Titre : Undertaker – 08 – Le monde selon Oz 🇺🇸
Scénariste : Xavier Dorison 🇫🇷
Dessinateur : Ralph Meyer 🇫🇷
Édition : Dargaud (19/09/2025)
Résumé :
À Eaden, petite ville du Texas sortie ruinée et humiliée de la guerre de Sécession, Sister Oz, gourou de la ligue de la vertu, a convaincu la population qu’elle retrouverait son honneur en faisant sa propre justice… et en empêchant Eleonor Winthorp d’avorter. Pour cela, tous les moyens sont bons : humiliations, intimidations, et pourquoi pas tuer Randolph Prairie, le médecin qui s’apprêtait à pratiquer l’opération.
Mais un homme se dresse pour protéger celui qui est pourtant son rival amoureux et permettre ainsi à Eleonor de choisir son destin : Jonas Crow, l’Undertaker.
Dans cette ville crépusculaire qui oscille entre liberté et fanatisme, chacun devra choisir son camp, quitte à en perdre la vie. Nul ne sortira indemne du monde selon Oz.
Critique :
J’aimerais bien que ce soit Jonas Crow qui s’occupe de ma mise en terre, lorsqu’elle arrivera. Avec un tel croque-mort pour faire mon éloge funèbre, au moins, les gens rigoleraient un bon coup.
Si Sister Act était drôle, Sister Oz, elle, ne l’est pas du tout ! Prêches vindicatifs, tolérance zéro, vertu à tous les étages, totalement opposée à l’avortement, à l’homosexualité (comme la majorité des gens de l’époque, hélas).
Le pire, c’est que toute la ville est avec elle, comme si tout le monde voulait se montrer vertueux et sans péchés, alors qu’ils vivent dans un univers de violence et que personne ne s’émeut qu’un beau-père viole la femme de son fils, que l’on transforme des enfants en boucliers humains.
Sister Oz est la méchante des derniers albums, mais ce n’est pas une méchante d’opérette. Elle est un personnage complexe, pas manichéenne. Elle croit à sa mission, à ce qu’elle fait, à ce qu’elle prêche, tout en étant une manipulatrice et ça la rend encore plus dangereuse, notamment parce que les gens l’écoutent et que la minorité qui n’est pas d’accord, reste silencieuse.
La série des Undertaker est une bande dessinée violente, mais jamais sans raison. L’époque n’était pas celle des Bisounours (elle ne l’est toujours pas), ni de la tolérance des différences, les femmes n’avaient aucun droits, encore moins sur leurs corps et comme tout le monde ne retenait que les versets qu’ils voulaient bien, il était facile de condamner sous couvert de la Bible.
Heureusement que Rose en connaissait quelques-uns et qu’elle a pu fermer le clapet de certains, en leur démontrant qu’ils étaient plus pêcheurs que ceux qu’ils accusaient de pêcher. Le scénario ne se contente pas de nous montrer une maison assiégée, mais il sait aussi aller plus loin et proposer des dialogues percutants.
Comme toujours, les dessins sont superbes, ils ne sont pas figés, sont réalistes. Notre croque-mort est toujours un personnage ambivalent, ni tout à fait noir, ni tout à fait blanc. Il est des deux côtés de la ligne et on ne sait jamais vraiment ce qu’il va faire, mais au moins, il nous surprendra toujours.
Bref, n’hésitez plus et foncez sur cette série western qui vole bien plus haut qu’on pourrait le croire, parce que oui, on peut écrire des westerns intelligents !
Et Dieu dit au Zélote : « Si tu veux jouer au con, tu trouveras toujours pire que toi… » (Épitre de Saint-Jonas aux imprudents).

- Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2025 au 11 Juillet 2026) [Lecture N°60].
- Challenge « American Year 3 » — The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°02.
- Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur.


