Titre : Suite française 🇫🇷
Auteur : Irène Némirovsky 🇷🇺
Édition : Folio (2015) – 573 pages
Résumé :
Écrit dans le feu de l’Histoire, Suite française dépeint presque en direct l’exode de juin 1940, qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toute sorte, des plus huppées aux plus modestes.
Avec bonheur, Irène Némirovsky traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d’une population en déroute. Cocottes larguées par leur amant, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans des fermes engorgent les routes de France bombardées au hasard…
Peu à peu l’ennemi prend possession d’un pays inerte et apeuré. Comme tant d’autres, le village de Bussy est alors contraint d’accueillir des troupes allemandes. Exacerbées par la présence de l’occupant, les tensions sociales et les frustrations des habitants se réveillent…
Roman bouleversant, intimiste, implacable, dévoilant avec une extraordinaire lucidité l’âme de chaque Français pendant l’Occupation, enrichi de notes et de la correspondance d’Irène Némirovsky, Suite française ressuscite d’une plume brillante et intuitive un pan à vif de notre mémoire
Critique :
Ce roman avait tout pour me plaire : l’exode de juin 1940, la Seconde Guerre mondiale, l’occupation de Paris, de la France,…
Des ingrédients qui me faisaient du pied et lorsque ma copinaute Bianca m’a proposé de lire ce roman en LC, j’ai dit oui tout de suite.
En lisant la préface, j’ai compris que ce livre était composé de deux récits : « Tempête en juin » et « Dolce » (adapté en film).
« Tempête en juin » se consacre au récit, détaillé, quasi journalistique, de l’exode des français lorsque les allemands sont entrés à Paris. Ce fut même une débâcle, tout le monde voulant foutre le camp le plus loin possible des uniformes vert-de-gris (et à leur place, j’aurais fui aussi).
Le récit est très détaillé, très immersif, très réaliste, mettant en scène des destins croisés entre plusieurs familles. Hélas, il me fut impossible d’y entrer et si certains passages m’avaient captivés, je me suis vite retrouvée à lire en diagonale.
Et ça m’a fait râler, parce que franchement, ce genre de récit aussi fouillé, que ce soit en détails ou en psychologies des personnages était, sans aucun doute, instructif et passionnant, mais entre le récit et moi, la sauce n’a pas pris, la rencontre n’a pas eu lieu.
J’avais la chance de lire une page Historique, d’être en compagnie de personnages tous différents les uns des autres, dans leurs comportements, pensées, actes, la chance d’être au cœur de cet exode et bardaf, ce fut l’embardée.
La seconde partie, intitulée « Dolce », parlait de l’occupation allemande et là encore, l’autrice a montré son talent pour mettre en scène une multitude de facettes des français et des attitudes que les gens pouvaient montrer à l’occupant. Sans oublier la version « peut-on aimer l’ennemi ? ».
Riche, détaillé, comme pour la première partie et hautement intéressant pour une lectrice telle que moi. Et une fois de plus, je suis allée dans le fossé et je n’ai pas réussi à m’attacher au récit, à ses personnages, à ne faire qu’une avec le récit.
Ni l’écriture de l’autrice, ni son récit ne peuvent être mis en cause, étant la seule responsable de ce fiasco de lecture.
Il est des romans avec lesquels la rencontre ne se fait pas, bien qu’ils comportassent une foultitude de choses que l’on aime et d’autres que je voulais découvrir, notamment ces récits, quasi au jour le jour, de l’exode et de l’occupation, ses histoires de guerre, loin du front, loin des combats, mais au milieu de civils.
Ce roman est inachevé : l’auteure a été arrêtée, déportée et exécutée en 1942.
Une LC foirée de mon côté, mais pas de celui de ma copinaute Bianca, qui a adoré ce récit et je vous invite à aller découvrir son avis, afin de ne pas rester sur mon embardée et ma chronique qui pourrait vous donner envie de ne pas lire ce roman. Oubliez-moi, j’ai été maraboutée.

- Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°16.

