Titre : Le mystère Dyatlov 🇷🇺
Auteur : Anna Matveeva 🇷🇺
Édition : Presses de la Cité (2015) – 315 pages
Édition Originale : Pereval Dyatlova (2000)
Traduction : Véronique Patte
Résumé :
A la manière de De Sang-froid, de Truman Capote, un « roman-réalité » sur un fait divers jamais élucidé. Russie, février 1959. Ils s’appellent Igor, Aleksandr, Roustem, Zina, Lioussia, Iouri, Gueorgui et Nikolaï. Ils sont jeunes, enthousiastes, idéalistes.
Ils veulent célébrer le XXIe congrès du Parti communiste en accomplissant un exploit sportif. Mais de leur expédition dans l’Oural, ils ne reviendront jamais.
Des années plus tard, Ania décide de mener l’enquête. Que leur est-il arrivé ? Pourquoi les a-t-on retrouvés morts, leurs cadavres marqués d’atroces blessures, loin de leur campement ? Pourquoi l’affaire a-t-elle été classée ?
Un document précieux sur la vie des jeunes Soviétiques en pleine période de dégel, mais avant tout une histoire incroyable qui se lit comme un thriller et qui, à mesure que progressent les investigations de la narratrice, devient de plus en plus terrifiante.
Critique :
♫ C’est une tente déchirée, adossée à la colline, On y vient à pied, on ne frappe pas, Ceux qui vivaient là, ont perdu la vie. Igor et Aleksandr, Roustem, Zina, Lioussia, Iouri, Guéorgui et Nikolaï, attendez-moi ♪
Cela faisait 10 ans que ce roman traînait dans mes étagères… Oui, j’ai un énorme retard ! Ce fait divers tragique, je le connaissais, ayant lu un roman graphique qui traitait de ce mystère, au sujet de la disparition de neuf randonneurs aguerris, dans une montagne de l’Oural, fin janvier 1959 (Le Mystère du col Dyatlov de Cédric Mayen et Jandro Gonzalez).
Les mystères irrésolus sont toujours plus attirants que ceux dont on connaît toutes les réponses. Ce roman documentaire était donc idéal pour me remettre en mémoire ce drame et lire d’autres hypothèses.
Eh bien, cette lecture fut un calvaire ! J’avais l’impression de patauger dans de la neige épaisse et de ne pas avancer. La faute à quoi, à qui ?
Tout d’abord au personnage principal : Ania, qui va mener l’enquête en lisant les comptes-rendus et les journaux de bord de cette rando, tout en nous faisant vivre son quotidien, dont je me serais bien passé.
D’habitude, Ania écrit des romans d’amour, mais voilà, elle a été embrigadée dans cette histoire de manière totalement fortuite. Je veux bien que dans la vie, il y a des coïncidences étonnantes, mais là, c’était le pompon et je n’ai pas vraiment compris (ni aimé) la manière dont l’autrice a amené son sujet.
Qu’Ania aperçoive les fantômes des randonneurs sur son palier, alors qu’elle ne sait rien de l’histoire, qu’on ne l’a pas encore contactée, ni rien du tout, c’était un peu fort de café. Après avoir lu ce fait divers, j’aurais compris, il m’arrive aussi de rêver de mes lectures. Mais avant ? Non.
Les coïncidences n’étaient pas crédibles du tout et le côté paranormal un peu trop poussé, que ce soit au début de l’affaire et sur la fin.
Je ne sais pas pour vous, mais moi, lorsque j’écris un texte sur mon PC, je n’ai pas la chance de trouver, après une absence de quelques minutes, tout le texte tapé par le Saint-Esprit. Ania, si ! Son PC a écrit, tout seul, une hypothèse plausible pour ce mystère non résolu. Ou alors, le fantôme d’un des décédés. Paranormal, quand tu nous tiens… Faut pas pousser non plus.
Pour revenir au personnage d’Ania, elle était sans saveur, fade, sans relief, sans concistance et elle m’a bassinée avec ses petites histoires, dont sa séparation avec Vadik, son ex, qui l’a plantée pour une autre femme et qui, deux ans après, revient la queue entre les jambes, parce que l’autre l’a planté. Et Ania lui ouvre la porte ! Imbécile.
En fait, le seul personnage qui a trouvé grâce à mes yeux, dans ce récit, c’est Shumi, le chat d’Ania. Pour le reste, toutes ces petites digressions sur sa vie quotidienne, on aurait pu s’en passer. Elles n’apportent rien au récit, à l’enquête, si ce n’est des soupirs, de l’ennui et des yeux levés au ciel.
Ce qui était le plus intéressant, dans ce roman, c’étaient les documents d’époque : rapports divers, témoignages des amis, de la famille des victimes, les journaux des randonneurs et les comptes-rendus des sauveteurs.
Grâce à eux, on entre, par la petite porte, dans l’URSS, celle d’après la déstalinisation, mais qui restait, malgré tout, encore engluée dans son passé, son administration, ses secrets d’État, ses camarades qui voulaient encore faire croire que tout allait bien et que la Russie était toujours grande, belle, et le faire croire au monde. Le déni est une maladie qui touche bien des êtres humains, de tout temps, en tous lieux.
En fait, si le fond historique était très intéressant, ainsi que les documents de l’époque, avec tous les détails, le bât blessait dans la forme, et la manière qu’a eu l’autrice, de mettre en scène son personnage d’Ania et la manière dont cette histoire est arrivée chez elle. Pas crédible du tout, trop romanesque, trop dans le rayon du paranormal.
De plus, il manquait aussi un fil rouge, afin de pouvoir suivre toute l’enquête, ainsi qu’une présentation plus fluide, parce que si les documents étaient intéressants à découvrir, sans ce fil rouge, on avait juste l’impression de lire les documents par-dessus l’épaule d’Ania. Et à la fin, cela devenait lourd à lire. Monotone, à certains moments.
Finalement, malgré tous les documents qu’Ania a eus en main, elle nous a pondu une hypothèse un peu abracadabrante, là où Sveta, celle qui l’a chargé d’écrire que le sujet, donnera une hypothèse plus crédible.
Le dernier mot sera pour l’homme invisible, le fantôme qui a pris possession du PC d’Ania et qui donnera une hypothèse qui semble plus probable que toutes les autres.
Anybref, je pensais avoir fait une bonne affaire en sortant ce roman de ma PAL et ma foi, c’est en l’ajoutant à ma PAL que j’ai une mauvaise affaire…
Décidément, ce mois de janvier n’est pas super génial en ce qui concerne mes LC avec ma copinaute Bianca. Elle aussi a trouvé que le personnage d’Ania était à étrangler, que ses petites histoires n’apportaient rien, mais a trouvé très intéressant la lecture des documents sur cette affaire dont elle ne savait rien.

- Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 Juillet 2025 au 11 Juillet 2026) [Lecture N°102].
- Le Mois du Polar (Février 2026) – Chez Sharon # N°05.
- Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°17.
- Un hiver polar 2025-2026 (je lis, je blogue).



