Les promesses orphelines : Gilles Marchand 🇫🇷

Titre : Les promesses orphelines 🇫🇷

Auteur : Gilles Marchand 🇫🇷
Édition : Aux Forges de Vulcain (20/08/2025) – 288 pages

Résumé :
On disait qu’on allait marcher sur la Lune, on disait qu’en l’an 2000 on se déplacerait en voitures volantes. On parlait d’un Aérotrain capable de battre tous les records de vitesse.

Mais comment participer à tout ça quand on vit, comme Gino, au fin fond d’un village de l’Orléanais, quand le bulletin scolaire est en berne, quand on se demande comment séduire Roxane, la fille entrevue au bal du village des années plus tôt ?

Gilles Marchand, fidèle à ses personnages toujours décalés, nous offre une traversée poétique des Trente Glorieuses par un jeune idéaliste, la tête pleine de rêves plus grands que lui, témoin d’un monde en accélération où le bonheur pour tous semblait à portée de main.

Critique :
Puisque son précédent roman, « Le soldat désaccordé » avait été un coup de coeur, j’avais envie de lire son nouveau roman.

L’histoire débute en 1954, et nous faisons la connaissance de Gino, un fils d’immigré italien qui a le coup de foudre pour une gamine. Sa famille est dans la région d’Orléans, en vacances.

Gino est un gamin qui vit tranquillement, avec son père, sa mère, son grand frère. Alors que tout allait bien, un grand malheur va les frapper et ils iront habiter dans la maison de vacances. Là-bas, il est un parigot, mais c’est toujours mieux que d’être considéré comme un rital.

Notre minot, il adore lire les articles de journaux, qui lui rapporte la Vieille Tante, mais à l’école, ce n’est pas un foudre de guerre.

Gino est un gamin attachant et j’ai apprécié le suivre, durant sa narration, passant en revue sa jeunesse, durant les trente glorieuses et ainsi, nous parler de l’Histoire de France, de 1950 à 1980, vue par le petit bout de la lorgnette. Autrement dit, vue par les petites gens.

L’auteur a eu la brillante idée d’intercaler, dans le récit de Gino, des publicités pour les produits de l’époque, ainsi que des articles de journaux. C’était intéressant à lire, à découvrir, bref, c’était des parfaits témoins de l’évolution de la société et de la nouvelle prospérité d’après-guerre.

Le roman est agréable à lire, l’histoire est belle, j’ai apprécié les personnages, même si j’aurais voulu que l’auteur fasse intervenir bien plus le personnage de Jacques. La Vieille Tante était, elle aussi, un personnage fantastique et suivre la progression de Gino, dans la vie, fut un bon moment de lecture.

Oui, c’est un beau roman, c’est une belle histoire, mais… J’ai traversé ce récit qui manquait de profondeur, même s’il était plaisant à lire. Pour ma part, il manquait l’élément clé : les émotions. Bref, je suis restée sur ma faim.

Trop lisse, sans doute, après le magnifique « Soldat désaccordé ». Il manquait un truc pour accrocher les wagons, pour être immergé à fond dans le récit, pour vibrer aux côtés de Gino.

Un roman que j’ai lu avec plaisir, de ce point de vue là, rien à reprocher au récit, aux personnages, à l’Histoire qui est passée en revue, mais ce roman manque curellement d’émotions, de pep’s, de profondeur et malgré le fait que j’ai apprécié ma lecture, elle ne restera pas dans ma mémoire.

Voile vers Byzance : Robert Silverberg 🇺🇸

Titre : Voile vers Byzance

Auteur : Robert Silverberg 🇺🇸
Édition : Le Bélial’ (21/08/2025) – 144 pages
Édition Originale : Sailing to Byzantium (1985)
Traduction : Pierre-Paul Durastanti

Résumé :
Si le monde est dépeuplé, les ultimes représentants de l’humanité, immortels, vivent dans l’oisiveté, partageant leur quotidien entre visites de cités légendaires recréées de toutes pièces et fêtes fastueuses débridées.

Un monde aux mœurs étranges et libres que découvre Charles Phillips, natif du New York de 1984, projeté dans ce futur radicalement autre pour des raisons qui lui échappent. Il y rencontre Gioia, sa guide, et bientôt sa compagne, avec qui il navigue d’Alexandrie à Xi’an en passant par Asgard.

Vive et magnifique Gioia, qui tait le plus terrible des secrets dans cette société hédoniste où, pour tromper les errances d’une vie sans fin, on rebâtit les civilisations, passées comme mythiques, avant de les faire retourner au néant.

Or, Charles, lui, l’enfant du xxe siècle, n’a rien oublié de ce que signifie la fin…

Critique :
♪ I am sailing, I am sailing ♫ […] I am dying, forever crying, To be with you, who can say. (1)

Nous sommes au cinquante-et-unième siècle, l’humanité a bien changé, les Hommes sont devenus immortels et ils s’amusent à recréer, de toutes pièces, cités légendaires.

Puis, ils les détruisent et en font des autres. Jamais plus de 5 et sans vraiment respecter la véracité historique. Il faut juste que ce soit beau.

Charles Philipps est natif de notre époque, il provient du New-York de 1984. Il a été importé de notre époque.

Il voyage avec sa compagne, Gioia, visitant les anciennes citées où des androïdes travaillent, servent les gens. On les appelle les temporaires.

Me voici bien ennuyée au moment d’écrire ma critique de cette novella, car je ne sais pas comment vous dire et exprimer le plaisir que j’ai eu à découvrir ce récit.

Ce ne fut pas un coup de coeur, mais j’ai passé un très bon moment de lecture en savourant le texte, simple mais non simpliste, en découvrant ce nouveau monde, ses habitants, les deux personnages principaux qu’étaient Charles et Gioia.

L’auteur ne nous donnera que peu d’éléments sur cette Terre des années trois mille. D’ailleurs, personne ne sait vraiment comment on construit les anciennes cités, ni ce que deviennent les temporaires ensuite.

Personne ne sait rien, mais tout le monde a l’air de s’en foutre, profitant du moment. Les voyages et le bon temps sont les rois, personne ne se pose de questions, ne s’interroge, à croire que tous n’avaient pas leur gamelle à la distribution des cervelles.

Parfois, il vaut mieux ne pas trop en savoir et Charles va l’apprendre à ses dépends.

Impossible de vous dire plus sans divulgâcher, de plus, je n’arrive pas à trouver mes mots pour vous donner envie de découvrir cette novella de SF, si ce n’est : lisez-là, nom de Zeus.

C’est beau, c’est poétique, c’est doux à lire, l’auteur nous en dit peu afin de laisser notre imagination faire le reste et on a le droit de s’imaginer n’importe quoi et c’est bien.

(1) I am sailing – Rod Stewart