La Guilde des Queues de chats morts : P. Djèli Clark 🇺🇸

Titre : La Guilde des Queues de chats morts

Auteur : P. Djèli Clark 🇺🇸
Édition : L’Atalante – La Dentelle du cygne (15/05/2025) – 201 pages
Édition Originale : The Dead Cat Tail Assassins (2024)
Traduction : Mathilde Montier

Résumé :
Eveen est morte. Ou plutôt morte-vivante. Depuis qu’elle a été réanimée et qu’elle a rejoint la guilde des Queues de chats morts, elle sert la déesse Aeril, Matrone des assassins, en tant que tueuse à gages.

Assassins dont le serment le plus important exige que tout contrat accepté soit honoré, sous peine de s’attirer les foudres divines. Alors voilà, Eveen bien embarrassée lorsqu’elle doit éliminer une jeune fille… qui lui ressemble trait pour trait.

« Quoi ? murmura la fille.
— Tu es moi, dit Eveen, qui peinait toujours à y croire elle-même. Par les nibards de feu d’Aeril, je serais bien en peine de l’expliquer, mais… tu es moi ! »

Critique :
Dans le port d’Amsterdam, il y a des marins qui boivent, mais dans la guilde des queues de chats morts, il n’y a pas de chats, ni de queues, mais des morts…

Effectivement, c’est un nom à la con. Eveen, qui en fait partie, le dit elle-même.

Les Queues de chats morts ne sont pas des chats. Pas plus qu’ils n’ont de queues.
Mais, morts, ils le sont sans conteste.

Cette guilde est composée d’assassins talentueux, discrets, professionnels, mais ce sont des morts-vivants ! Rassurez-vous, ils ne sentent pas mauvais, ce ne sont pas des zombies, ni de ceux échappés de Walking dead.

Le pitch de départ n’était pas mal du tout et il s’est avéré qu’il est devenu de plus en plus intéressant et intriguant, au fil du récit. Alors que je pensais que nous allions aller dans telle direction, l’auteur m’a bien surprise en prenant une autre, puis m’a définitivement conquise en n’allant pas où je pensais qu’il allait aller.

Eveen, surnommée l’Éviscératrice, est une tueuse de talent. Un contrat vient de lui échoir, mais il y a comme qui dirait un souci avec la nouvelle personne à expédier… Oui, mais, il y a une couille dans le pâté, un truc qui cloche. Par les nibards de feu d’Aeril, tout ça pue l’embrouille à plein nez.

Mais comment faire lorsque l’on doit absolument exécuter un contrat et expédier ad patres, la personne désignée ? Eveen va devoir se bouger le cul, parce que sinon, la déesse ne va pas être contente. Et quand la déesse Aeril n’est pas contente… Oups.

Les Queues de chats morts
Des assassins talentueux, discrets, professionnels.
Prêts à répondre à vos plus pressantes nécessités.

L’univers est bien décrit, riche, sans pour autant que l’auteur ait eu besoin de recourir à des tonnes de descriptions. Il en dit assez que pour qu’on s’en fasse une idée, même s’il ne développe pas tous les aspects politico-sociaux de cet univers. En 200 pages, il est difficile de faire dans le super détaillé.

On se rend compte que c’est comme chez nous : les riches, en haut et les pauvres, les sans-dent, en bas, dans la fange. Et on est prié de fermer son claque-merde. Bref, tout est cohérent, dans cet univers… Même la magie.

Les personnages sont bien campés et j’ai adoré celui d’Eveen, une expéditrice sans remords, talentueuse, mais terriblement attachante. Intelligente et retorse, bonne combattante, aussi. Les autres ne sont pas en reste non plus et j’ai vraiment matché avec eux et leur univers. Mention spéciale à la déesse Aeril et son parler Créole, qui m’a donné un peu de fil à retorde au départ.

Un roman de fantasy aux airs de polar, puisque Eveen va devoir résoudre l’énigme de ce contrat bizarre, en trouver le commanditaire, se battre contre les autres, qui veulent la châtier de ne pas avoir exécuté le contrat, tout en protégeant celle qu’elle devait expédier.

Cela donne un récit rempli de rebondissements, de combats, d’enquêtes à mener, sans se faire trucider, de réflexions pour essayer de se tirer de ces embrouilles, de plusieurs plans qui auraient pu marcher, de bâtons dans les roues,…

Impossible de s’ennuyer dans ces 200 pages, qui sont folles, amusantes, tourbillonnantes, avec de l’humour, des vrais combats et une bonne dose d’ingéniosité !