Titre : Le Livre des portes 🇺🇸
Auteur : Gareth Brown 🇬🇧
Édition : Sonatine (10/04/2025) – 590 pages
Édition Originale : The Book of Doors (2024)
Traduction : Julie Sibony
Résumé :
Les livres sont des portes…
Cassie Andrew travaille dans une petite librairie new-yorkaise. Elle mène une vie plutôt tranquille jusqu’au jour où un de ses clients préférés, un charmant vieux monsieur, est pris d’un malaise et meurt sous ses yeux. La jeune femme est surprise de retrouver près de lui un petit ouvrage rempli de dessins et de notes étranges dont il allait lui faire cadeau, Le Livre des portes.
Cassie et sa colocataire Izzy vont bientôt découvrir que cet ouvrage a un incroyable pouvoir : faire voyager dans l’espace et dans le temps. Grâce à lui, chaque porte s’ouvre en effet à l’époque et à l’endroit où on le désire.
Mais le bonheur de nos deux héroïnes est de courte durée. De mystérieux individus, prêts à tout pour mettre la main sur l’objet, menacent bientôt leur existence. Elles font alors la connaissance d’un bibliothécaire écossais, Drummond Fox, la seule personne susceptible de les aider.
Ce dernier leur révèle l’existence d’autres livres magiques, le Livre de la chance, le Livre des illusions, le Livre de la douleur… autant d’artefacts qui, s’ils tombaient dans de mauvaises mains, pourraient s’avérer terribles.
Leur mission est désormais claire : percer le mystère de l’origine de ces livres, et les réunir afin de les mettre à l’abri. Mais, dans l’ombre, une mystérieuse femme veille, avec d’obscurs desseins….
Quête initiatique, lutte contre les forces du mal, voyages dans le temps…tous les ingrédients sont réunis ici pour un fantastique plaisir de lecture.
Critique :
Pour moi, les livres sont des portes qui s’ouvrent sur d’autres mondes, d’autres époques. Grâce aux livres, je voyage dans le temps et dans l’espace, sans bouger mon adorable fessier de mon canapé.
Mais imaginons qu’un jour, je tombe sur un livre qui m’ouvre, au sens propre, des portes sur les endroits où je désirerais aller ? Oh putain, quel pied se serait, de voyager en faisant zéro empreinte carbone et à la vitesse de la pensée…
Je me suis laissé emporter par ce roman fantastique qui parlait du pouvoir des livres. On le sait, les livres ont des pouvoirs magiques, ils peuvent blesser, ils peuvent changer le monde, changer les gens.
Les livres font peur aux dictateurs. La preuve, ils emprisonnent leurs auteurs (je parle de vrais auteurs, dans des vraies prisons), mettent leurs livres à l’index, les censurent, les font brûler,…
Ici, bien entendu, le pouvoir des livres est magique, puisqu’ils peuvent faire voyager, donner de la douleur, l’enlever, vous assurer de la chance, l’immunité. Mais de grands pouvoirs entraînent de grandes responsabilités et surtout, des envies de les posséder, afin d’avoir le pouvoir sur les autres.
Le plus gros défaut de ce roman, c’est le manichéisme de ses personnages. Une fois de plus, je me suis retrouvée dans un récit dans lequel les Bons étaient très gentils, et où les Méchants étaient très, très méchants. Pourquoi ils étaient aussi méchants ? Parce que (comme dans la pub pour Orangina à l’orange sanguine).
Il n’y avait rien pour équilibrer les portraits des uns et des autres. Ce qui était lourd, je dois dire et ne m’a même pas donné de l’empathie pour Cassie, l’héroïne du livre, lui préférant quelques personnages secondaires (Izzy, Lund, Mr Webber).
Alors oui, les psychopathes existent, certains sont enfermés, le reste est en liberté, même au pouvoir, dans certains cas (je ne citerai pas les noms), mais je n’ai pas vu l’utilité de brosser de tels portraits aussi sombres.
Un subtil équilibre aurait été plus enrichissant pour les personnages, pour le récit, plutôt qu’un (et une) salopard aimant faire le mal gratuitement et des Bons qui ont des scrupules à dézinguer des méchants assassins. Mais bon, c’est ainsi…
Malgré ces bémols, j’ai apprécié cette lecture, le fait que les boucles soient bouclées, que Cassie évolue, devienne moins « jeune cheval un peu fou », en prenant de l’âge. Là, j’ai commencé à l’apprécier vraiment.
De plus, le récit ne tournera pas en rond, comme j’aurais pu le craindre, à un moment donné, et le final était vraiment bien fait, ni trop long, ni trop court, ni trop facile. Et pour cela, je salue l’auteur.
Une chouette lecture fantastique, malgré le manichéisme des personnages, qui auraient mérité d’être travaillés avec plus de subtilité. Un univers assez riche, des livres qui donnent envie d’être trouvés et protégés des gens qui voudraient les utiliser pour faire le mal.
Et vous, pousserez-vous la porte qui ouvre toutes les portes ? Si oui, ouvrez déjà ce livre.

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