Titre : Dark Matter 🇺🇸
Auteur : Blake Crouch 🇺🇸
Édition : J’ai Lu (2017) / Gallmeister (2024) – 415 pages
Édition Originale : Dark Matter (2016)
Traduction : Patrick Imbert
Résumé :
Un soir, en rentrant chez lui, Jason Dessen, professeur de physique, est agressé et kidnappé par un inconnu masqué.
Quand il reprend connaissance, tout a changé : Daniela n’est plus sa femme, leur fils Charlie n’est jamais né, et Jason lui-même est un physicien de premier plan à l’aube d’une découverte fondamentale.
Que lui est-il arrivé ? Qui lui a volé sa vie, et pourquoi ? Les réponses à ces questions entraîneront Jason sur les multiples chemins d’un voyage extraordinaire, au cours duquel il devra se confronter à son plus dangereux ennemi : lui-même.
Critique :
Qu’elle aurait été ma vie si, un jour, je n’avais pas répondu à l’annonce pour un poste à la capitale ? Qu’est-ce que si serait passé, si j’avais choisi l’autre job, celui dans une plus petite ville, dans le Hainaut ? Où en serais-je maintenant ?
Je ne le saurai jamais et comme je suis satisfaite de ma vie, je ne veux pas savoir ce qu’il se serait passé si… Mais imaginons que ce soit possible et que l’on puisse voir ce qu’il serait advenu de notre vie, si nous avions fait un autre choix.
Ayant adoré la trilogie « Wayward pines », du même auteur, j’avais envie de lire le reste de ses ouvrages. Yvan (Blog ÉmOtionS) m’a mise au défi de lire deux autres récits de l’auteur et j’ai relevé le gant : la moitié du pari est déjà rempli.
Bon, par contre, je ressors de cette lecture moins enthousiaste que lui. Non pas que je n’ai pas apprécié ce roman, loin de là, mais j’ai trouvé qu’il souffrait de quelques défauts rédhibitoires.
Je ne connais rien en physique quantique, ni en théories des cordes, mais j’ai tout de même compris les principes des multivers (plus complexes que celui des multipass, n’est-ce pas, Leeloo ?), ainsi que celui du chat de Schrödinger (enfin, je crois que j’ai compris).
Déjà un bon point, pas besoin d’avoir étudié la physique pour comprendre, même si, cartésiennement parlant, il est assez difficile de concevoir l’existence de multivers et de visualiser que l’on peut exister ailleurs, mais ayant une autre vie.
Entre nous, je n’aurais pas envie de me retrouver à vivre ce que Jason Dressen a vécu : me retrouver dans un univers qui n’est pas le mien ! Pas à une autre époque, le récit ne mettant pas en scène des voyages dans le temps, mais bien dans une autre vie que la mienne dans laquelle ma place est usurpée par une autre moi-même. Aspirines, please !
Là où le bât a blessé, c’est qu’à un moment donné, j’ai eu l’impression que le chien se mordait la queue et que le récit tournait en rond. On a un gros creux lorsque Jason tente un retour chez lui, à tel point que j’ai préféré regarder pour la Xᵉ fois « Retour vers le futur III » à la télé.
Jason Dessen n’est pas un mauvais bougre, mais il m’a fait un peu penser à tous ces mecs qui pensent que sans eux, leurs femmes ne s’en sortiraient pas. Qu’il veuille retrouver sa vie, son univers, je le comprends, mais il fait une fixette sur son épouse et cela m’a un peu dérangé.
Rien de rédhibitoire, je vous rassure, mais il faudrait que les auteurs pensent que bien des femmes savent se démerder sans leurs hommes, surtout que là, elle avait un Jason, même si ce n’était pas le vrai… Enfin, si, c’était le vrai Jason, mais pas celui qu’elle avait épousé, juste un autre Jason qui avait pris un autre chemin, à l’époque. Vous me suivez toujours où je vous ai perdu ?
La seconde moitié est plus intéressante, plus palpitante, plus amusante, si je puis dire, et à ce moment-là, j’ai eu du mal à lâcher le roman, tant je voulais savoir qui allait gagner la guerre des Jason et comment tout cela allait se terminer. Le final ne m’a pas déçu, même si j’ai été étonné de voir autant de réplique de lui-même.
Un roman de SF où il ne faut pas avoir étudié la physique quantique pour le comprendre, même si les principes seront peut-être difficiles à admettre pour votre esprit, s’il est un peu trop cartésien.
Ce n’est pas un mauvais roman de SF, même si le récit tourne en rond à un certain moment et que Jason nous la joue un peu trop « c’est MA femme, MON fils et je dois les récupérer à tout prix ».
Après le tonitruant « Wayward pines », je m’attendais à un peu mieux comme récit, avec plus de profondeur dans les personnages et bien que la lecture ait été divertissante, il a manqué un petit truc en plus pour en faire un super roman de SF, même si au moins, avec lui, le triangle amoureux était différent de celui que je connaissais…
Bon, la moitié du défi est réussi, il ne me reste plus qu’à lire Récursion !

- Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2025 au 11 Juillet 2026) [Lecture N°53].
- Le Challenge « American Year » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 15 novembre 2024 au 15 novembre 2025) # N°123.



