Titre : Les enquêtes de l’Inspecteur Pendergast – 05 – Le violon du Diable 🇺🇸
Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child 🇺🇸
Édition : J’ai Lu – Thriller (2008) – 697 pages
Édition Originale : Brimstone (2004)
Traduction : Sebastien Danchin
Résumé :
Qui, sinon le Malin, a tué Jeremy Grove, le critique d’art dont le corps calciné a été retrouvé dans le grenier de sa demeure… fermé de l’intérieur ? Une chaleur suffocante, une insoutenable odeur de soufre et, surtout, reconnaissable entre toutes, cette empreinte de pied fourchu… Le violon du diable…
Lorsqu’un deuxième cas tout aussi mystérieux de combustion spontanée est signalé, le doute n’est plus permis. Sauf pour l’inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI, qui ne peut accepter cette hypothèse effrayante.
Ses accords ressemblent à un cri d’effroi…
Des villas luxueuses de Long Island aux châteaux hantés de Toscane, Pendergast, épaulé par le sergent D’Agosta, son partenaire de Relic (Laffont, 1996), se lance sur les traces d’un démon de chair et de sang, puisque mélomane…. et Pendergast pourrait en être la prochaine victime !
Des meurtres inexplicables… Un Stradivarius aux pouvoirs maléfiques… Une conspiration remontant à la Renaissance… Avec Le Violon du diable, les maîtres du thriller d’aventures ont frappé un grand coup !
Près de dix thrillers portent la griffe Preston er Child, désormais un label de qualité et… de succès : « Le Violon du diable » a séjourné plusieurs semaines sur la liste des meilleures ventes du New York Times. De ce tandem de choc, les éditions de l’Archipel ont déjà publié Ice Limit (2002), La Chambre des curiosités (2003) et Les Croassements de la nuit (2005).
« Preston & Child jouent avec ce violon-là une partition magistrale. À emporter dans ses bagages : plaisir sans fausses notes garanti. » Publishers Weekly
L’avis de Dame Ida :
« Warning : Belette ayant fait une fiche pour le T4 – Dame Ida qui n’a pourtant pas zappé la lecture de ce volume, a estimé superflu d’en proposer une fiche. Elle est donc passée directement au T5 »
Autant vous le dire tout de suite : j’ai kiffé grave la race de ma mémère !
Pendergast a survécu au bug de l’an 2000 et entre allégrement dans le troisième millénaire. Finies les années 90’ que j’aimais tant… Finies les années de ma jeunesse… Me voici arrivée à l’âge adulte.
Et avec cette enquête, Pendergast entre lui aussi dans une certaine maturité. D’ailleurs, s’il ne s’impose vraiment dans les enquêtes qu’à partir du tome 3, dans ce tome 5, on le voit carrément aux commandes des investigations.
En outre, l’un des principaux défauts que je trouvais aux premiers volumes de la série, à savoir la bêtise crasse des policiers qui servait à mettre en valeur les talents de Pendergast, s’est considérablement estompée.
Sous la plume des auteurs, les défenseurs de la loi sont maintenant plus au service du bien que de leurs propres carrières et des petits arrangements politiques. L’institution s’est même féminisée, propulsant au rang de Capitaine, la jeune femme aussi jolies qu’intelligente entr’aperçue aux côtés de d’Agosta lors du tome 2.
Moins de manichéisme… Plus de nuances… C’est farpaitement farpait !!!
D’ailleurs d’Agosta que l’on n’avait pas vu depuis les deux derniers tomes est de retour lui aussi ! La vie ne l’a pas épargnée, mais… il saura rebondir en étant encore un partenaire de qualité pour Pendergast.
Smithback le journaleux ambitieux, est en voyage de noces… Il laisse ici la place à son plus grand ennemi dans la profession, bien décidé à quitter le torchon pour lequel il gribouille des articles racoleurs, dans l’espoir de retrouver sa place au NY Times…
Grâce à lui, les auteurs pourront développer sur tout un pan du roman les travers de l’ère de la communication médiatique… qui créé les évènements de toute pièce en surfant sur l’humeur de l’époque pour capter l’audience.
On fera également la connaissance d’une mystérieuse petite nouvelle… Enfin petite… Il semble qu’elle soit bien plus âgée qu’elle n’en avait l’air. Souvenez-vous des yeux qui épiaient Wren, l’archiviste-restaurateur du musée de New-York, à qui Pendergast avait confié le classement des collections de la maison dont il avait héritée à la fin du tome 3.
