Titre : Requiem pour les fantômes 🇨🇦 + 🇧🇪
Auteur : Katherine Arden 🇺🇸
Édition : Denoël (18/09/2024) – 462 pages
Édition Originale : The Warm Hands of Ghosts (2024)
Traduction : Jacques Collin
Résumé :
Janvier 1918 : Laura Iven, après avoir été grièvement blessée, est revenue du front où elle était infirmière. Elle tente de retrouver sa vie d’avant à Halifax, au Canada, bien que son frère, Freddie, soit pour sa part resté dans les tranchées.
Un jour, elle reçoit l’annonce de sa disparition, accompagnée de l’uniforme du jeune homme. Incapable de croire à la mort de celui-ci, Laura décide de repartir pour la Belgique.
Novembre 1917 : Après une explosion, Freddie Iven reprend connaissance sous une casemate retournée, coincé dans le noir avec un soldat allemand. Tous deux désorientés, ils vont devoir unir leurs efforts pour survivre. Mais, une fois dans le no man’s land, leurs chances seront infimes.
Freddie pourrait-il être encore en vie ? Laura parviendra-t-elle à découvrir ce qui lui est vraiment arrivé ? Et la rumeur selon laquelle les soldats qui le souhaitent oublieraient tous leurs souvenirs grâce à un mystérieux violoniste est-elle fondée ?
Critique :
Lorsque j’ai commencé à lire ce roman, je ne savais pas du tout où il allait m’entraîner, n’ayant pas lu le résumé avant. Quelle ne fut donc pas ma surprise de me retrouver à Halifax, Canada, en janvier 1918…
Avant de me retrouver propulsée en hiver 1917, en Belgique, en Flandre, durant les terribles combats à Passchendaele (Passendale, si vous avez du mal à prononcer le nom de la ville en V.O).
De ces terribles combats, nous n’en apprîmes jamais rien, à l’école. On nous parla juste des plaines de l’Yser que l’on avait inondées, du roi Albert I, casqué, sur le front, de la reine Élisabeth, visitant les blessés (on en avait fait des timbres), et puis c’était tout.
Je n’en sais pas beaucoup plus, après lecture de ce roman… Son sujet n’était pas de nous détailler ces combats, tel un livre d’histoire, mais de nous parler d’autre chose. Malgré tout, j’ai tout de même augmenté un peu savoir.
La majorité de ce récit se déroulera donc dans mon pays, dans sa version plate, au nord et pendant la grande boucherie, la fameuse Der’ des Der’ (tu parles, la dernière).
Dans ce récit, j’ai pataugé dans la boue, dans les trous d’obus, dans le no man’s land, j’ai rampé pour ne pas me faire tuer par les balles ou me prendre un obus sur le coin de la tronche. Alors, oui, j’ai pris plaisir à déambuler en Flandre, même si c’était pendant la guerre.
Laura Iven, ancienne infirmière démobilisée pour cause de blessure, va quitter sa ville d’Halifax pour retourner sur le front d’Ypres, à la recherche de son frère, dont elle ne sait s’il est mort ou disparu.
L’élément fantastique sera de la partie, notamment avec un joueur de violon dont on ne sait s’il est réel ou bien si c’est le diable en personne. Si au début, le côté fantastique est ténu, faisant penser à des hallucinations, il deviendra plus prégnant ensuite, ne nous laissant plus aucun doute : nous étions dans un roman historico-fantastique. Si vous n’aimez pas ça, passez votre chemin…
Le récit m’a emporté assez loin, même si je suis restée dans mon pays, mais le voyage dans le temps était intéressant, parce que le côté historique était tout de même présent et bien mis en scène, privilégiant la vie dans un hôpital de campagne plutôt que dans les tranchées remplies de boue.
Malgré tout, l’autrice nous en dira assez pour que nous comprenions bien que ce n’était pas une promenade de santé, cette boucherie ! Des fois que des gens voudraient le retour d’une guerre, sur nos terres…
Les personnages sont intéressants aussi, même si nous n’en saurons pas de trop non plus et qu’on les découvrira au fur et à mesure de leurs aventures. Laura Iven n’est pas en sucre et j’ai apprécié ce personnage, plus solide que son petit frère, même si je peux comprendre pourquoi il a vrillé ainsi. Je ne l’ai pas vécu, mais s’il m’arrivait la même chose, je pense que je serais en TSPT direct (Syndrome ou Trouble de Stress Post-Traumatique).
Finalement, c’est une histoire touchante que l’autrice nous propose, que ce soit au niveau des sentiments d’amitiés ou amoureux, le tout sans trop en faire, sans sombrer dans le pathos ou le sirupeux. Tous ces ingrédients se mélangeaient bien entre eux et le côté fantastique n’était pas dérangeant du tout, pour moi.
Alors oui, il y a quelques longueurs durant le récit, qui ont plus dérangé ma copinaute Bianca, qui était en LC à mes côtés, que votre serviteur. J’étais bien dans le roman, concentrée et cela ne m’a pas dérangée non plus de ne pas avoir toutes les réponses sur un personnage, là où Bianca aurait aimé en savoir plus. Sa critique est un peu plus critique que la mienne.
Les Européens de 1914, riches du pillage de leurs colonies et totalement convaincus de leur suprématie culturelle, découvrirent qu’ils étaient capables d’envoyer leurs enfants vivre dans des trous pour s’entretuer. Le savoir hanta les survivants tout le reste de leur vie.

