Bilan Mensuel Livresque : Novembre 2025 🎃

Hé voilà, le Mois de Novembre est déjà sur le déclin, l’année 2025 aussi et ces putains de fêtes de Noël sont déjà dans le viseur des commerçants, annonceurs, multinationales, publicitaires, supermarché voulant fourguer de la bouffe et heureusement que j’évite les téléfilms de Noël, parce que ce genre de truc me tuerait certainement… 🤢

Bizarrement, j’aime le mois de novembre, j’aime aussi celui de décembre, mais bon, si on pouvait se calmer avec les fêtes, ça me ferait plaisir.

Mon Bilan Mensuel n’est pas mal du tout, puisque j’ai réussi à lire 18 Romans, 2 beaux livres, 43 Bédés, 8 Mangas, 3 Comics & 1 Album Jeunesse. Ce qui me fait un total de 75 Lectures pour Novembre. Bref, un magnifique et excellent score !

Le Total général, toutes lectures confondues, est monté à 729 Lectures.

En attendant, mon neveu a eu un an de plus, il était en superforme, sa sœur aussi, à se demander ce qu’on leur met dans leur nourriture, pour qu’ils soient toujours aussi remplis d’énergie et de cris stridents. Le petit a eu une super fête d’anniversaire, avec sa famille et sa sœur avait aidé à faire le gâteau. Bref, tout le monde a passé une belle journée, mais au soir, nos tympans étaient fatigués 😂

Le chat, de son côté, a continué de bien manger et de prendre son traitement, sans qu’il y ait de jours « sans », pour une fois. Le mois de novembre a été agréable, sans stress et fin octobre l’avait été aussi.

C’est plus reposant, même s’il a fallu changer les croquettes de monsieur (et revenir à ses anciennes, je tourne avec deux marques différentes) et plusieurs fois de sorte de mou (je tourne aussi avec plusieurs marques, toujours les mêmes — du moins, j’essaie).

On sent qu’il fait plus froid, il a les coussinets glacés et je le sens lorsqu’il monte sur mes genoux ou quand il pose ses pattes sur ma main (glacée, elle aussi). Mais comme il n’a jamais eu l’habitude, il ne cherche pas à se planquer sous le plaid que je pose sur mes épaules ou sur les radiateurs. Il ne mange pas de ce pain-là, môssieur ! Un vrai dur…mdr

Décembre arrive à grands pas, avec ses fêtes de fin d’année (youpie ! Tu parles…), ses bilans annuels qui vous donneront mes coups de cœur littéraire de l’année et puis, je lirai quelques romances joyeuses (et publierai les fiches) après le 20 décembre, pour célébrer Noël comme il se doit : en se foutant des clichés ! 🎄 D’ailleurs, j’ai fait une liste de romans de Noël : des joyeux et des polars ! Avec des p’tits logos en prime…

Bilan Mensuel : 18 Romans et 2 beaux livres = 20 Lectures

  1. Le Western au XXIe siècle : Damien Ziegler [Beaux Livres]
  2. 20 ans de western européen : Alain Petit [Beaux Livres]
  3. Il n’a jamais été trop tard : Lola Lafon 😞
  4. La Traversée des Temps – 05 – Les Deux royaumes : Eric-Emmanuel Schmitt
  5. Groenland, le pays qui n’était pas à vendre : Mo Malø
  6. Nous serons tempête : Jesmyn Ward 😞
  7. L’Évangile des ombres : Nicolas Nutten
  8. Un an dans la ville-rue : Paul Di Filippo 😞
  9. Cache-cache – Naia Thulin et Mark Hess 02 : Søren Sveistrup [LC avec Bianca]
  10. Les ombres du monde : Michel Bussi
  11. Récursion : Blake Crouch
  12. Si les chats pouvaient parler : Piergiorgio Pulixi [LC avec Bianca]
  13. The Fisherman : John Langan
  14. La muse rouge – Victor Dessange 01 : Véronique De Haas [LC avec Bianca]
  15. Stella – Mara Rais et Eva Croce 04 : Piergiorgio Pulixi
  16. Il n’y a pas d’arc-en-ciel au paradis : Nétonon Noël Ndjékéry (Tchad) 🇹🇩
  17. Le livre de Kells : Sorj Chalandon 😞
  18. Dans les brumes du Texas – Delpha Wade 03 : Lisa Sandlin
  19. Un homme dangereux – Elvis Cole et Joe Pike 18 : Robert Crais
  20. Que sais-je ? – Le génocide des Tutsi au Rwanda : Filip Reyntjens

