Taras Boulba – 2 Tomes 🇷🇺 : Jean-David Morvan, Frédérique Voulyzé et Igor Kordey

Titre : Taras Boulba – 2 Tomes 🇷🇺

Scénaristes : Jean-David Morvan & Frédérique Voulyzé 🇫🇷 (d’après l’œuvre de Nicolas Gogol) 🇷🇺
Dessinateur : Igor Kordey 🇭🇷

Édition : Delcourt – Histoire & histoires (2008)

Résumé :
Taras Boulba, cosaque des temps héroïques, fête l’arrivée de ses deux jeunes fils, Andreï et Ostap, de retour de l’académie de Kiev. Leurs études désormais achevées, il faut penser à leur initiation guerrière.

Taras Boulba s’empresse de les conduire à la Setch, un vaste campement militaire.

Là, ils devront apprendre à combattre vaillamment au nom de la foi orthodoxe, sans laquelle mieux vaut qu’ils périssent, qu’ils disparaissent à jamais d’ici-bas.

Critique Tome 01 :
Plutôt que de lire le roman, j’ai choisi l’option « adaptation en bédé » de ce classique de Nicolas Gogol.

Dès le départ, j’ai reconnu les dessins d’Igor Kordey (Marshal Bass) et comme toujours, je ne les ai pas appréciés, les trouvant moins bons que ceux qu’il a réalisés pour la série Marshal Bass.

Sur certains visages, les yeux étaient mal faits, donnant l’impression que le personnage souffrait d’un strabisme.

Direction l’Ukraine et ses cosaques, fiers cavaliers, de religion chrétienne, orthodoxe, vouant une haine sans pareille aux Polonais, ainsi qu’à tout ce qui n’est pas de religion chrétienne. Malgré cela, Taras Boulba a envoyé ses deux fils étudier dans une école polonaise.

Bienvenue dans un monde régi par les hommes, pour les hommes, où les femmes n’ont rien à dire, juste à s’occuper du ménage et pondre des enfants.

C’est un monde dans lequel Taras n’a pas peur de se contredire, parlant de foi chrétienne d’un côté et étant d’une violence sans borne envers son épouse, sans oublier qu’il n’aime pas tout ce qui n’est pas comme lui et les siens : cosaques, forts, virils, aimant boire, se battre et faire la guerre.

Il a envoyé ses fils étudier, les a obligés, même, pour ensuite, une fois les jeunes hommes revenus, cracher sur cet enseignement. Comprenne qui pourra.

Dans ce premier tome, Taras emmène ses deux fils à la Setch, un vaste campement militaire, afin de parfaire leur éducation.

Ce premier album m’a laissée dubitative, m’étant un peu perdue avec les pensées de Taras et de ses deux fils, lors de leur voyage vers la Stech. Les dessins passaient, successivement, de l’un à l’autre et il m’est arrivé de ne plus savoir à qui appartenaient ces souvenirs.

Bref, pas vraiment convaincue par ce premier album…

Critique Tome 02 :
Ce deuxième tome est plus rythmé, mais encore plus violent, puisque Taras, se désolant qu’il n’y ait plus de conflits, de guerre, suite aux accords passés avec leurs ennemis ancestraux et qui les empêchent de partir en campagne.

Mais Taras a ceci en commun avec certains dirigeants de pays bien connus : il se fout des règles ! Pour que ses fils apprennent l’art des combats, il va entraîner les cosaques dans une attaque de la Pologne, suite à des rumeurs accusant les Juifs de faire plein de choses terribles.

Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage et rien n’a changé : si l’on veut faire la guerre aux autres, il suffit de dire n’importe quoi, plus c’est gros, de toute façon, et plus ça passera crème. Taras est un manipulateur et un orateur, il fait dire aux autres ce qu’il veut qu’ils disent.

Voici donc les Cosaques zaporogues qui massacrent tout le monde dans des villages paisibles, qui font le siège d’une ville polonaise, qui tuent, qui pillent, qui volent, qui torturent (et d’autres choses, encore). Tout ce qui est juif, polonais, musulman, païen, sont des ennemis.

Pour des bons orthodoxes, ils ont oublié un commandement : « Tu ne tueras point », mais comme je le disais au départ, l’hypocrisie règne en maître et nos cosaques sont religieux lorsque ça les intéresse. Ils vivent dans une caste très virile, faite de démonstration de force, de bravoure, de courage, de combats, de sang qui coule.

Le sens de l’honneur, c’est quand ça les intéresse. Ils peuvent prier tant qu’ils veulent, pour ma part, ce sont des assassins, des massacreurs, des tueurs.

