Stalingrad Khronika – 2 Tomes 🇷🇺 : Sylvain Ricard et Franck Bourgeron

Titre : Stalingrad Khronika – 2 Tomes (ou une intégrale) 🇷🇺

Scénariste : Sylvain Ricard 🇫🇷
Dessinateur : Franck Bourgeron 🇫🇷

Édition : Dupuis – Aire libre (2011/2013)

Résumé :
Stalingrad, hiver 1942. Une équipe de tournage est envoyée à Stalingrad, au cœur de la « mère » de toutes les batailles urbaines, pour y filmer la grandeur de l’armée soviétique.

Entre les Allemands à portée de fusil, les autorités militaires qui ont mieux à faire et le font savoir, un réalisateur médiocre et un assistant caractériel, sans oublier le froid, la neige, la vodka, l’âme russe et l’organisation soviétique, le contexte n’est pas des plus propices pour réaliser ce fameux film…

Confronté à mille tracasseries administratives, dans un système où la suspicion est partout alors que la violence et l’âpreté de la bataille de Stalingrad rendent le quotidien invivable, le commissaire politique Kazimir va devoir composer avec les impératifs militaires et la logique implacable du parti.

Un récit d’une grande densité, qui interroge la place de l’artiste dans un régime totalitaire.

Critique Tome 01 :
Hiver 1942, Stalingrad, dans une guerre urbaine. Et il faut y tourner un film illustrant la bravoure de l’armée russe, se battant dans la ville, contre les Allemands…

Surréaliste ! Il faut être fou, pour accepter cette mission (et l’ordonner), mais à Staline, on ne dit pas non. Au parti non plus et encore moins à la Mère Patrie. Bref, on serre les fesses et on y va. Il ne faut pas rater son coup, sinon, ce sera la mort assurée.

Je m’attendais à ce que ce premier tome nous montre les difficultés de tourner un film de propagande, durant un conflit, notamment à cause des dangers.

Mais le scénariste est allé dans une autre direction en se concentrant sur les conflits qui vont naître, entre les différents protagonistes envoyés pour tourner ce film, et nous dévoiler, au fur et à mesure, une partie de leur passé, de leurs désirs propres, des envies de vengeance…

Bref, rien ne va se passer comme je le pensais et j’ai eu l’impression d’assister, comme témoin passive, à une rixe entre plusieurs hommes, chacun étant guidé par ses aspirations, ses envies d’être reconnus, récompensés par le Parti, ou une mission secrète.

C’était cynique, les dialogues étaient ciselés, au cordeau, virulents. Heureusement que le scénario était soigné, parce que je n’ai pas vraiment accroché aux graphismes, trop brouillons à mon goût, avec des visages mal fichus. Mais, bon, ceci est une histoire de goût et de couleurs…

L’important était le récit et il m’a happé assez vite. Une fois le premier album terminé, j’ai enchaîné avec le suivant, parce je voulais savoir comment tout cela allait se terminer.

Un très bon premier album qui nous parle de propagande, sur fond de Seconde Guerre mondiale et d’une bataille qui fut décisive : Hitler va la perdre (tout le monde le sait) et la face du conflit en sera changée.

Critique Tome 02 :
Suite et fin du premier tome… Tous nos protagonistes sont englués dans une merde pas possible, chacun essaie de s’en sortir, mais ce n’est pas facile.

À Stalingrad, il y a des prisonniers de droit commun, des criminels, à qui on a confié la mission de tirer sur les soldats qui n’iraient pas dans la bonne direction et qui voudraient fuir les combats.

Pas le genre de types avec qui il est aisé de discuter et de prouver que vous êtes bien envoyé pour tourner un film de propagande.

