Sans soleil – 01 – Disco Inferno : Jean-Christophe Grangé 🇫🇷

Titre : Sans soleil – 01 – Disco Inferno 🇫🇷

Auteur : Jean-Christophe Grangé 🇫🇷
Édition :Albin Michel (15/01/2025) – 432 pages

Résumé :
Années 1980 : sur les dancefloors parisiens, c’est la mort qui mène la danse. Embarquez avec Jean-Christophe Grangé pour une quête hallucinée sur les traces du mal…

Mon premier est un médecin, mon deuxième un flic, mon troisième une lycéenne, mon tout un assassin qui aime dépecer ses victimes à la machette. Vous ne voyez pas ? Commencez par danser, et nous verrons où l’enquête vous mènera. En cet été 1982, moins il y aura de soleil, plus il y aura de sang…

Critique :
♫ Disco inferno, (Burn, baby, burn) burn that mother down, (Burn, baby, burn) disco inferno, yeah, (Burn, baby, burn) burn that mother down (burnin’!) ♪ (1)

Les années 80, qui furent aussi celle du disco (on aime ou on n’aime pas ce genre musical), furent aussi celles de la sortie du placard des homosexuels.

Tonton a fait supprimer des vieilles lois qui les condamnaient et ils peuvent enfin afficher leur sexualité, vivre, s’éclater, danser, baiser et jouir tant et plus. Bon, il faut savoir que tout le monde ne s’éclate pas, que tout le monde n’est pas dans la fierté. On a beau avoir ouvert la porte du placard, certains rasent encore et toujours les murs, de peur que leur famille ne les renie ou tout simplement par honte.

Les années 80, c’est aussi l’arrivée d’une maladie qui bousille votre système immunitaire et qui semble ne toucher que la communauté gay. On l’appelle d’ailleurs le cancer gay. Comme si ça ne suffisait pas, un tueur s’en prend à des homosexuels, dont certains n’en avaient plus que pour quelque temps à vivre, déjà touché par ce qu’on n’appelle pas encore le SIDA.

On est plus dans un polar que dans un thriller survitaminé. Pour une fois, l’auteur est resté sobre dans le rythme de son roman, prenant le temps de poser les bases, les personnages, de nous dresser leurs portraits, notamment avec le docteur Daniel Ségur, qui soigne la communauté gay.

Avec l’inspecteur Patrick Swift, nous mènerons l’enquête et je suis contente d’avoir échappé au cliché du flic alcoolique, parce que vu comment l’auteur l’a chargé, il aurait pu facilement virer pilier de comptoir.

Par contre, pour le respect des procédures, on repassera, notre inspecteur ne les respectant pas du tout, emmenant même des civils avec lui, pour discuter avec des témoins, des potentiels suspects.

Lors de son enquête, notre flic va entrer dans des boîtes exclusivement pour les gays et le côté voyeurisme ne nous sera pas épargné. Ce que le policier verra, nous le verrons aussi et c’était le côté trash de la vie sexuelle frénétique, exaltée et débridée des homosexuels. Cela ajoute du réalisme à la scène, mais je m’en serai bien passée.

Vous qui entrez dans ce polar, n’oubliez pas que vous allez mettre les pieds dans du sordide : les scènes de crime feront gerber des flics aguerris, la sexualité de certains vous fera grimacer (avec ceux qui aiment qu’on leur pisse dessus et je vous donne le truc le moins trash) et le vocabulaire des années 80 fera hurler les biens pensants.

Hé oui, nous parlions ainsi dans les années 80, et l’auteur utilisera ces horribles mots, sinon, ça n’aurait pas fait vrai. Il y avait aussi les ratonnades et les skins. Bref, la vie nocturne de Paris n’était pas calme et vous allez réviser vos années 80 avec ce premier roman qui possède une fin, mais dont nous savons bien qu’une porte est ouverte, puisqu’il y a un second volume.

J’ai pris plaisir à lire un roman de Grangé, qui avait fait mes belles heures de lectures, avec ses premiers romans et qui m’avait perdue ensuite, tant ses thrillers partaient dans tous les sens et étaient trop survitaminés, à la frontière de l’impossible ou de l’irréalisable (du côté des criminels, des enquêteurs, des scènes de crime).

Au moins, dans celui-ci, il ne fait pas trop dans la surenchère et reste sobre (tout étant relatif) dans son récit. Pas de doute, je lirai la suite.

(1) Disco Inferno – The Trammps