le roi reconnaissait Henri V de Lancastre, son gendre, héritier de la couronne de France.

Quelques mois plus tard, Edward Holmes, clerc et demi-frère du baron de Roos tué à la bataille de Baugé, était chassé de l’hôtel parisien de son seigneur.

Ne pouvant rentrer en Angleterre, maître Holmes trouva logis chez le bonnetier Bonacieux, sis rue du Coq, où il partagea la chambre de Gower Watson, un archer blessé à la bataille d’Azincourt.

Dans un Paris ou règnent la faim, le froid et la misère, Edward Holmes devra mettre à jour un terrible complot dans lequel les conjurés veulent entraîner son ami Gower Watson.

Critique : 
♫ C’était au temps où Paris s’anglicisait, ♫ C’était au temps où l’roi des Anglais vous gouvernait ♪ (Pardon, Jacques).

Hé oui, les gars, un jour, il y a 600 ans, vous fûtes sous l’autorité d’un roi Anglais ! Charles VI a signé le traité qui stipulait que la couronne de France serait cédée à Henri V d’Angleterre. Mais ce con de numéro 5 meurt et c’est son fils, Henri VI d’Angleterre, qui est reconnu roi de France par les Anglais et les Bourguignons, maîtres de Paris et de la partie nord du royaume de France. Ben mon vieux !

Un pastiche de Sherlock Holmes qui n’en est pas tout à fait un, ça ne pouvait qu’éveiller ma curiosité ! Pensez bien, un clerc nommé Edward Holmes qui résout des petites énigmes après avoir croisé un dénommé Gower Watson et qui se balade dans les rues de Paris en 1420, je ne pouvais passer à côté.

Bien entendu, j’ai cherché toutes les petites références canoniques mais je n’en ai pas vu beaucoup (la viole au lieu du violon – Mortimer=Moriarty ?), le clerc Holmes étant tout de même assez éloigné de son modèle officiel, tout comme Watson, archer dans cette aventure.

Sherlock Holmes savait se battre et notre Edward Holmes est parfois un peu pusillanime quand il s’agit de monter au front, bien qu’il ne manquasse pas de courage lorsqu’il faut montrer qu’on en a « sous la toge » afin de sauver son ami Gower.

Malgré ces petites choses, j’ai souri, car ce pastiche est bien fichu et les personnages aussi. J’ai bien aimé l’introduction qui nous changeait de la vieille malle en fer blanc…

Rien de trépidant, le roman n’étant pas un thriller, mais le récit a du rythme, il est plaisant à lire à condition que l’on ne soit pas allergique à l’Histoire. Parce que oui, de l’Histoire de France, vous allez en bouffer ! Moi, j’ai apprécié, mais il n’en aurait pas fallu plus.

On sent de suite que l’auteur maîtrise l’Histoire et dans le récit, elle a son importance, vu les complots qui se trament dans les arrière-cour ! Ils avaient déjà dû lire « Game of thrones » en 1420 parce que niveau complotages (néologisme) et assassinats, ça se défend bien.

Les descriptions des rues de Paris, de la vie des habitants, du prix des denrées, sont légions et je n’aurais pas aimé vivre à cette époque là.

Chuffart garda alors le silence, réfléchissant à la signification de ce que venait de lui apporter Holmes. Lady Mortimer se trouvait à Paris depuis un mois et, à ses yeux, sans raison. Quelle Anglaise de qualité pouvait souhaiter venir vivre dans une ville pareille, où les épidémies sévissaient et où tout était hors de prix ? Cette attitude avait intrigué la reine Isabeau qui lui avait demandé d’en savoir plus, mais il n’avait rien découvert, bien qu’ayant réussi à placer un espion chez elle. Ce Holmes semblait en savoir plus que lui !

Les dialogues sont en V.O, c’est-à-dire avec des mots de l’époque et les notes explicatives en fin d’ouvrage sont à consulter souvent, ainsi qu’un dictionnaire, afin de ne pas laisser passer des mots inusités et dont on ne connait pas la signification. Avec l’inconvénient de ralentir la lecture.