Bilan Mensuel : 43 Bédés / 8 Mangas / 3 Comics / 1 Jeunesse = 55 Lectures

  1. Skinwalker : Gabriel Katz & Steven Dhondt
  2. Guerres & Dragons – 03 – Le Kongamato : Jarry, Antiga, Courtois & Negrin
  3. Le chant des Stryges – 09 – Révélations : Corbeyran & Richard Guérineau
  4. Le chant des Stryges – 10 – Manipulations : Corbeyran & Richard Guérineau
  5. Le chant des Stryges – 11 – Cellules : Corbeyran & Richard Guérineau
  6. Le chant des Stryges – 12 – Chutes : Corbeyran & Richard Guérineau
  7. Le chant des Stryges – 13 – Pouvoirs : Corbeyran & Richard Guérineau
  8. Le chant des Stryges – 14 – Enlèvements : Corbeyran & Richard Guérineau
  9. Le chant des Stryges – 15 – Hybrides : Corbeyran & Richard Guérineau
  10. Le chant des Stryges – 16 – Exécutions : Corbeyran & Richard Guérineau
  11. La Chambre des officiers : Philippe Charlot, Alain Grand & Marc Dugain
  12. Dix de der : Didier Comès
  13. Hercule Poirot – 10 – Le Crime d’Halloween : C. Montes & D. Ziegler
  14. Les Gorilles du Général – 01 – Septembre 59 : X. Dorison & Julien Telo
  15. Billy Lavigne : Anthony Pastor 😞
  16. Sideshow – 01 – Charly : Eric Corbeyran & Emmanuel Despujol
  17. Sideshow – 02 – Trixie : Eric Corbeyran & Emmanuel Despujol
  18. Marie et les esprits : Rodolphe &  Olivier Roman
  19. Histoire du polar (en bédé) : Sandrine Kerion & Claire Caland
  20. Kennedy – Ils ont fait l’Histoire 18 : Sylvain Runberg, Damour & André Kaspi
  21. Ramsès – Ils ont fait l’Histoire 40 : Wyctor & Juan Carlos Moreno Garcia
  22. Affaires d’État – Guerre Froide – 01 – Passage à l’ouest : Richelle &  Penet
  23. Affaires d’État – Guerre Froide – 02 – L’Ombre du KGB : Richelle &  Penet
  24. L’exécuteur – 01 – Le jeu mortel : John Wagner et Arthur Ranson
  25. L’exécuteur – 02 – La confession : John Wagner et Arthur Ranson
  26. L’exécuteur – 03 – Les proies : Arthur Ranson et John Wagner
  27. La fantaisie des Dieux – Rwanda 1994 : P. de Saint-Exupery & Hippolyte ♥♥♥
  28. Le crétin qui a gagné la guerre froide : Le Naour & Le Bihan
  29. Civilisations – 02 – Égypte : Giulia Pellegrini et France Richemond 😞
  30. Le Crépuscule des Dieux – 05 – Kriemhilde : Nicolas Jarry & Djief
  31. Le Crépuscule des Dieux – 06 – Ragnarok : Nicolas Jarry & Djief
  32. Le Crépuscule des dieux – 07 : Le Grand Hiver : Nicolas Jarry & Djief
  33. Le Crépuscule des dieux – 08 – Le sang d’Odin : Nicolas Jarry & Djief
  34. Le Crépuscule des dieux – 09 – Yggdrasil : Nicolas Jarry & Djief
  35. Crusaders – 01 – La Colonne de fer : Christophe Bec & Leno Carvalho 😞
  36. Crusaders – 02 – Les Émanants : Christophe Bec & Leno Carvalho 😞
  37. Le genre – Cet obscur objet du désordre : Husson & Thomas Mathieu
  38. Blondin et Cirage – 05 – Au Mexique : Jijé 😦😓
  39. Blondin et Cirage – 06 – Le Nègre blanc : Jijé 😦😓
  40. Jacky et Célestin – 03 – Le chinois est rancunier : Gos, Peyo & Walthéry 😓😓
  41. Les Mousquetaires – 02 – Le vaisseau des brumes : R. Cauvin & Mazel 😓😓
  42. Sandy & Hoppy – 16 – Du béton dans le désert : Willy Lambil
  43. Toubab or not Toubab : Derey, Mercier & Hector Sonon (Bénin) 😓
  44. Petits contes macabres : Powell, Mignola, Cloonan & Harren [COMICS] 😞
  45. Saga – 01 : Brian K. Vaughan & Fiona Staples [COMICS]
  46. Saga – 02 : Brian K. Vaughan & Fiona Staples [COMICS] 😞
  47. Les Carnets de l’apothicaire – 06 : Hyuuga, Nanao & Nekokurage [MANGA]
  48. Les Carnets de l’apothicaire – 07 : Hyuuga, Nanao & Nekokurage [MANGA]
  49. Les Carnets de l’apothicaire – 08 : Hyuuga, Nanao & Nekokurage [MANGA]
  50. Les Carnets de l’apothicaire – 09 : Hyuuga, Nanao & Nekokurage [MANGA]
  51. Les enquêtes du limier – 01 – Chien d’aveugle : Jirô Taniguchi [MANGA]
  52. Les enquêtes du limier – 02 – Pur-sang en cavale : Jirô Taniguchi [MANGA]
  53. Celui qui hantait les ténèbres : H. P. Lovecraft & Gou Tanabe [MANGA]
  54. Ludwig van Beethoven, le parcours d’un génie : Hirano & Kamatani [MANGA]
  55. La meilleure boulangerie du monde : Yue Zhang [JEUNESSE]

