Titre : Le Crétin qui a gagné la guerre froide 🇺🇸
Scénariste : Jean-Yves Le Naour 🇫🇷
Dessinateur : Cédrick Le Bihan 🇫🇷
Édition : Bamboo – Grand angle (08/01/2025) – 64 pages
Résumé :
Joue-t-il à l’idiot ou est-il réellement bête ? Mystère !
En 1980, l’ancien acteur de Western, Ronald Reagan, est élu président des États-Unis.
Incapable de se concentrer, maîtrisant mal ses dossiers, amateur de grasses matinées, de siestes, passant ses week-ends dans son ranch de Californie, Reagan n’est pas vraiment un bourreau de travail.
En revanche, c’est une bête de communication, multipliant les blagues – qu’il collectionne et apprend par cœur – et apparaissant ainsi comme un président sympathique.
Son comportement sans filtres décontenance Gorbatchev qui ne voudra plus négocier qu’avec ses conseillers. Qu’importe. Reagan se présente comme grand vainqueur et comme l’homme qui a gagné la guerre froide…
Critique :
Ronald Reagan était-il réellement un crétin ou bien jouait-il à l’imbécile ? On le sait, seuls les intelligents peuvent jouer aux cons.
J’ai lu cette bédé avec avidité et à la fin, la question reste sans réponse, du moins, sans une réponse certifiée.
Oui, Reagan manquait de rigueur, de concentration, avait un poil dans la main et ne maîtrisait pas les dossiers. Mais d’un autre côté, il savait communiquer avec les masses, les électeurs, ce qui le rendait intelligent avec eux.
Ce n’était pas le couteau le plus affuté du tiroir, ni l’ampoule la plus brillante sur le lustre, mais il a réussi à faire deux mandats et à mettre fin à la guerre froide…
Enfin, qu’il dit, il n’était pas tout seul et Gorbatchev ne voulait pas discuter plus de 15 minutes avec lui. Il faut dire que les blagues de Reagan sur les russes ne faisaient pas rire le Gorby. Moi, je me suis marrée, je dois dire, même si c’étaient des blagues anti-communistes assez primaires.
Pour le reste, je ne dirai pas que Reagan a été un bon président… Il a fait diminuer les impôts pour les riches et s’il savait communiquer avec les foules, les masses, ses prises de position politique frisaient tout de même le minimalisme et le sentiment de toute puissance, d’égo surdimensionné, de narcissisme, de m’en foutisme. Il est américain, alors, tout est possible pour eux, même un bouclier de l’espace.
— Ma stratégie ? Elle tient en quatre mots : On gagne, ils perdent.
Oui, le portrait est plus à charge qu’à décharge. Mais lorsque l’on fait passer sa sieste et ses week-ends avant les affaires du pays, ma foi, on ne mérite pas l’indulgence du public.
Une bande dessinée très intéressante, qui m’a permis de découvrir un peu mieux Reagan, puisque, lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en 1980, j’étais une toute petite gamine qui ne s’intéressait pas du tout à la politique. Et quand son mandat s’est terminé, en 1988, je m’en foutais toujours comme de ma première couche culotte.
PS : Reagan m’a fait penser à un autre président, en exercice pour le moment, la vulgarité envers les femmes en plus…

- Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°08.

