L’ami : Tiffany Tavernier

Titre : L’ami

Auteur : Tiffany Tavernier
Édition : Sabine Wespieser (07/01/2021)

Résumé :
Un samedi matin comme un autre, Thierry entend des bruits de moteur inhabituels tandis qu’il s’apprête à partir à la rivière. La scène qu’il découvre en sortant de chez lui est proprement impensable : des individus casqués, arme au poing, des voitures de police, une ambulance.

Tout va très vite, et c’est en état de choc qu’il apprend l’arrestation de ses voisins, les seuls à la ronde. Quand il saisit la monstruosité des faits qui leur sont reprochés, il réalise, abasourdi, à quel point il s’est trompé sur Guy, dont il avait fini par se sentir si proche.

Entre déni, culpabilité, colère et chagrin, commence alors une effarante plongée dans les ténèbres pour cet être taciturne, dont la vie se déroulait jusqu’ici de sa maison à l’usine. Son environnement brutalement dévasté, il prend la mesure de sa solitude.

C’est le début d’une longue et bouleversante quête, véritable objet de ce roman hypnotique. Au terme de ce parcours quasi initiatique, Thierry sera amené à répondre à la question qui le taraude : comment n’a-t-il pas vu que son unique ami était l’incarnation du mal ?

Critique :
Cela ne vous a-t-il jamais frappé que lors de l’arrestation d’un tueur (qu’il soit en série ou pas), d’un kidnappeur, bref, d’un salopard, que ses voisins tombent toujours de haut ?

Les journalistes les interroge, demandent s’ils n’ont jamais suspecté quelque chose et généralement, personne n’a rien vu, rien entendu, rien suspecté et s’il l’a fait, ce ne fut que durant un bref moment. On ne va pas ameuter tout le quartier pour un truc qui pourrait ne provenir que de notre imagination fertile.

Ce roman, dont l’auteure était venue en parler à La Grande Librairie (émission dangereuse pour les Wish et qui fait monter les PAL) et j’avais envie d’aller plonger dans un fait divers (nous en sommes friands) et d’en voir les conséquences sur les voisins.

Ici, cela concerne une seule famille : Thierry et sa femme Elisabeth vivent dans une maison de campagne éloignée de tout, leur fils est parti vivre ailleurs, Thierry est un solitaire, un taiseux et Guy, l’homme que l’on vient d’arrêter en tant que serial killer était son seul ami.

Ce roman commence comme un polar afin de mieux nous immerger dans l’histoire, mais ensuite, il se dirige plus vers de la psychologie, de l’introspection, vers la vie de Thierry qui commence à partir en couilles, lui qui n’a rien vu, rien suspecté et qui se pose bien des questions sur l’amitié qu’il avait avec Guy.

Le château de cartes de la vie pépère de Thierry s’écroule lentement, comme un jeu de domino, une fois que le premier pion fait tomber le suivant et ainsi de suite.

Tout va passer dans son esprit : des souvenirs de son enfance, des souvenirs de boulot avec son collègue décédé,… Sa tentative de se blinder ne fera qu’apporter d’autres lots d’emmerdes, autant au boulot que dans sa vie de couple et le fera passer d’une position habituellement immobile à une sorte de fuite en avant.

En ne s’attachant qu’à un seul couple et surtout à Thierry, l’auteure peut nous faire vivre les heures et les jours d’angoisses de manière plus intime.

J’ai apprécié le fait qu’elle ne se contente pas, durant l’introspection de Thierry, de nous parler uniquement de ce fait divers mais qu’elle étende les pensées de son personnage principal à d’autres sujets d’actualités qui viennent parfaitement s’emboîter dans l’ensemble.

Un roman qui commence comme un polar afin de poser les bases mais qui s’en écarte ensuite pour entrer dans de l’intime, dans les dégâts collatéraux qu’un assassin crée dans ses crimes (familles des victimes) et dans son voisinage, avec ces gens qui ont un jour bu une bière avec lui, mangé un barbec, emprunté sa tondeuse ou était devenu son ami. Et tout le lot de questions qui resteront à jamais sans réponses…

Un roman qui, présenté ainsi, pourrait faire croire qu’il va vous plomber l’ambiance, mais en fait, non, pas du tout.

Oui, c’est angoissant de voir la vie de ce couple qui explose suite à l’arrestation de leurs voisins, de voir l’avidité des journalistes et des collègues de boulot, amis, mais dans ce roman, on a aussi un beau rayon de soleil et on se dit que la résilience n’est pas un vain mot et que les épreuves peuvent changer les gens dans le bon sens.

15 réflexions au sujet de « L’ami : Tiffany Tavernier »

  1. Ping : Bilan Mensuel Livresque : Février 2021 [Mois du Polar] | The Cannibal Lecteur

  2. Dangereux pour les Wish ? C’est qui les Wish? C’est une des familles du roman ? Une nouvelle secte ? 😆 Bon… il semble que je fasse partie de la famille des Wishers moi… 😀 Tu nous mets l’eau à la bouche avec cette fiche. C’est intelligent et original comme angle d’attaque que de reprendre une histoire de serial killers non pas via le regard de l’enquêteur ou du meurtrier ou d’une victime… mais par le biais du regard d’un proche. Si ma PAL n’était pas si obèse, et mon temps de cerveau disponible de plus en plus réduit, j’en toucherais deux mots volontiers à ma libraire! Purée je trouvais que c’était des conneries ces histoires de charges mentales de la mère de famille qui travaille… j’aime pas les nouveaux concepts surtout quand c’est un moyen de se faire passer pour des pauvres choses… Mais la réalité est là : malgré l’aide assidue de Toquée le seul temps que j’ai pour moi en ce moment c’est le sommeil! 😦

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    • Wish-list, la liste des souhaits… littéraires, cela va sans dire, pour celle des galipettes sexuelles, on n’en parle pas ici, mais le boudoir du fond 😆

      Oui, j’ai aimé ce côté faits-divers, ce qu’on dévore souvent dans les journaux parce qu’on aime mieux ça que la page économie ou actualité internationale, sauf si elle est croustillante… Genre partouze lockdown 😆

      Vois avec ta libraire et pour la charge mentale, je sais de quoi tu parles, je fais tout l’administratif à la maison et souvent, c’est lourd, surtout avec l’administration de mes deux !!! Ça fait du bien de le dire, tiens… Mais la littéraire, c’est moi, alors, j’assume…

      Je manque de temps aussi et je n’ai même plus les trajets en métros tous le sjours !

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  3. Oh oui cela m’a toujours fascine d’entendre les voisins dire que l’arrete etait quelqu’un de normal….vraiment ce livre doit etre pasionnant pour ca….mais maintenant regarde ton voisin d’un autre facon…lol

    Aimé par 1 personne

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