Ce que mon chat ne fait jamais…

Les enquêtes de l’Inspecteur Pendergast – 05 – Le violon du Diable : Douglas Preston & Lincoln Child [par Dame Ida Biolique] 🇺🇸

Titre : Les enquêtes de l’Inspecteur Pendergast – 05 – Le violon du Diable 🇺🇸

Auteurs : Douglas Preston et Lincoln Child 🇺🇸
Édition : J’ai Lu – Thriller (2008) – 697 pages
Édition Originale : Brimstone (2004)
Traduction : Sebastien Danchin

Résumé :
Qui, sinon le Malin, a tué Jeremy Grove, le critique d’art dont le corps calciné a été retrouvé dans le grenier de sa demeure… fermé de l’intérieur ? Une chaleur suffocante, une insoutenable odeur de soufre et, surtout, reconnaissable entre toutes, cette empreinte de pied fourchu… Le violon du diable…

Lorsqu’un deuxième cas tout aussi mystérieux de combustion spontanée est signalé, le doute n’est plus permis. Sauf pour l’inspecteur Aloysius Pendergast, du FBI, qui ne peut accepter cette hypothèse effrayante.

Ses accords ressemblent à un cri d’effroi…

Des villas luxueuses de Long Island aux châteaux hantés de Toscane, Pendergast, épaulé par le sergent D’Agosta, son partenaire de Relic (Laffont, 1996), se lance sur les traces d’un démon de chair et de sang, puisque mélomane…. et Pendergast pourrait en être la prochaine victime !

