Titre : Mort au Tsar – 01 – Le gouverneur / 02 – Le terroriste (ou Intégrale) 🇷🇺
Scénariste : Fabien Nury 🇫🇷
Dessinateur : Thierry Robin 🇫🇷
Édition : Dargaud (2014 / 2015)
Résumé :
Moscou, 17 septembre 1904. Sur le parvis du palais du gouverneur général de Moscou, une foule révoltée par la misère brandit bâtons, pierres et légumes pourris. Au balcon, le gouverneur Sergueï Alexandrovitch lâche son mouchoir.
Geste prémédité ou mouvement involontaire ? Peu importe, c’est le signal : les soldats tirent dans la foule. Dans un contexte politique explosif, où le peuple s’organise pour lutter contre le régime autocratique, cet épisode signe l’arrêt de mort du grand-duc.
Dans ce premier tome, les auteurs présentent la personnalité ambivalente du Grand Duc Sergueï Alexandrovitch et entrainent le lecteur dans une comédie noire dont l’issue tragique est inéluctable.
Le gouverneur apparaît tantôt terrorisé par la menace de perdre sa vie tantôt résigné à l’issue fatale qui lui est promise. Car c’est un fait, tout son entourage parle de lui comme s’il était déjà mort.
On prend des mesures draconiennes, les écoutes se multiplient, la surveillance est omniprésente… Les tentatives d’assassinats sont repoussées… mais jusqu’à quand ?
Critique Tome 01 – Le gouverneur :
Moscou, 17 septembre 1904. Lors d’une manifestation, le gouverneur général de la ville laisse tomber son mouchoir blanc.
C’est le signal pour l’armée : elle tire dans la foule, faisant presque 50 morts, dont des femmes et des enfants.
La population tient le gouverneur (Sergueï Alexandrovitch) pour responsable et à partir de ce moment-là, sa vie va devenir un enfer.
Il sait qu’à un moment donné, on va le tuer, mais il ignore quand et comment, et il va passer par tous les états possibles (déni, colère, trouille, tristesse, avant d’arriver à la résignation).
Sans être fan des dessins, j’ai trouvé que les expressions étaient bien rendues, notamment sur le visage du gouverneur, et il était impossible de ne pas comprendre dans quel état d’esprit il se trouvait. C’était inscrit sur son visage, ainsi que dans ses attitudes, ses paroles.
On ne peut pas dire qu’il soit un homme courageux, ce gouverneur, neveu du tsar Nicolas, mais il ose dire des choses qu’on imaginerait pas sortant de la bouche d’un Grand Duc (il était homosexuel et il n’a pas hésité à dire qu’il était sorti en schmet et qu’il s’était fait sodomiser deux fois).
Finalement, si je n’avais pas aimé ce personnage, au fil des pages, j’ai appris à le connaître, mais sans jamais avoir trop d’affection pour cet homme, dépassé par les évènements, véritable pantin dans la tourmente.
Ce premier tome montre la révolution qui gronde, les gens qui en ont marre, marre de se faire tirer dessus, marre d’avoir faim. Le récit est tiré de l’histoire, réelle, de ce Grand Duc, même si les auteurs ont ajoutés des personnages.


Critique Tome 02 – Le terroriste :
Même histoire, mais d’un autre point de vue, celui du terroriste et des anarchistes.
Bizarrement, j’ai préféré le second album au premier. Celui-ci possédait plus de temps fort, plus de scènes d’action et je me suis prise d’affection pour Georgi.
Être de l’autre côté du décor, avec les terroristes, a rendu l’histoire différente, même si c’était la même, puisque c’était juste le point de vue qui changeait.
Tout était différent, avec d’autres perspectives : nous étions chez les petites gens et non plus chez les têtes couronnées.
J’avais beau connaître l’issue tragique de Sergueï Alexandrovitch, ce qui m’a tenu en haleine, c’était le développement psychologique de Georgi, véritable petit James Bond du déguisement ou de l’art d’être un autre homme et de tromper les autres.
Grâce au second tome, ce dyptique est devenu bien plus intéressant qu’au départ et j’ai terminé cette lecture en étant contente. Une fois de plus, j’avais mis les pieds en Russie, du temps des Romanov et appris des nouvelles choses historiques.
À découvrir si vous aimez l’Histoire, la Russie et les bandes dessinées.

- Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°08.

