Titre : Le Cercueil Rouge – Inspecteur Pekkala 02 🇷🇺
Auteur : Sam Eastland 🇺🇸
Édition : Anne Carrière Thriller (2011) / Pocket (2012) – 410 pages
Édition Originale : The Red Coffin (2011)
Traduction : David Fauquemberg
Résumé :
1939, Moscou. Face à la menace de l’Allemagne nazie, Staline a placé beaucoup d’espoir dans la production du tank T-34, un monstre de trente tonnes d’acier surnommé le « Cercueil rouge » par les hommes appelés à le manœuvrer sur les champs de bataille.
L’arme secrète n’est pas encore tout à fait opérationnelle quand son excentrique inventeur, le colonel Nagorski, est retrouvé assassiné.
Staline confie l’enquête à Pekkala, son meilleur détective. Ancien policier favori du tsar, celui-ci doit reprendre du service en faveur de l’homme qui fut autrefois son pire ennemi.
Et il n’est pas le seul dont la loyauté soit mise à l’épreuve dans cette affaire : un sinistre groupe d’anciens militaires tsaristes, se faisant appeler la Confrérie blanche, semble être le commanditaire du meurtre de Nagorski.
Pekkala se retrouve obligé de traquer ses anciens alliés pour contribuer à propulser la Russie dans le conflit contre l’Allemagne.
Critique :
Cela faisait 6 ans que j’avais lu (et apprécié), le premier tome de cette série, dont l’action se déroule en URSS, dans les années 30.
L’œil du tsar rouge avait été un coup de coeur et c’est à cause de ma PAL trop encombrée que je n’avais pas lu les romans suivants. Heureusement qu’il y a le Mois Russe pour m’y replonger.
Une fois encore, ce roman m’a emporté loin de mon canapé, dans la Russie de 1939, quand on se doute que la paix ne va pas rester, continuer, durer. D’ailleurs, les Russes mettent au point un char, le futur T-34, surnommé le cercueil rouge.
L’inspecteur Pekkala est un personnage intéressant, puisqu’il a travaillé pour le tsar Nicolas II (il était son enquêteur personnel) et que maintenant, il travaille pour Staline. Il a les pleins pouvoirs, mais, contrairement aux autres (NKVD), il n’en abuse pas. Il sait ce que c’est d’être déporté et de vivre dans des conditions précaires, inhumaines.
Notre homme est humain, cynique, désabusé, mange parce qu’il le faut bien, ne suit pas la mode (il a acheté ses vêtements chez un croque-mort). Malgré ses pleins pouvoirs, il sait que tout peut basculer d’un instant à l’autre. Staline est un parano, un dictateur, veut connaître tous les secrets et fait emprisonner à tour de bras.
L’enquête que Pekkala devra résoudre n’est pas simple : l’ingénieur du T-34 a été retrouvé écrasé par son char. Accident ou meurtre ? Pas de répit pour Pekkala, le moustachu fou veut des réponses et Pekkala est un amoureux de la vérité, pas des coupables que l’on fabrique.
Dans ce roman policier, peu de temps morts, même si nos enquêteurs ne vont pas courir comme des poulets sans tête. L’auteur a pris le temps de planter ses décors, dont le plus important est l’Histoire !
Le communisme est présent, ses dérives aussi, dont nous aurons quelques exemples de l’iniquité du système, que ce soit parce qu’il y a des quotas d’arrestations à respecter ou parce que l’on a retrouvé des journaux dans les chiottes d’un type et que le nom de Staline était imprimé dans les articles de ces journaux… Allez, au goulag !
« J’ai entendu une histoire, déclara Babayaga, en laissant tomber les coupures comme des confettis, du bout des doigts. Un homme a été arrêté parce que la police, en fouillant sa maison, a trouvé un journal dans les toilettes. Le nom de Staline figurait dessus, évidemment. Il est sur toutes les pages de tous les journaux, tous les jours. Mais à cause du fait que le nom de Staline figurait sur ce journal, et de… » Elle fit tourner sa main dans le vide, devant elle. « … l’usage auquel le journal était destiné, ils l’ont arrêté. Ils l’ont envoyé pour dix ans dans un bagne de la Kolyma… »
En plus de l’enquête et du contexte politico-historique, nous aurons aussi droit à des flash-back sur la période du tsar Nicolas II, quand Pekkala était son enquêteur privé, son œil d’émeraude.
Ayant un gros faible pour cette période, j’ai été enchanté de me retrouver dans les secrets des Romanov, de la tsarine (qui est à flinguer) et de croiser le puant Raspoutine. Non, on ne me refera pas.
Un excellent deuxième tome, moins intense que le premier, où Pekkala était sorti de son goulag et missionné par Staline pour découvrir ce qu’étaient devenues les dépouilles des Romanov.
Néanmoins, ce deuxième confirme tout le bien que je pensais du premier, ainsi que la sympathie que j’avais pour Pekkala, qui est un homme droit, même s’il doit frayer parmi les salopards prêts à tout pour survivre ou s’attirer les bonnes grâces (ou tout simplement pour ne pas se retrouver dans le colimateur).
Un roman policier intense, qui se déroule en URSS, juste avant que la Seconde Guerre mondiale n’éclate et qui nous montre bien combien le communisme était une saloperie de broyeur de personnes innocentes (peu étaient vraiment coupables).
À découvrir !
— Les seuls capables de détruire le peuple russe… » Zalka s’interrompit pour enfourner la seconde bouchée. « … sont les Russes eux-mêmes.
— On ne peut pas vous donner tort, reconnut Pekkala. Nous sommes malheureusement experts en ce domaine. »
3,8/5

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