Un assassinat de qualité : Ann Granger

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Titre : Un assassinat de qualité

Auteur : Ann Granger
Édition : 10-18 (2015)

Résumé :
Londres, 1867, le mal rôde dans les rues… alors que l’inspecteur Ben Ross de Scotland Yard rentre chez lui un samedi soir d’octobre, le fog tourbillonne et l’enveloppe comme une bête vivante.

Lorsque le brouillard se lève le lendemain matin, une femme gît assassinée dans Green Park. Allegra Benedict était la belle épouse italienne d’un marchand d’art de Piccadilly.

Alors que Ben commence son enquête, son épouse Lizzie – avec l’aide de leur bonne Bessie – se penche sur la vie privée d’Allegra et découvre plus d’une raison pour laquelle quelqu’un pourrait vouloir sa mort…

big-ben-smogCritique :
Londres est envahie par un brouillard dense, jaune : le smog !

Ce néologisme issu de l’anglais smoke, fumée et de fog, brouillard empêche la plupart des gens d’y voir à 50 centimètres et notre inspecteur benjamin Ross a bien du mal à se repérer sur le pont de Waterloo (morne plaine).

Ce qui devait arriver arriva, bardaf, ce fut l’embardée dans une prostituée échevelée (ça rime) qui a tout l’air de fuir quelque chose… Le spectre de la Tamise !

Fuyez pauvres prostituées, ce spectre vous cherche, posant ses doigts froids sur vos gorges chaudes et profondes…

Notre inspecteur n’était pas un lapereau de six semaines sait pertinemment bien que les spectres, ça n’existe pas ! Mais il tend tout de même l’oreille à cette ombre qui rôde et qui s’en prend aux prostituées, 21 ans avant le terrible Jack The Ripper !

Nouveauté dans ce troisième opus : Benjamin Ross et Elizabeth Martin sont mariés et les lecteurs n’ont même pas été invité à la noce. Ça, c’est pas bien !

Par contre, ce que j’ai aimé, c’est que cet opus mette plus en avant l’enquête de Ben Ross que celle de sa femme et que contrairement au tome 2, on ait une véritable enquête de police et pas une résolution qui tombe toute cuite dans le giron de notre Lizzie.

On plonge cette fois-ci dans un groupe où un pasteur assez joli môme nous prône la tempérance qui n’est pas, comme certains pourraient le croire, une nouvelle pratique sexuelle mais plutôt le fait de consommer les boissons alcoolisées, non pas avec modération, mais avec abstinence ! Là, j’en vois quelques uns qui sont horrifiés, déjà.

Et Bessie, la fidèle bonne des Ross fait partie de ce groupe d’illuminés, qui, bien que partant du constat réel que l’abus d’alcool fragilise encore plus les populations pauvres et qu’il faille les en détourner, en arrive à l’exagération avec l’interdiction même d’une bière en soupant après une rude journée de travail ! Hé ho, hein bon !

Un meurtre par strangulation dans un parc rempli de smog, une belle jeune fille italienne, un mari éploré et suspect, une dame de compagnie qui ne nous dit pas tout, une société qui prône la tempérance avec un peu trop de zèle et un pasteur trop beau que Lizzie regarde d’un œil torve.

L’enquête est bien menée, les fausses pistes nous font perdre la tête, surtout avec deux affaires distinctes et des meurtres de femmes dont on n’arrive pas à trouver le mobile.

Comme pour les autres tomes, les chapitres s’alternent avec les points de vue de Ben et de Lizzie qui, le soir devant le feu, mettront en commun leurs indices, leurs découvertes, leurs théories, leurs déductions et tout ce qu’ils auront besoin pour résoudre l’enquête.