Des meurtres inexplicables… Un Stradivarius aux pouvoirs maléfiques… Une conspiration remontant à la Renaissance… Avec Le Violon du diable, les maîtres du thriller d’aventures ont frappé un grand coup !

Près de dix thrillers portent la griffe Preston er Child, désormais un label de qualité et… de succès : « Le Violon du diable » a séjourné plusieurs semaines sur la liste des meilleures ventes du New York Times. De ce tandem de choc, les éditions de l’Archipel ont déjà publié Ice Limit (2002), La Chambre des curiosités (2003) et Les Croassements de la nuit (2005).

« Preston & Child jouent avec ce violon-là une partition magistrale. À emporter dans ses bagages : plaisir sans fausses notes garanti. » Publishers Weekly

L’avis de Dame Ida :
« Warning : Belette ayant fait une fiche pour le T4 – Dame Ida qui n’a pourtant pas zappé la lecture de ce volume, a estimé superflu d’en proposer une fiche. Elle est donc passée directement au T5 »

Autant vous le dire tout de suite : j’ai kiffé grave la race de ma mémère !

Pendergast a survécu au bug de l’an 2000 et entre allégrement dans le troisième millénaire. Finies les années 90’ que j’aimais tant… Finies les années de ma jeunesse… Me voici arrivée à l’âge adulte.

Et avec cette enquête, Pendergast entre lui aussi dans une certaine maturité. D’ailleurs, s’il ne s’impose vraiment dans les enquêtes qu’à partir du tome 3, dans ce tome 5, on le voit carrément aux commandes des investigations.

En outre, l’un des principaux défauts que je trouvais aux premiers volumes de la série, à savoir la bêtise crasse des policiers qui servait à mettre en valeur les talents de Pendergast, s’est considérablement estompée.

Sous la plume des auteurs, les défenseurs de la loi sont maintenant plus au service du bien que de leurs propres carrières et des petits arrangements politiques. L’institution s’est même féminisée, propulsant au rang de Capitaine, la jeune femme aussi jolies qu’intelligente entr’aperçue aux côtés de d’Agosta lors du tome 2.

Moins de manichéisme… Plus de nuances… C’est farpaitement farpait !!!

D’ailleurs d’Agosta que l’on n’avait pas vu depuis les deux derniers tomes est de retour lui aussi ! La vie ne l’a pas épargnée, mais… il saura rebondir en étant encore un partenaire de qualité pour Pendergast.

Smithback le journaleux ambitieux, est en voyage de noces… Il laisse ici la place à son plus grand ennemi dans la profession, bien décidé à quitter le torchon pour lequel il gribouille des articles racoleurs, dans l’espoir de retrouver sa place au NY Times…

Grâce à lui, les auteurs pourront développer sur tout un pan du roman les travers de l’ère de la communication médiatique… qui créé les évènements de toute pièce en surfant sur l’humeur de l’époque pour capter l’audience.

On fera également la connaissance d’une mystérieuse petite nouvelle… Enfin petite… Il semble qu’elle soit bien plus âgée qu’elle n’en avait l’air. Souvenez-vous des yeux qui épiaient Wren, l’archiviste-restaurateur du musée de New-York, à qui Pendergast avait confié le classement des collections de la maison dont il avait héritée à la fin du tome 3.

Car oui, si chaque affaire peut être relue indépendamment, il vaut mieux les lire dans l’ordre si l’on veut saisir pleinement la nature des relations et l’évolution de ces personnages récurrents qui se croisent et se recroisent au fil des ans et des enquêtes sous la plume des auteurs.

Franchement, je crois que j’aurais eu du mal à saisir certaines choses si je n’avais pas ici fait le choix de la chronologie… Et d’ailleurs, certains éléments des épilogues de chaque volume sont laissés en suspens, dans l’ambiguïté… et ne prendront de sens que pour le lecteur qu’au roman suivant.

