Montana 1948 : Larry Watson

Titre : Montana 1948                                                                 big_5

Auteur : Larry Watson
Édition : Gallmeister (2010)

Résumé :
« De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu chasser ni même estomper ».

Ainsi s’ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l’encontre de l’oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté.

Le père de David, shérif d’une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d’avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.

Montana 1948 raconte la perte des illusions de l’enfance et la découverte du monde adulte dans une écriture superbe digne des plus grands classiques américains.

Critique : 
Montana, c’est… Comment vous dire ? C’est fort ! La sauce à l’air d’avoir un goût de déjà-lu, mais une fois en bouche, c’est âpre, piquant, corsé, rude, poignant… C’est pas pour les minets.

David Hayden est le narrateur, il a douze ans en cet été 1948. Direction le Nord-Est du trou du cul du Montana, en l’occurrence la petite ville de Bentrock. La famille Hayden sont des notables et cela a toute son importance.

Julian, le grand-père a été le shérif du comté avant de faire de son fils cadet, Wesley – père de David – être le calife à la place du calife.

Quant à Frank, le frère aîné, c’est un homme admiré de tous, à la fois pour son statut de héros de guerre et  parce qu’il est docteur. Jusqu’au jour où le cadet apprend que son aîné n’est pas tout blanc…

Les secrets de famille dont tout le monde a connaissance mais dont personne ne veut être celui qui le déterre, c’est vieux comme le monde. Des tas d’auteurs l’ont traité, mais malgré tout, Larry Watson arrive à nous donner des sueurs froides tant le sentiment d’étouffement est grand durant la lecture.

De l’été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n’a pu ni chasser ni même estomper.

Au travers le récit d’un homme qui se souviens de l’été de ses 12 ans, nous suivons tout ce qui découlera du fait que Wesley Hayden, shérif, enquêtera sur son frère, Franck, qui aurait eu les mains et la queue baladeuse avec les indiennes qu’il auscultait contre leur gré.

Oui, monsieur est médecin et il aimait jouer au docteur et mettre les doigts ailleurs que dans les oreilles. Ce sont, du moins, les accusations de Mary Little Soldier, l’indienne sioux et nurse de David.

Faut-il se taire ou dénoncer son frère ? Wesleyy aura-t-il le courage d’inculper son frère, le chouchou de papa ? Peut-on ruiner le vie de son frangin, héros de la guerre et respecté de tous ou laisser pisser le mérinos ? Après tout, ce ne sont que des indiennes…

— Pourquoi mentirait-elle, Wesley ?
Mon père ne répondit pas mais je devinais ce qu’il pensait: « C’est une Indienne, pourquoi dirait-elle la vérité? »

En 1948, le racisme est loin d’être éradiqué et la société à l’air d’avoir encore des relents de far-west non civilisé. Les paysages sont arides, comme les gens qui vivent là-bas.

La douleur intérieure que vont ressentir certains personnages est latente, évoluant petit à petit. C’est un peu comme une rage de dent. Au début, ça dérange, mais on supporte quand même la douleur, pensant que ça va passer.

Mais ça ne passe pas et la douleur devient de plus en plus forte, elle pulse, l’abcès suinte, ça nous lance et même lorsqu’il est crevé, on souffre toujours.

Dans ce roman noir, même après avoir extrait la dent pourrie, la gencive saigne toujours et le trou ne cicatrise jamais.

Alors, jeune David, tu avais des illusions sur le monde des adultes ? Ben tiens, elles viennent de sombrer aussi profond que le Titanic, entrainant ton innocence en même temps.

D’ailleurs, comme tu le dis si bien, si ton père se dispute avec ton grand-père, tu n’iras plus chez eux et tu devras faire une croix sur ton poney… À 12 ans, on a des pensées très égoïstes.

160 pages, c’est court, mais qu’est-ce que c’était intense !!

BILAN - Coup de coeurChallenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Le « Challenge US » chez Noctembule et « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.

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46 réflexions au sujet de « Montana 1948 : Larry Watson »

  1. Ah voilà un livre choc du Montana. Quand on le lit, cela peut faire 5 ans, dix ans, 15 ans qui se sont écoulés depuis, on peut avoir vider des barriques de whisky, même frelaté, depuis, il reste encore présent dans un coin de sa mémoire.

    Aimé par 2 people

    • Même Al Zheimer ne nous le fera pas oublier !! Pourtant, j’en ai vidé aussi, des bouteilles de bière pas fraiches… et sans la présence de modération, en plus. Purée, on pourra en parler dans la maison de retraite que nous occuperons plus tard !

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  2. Une lecture d’aussi loin que le trou du cul du Montana, ça me parle! 😀

    Avec une queue baladeuse qui joue ailleurs que dans les oreilles… Eh ben!

    Non mais blague à part, j’adore cette ambiance de western sur fond de souvenirs. On a tous des illusions sur le monde des adultes, jusqu’à ce qu’il nous claque entre les doigts.
    Superbe critique ma Belette poète 😀

    Et n’oublies pas, qui boit son thé frette pisse drette!!! Mouah ha ha ha

    Aimé par 1 personne

    • PTDR ! Les expressions d’autre-atlantique sont toujours aussi poétique ! 😛

      Après une lecture aussi profonde, fallait que je déconne pour me remettre les idées à l’endroit et bon, chassez le naturel…

      Aaaah, que d’illusions perdues nous avons perdues…

      Merci à toi et rassure-toi, je bois un café chaud, alors, je pisserai haut !

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    • Je suis d’accord avec toi, mais bon, ça a un peu évolué tout de même ! Ils ont droit à entrer à l’unif, de vote, sont libres de s’asseoir dans le bus, les chiottes ne sont plus séparées, ils peuvent être présidents… bon, le racisme ne s’éteindra jamais, malheureusement, mais ça progresse tout de même !

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  3. Je l’ai lu il y a quelques années (et j’ai habité au Montana,aussi je l’avais d’abord choisi pour son titre) et pareil, un choc ! ça fait du bien, non ? En tout cas tu lui rends un sacré hommage 😉

    Je n’avais pas encore pris l’habitude d’écrire des billets suite à mes lectures et je le regrette aussi je vais peut-être encourager mes lecteurs à lire le tien 😉

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  4. Ping : Bilan Livresque : Mars 2015 | The Cannibal Lecteur

  5. Ah ! Coïncidence : j’ai failli l’acheter mais finalement j’ai choisi Warlock dont je viens de publier la chronique. J’ai choisi au poids : Montana 1948 = 160 pages, Warlock = 750 pages. Mais j’ai été très attiré par Montana et c’est sûr que je vais l’acheter prochainement, maintenant que j’ai lu ta chronique. Vive le western !

    Aimé par 1 personne

    • Warlock, je l’ai !! je dois le lire !! n’en dis pas du mal, hein !! sinon, je le lirai plus… 😛

      Allez, je saute sur ma monture et je galope muni de mes six-coups jusque ta chronique !

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  6. Ping : Le challenge USA revient | 22h05 rue des Dames

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