Certes, on notera des grosses similitudes avec la série « Thomas et Charlotte Pitt », même si ici, on fréquente un peu moins la haute bourgeoisie puisque Lizzie n’en fait pas partie, que ce n’est pas tout à fait la même époque (20 ans plus tôt), mais l’auteur explore aussi la société victorienne, ses travers, ses problèmes…

Ici, on met en lumière cette société bourgeoise qui critique l’alcoolisme des pauvres, qui s’insurge des prostituées et de leur commerce du sexe (alors qu’on le sait, les bourgeois sont des cochons qui aiment s’encanailler avec les putes), une société qui se sent toute fière d’aider les plus démunis mais se fout pas mal des gens ou des enfants qui triment dans les usines de coton de Manchester…

Bref, nous sommes face au portrait d’une société anglaise hypocrite, bourrée de préjugés, qui hurle au scandale comme une vierge effarouchée pour tout et n’importe quoi, qui veut que l’on trouve le coupable du crime, mais qui ne veut surtout pas être dérangée par une enquête de ces rustres de policiers car ça risquerait de bouleverser leurs petites habitudes ou pire, d’exhumer des secrets pas très reluisants.

Plus que des hypocrites, j’ai croisé une cohorte de gens d’une mauvaise foi crasse.

Au final, c’est une série et une lecture plaisante, on ne se prend pas la tête, j’adore les romans qui ont pour cadre l’Angleterre victorienne et je trouve les personnages attachants.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017) et le Challenge British Mysteries chez My Lou Book.

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10 réflexions au sujet de « Un assassinat de qualité : Ann Granger »

  1. 😳😳😳 Ben ? C’est fini le mois américain? A moins que l’auteure (pourquoi pas autrice d’ailleurs?) ne soit née outre Atlantique? Anybref, nonobstant et quoiqu’il en soit, c’est un roman que j’ai moi même bien aimé. Les zaventures de Tom et Lizzie m’amusent bien et en effet ils sont bien attachants! Et ça se lit bien! Un peu moins authentique que la série du même genre d’Anne Perry (quoi que… Tom et Lizzie n’ont pas commis une mésalliance trop inconcevable pour être crédible comme les héros d’A.Perry!), elle est toutefois plus légère et parfois même drôle!

    Chuis bien contente que tu aies aimé et que tu en fasse profiter les copines! 😄

    La tempérance… Mouais… C’est peut être pas si mal… T’as jamais vu Toquéfada quand il abuse du vin de messe! Il voit des sorcières partout et des hérétiques dès qu’on le contredit… Et en plus ses bûchers ne tiennent pas debout quand il n’est pas bien à jeun ! 😄

    Aimé par 1 personne

    • Aaaah, cet article était l’hérésie du mois car auteur anglais et lieu anglais. Une LC pour le British Mysteries. L’avais oubliée, j’étais à la bourre et j’ai fait le forcing pour lire le roman en une journée, lisant tard le soir et rédigeant ma chronique tôt le matin, bref, un truc de ouf !

      Oui, amusant, même si j’adore les personnages de Perry, surtout tante Vespasia. Les mésalliances ne sont pas si rare que ça. C’est déjà de la grosse couille de dire que des gens sont plus hauts que d’autres dans la société. Ils se disent nobles, mais c’est de la merde, le sont même pas, ils se sont arrogé ces titres il y longtemps.

      J’aime pas le vin de messe ! Que Toquéfada se soule au Saint-Emilion, au Chateau neuf du pape, ça reste religieux et le goût est meilleur !

      Oh non, pas des bûchers de travers ! Honte à lui.

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      • Chuis un peu ambivalente avec les zaristos et grands bourgeois! Disons que dans ma belle famille éloignée il y en a quelques uns… Certains sont d’un grand respect et d’un grand savoir vivre avec les « roturiers »… Et d’autres se révèlent aussi assez puants (surtout les nouveaux riches ou les pièces rapportées qui kiffent grave le titre ou statut de leur mari)…

        Je trouve que le cinéma et les séries ne sont généralement pas tendres avec les nobles anglais… En même temps en Britain les rapports sociaux ont toujours été assez clivés et violents décomplexant totalement les zéritiers convaincus de leur supériorité innée sur le reste du monde alors que quand on gratte… Ils se révèlent parfois incultes et idiots sous le vernis. Mais quid dans la vraie vie?

        Chez les zaristos français vous en avez qui vivent ce statut plus comme un devoir, une charge, une mission avec laquelle ils se doivent d’être à la hauteur… Et il savent le faire avec humilité.

        Je ne sais pas comment c’est en Belgique…

        En tout cas… Chez les zaristos c’est pareil que dans le reste du monde : il ya des gens supers et des cons!

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