Sherlock Holmes et les disparus des Cornouailles : Martine Ruzé-Moens

Titre : Sherlock Holmes et les disparus des Cornouailles

Auteur : Martine Ruzé-Moens
Édition : du Net (26/09/2019)

Résumé :
Sylvester compte beaucoup pour les frères Holmes. Il vit depuis plus de vingt ans au presbytère de Predannack, petit village anglais des Cornouailles d’apparence paisible…

Dans un courrier alarmant adressé à Mycroft Holmes, le père Rounay, prêtre au grand cœur qui officie dans cette paroisse, lance un appel à l’aide : « Sylvester a été inculpé pour meurtre et emprisonné ».

Sherlock Holmes part immédiatement enquêter en Cornouailles. Il va y évoluer dans un contexte angoissant lié à des pratiques ancestrales mettant en œuvre magie noire et sorcellerie. Il n’en sortira pas indemne.

Les crimes, empoisonnements, vengeances et surtout les disparitions vont s’y enchaîner. Ses investigations finiront par le mener jusqu’à la mystérieuse abbaye de Saint-Eustache où se nouent d’étranges intrigues…

Tous les talents du grand détective seront mobilisés pour que la vérité finisse par éclater, mais il en souffrira beaucoup, à la fois physiquement et moralement.

Critique :
Ce n’est pas le premier roman holmésien écrit par Martine Ruzé-Moens que je lis et j’apprécie le Sherlock Holmes qu’elle met en scène dans ses récits.

Surtout lorsqu’il est accompagné de Mathilde d’Alencourt… Hélas, je l’ai trouvée un peu trop effacée durant la seconde affaire.

La seconde affaire ? Oui, j’ai oublié de vous préciser que le résumé concerne en fait deux enquêtes de Sherlock Holmes, dans le même village de Cornouailles, mais à quelques années d’intervalles.

J’ai été surprise lorsque je vis apparaître la fin de sa première enquête, celle avec Sylvester emprisonné. Quoi ? On a déjà fini l’enquête ? Déjà qu’on l’avait commencé à l’envers, par Holmes revenant amoché de son petit séjour dans le village de Predannack…

Non, je ne râlerai pas car il est une chose certaine : le format des nouvelles convient mieux à Holmes que le format des romans, même si je trouverais toujours aux nouvelles un goût de trop peu à toutes.

La seconde enquête est un peu plus longue et c’est là qu’intervient Mathilde d’Alencourt qui va enquêter à ces côtés, suite à l’empoisonnement de… X.

J’apprécie ce personnage et je trouve qu’elle n’est pas assez mise en valeur dans cette enquête où elle aurait pu briller, faire plus d’échanges sur l’enquête avec Holmes, déjà que ce dernier m’a donné l’impression que tout lui tombait un peu trop facilement dans le bec.

Pour moi, Holmes, ça enquête, ça déduit, ça raisonne, ça fume du cerveau, ça se couche au sol pour prélever des indices, bref, ça doit s’agiter et cogiter.

Certes, le Holmes de l’auteure n’est pas tout à fait celui de Conan Doyle (son Holmes à lui restera unique, son manque d’amour pour son détective a dû jouer) mais j’aime ses déductions, j’aime quand il court partout tel un chien de chasse flairant la trace d’un renard. Ici, on lui apporte bien des réponses sur un plateau d’argent.

Sans vouloir remettre en cause les talents de l’auteure, j’aurais aimé un Holmes plus fureteur et pas que sur le livre d’heures qu’il examine.

Autre petits détails qui m’ont fait me poser des questions… Si je veux empoisonner une personne avec un champignon vénéneux, je vais le chercher moi-même en forêt et je ne confie pas cette tâche à une autre personne car lorsque cette dernière apprendra la mort de X par empoisonnement à l’amanite, sûr qu’elle fera le rapprochement avec ma demande.

Juste entre nous aussi, si je suis la personne qui a cueilli l’amanite pour le criminel et que X est mort à cause de cela, je ne risquerai pas d’aller en parler à mon frère, dans un lieu où se trouvent plein de gens ! Punaise, c’est trop risqué. Et bougrement facile pour un Holmes aux oreilles longues.

Anybref, je fais de ma gueule mais dans le fond, j’ai aimé cette aventure dans les Cornouailles, surtout pour son enquête dans l’abbaye de Saint-Eustache (qui trompe énormément – jeu de mot foireux offert), avec une bibliothèque, des livres d’heures datant d’avant l’invention de l’impression, où, encore un peu, on verrait l’ombre de Guillaume de Baskerville et d’Adso von Melk…

Assez court, trop court (156 pages), ce pastiche holmésien se dévore trop rapidement, ce qui restera son plus grand défaut à mes yeux.

Lorsqu’un livre a un goût de trop peu, que l’on aurait encore bien passé du temps avec ses personnages, c’est que, malgré ses petits défauts, il nous a fait oublier le temps qui passait en nous offrant du bon temps de lecture. Holmes me manque déjà… Mathilde aussi, idem pour Watson qui s’est fait rare dans ces deux enquêtes.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (juillet 2019 – juillet 2020) – N°276 et Le Mois Anglais chez Lou, Titine et Lamousmé (Juin 2020 – Saison 9).

12 réflexions au sujet de « Sherlock Holmes et les disparus des Cornouailles : Martine Ruzé-Moens »

  1. Why not my dear? Obviously, you don’t have the most little slice of pity for my gigantic PAL! The english month makes me so ashamed of not being able to read so fast you increase my PAL… 😦
    Where’s my cup of tea? Certainly in the kitchen, with Brian… Never mind I’ll be drunk with another mojto! 😀

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    • Oh nooon, mon english is poor, but my tailor is rich and the flower as beautifull ! 😀

      Sorry, in dit geval, geen kopje thee ! Yes, I mélanger le flamoutche et l’englishe. Anybref, tu l’as dans le cul lulu en traduction française. Sinon, à la société qui commence par Ama et qui se termine par Zone, tu peux commander…. yakelà :/

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      • Damned! What a disapointment! I’m upset and I’m going to cry alone in my bed for ever and ever! 😦 But… Where is my cup of tea? Did Brian drink it in the kitchen? Brian, son of the bitch! Burn in hell! 😀

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        • Oui, il ne te reste plus qu’à pleurer dans ton lit… Pas de tasse de thé, les magasins sont en grève… et oui, Brian, à force de passer son temps dans la kitchen ou la bathroom est un enfoiré de fils à sa mère 😀

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  2. Je ne connais pas du tout l’auteure… Mais tu sais nous appâter ^^  » Pour moi, Holmes, ça enquête, ça déduit, ça raisonne, ça fume du cerveau, ça se couche au sol pour prélever des indices, bref, ça doit s’agiter et cogiter.  » J’adore cette phrase ! Tout à fait d’accord avec toi, c’est ce que j’aime aussi dans les enquêtes de Sherlock Holmes ! Bien envie de découvrir cette Mathilde d’Alencourt à mon tour !

    Aimé par 1 personne

    • Dommage que les livres de l’auteure soient si difficiles à trouver. J’en avais commandé certains aux éditions « Mycroft brother’s » et d’autre chez Ama… Zone. Pas eu le choix que de recourir au grand satan puisque ailleurs je ne les trouvais pas… :p

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