Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon : André Franquin

Titre : Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon

Scénaristes : André Franquin & Maurice Rosy
Dessinateur : André Franquin

Édition : Dupuis (1956)

Résumé :
Le Marsupilami serait bien mieux en Palombie. Spirou décide de l’y renvoyer. Arrivé sur place, il constate que Zantafio y a installé une dictature.

Critique :
— Ouvrez vos atlas, bande de cancre, et trouvez-moi la Palombie dessus ! Mais si, ça existe la Palombie ! Non, bande de moules, elle n’est pas voisine du royaume de Syldavie ! La Syldavie est dans les Balkans, nom de Zeus, Marty. Comme vous séchez, je vous donne un premier indice : Amérique du Sud !

Lorsque j’étais gamine et que je relisais cet album (j’ai commencé jeune), je riais toujours des facéties du Marsupilami avec la bonbonne de Métomol, faisant fondre tous les métaux dans la petite ville de Champignac.

Hurlant de rire devant les bêtises du même Marsupilami lors de leur traversée vers la Palombie, pour aller le relâcher dans la forêt vierge et je repartais de plus belle avec la seconde partie du voyage, en avion…

Fantasio avec son caractère soupe au lait est un bon client pour faire démarrer les gags, lui qui s’emporte toujours, entraînant Spirou dans les bagarres, malgré lui.

Je riais des discours alambiqués du maire et de toutes les situations cocasses, dont celle faites par le dictateur qui, après un attentat à la bombe, demandais au directeur de la sécurité de faire emprisonner des tas de gens, dont le directeur de la sécurité même !

C’est une aventure avez du rythme, de l’action, et des gags. Publié avant dans l’hebdo Spirou, les dessinateurs/scénaristes se devaient de terminer les pages avec un brin de suspense pour que le lecteur revienne la semaine suivante.

Donc, on ne s’emmerde pas et on sourit beaucoup, même si les sourires sont jaunes, car depuis, j’ai bien grandi et je sais maintenant que les dictatures ne sont pas des trucs drôles comme celle de Palombie…

En poussant la réflexion à son paroxysme, il est clair que les gags de Franquin dénoncent les régimes autoritaires avec les ambitions folles du chef suprême, ses discours où toute la ville se doit d’assister, d’applaudir, de crier « viva Zantas », où la liberté de la presse n’existe pas, où les gens sont pauvres et sous la coupe d’un taré qui ne rêve que d’attaquer le pays voisin, quitte à mettre en scène des problèmes à la frontière.

Tout ça, je ne le voyais pas quand n’étais gosse. Je ne comprenais pas non plus que les mimiques exécutées par le dictateur Zantas lors de son discours avaient été copiées sur celle de Chaplin dans le film « Le dictateur », elles mêmes copiées du triste sire moustachu…

Comme quoi, sous couvert de l’humour, des gags amusant, Franquin dénonçait le régime des dictatures et moi, enfant, je ne le comprenais pas vraiment… Il a fallu que je grandisse pour redécouvrir une partie des albums avec un autre œil.

Oui, je ris toujours, mais dans le fond, quand je referme l’album, j’ai un petit serrement au cœur, les tripes qui se nouent et les mains un peu moites.

Un bel album où Spirou et Fantasio auront fort à faire pour empêcher l’invasion du pays voisin, jouer les agents doubles, faire preuve de duplicité afin d’être convaincant dans leurs rôles de colonels de l’armée et devront affronter cette même armée avec la dernière invention de Champignac, le tout sans faire de victimes !

Le Métomol, une super invention !

Avec tout ça, on en oublierait presque de déposer le Marsupilami dans la forêt vierge, tout content de retrouver son environnement, sous les yeux tristes de Spip qui voit son copain de jeu s’en aller.

Ça m’arrachait une larme, gamine, mais la dernière case me remontait toujours le moral.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°229, le Mois Espagnol et Sud-Américain chez Sharon – Mai 2020 [Lecture – 17] et Le Challenge Animaux du monde 2020 chez Sharon [Lecture N°07].

 

27 réflexions au sujet de « Spirou et Fantasio – Tome 7 – Le Dictateur et le champignon : André Franquin »

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  4. Ping : Mois espagnol et sud-américain 2020 | deslivresetsharon

        • Oui, mais pas avec tout le monde… Aurait-on pensé qu’un jour on ferait rire avec la seconde guerre mondiale ? Pourtant, « la grande vadrouille », « papy fait de la résistance », « la 7ème compagnie » et mieux, « La vita e bella » qui arrive à parler des camps de la mort avec poésie, humour, sans pour autant sombrer dans l’humour trash.

          Rire permet d’enlever un poids des épaules, de s’apaiser, nous fait penser à ceux qui ont souffert de ÇA, sans pour autant leur manquer de respect… Dans ma tête, c’est ainsi que ça se passe quand je ris d’une blague sur des sujets trash et hautement délicats…

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          • Mais tu parles de vieux films, il y a 20 ans tout pouvait passer (je pense a tous ces films avec des titres a rallonge)…maintenant, je pense qu’on est trop dans le politiquement correct…pas sure que cela passera…;)

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            • Tourner un rabbi Jacob maintenant ne passerait sans doute plus… la preuve que plus on évolue, plus le temps passe, et plus on régresse dans la liberté de paroles. Je ne suis pas d’accord avec les insultes, mais niveau humour, maintenant, le moindre truc et boum, licencié ! Le Luron pouvait se permettre plus de libertés que les humoristes de maintenant.

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                    • Les gens manifestent pour la liberté de presse, de paroles, de caricatures, parce que dans leurs têtes, on peut se foutre des autres, des sujets qui ne les intéresses pas, mais pas de ce qui leur tient à coeur…

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                    • Soit elle est totale et pas de censure, juste des sanctions si insultes, inventions dans le but de nuire et j’en passe… Mais si liberté totale, alors même la Marine a le droit d’ouvrir sa gueule et de dire ses horreurs, quitte a sanctionner après pour injures graves, racisme, xénophobie,…

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                    • Exactement…elle est totalement bafouee… »j’ai le droit dire ce que je veux » m’enerve un peu quand apres, il n’y a que stupidites….

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                    • Hélas, lorsque tu donnes la parole aux gens, ils te sortent des conneries, des insultes, des insanités… mais ça fait rire, ça fait plus vendre que des choses intelligentes. Et puis, tout le monde comprend, les imbécillités, tandis que ce qui vole plus haut, ça donne mal au crâne.

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