Ce roman vient d’ailleurs nous en apprendre un peu plus sur Pendergast et l’histoire trouble de sa famille… Et annonce la quête ultime qui l’anime. J’imagine que les prochains titres auront à voir avec cela.

Appréciant beaucoup les enquêtes aventureuses de Pendergast qui flirtent toujours avec les frontières du fantastique ou du surnaturel, j’ai beaucoup aimé ce volume qui me semble bien plus crédible par certains aspects que les précédents même si on glisse ici du fantastique d’anticipation vers le surnaturel.

Et oui, après s’en être pris à des mutants, à des savants fous voulant repousser les frontières de la mort, ou à des ex-enfants sauvages psychotiques monstrueux, le voilà qu’il s’attaque au Diable ! Carrément ! Au mal incarné… Qui est surtout représenté sur terre par les hommes et les femmes (enfin, surtout les hommes!) qui ont l’idiotie de vouloir le servir, imaginant toujours tirer le contrat à leur avantage alors que…

Avec Satan, c’est comme au casino : le joueur perd toujours et c’est constamment la banque qui gagne ! Ce n’est jamais qu’une question de temps ; et du temps, Satan en a à revendre !

De toute façon, Pendergast est là pour veiller à une juste rétribution et à ce que les méchants aillent brûler en enfer, non ?

Et puis… Cette intrigue nous promènera dans l’univers très mondain de l’art… de l’opéra, de la musique classique, et nous fera voyager jusque dans l’une des plus belles villes d’Italie, si ce n’est du monde : Florence (la dernière retraite d’un certain Hannibal Lecter, mais ça… c’est une autre histoire).

Que pouvais-je demander de plus ?

Depuis que je me suis lancée à l’assaut de la série des Enquêtes de Pendergast, j’ai appris à ne plus prendre en considération l’épaisseur des pavés rédigés par le duo Preston & Child !

Près de 600 pages dans l’édition originale, ou près de 700 dans l’édition de poche… ça peut impressionner. Et pourtant, comme d’habitude, le temps passe tellement vite.

Les intrigues de la série, et celle-ci ne fait pas exception à la règle, sont dénuées de toutes longueurs ou remplissages inutiles. L’action succède à l’action, et chaque fin de chapitre nous laisse sur notre faim, pressées de lire le suivant… et encore le suivant. Aucun temps mort… Sauf pour les victimes, évidemment.

Un nœud d’autant complexe à dénouer pour notre inspecteur préféré du FBI, qu’il s’attaque à une affaire dont les racines remontent à des années, rendant encore plus difficile de saisir les mobiles de ce que Pendergast ne cessera de considérer comme des meurtres, là où d’autres verraient de la combustion spontanée, ou l’intervention directe du Prince des Ténèbres.

Ne l’oublions pas, Pendergast, à l’instar de Holmes, est un homme rationnel qui ne se laisse pas distraire par l’aspect surnaturel ou fantastique des choses.

Une fois de plus, nous pourrons constater la parenté évidente entre le locataire du 221b Baker Street et Pendergast. Rationnel, cultivé, amateur de musique et d’arts, plus robuste que ne le laisse imaginer sa silhouette, pratiquant l’ascèse entre corps et esprit, d’un sang froid incomparable, on pourrait croire à des clones si Pendergast n’était pas albinos… On nous refera même le coup très holmésien de « la maison vide », mais sans Reichenbach ni grand hiatus !

Comme j’ai pu le dire dans un commentaire récent en jouant les Mercotte du dimanche : Preston & Child ont su réutiliser la recette de la génoise holmesienne, pour servir de support à la construction d’un gâteau recouvert d’une garniture et de crèmes contemporaines à leur époque. Et le résultat, ce sont les enquêtes de Pendergast.

  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°02 [Dame Ida].