Plusieurs petites affaires à dénouer, des intrigues de Cour, des autres mystères que Holmes devra déjouer pendant que vous, peinard, les pieds au chaud (et pas dans les rues boueuses de Paris), vous suivrez la manière dont il va résoudre les énigmes, parce que Vous, Lecteur, vous savez déjà tout puisque vous avez aussi accompagné les conspirateurs dans leur périple.

Un roman policier historique qui se laisse lire, à condition qu’on ne soit pas sujet à attraper pas des boutons en lisant des récits remplis de faits historiques. Des personnages bien campés, le tout dans un Paris qui crève de faim, dans un Paris écartelé, dans un Paris qui fut massacré, un Paris où les vides-gousset sont légion, dans un Paris sale mais un Paris arpenté par Holmes !

Un pastiche holmésien qui n’en est pas un, mais qui s’inspire des personnages de Conan Doyle, pour mon plus grand plaisir. Si l’auteur continue, je le lirai avec grand plaisir.

— Pour manger avec le Diable, il faut une longue cuiller, observa Edward.

— Il n’est pas interdit de brûler une chandelle à Dieu et une autre au Diable.

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Arieste et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

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25 réflexions au sujet de « Une étude en écarlate : Jean d’ Aillon [Chroniques d’Edward Holmes et Gower Watson] »

  1. Ca j’avoue que je n’aurais pas aimé vivre à cette époque non plus ! L’auteur s’est également essayé au format ‘nouvelle’ et je suis curieuse de voir ce que ça donne parce que du coup, les données historiques doivent être extrêmement allégées.

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    • Ce sera sans doute mieux en nouvelles, Holmes étant plus adapté au récits courts. Quelques petites enquêtes… et puis, je pense que c’est dû à l’époque et non à une faute de l’auteur quand il fait dire à Holmes que si du sang sort de la fontaine, c’est à cause des cadavres qui sont passé du puits aux tunnels souterrains d’eau menant à la fontaine. Holmes ne sait sans doute pas encore qu’un mort ne perd plus de sang, son coeur ayant cessé de battre 😉

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  2. Je suis grand grand fan de sherlock donc j’étais plustôt attiré par cet ouvrage mais au vue de votre critique, je le suis moins. Merci beaucoup, ça me permet de faire du tri dans ma liste de livre à acheter.

    Aimé par 1 personne

    • Ma critique ne le descend pas, le roman est bon, mais c’est un fait que l’amateur pur et dur de Holmes ne retrouvera pas tout l’univers, et, ma foi, ce n’est pas toujours si mal, ça change des pastiches habituels ! En faisant comme si ce Holmes avait influencé Doyle, l’auteur peut faire ce qu’il veut du personnage, sans que cela choque.

      Évidemment, si on déteste l’Histoire, ça va pas le faire… 😉

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  3. Ping : Bilan Livresque : Mars 2015 | The Cannibal Lecteur

  4. Un peu déçue… Ce prétendu « pastiche » est aussi holmésien que moi je suis nonne! Cela étant c’est un joli roman sur fond historique concernant une période méconnue de cette période de la guerre de 100 ans… Une lecture culturellement intéressante, même si parfois le livre difficile à suivre car il est truffé de vocabulaire médiéval…

    Mais… l’auteur aurait franchement mieux fait de se dispenser d’affubler ses personnages des noms de Holmes et Watson et de titrer ses romans en référence à des titres du canon. Ça me donne juste l’impression de m’être faite avoir ce que je n’aime pas du tout du tout!😡 Quand on achète un pastiche ou s’attend à lire un pastiche fut-il transposé dans un autre espace-temps! Et là… c’est sans rapport avec la promesse du titre et des noms donnés aux personnages… Et ça me met un préjugé pas terrible pour lire la suite de la série…

    Aimé par 1 personne

    • Oui, on reste dans du Holmes Watson dilué, ils auraient pu se nommer Tartempion et Dupond-Lajoie que ça n’aurait rien changé… Il aurait même pu s’inspirer des personnages de ACD et changer leur noms, comme avec le Dr House de la série.

      Pas encore lu le chien, peut-être sera-t-il plus proche du canon ??

      Bien aimé aussi, faut pas faire une allergie à l’Histoire, mais c’est vrai que le terme de pastiche est usurpé un peu… 😀

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