La Traversée des Temps – 05 – Les Deux royaumes : Eric-Emmanuel Schmitt 🇧🇪 🇫🇷

Titre : La Traversée des Temps – 05 – Les Deux royaumes

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt 🇧🇪 🇫🇷
Édition : Albin Michel (29/09/2025) – 532 pages

Résumé :
L’immortel Noam s’est réfugié en Gaule où il assiste à l’épanouissement d’une Rome impériale gouvernée par Auguste puis par son neveu Tibère, posant un regard critique sur ses conceptions hégémoniques.

Ses pas le conduisent jusqu’à Jérusalem où un certain Jésus tient un tout autre discours. Suite de cette histoire de l’humanité consacrée aux civilisations romaine et chrétienne.

Critique :
Bienvenue en Gaule, qui, pour le moment, n’est pas encore occupée par les romains ! Non pas qu’elle résiste, encore et toujours, juste que les légionnaires ne sont pas encore arrivés à la conquérir en entier. Mais ça ne saurait tarder, ils sont déjà dans le Sud.

Après la Grèce, place à la Gaule (oups) et à Rome. L’auteur continue son grand projet de nous raconter l’Histoire de l’humanité, des civilisations et comme toujours, il le fait bien.

Pourquoi le lire ? Tout d’abord, pour l’écriture d’Eric-Emmanuel Schmitt, qui est belle, descriptive et parce qu’il ose les subjonctifs imparfaits ! Pas à toutes les phrases, mais de temps en temps et c’est beau.

Pour le contexte historique, très riche, sans jamais être lourd, pédant ou donner l’impression que l’on est à un cours d’histoire magistrale. L’Histoire est incorporée au récit, de manière aérienne, sans jamais alourdir le rythme de lecture, et il m’est souvent arrivée de me croire en Gaule ou à Rome, de lutter contre ma servitude, aux côtés de Noam et d’un gladiateur nommé Sp… Non, pas Spéculoos ! Spartacus !

Et puis, pour les personnages, que l’on suit depuis le début (Néolithique), puisqu’ils sont immortels. Noam, Noura et Tibor, sont des amis de longue date. On adore détester Derek et découvrir les saloperies qu’il aura concoctées dans ce nouvel opus.

Mon léger bémol sera pour le fait que la couverture m’avait laissé espérer que nos amis se retrouveraient en Palestine au même moment qu’un certain Jésus, mais lorsqu’ils arriveront là-bas, cela fera déjà deux ans que Ponce Pilate s’est lavé les mains…

Bon, on n’assistera pas, en direct, à la vie de Jésus, mais nous serons les témoins de la montée du christianisme et des répressions qui suivront.

Finalement, lorsqu’on lit cette saga, on se rend compte que rien n’a changé : les Hommes ont soif de pouvoir, c’est magouilles et compagnie pour le garder, y accéder, faire accéder un fils. Tous les coups sont permis, toutes les armes sont possibles, toutes les manipulations sournoises aussi.

Les conditions humaines ne sont guère brillantes pour les petites gens et encore moins pour les esclaves, considérés comme des objets. Le peuple veut du pain et des jeux et de nos jours, c’est toujours ce qu’il demande. Les femmes sont priées de se taire et de  jouer leur rôle de femmes, merci bien.

Malgré le message de Jésus, ceux qui rapportent sa parole et qui se disent chrétien ne sont pas près d’abolir l’esclavage et de donner des droits aux femmes. Ils n’ont pas dû bien entendre ces passages-là, sans doute… *yeux levés au ciel*

Anybref, nous avons beau être dans un roman historique, qui nous parle de civilisations passées, il n’en reste pas moins très contemporain. L’être humain ne change pas, il veut toujours le beurre, l’argent du beurre, le cul de la crémière et que le royaume céleste lui ouvre ses portes…

Un très bon roman historique, même si, ma préférence reste, encore et toujours, pour le troisième tome (Soleil sombre : l’Égypte pharaonique et Moïse). Désolée, j’adore la civilisation égyptienne.

Une saga à découvrir, parce qu’elle est à portée de tout le monde, qu’elle est érudite, sans pour autant être âpre ou compliquée à lire, parce que l’écriture de l’auteur est belle, parce que l’Histoire est bien mise en scène, sans jamais être lourdasse ou chiante et puis, parce qu’on adore les personnages, avec leurs qualités et leurs défauts.

PS : ce roman, dont j’ai terminé la lecture le 3 novembre, était ma 666ᵉ lecture de l’année 2025… Pour les plus superstitieux (superstitieuses) d’entre vous, pas de panique, j’ai déjà dépassé ce chiffre biblique qui parle de la Bête. Mais c’était drôle (diabolique ?) d’être au 666ᵉ alors que le roman parle du début du christianisme.