Car oui, si chaque affaire peut être relue indépendamment, il vaut mieux les lire dans l’ordre si l’on veut saisir pleinement la nature des relations et l’évolution de ces personnages récurrents qui se croisent et se recroisent au fil des ans et des enquêtes sous la plume des auteurs.
Franchement, je crois que j’aurais eu du mal à saisir certaines choses si je n’avais pas ici fait le choix de la chronologie… Et d’ailleurs, certains éléments des épilogues de chaque volume sont laissés en suspens, dans l’ambiguïté… et ne prendront de sens que pour le lecteur qu’au roman suivant.
Ce roman vient d’ailleurs nous en apprendre un peu plus sur Pendergast et l’histoire trouble de sa famille… Et annonce la quête ultime qui l’anime. J’imagine que les prochains titres auront à voir avec cela.
Appréciant beaucoup les enquêtes aventureuses de Pendergast qui flirtent toujours avec les frontières du fantastique ou du surnaturel, j’ai beaucoup aimé ce volume qui me semble bien plus crédible par certains aspects que les précédents même si on glisse ici du fantastique d’anticipation vers le surnaturel.
Et oui, après s’en être pris à des mutants, à des savants fous voulant repousser les frontières de la mort, ou à des ex-enfants sauvages psychotiques monstrueux, le voilà qu’il s’attaque au Diable ! Carrément ! Au mal incarné… Qui est surtout représenté sur terre par les hommes et les femmes (enfin, surtout les hommes!) qui ont l’idiotie de vouloir le servir, imaginant toujours tirer le contrat à leur avantage alors que…
Avec Satan, c’est comme au casino : le joueur perd toujours et c’est constamment la banque qui gagne ! Ce n’est jamais qu’une question de temps ; et du temps, Satan en a à revendre !
De toute façon, Pendergast est là pour veiller à une juste rétribution et à ce que les méchants aillent brûler en enfer, non ?
Et puis… Cette intrigue nous promènera dans l’univers très mondain de l’art… de l’opéra, de la musique classique, et nous fera voyager jusque dans l’une des plus belles villes d’Italie, si ce n’est du monde : Florence (la dernière retraite d’un certain Hannibal Lecter, mais ça… c’est une autre histoire).
Que pouvais-je demander de plus ?
Depuis que je me suis lancée à l’assaut de la série des Enquêtes de Pendergast, j’ai appris à ne plus prendre en considération l’épaisseur des pavés rédigés par le duo Preston & Child !
Près de 600 pages dans l’édition originale, ou près de 700 dans l’édition de poche… ça peut impressionner. Et pourtant, comme d’habitude, le temps passe tellement vite.
Les intrigues de la série, et celle-ci ne fait pas exception à la règle, sont dénuées de toutes longueurs ou remplissages inutiles. L’action succède à l’action, et chaque fin de chapitre nous laisse sur notre faim, pressées de lire le suivant… et encore le suivant. Aucun temps mort… Sauf pour les victimes, évidemment.
Un nœud d’autant complexe à dénouer pour notre inspecteur préféré du FBI, qu’il s’attaque à une affaire dont les racines remontent à des années, rendant encore plus difficile de saisir les mobiles de ce que Pendergast ne cessera de considérer comme des meurtres, là où d’autres verraient de la combustion spontanée, ou l’intervention directe du Prince des Ténèbres.
Ne l’oublions pas, Pendergast, à l’instar de Holmes, est un homme rationnel qui ne se laisse pas distraire par l’aspect surnaturel ou fantastique des choses.
Une fois de plus, nous pourrons constater la parenté évidente entre le locataire du 221b Baker Street et Pendergast. Rationnel, cultivé, amateur de musique et d’arts, plus robuste que ne le laisse imaginer sa silhouette, pratiquant l’ascèse entre corps et esprit, d’un sang froid incomparable, on pourrait croire à des clones si Pendergast n’était pas albinos… On nous refera même le coup très holmésien de « la maison vide », mais sans Reichenbach ni grand hiatus !
Comme j’ai pu le dire dans un commentaire récent en jouant les Mercotte du dimanche : Preston & Child ont su réutiliser la recette de la génoise holmesienne, pour servir de support à la construction d’un gâteau recouvert d’une garniture et de crèmes contemporaines à leur époque. Et le résultat, ce sont les enquêtes de Pendergast.

- Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°02 [Dame Ida].

