Cookie jar : Stephen King 🇺🇸

Titre : Cookie jar 🇺🇸

Auteur : Stephen King 🇺🇸
Édition : Livre de Poche (2018) – 66 pages
Édition Originale : Cookie Jar (2016)
Traduction : Michel Pagel

Résumé :
Quand l’arrière-petit-fils de Rhett vient lui rendre visite dans sa maison de retraite de Bonne Vie, ce n’est pas par simple courtoisie. Il a un devoir à rendre : « Comment était la vie du plus vieux membre de votre famille quand il avait votre âge ? »

Rhett lui raconte donc l’histoire de sa mère : son état mental instable, ses peurs, ses crises d’hystérie, son suicide et le pot à biscuits dont il a hérité.

– De quoi avait-elle peur ?
– Elle avait peur du pot à biscuits. »

Critique :
Imaginez un pot de cookies magique, qui se remplirait au fur et à mesure que vous mangez les biscuits… Un pot dans lequel les biscuits seraient toujours frais, comme s’ils venaient d’être cuisinés.

Un pot de cookies qui jamais ne se viderait, c’est génial, non ? Pour sa propriétaire initiale, c’était plutôt un cauchemar… Parce que si d’un côté, ce truc est génial, il a tout de même un terrible côté face, bien plus sombre, lui.

C’est une nouvelle assez courte, qui avait paru, originellement, dans le recueil « le bazar des mauvais rêves ». Elle se lit toute seule et c’était un véritable plaisir que de plonger dans les souvenirs d’enfance de Rhett (pas Butler), même si, à un moment donné, il a vécu un drame.

Ce n’est pas la nouvelle la plus exceptionnelle du King. Cependant, elle n’est pas mauvaise du tout, elle fait délicieusement frissonner lors de sa lecture et se termine sans que l’on en sache vraiment plus sur ce pot à biscuits miraculeux.

Si le King fait un beau parallèle entre l’Histoire et ce qu’il se passe dans le monde horrifique, il refermera vite la porte, sans nous donner plus de détails, alors qu’il y avait, sans aucun doute, matière à écrire un roman.

Il me reste un goût de frustration, d’histoire trop vite terminée, d’un univers dont nous avons vu un fragment et dont la porte s’est trop vite refermée, ce qui laisse une sensation de pas assez, de trop peu.

Malgré tout, j’ai apprécié cette nouvelle.

  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°36.

Lénine – Ils ont fait l’Histoire 19 🇷🇺 : Antoine Ozanam et Denis Rodier 🇫🇷

Titre : Lénine – Ils ont fait l’Histoire 19 🇷🇺

Scénariste : Antoine Ozanam 🇫🇷
Dessinateur : Denis Rodier 🇫🇷

Édition : Glénat/Fayard (2017) – 46 pages

Résumé :
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin ». Russie, 1887. Motivé par la culture révolutionnaire suite à l’exécution pour terrorisme de son frère Alexandre, le jeune Vladimir Oulianov se plonge dans la lecture d’écrivains engagés comme Karl Marx ou Tchernychevski.

Revenu à Saint-Pétersbourg après plusieurs années d’exil, il multiplie alors la publication de journaux clandestins et pamphlets opposés au pouvoir tsariste.

Régulièrement incarcéré, sans cesse en fuite en Allemagne, Suisse ou Angleterre, il ne tarde pas à devenir une figure de proue du Parti ouvrier social-démocrate. Mais bien qu’il se revendique des écrits de Marx, « Lénine » prétend que la Révolution ne pourra pas venir du prolétariat s’il ne dispose d’un appareil politique puissant.

Par d’habiles manœuvres permettant à ses partisans de devenir Bolcheviks – c’est-à-dire majoritaire – et de prendre le pouvoir au sein du Parti, Lénine se révèle un fin stratège et laisse déjà entrevoir un autoritarisme forcené…

Critique :
Comme je voulais en savoir plus sur Vladimir Ilitch Oulianov (Lénine), je me suis penchée sur cette collection des grands Personnages de l’Histoire en bandes dessinées, dont j’avais déjà lu quelques albums.

Peut-on résumer la vie de Lénine en 46 pages ? Parler de tout ? Non, impossible.

Les auteurs ont privilégié les années de sa jeunesse, notamment avec sa famille qui s’est distinguée au service de la famille du tsar.

Dans les premières cases, la mère de Vladimir plaide sa cause. Le grand frère a déjà été exécuté pour activités terroristes et Vladimir va échapper à la condamnation à mort… La face de la Russie aurait été différente, si on l’avait exécuté.

La vie de Lénine est composée d’exils, de condamnations, d’assignations en résidence. Alors, oui, il est difficile d’être précis, vu la quantité énorme d’infos à traiter, et le récit possède assez bien d’ellipses.

En fait, il aurait fallu plusieurs tomes pour ce type, tant il y avait à dire, à nous montrer. L’album va s’arrêter juste après la Révolution d’Octobre 1917. On assistera encore à la mise en place de la dictature du prolétariat, aux belles promesses données, mais que l’on ne pourra pas tenir, et au fait que Lénine a instauré une dictature, nécessaire, selon lui, le temps de tout mettre en place…

Les dernières pages sont consacrées à un Lénine en chaise roulante, après son accident vasculaire cérébral. Diminué, il est aigri, sanguin et se dit qu’il aurait dû écarter Staline et mettre Trotski à la place. Je me demande ce qu’il se serait passé pour la Russie (l’URSS en ce temps-là) si Staline avait été dézingué et si Trotski avait dirigé le vaisseau amiral. Nous ne le saurons jamais.

Un album qui permet de mettre le pied à l’étrier, ce qui est déjà un bon départ. Il évite aussi de se farcir des biographies longues et difficiles à lire.

C’est court, c’est bref, c’est résumé à fond, mais on en apprend un peu plus sur ce personnage qui fut élevé au grade de divinité, à l’époque, et diabolisé par d’autres. Pas évident de faire la part des choses, si vous aviez été un habitant de la Russie, en ce temps-là. Il est déjà difficile de se faire une opinion sur certains personnages historiques, tant ils sont complexes.

Lénine était complexe. Un homme qui a reçu du soutien de plusieurs femmes : sa mère, son épouse Nadejda et sa maîtresse, Inès. Mais que feraient les politiciens sans les femmes, hein ?

Les dessins étaient très beaux, réalistes, mais bon, vu le sujet, on ne peut pas se permettre des dessins caricaturaux, avec des gros nez.

Allez, prochaine bédé, ce sera celle avec Staline…

  • Le Mois Russe (janvier 2026), chez Bianca – N°18.