Le secret de Sherlock Holmes : Christophe Guillon et Christian Chevalier

Titre : Le secret de Sherlock Holmes

Auteurs : Christophe Guillon et Christian Chevalier
Édition : L’Harmattan (13/03/2020)

Résumé :
Londres 1881. Sherlock n’est pas encore le grand Holmes et le docteur Watson, médecin légiste, rentre tout juste d’Afghanistan.

Alors que ce dernier cherche un toit, l’inspecteur Lestrade fait appel à lui pour autopsier un cadavre découvert sur les bords de la Tamise.

L’enquête qui va suivre unira les destins de Sherlock Holmes et du docteur Watson et les fera entrer dans la légende.

Critique :
Si lire du théâtre n’est pas mon fort, je ne pouvais pas me priver de lire la mise en roman de cette pièce de Sherlock Holmes.

Autant où j’ai du mal à lire des dialogues avec le nom du personnage devant, autant où ici ce fut d’une facilité déconcertante.

Les actions des divers protagonistes (6) étaient bien expliquées et j’ai aimé la manière dont les auteurs ont mis en scène une scène dans le final, avec Watson qui raconte et les acteurs qui suivaient son récit.

C’est une pièce qui parle de la rencontre entre Holmes et Watson, en changeant quelques petits détails et en y ajoutant la présence d’un Lestrade.

Nous avons une enquête qui reprendra une partie du canon holmésien, notamment la pierre de Mazarin, un nom connu (Stapleton) et un inspecteur Lestrade totalement crétin. Bref, c’est une lecture fort légère.

Attention, pas légère dans le sens « peu consistante, insuffisante » (à la Harlequin) mais dans le sens que les réparties sont bourrées d’humour, de doubles sens, de jeux de mots et que le public a dû bien rire vu que moi, seule dans mon divan, j’ai gloussé très souvent.

Je soulèverai tout de même quelques incohérences : lors de leur rencontre, en 1881, nos deux hommes sont jeunes, même pas la trentaine, hors, dans cette pièce, ils sont bien plus âgés et d’après mes calculs fait à partir du « secret » de Holmes, je dirais même que si nous sommes face à un Holmes de moins de 50 ans, il ne peut logiquement pas avoir moins de 40 ans dans ce récit, ce qui à l’opposé total du canon holmésien.

Je peux comprendre que pour les besoins du scénario, Holmes ne soit plus un jeunet, mais une autre chose m’a faite tiquer : Watson qui panique quand la jeune fille se blesse, hurlant que si son père était hémophile, elle doit tout de suite faire quelques chose…

Hors je sais une chose (et Internet me l’a confirmé), c’est que l’hémophilie est très très rare chez les femmes. Elle atteint les hommes (les jeunes garçons d’abord) par le biais de leur mère qui leur transmet la maladie. Le fils du Tsar Nicolas II en était atteint et cette saloperie venait de la reine Victoria qui l’a transmise aux familles royales d’Espagne, d’Allemagne et de Russie !

Anybref, que le docteur Watson panique ainsi alors que l’on sait que les femmes en sont rarement atteinte, ça me semblait un peu disproportionné… Par contre, point de vue scénaristique, cela était nécessaire de prendre des libertés avec la médecine et cette saloperie.

Mon seul autre bémol sera pour le fait que cette adaptation de pièce de théâtre soit trop court ! Un peu plus n’aurait pas été pour me déplaire tant j’étais bien dans cette atmosphère d’humour et de cabotinage où seul le lecteur arrive à déduire le secret de Holmes alors que Watson ne capte rien du tout, malgré les indices…

En tout cas, je suis contente d’avoir réussi à mettre la main sur ce court roman jubilatoire et si d’aventures (en aventures, vas-y, chante !!) cette pièce est jouée en Belgique, je prendrai des places, assurément !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 11 Juillet 2020 au 11 Juillet 2021) [Lecture N°273], Le Challenge A Year in England pour les 10 ans du Mois anglais [Lecture N°23] et Le Mois anglais (Juin 2021 – Season 10) chez Lou, Cryssilda et Titine.

30 réflexions au sujet de « Le secret de Sherlock Holmes : Christophe Guillon et Christian Chevalier »

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  5. Mmmouais… et ben non alors. 🙄

    Voici la minute du DrWatson:
    Illustration des rudiments de générique

    L’hémophilie est due à une anomalie du chromosome X de la 23e paire de chromosomes de la mère. Les filles recevant aussi celui de leur père (en plus de celui de la mère) celui ci prend le relai et compense l’anomalie de celui de la mère. Les garçons recevant le chromosome Y du père sur la 23e paire, il n’y a pas compensation de l’anomalie et donc l’hémophilie se déclare.

    En toute logique, une femme peut être hémophile si sa mère est porteuse de l’anomalie ET si le père est lui-même hémophile.

    Les hommes hémophiles transmettent toujours l’anomalie à leurs filles… qui le transmettent une fois sur deux à leurs fils ou à leurs filles. Seuls les fils en souffriront… et leurs filles seulement si leur père est hémophile.

    Voilà ! Vous savez tout! 🤓

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    • Les femmes compensent les défauts de la génétique, pas les hommes 😆

      Il eu donc fallusse que la mère fusse hémophile en plus de son mari pour que la fille saignasse sans fin. 😆 Watson ne connaissant pas la génétique de la mère, il y avait peu de chance que la jeune fille ait eu un si mauvais tirage :p

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      • Ah ban non Dame Belette! Z’aurez pas une bonne note à votre interro de génétique! Pour l’hémophilie c’est le chromosomes X transmis par le père qui compense l’anomalie de celui de la mère quand ils conçoivent une fille. C’est pas la mère qui redresse le tir là! 😉

        Le père hémophile ne peut transmettre l’anomalie qu’à ses filles, jamais à ses fils…

        Mais effectivement pour la fille c’est vraiment pas de bol si son père est hémophile car si la mère est porteuse de l’anomalie, elle la refile une fois sur deux à sa fille. Là c’est la faute des deux parents et la fille peut leur faire un procès et exiger des dommages et intérêts délirants. 😆

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        • Mais si, c’est toujours la femme qui redresse le…. oups, je sors !

          C’est toujours compliqué ces X et ces Y, ces abscisses et des ordonnées,…

          Pour la génétique, moi, une fois que l’on a passé le moment de la copulation, je n’y suis plus pour personne 😆

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  6. J’allais souvent au théâtre du Lucernaire (qui n’a pas encore rouvert) et les pièces doivent un format qui dure maximum 1h10 ce qui explique peut-être le côté bref que tu as ressenti. Trois spectacles se succèdent chaque jour alors tu ne peux pas faire du trop long 🙂
    Parfois, le texte prend des libertés pour les besoins de rebondissements dans l’histoire qui doit aller vite et avec peu de personnages. Les comédiens cela coûtent cher.
    Je te félicite d’être sorti de ta zone de confort de lecture.

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    • Les bémols sont flagrant pour quelqu’un qui connait Holmes, le canon, qui l’a étudié (en dilettante, je te rassure), mais ceci n’entraîne pas de soucis dans le récit, juste que j’aime pinailler 😆

      Pour l’hémophilie, elle s’explique pour le secret, mais médicalement parlant, c’est une faute que Watson commet. Je souligne les fautes mais cela n’a pas entravé mon plaisir de lecture. Il était jubilatoire !

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