Les personnages vont se montrer encore plus cyniques, plus retors, chacun jouant à double ou triple jeu. On a toujours le patriotisme, les désirs de vengeance, l’envie de réaliser ses rêves, d’être reconnu à sa juste valeur, de dénoncer l’un ou l’autre…

Tout le monde tente de planter le couteau dans le dos des autres, que ce soit chez nos cinéastes propagandistes ou chez les criminels chargés de faire le ménage dans toute personne qui reculerait et n’irait plus en direction du front.

Hélas, à un moment donné, tout cela tourne un peu en rond et on s’enlise dans le récit. Les magouilles sont nombreuses, mais il arrive un moment où l’on peine à suivre qui fait quoi, qui est agent double, qui trahit qui,…

Dommage, parce que le premier tome envoyait du lourd et était différent de ce que j’avais pu lire en bédé. Le second tome perd son souffle et tourne en rond, n’est plus aussi pétillant que le premier et l’étincelle perd de sa vigueur.

Malgré tout, c’est un diptyque à découvrir, ne fût-ce que pour se retrouver dans Stalingrad assiégée, durant l’hiver 1942, sous la neige, dans le froid, sous les bombes, avec les balles qui fusent de toutes parts et une mission de malade : tourner un film et montrer au monde combien l’armée soviétique était brave et forte.

Djamilia 🇰🇬 : Tchinguiz Aïtmatov 🇰🇬

Titre : Djamilia 🇰🇬

Auteur : Tchinguiz Aïtmatov 🇰🇬
Édition : Denoël (1996) – 132 pages
Édition Originale : Жамийла (1958)
Traduction : A. Dimitrieva et Louis Aragon

Résumé :
Djamilia était vraiment belle. Elancée, bien faite, avec des cheveux raides tombant droit, de lourdes nattes drues, elle tortillait habilement son foulard blanc, le faisant descendre sur le front un rien de biais, et cela lui allait fort bien et mettait joliment en valeur la peau bronzée de son visage lisse.

Quand Djamilia riait, ses yeux d’un noir tirant sur le bleu, en forme d’amande, s’allumaient…

Et j’étais jaloux d’elle, comme les jeunes frères sont jaloux de leurs sœurs..

Critique :
Aragon était tombé sous le charme de cette histoire et n’avait pas hésité à la qualifier de « plus belle histoire d’amour jamais écrite ». Bon, ben, Aragon et moi, nous ne serons jamais d’accord…

D’ailleurs, j’ai trouvé qu’Aragon était trop bavard, dans son introduction.

Les points positifs, de cette romance, c’est qu’elle n’est pas guimauve et que j’ai appris un peu plus de choses sur la culture kirghize, du temps où le pays faisait partie de l’URSS.

Les points négatifs, c’est que cette romance arrive sur la fin du roman et qu’elle surgit un peu vite, sans que l’on ait eu le temps de voir les sentiments grandir. Oh, on le sent bien, mais ça va tellement vite qu’on n’a pas le temps de la savourer, cette idylle naissante.

Dans les steppes reculées du Kirghizistan, les traditions sont nombreuses et doivent être respectées. Djamilia est une jeune fille, mariée à Sadyk depuis 4 mois et son mari est parti à la guerre. Notre jeune fille n’a pas sa langue dans sa poche. En revanche, elle s’entend bien avec sa belle-famille, c’est une travailleuse, elle est forte et fière. Pas du tout une frêle jeune fille avec des mains délicates.

Le récit est raconté par le jeune Seït, qui fut témoin de ce qu’il arriva entre Djamilia et un jeune homme. Si au départ, elle ne le regarde pas, le fait d’être séparée de son mari, qu’elle n’aime pas vraiment, va la rapprocher de cet autre jeune homme…

Le roman se termine aussi abruptement, puisque nous ne saurons pas ce qu’il se passera ensuite, s’ils ont réussi à être heureux ensemble, à fuir,… À nous de l’imaginer.

Un roman très court, une romance qui arrive sur la fin du récit, qui va vite, trop vite et qui m’a laissé un goût de trop peu. Mais au moins, maintenant, je peux me vanter d’avoir lu de la littérature kirghize…