Groenland, le pays qui n’était pas à vendre 🇬🇱 : Mo Malø 🇫🇷

Titre : Groenland, le pays qui n’était pas à vendre 🇬🇱

Auteur : Mo Malø 🇫🇷
Édition : La Martinière (03/10/2025) – 192 pages

Résumé :
Quelque part au Groenland, dans un futur proche…

Contraint par des ravisseurs qui menacent de s’en prendre à sa fille et sa femme, Frederik Karlsen, nouveau Premier ministre groenlandais, met son pays aux enchères.

États-Unis, Chine, Russie et Danemark s’affrontent dans une course effrénée, prêts à débourser des milliards pour s’approprier l’île-continent et ses ressources inestimables.

Retenu dans une cabane isolée, Karlsen parvient malgré tout à envoyer des messages codés qui mettent la police de Nuuk sur sa trace…

Critique :
Ce roman, aux accents dystopiques, est court (192 pages), mais ne manque pas de profondeur. Il est bref, mais intense, il est rapide, mais une fois arrivé tout au bout, il n’y a plus rien à ajouter.

192 pages, préliminaires et douche comprise, les préliminaires étant réduits à ce qu’il fallait pour nous mettre dans le bain.

La preuve que la taille et la longueur ne sont pas importantes, si le rapport est de qualité (oui, vous pouvez penser à ce que vous avez envie de penser, bande d’esprits mal tournés). Et dans ce cas-ci, il était de très bonne qualité…

Acheter un pays, ça paraît fou, non ? Oui, je sais, dans le temps, des pays ont vendu des territoires à d’autres (la France vendant la Louisiane aux colons américains, entre autre), mais de nos jours, cela semble être de la science-fiction.

Hélas, la réalité est toujours plus forte que la fiction, elle arrive toujours à la dépasser. Un sociopathe blond (ex-orange) peroxydé nous l’a, une fois de plus, rappelé, lui qui parait sorti tout droit du cerveau dérangé d’un écrivain qui aurait eu dans l’idée de créer un personnage improbable, irréel, exagéré dans tous les sens.

Pas vraiment de temps mort, dans ce court roman qui emprunte le compte à rebours d’un 24h chrono en le limitant à 5h. Le Premier Ministre du Groenland a 5h pour faire monter les enchères. La vente ? Le Groenland… Sinon, sa femme et sa fille feront le grand plongeon dans des eaux super méga froides. Mort assurée en quelques minutes par hypothermie. Pas la plus belle des morts.

Que fait la police ? Elle fait ce qu’elle peut, mais vu l’immensité du territoire, elle est paumée, la police !

Oui, le contexte de ce roman fait froid dans le dos, parce qu’il pourrait être réel, parce qu’il pourrait ne pas être une fiction et que dans un avenir proche, ce récit pourrait se produire, sans la prise d’otages, même, ce qui serait encore pire. Tout à un prix, il suffit de trouver lequel.

Un thriller dystopique angoissant, glaçant, qui se dévore d’une traite et qui parle de l’avidité humaine, notamment celles des grandes puissances qui veulent exploiter la Terre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à extraire, pomper, voler, traire, plumer, tondre (tiens, comme les puissants font avec nous, les petits).

On peut crever la gueule ouverte, ils s’en foutent, les puissants (et tout le monde s’en fout, aussi), voulant juste s’en mettre plein les poches, oubliant, un peu vite, qu’ils sont mortels aussi et que leurs gosses devront vivre dans les horreurs qu’ils auront commises et qu’ils leur laisseront en donation.

Un thriller à découvrir, parce qu’il joue avec nos peurs, nous fait monter la pression sanguine, augmenter notre rythme cardiaque, avant de nous décrocher la mâchoire. Oui, ça fait mal, mais c’est salutaire.