Titre : La Psy 🇺🇸
Auteur : Frieda MacFadden 🇺🇸
Édition : City (17/04/2024) / J’ai Lu Thriller (2025) – 413 pages
Édition Originale : Never Lie (2022)
Traduction : Karine Forestier
Résumé :
Jeunes mariés, Tricia et Ethan recherchent la maison de leurs rêves. Alors qu’ils visitent un manoir isolé ayant appartenu au docteur Adrienne Hale, une psychiatre renommée disparue sans laisser de trace quatre ans plus tôt, une violente tempête de neige les piège sur place.
Et la maison n’a rien d’un cocon rassurant… Il y a ces empreintes de pas récentes sur le parquet, ces bruits à l’étage, comme si quelqu’un vivait là. Pire encore : Tricia découvre une pièce secrète qui renferme les enregistrements audio de chaque patient du docteur Hale.
La jeune femme les écoute les uns après les autres, tard dans la nuit. La toile de mensonges ayant conduit à la disparition de la psy se dévoile lentement. Mais déterrer de vilains petits secrets est un jeu dangereux, et lorsque Tricia écoute le dernier enregistrement, il est déjà trop tard…
L’avis de Dame Ida :
Ma fille qui se met à la lecture de polar (une bonne fifille à sa mémère), m’ayant vivement conseillé ce thriller, c’est donc avec plaisir que j’ai bousculé ma PAL en offrant un ticket coupe-file à l’autrice, pour que son œuvre parvienne prioritairement jusqu’à mes yeux.
Un tel privilège n’étant pas donné, j’en attendais donc beaucoup. Probablement trop.
Alors, imaginez que vous et votre jeune mari, vous vous rendez dans une maison magnifique perdue en pleine cambrousse, isolée, que vous devez visiter pour éventuellement l’acheter.
Une maison mise sur le marché au quart de sa valeur, n’est-ce pas un peu louche, non ?
Et vous partez pour cette visite dans un trou perdu alors que la tempête de neige se déchaîne ! Ben oui… ils sont cons ces New-yorkais ! Ils n’ont pas 150 chaînes télé, pas de flash météo, pas d’appli internet sur leur téléphone, pas de pneus neige etc donc ils n’avaient pas prévu le coup ! Normal. Alors, c’est à peine s’ils ne sont pas partis en maillots de bain !
Et en plus cette conne d’agente immobilière qui leur a donné le rendez-vous n’est même pas venue et ne les a même pas prévenus… Elle avait dû voir le flash météo et croyait que ses clients un brin neuneus auraient compris qu’il valait mieux rester chez soi…
Or donc, et voilà notre couple jeune et bête qui ne regarde pas la météo, bloqué devant la grande maison et dans l’impossibilité de repartir, condamnés à se réfugier dedans pour le weekend. Heureusement que quelqu’un a fait les courses… Même si personne n’est supposé habiter là depuis plusieurs années. Bizarre, bizarre…
Et ce qui ne gâche rien… Voilà que le jeune couple comprend qu’il s’agit de la maison d’une célèbre psychiatre disparue depuis trois ans qui recevait ses patients chez elle… Que des psys puissent travailler chez eux… C’est possible quand ils n’ont pas des enfants qui foutent le bordel et font du boucan dans la maison comme les miens en essayant de s’entretuer, histoire de bien faire comprendre la mère lamentable que vous êtes en matière éducative…
Mais, le fait est que dans la vraie vie, les clients ne viennent pas voir une psy dans le trou du cul du bout du monde, à plus d’une heure de la civilisation, dans un coin sans réseau. Quand les consultants passent plus de temps sur la route qu’en séance, ils abandonnent très vite et ça… tous les psys le savent.
Mais… pas l’autrice. Elle s’imagine qu’à une époque où les gens demandent des téléconsultations et où certains psys trouvent très pratique d’en proposer parce qu’ainsi, ils n’ont pas de loyer professionnel à payer (plus les taxes et assurances en rapport)… le fait d’avoir vendu deux livres, vous assure que les patients seront prêts à bloquer deux à trois demi-journées dans leur agenda (une heure aller, une heure de consultation, une heure de retour…) pour aller voir cette psy et pas une autre ! La naïve !!!
Ah oui… Vous me connaissez, je suis sans pitié avec les auteurs qui nous fatiguent avec leurs fantasmes sur les psys, mais qui ne prennent même pas le temps de se renseigner correctement, voire de simplement réfléchir un minimum !
Les flash-back et enregistrements de séances sont parfois tordants tant ils sont à côté de la plaque et relèvent même de la leçon sur ce qu’un professionnel de santé mentale ne devrait JAMAIS dire à ses patients ! À moins de vouloir les pousser au suicide évidemment.
Mais bon… on ne sera fort heureusement pas trop exposé à ces erreurs pénibles qui ne représentent pas le cœur du roman. Sinon… je lui aurais appris à voler par la fenêtre !
Le fait est que… Tout paraît cousu de fil blanc… Indices trompeurs et fausses pistes m’ont bien embarquée dans une hypothèse, puis une autre… Jusqu’au moment où le sol s’est dérobé sous mes pieds du fait d’un retournement final inattendu.
Je trouvais ce bouquin aussi plat qu’un téléfilm de la TNT, pensant l’affaire entendue, en me disant qu’il n’apportait rien au genre… Et vlan ! Je me suis bien fait avoir par l’autrice et un.e coupable aussi diaboliques l’une que l’autre.
Ce n’était pas gagné… D’autant que les personnages me semblaient aussi peu sympathiques l’un que l’autre…
Une psy arrogante, méprisant les femmes qui « ralentissent leur carrière en faisant des marmots »… À peine plus équilibrée que ses clients… Une jeune mariée bien greluche sur les bords en pâmoison devant son mari, soi-disant parfait, que la majorité des femmes pourraient trouver pénible, même si c’est le plus beau du monde… Une agente littéraire hybride, entre un paillasson et une godiche… Une salope d’agente immobilière qui ne vient pas à son rendez-vous…
J’aurais presque attendu que Jason ou un autre sérial killer psychopathe vienne faire un carnage et les zigouille tous pour qu’on en parle plus.
Bref… C’était plutôt pas mal du tout et le final est venu rattraper ce qui s’annonçait comme un thriller de catégorie B bien convenu !
Dommage qu’une fois encore les auteurs introduisent des psys dans leurs histoires sans réfléchir suffisamment aux réalités de leur boulot.

- Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°03 [Dame Ida].