Si ce deuxième album est meilleur que le premier, qu’il est plus facile de s’y retrouver que dans le précédent, le gros bémol est qu’il est à suivre et que rien n’a été publié depuis 2008. Cette série a sans doute été abandonnée, faute de ventes, je suppose…

Merdouille, je n’aurai pas la fin, il me faudra lire le roman, pour savoir comment tout cela va se terminer. Vu l’orgueil démesuré de Taras, je suppose que l’ubris va lui retomber dessus…

  • Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°14.

Adieu : Honoré de Balzac 🇫🇷

Titre : Adieu 🇫🇷 🇷🇺

Auteur : Honoré de Balzac 🇫🇷
Édition : Livre de Poche (1995) – 95 pages

Résumé :
1819. Par une brûlante journée de l’été finissant, deux chasseurs — deux amis, le marquis d’Albon et le baron Philippe de Sucy –, égarés dans une forêt de l’Ile-de-France entrevoient, sous les frondaisons d’un parc à l’abandon, une silhouette féminine d’une grâce aérienne.

En cette jeune femme, folle, qui ne sait plus que répéter machinalement un seul mot, « Adieu », Philippe, bouleversé, reconnaît la comtesse Stéphanie de Vandières, la maîtresse passionnément aimée dont il fut tragiquement séparé en 1812, lors du passage de la Bérézina.

Soulevé par un espoir insensé, il va tenter de rendre la vie à cette âme morte

Critique :
Si j’ai lu ce court roman de Balzac, c’est grâce à Rachel : elle me l’avait conseillé, une partie de ce roman parlant de l’épisode de la retraite de Russie, sur la Bérézina.

Au départ, j’ai été perdue dans les premières lignes, me trompant entre les deux personnages, n’arrivant pas très bien à les suivre.

La partie qui était la plus intéressante fut celle où un homme raconta au marquis d’Albon, les raisons de la folie de la jeune femme (Stéphanie), que lui et son ami Philippe, ont trouvée, errant dans le parc d’une maison isolée.

Cet épisode, c’est celui de la retraite de Russie et de l’épisode de la traversée de la Bérézina. Le baron Philippe de Sucy, l’ami du marquis, y était, en tant qu’officier, ainsi que sa maîtresse, la belle Stéphanie, épouse d’un autre officier.

En peu de pages, Balzac arrive à retranscrire toute l’horreur de cette retraite, le froid, la faim, l’épuisement, l’envie de ne plus bouger d’un pouce, de même que le sacrifice des pontonniers, afin que la majorité puisse franchir cette rivière.

Ce n’était pas le pont sur la rivière Kwai, mais si ces deux ponts de bois ont permis de sauver des vies et de s’en tirer sans y laisser trop de plumes, pour le Napo, ils ont aussi laissé bien des civils sur les berges de la rivière (et non du ravin), notamment lorsqu’il fut donné l’ordre de les incendier.

Si, au départ, on pourrait être touché par l’amour que porte toujours Philippe de Sucy à sa Stéphanie, devenue folle (syndrome post-traumatique, dirait-on, maintenant), au fur et à mesure, le malaise s’installe, tant l’homme paraît égoïste, voulant à tout prix que sa belle retrouve ses esprits, alors que vu ce qu’elle a vécu, après l’épisode de la séparation d’avec son amant, sur la Bérézina, il est impossible que son esprit revienne du bon côté de la lune.

Je dirais même plus : Philippe est un con qui se comporte comme un crétin fini, un égoïste total.

Là où l’oncle de Stéphanie la laissait libre de venir, ou non, à lui, et faisait tout pour qu’elle soit libre et heureuse, Philippe, avec ses gros sabots, voulait à tout prix qu’elle redevînt comme avant, ce qui était impossible. Le final est terrible.

D’un côté, j’ai aimé l’approche que Balzac fait sur la folie, sur l’amour égoïste, mettant en scène l’envie qu’un homme a de retrouver la femme qu’il aime, telle qu’elle était avant de sombrer psychologiquement, quitte à la sacrifier, mais de l’autre, m’étant perdue dans les premières pages de ce roman, j’ai eu du mal ensuite à m’y retrouver, confondant le baron et le marquis.

Il m’a manqué aussi les émotions. Bref, ceci n’est pas une lecture ratée, loin de là, mais pas le coup de coeur espéré. Une fois encore, Rachel et moi, divergeons dans nos avis (mdr). C’est classique, chez nous.