Les Enquêtes de Ginger Gold – 03 – Le Manoir des mauvais esprits 🇬🇧 : Lee Strauss 🇺🇸 [Par Dame Ida, Chroniqueuse Mondaine]

Titre : Les Enquêtes de Ginger Gold – 03 – Le Manoir des mauvais esprits 🇬🇧

Auteur : Lee Strauss 🇺🇸
Édition : City Policier (03/11/2021) – 268 pages
Édition Originale : A Ginger Gold mystery, book 03: Murder at Bray Manor (2017)
Traduction : Benoît Domis

Résumé :
Ginger Gold reçoit une lettre de sa belle-sœur lui demandant de venir toutes affaires cessantes à Bray Manor, la demeure familiale.

A son arrivée Ginger découvre qu’on lui a demandé son aide pour une affaire de fantômes ! La comtesse douairière est persuadée qu’un mauvais esprit hante les lieux. Rien de bien méchant jusqu’à présent.

Le fantôme se contente de voler des petits objets et de faire tourner en bourrique les invités de Bray Manor. Mais lorsqu’un bal est organisé en l’honneur des vétérans de la Grande Guerre, et qu’un cadavre est découvert après la fête sur la piste de danse, tout change.

Détective amateur, Ginger va devoir mener l’enquête et elle est bien persuadée d’une chose : le meurtrier n’est pas un revenant, mais bel et bien un être de chair et de sang.

L’avis de Dame Ida :
Oui, je sais ! Je dis toujours que j’aime commencer les séries de livres par le début et là… comme j’avais la flemme d’effectuer une recherche internet pour savoir dans quel ordre prendre les deux livres de cette série dont je disposais… et bien, j’ai commencé par le troisième sur un total de quatre déjà écrits.

Merci de ne pas vous moquer… De toute façon, on s’en fiche puisque les enquêtes se lisent indépendamment, même si bien évidemment, on profite moins de l’évolution des personnages récurrents…

Quoique… Même sur ce plan, on n’a pas à se plaindre, car l’auteur n’hésite pas à développer ce qu’il a déjà certainement dit à ce sujet dans les tomes précédents, histoire que l’on puisse bien suivre et bien comprendre où le personnage en est dans son évolution.

J’ai presque envie de dire, que ces passages auraient pu m’ennuyer si j’avais lu les tomes précédents d’ailleurs… Du moins si je les avais lus récemment.

Or donc, et anybref, tout est pour le mieux et votre lectrice est bien retombée sur ses pattes.

Lady Ginger Gold est la veuve inconsolable d’un défunt comte décédé pendant la Première Guerre mondiale.

Héritière d’un américain fortuné, dont elle avait ramené l’argent en dot à son époux, qui, à l’instar des aristocrates terriens britanniques, avaient connu un long déclin financier au terme de la période victorienne très industrieuse, elle s’est installée à Londres dans une grande maison où une de ses amies, étudiante en médecine lui rend fréquemment visite.

Et pour tromper l’ennui de son veuvage, loin de la demeure ancestrale de son défunt mari, elle a ouvert une boutique de monde dans la capitale de l’Empire.

Elle a ainsi un prétexte pour ne pas retourner à Bray Manor où elle laisse sa belle-mère, la comtesse douairière, régner sur sa poignée de domestique, évitant de retourner dans ce domaine qui lui rappelle trop que son mari n’y est plus… Ou du moins qu’il n’y est plus que sous la forme du monument funéraire qui a été dressé aux confins de la propriété.

Et oui, Lady Ginger souffre et s’installe dans le déni d’un deuil qu’elle laisse en suspens, en évitant consciencieusement de s’y confronter, parlant à la photo de son mari comme s’il s’agissait du téléphone.

La sœur de son défunt bien aimé l’appelle à l’aide, car sa mère, la comtesse douairière, se plaint qu’un esprit lui subtilise de menus objets qu’on retrouve ensuite incidemment dans d’autres pièces de la demeure, y compris dans les toilettes !

La belle-sœur craint surtout que sa mère ne soit en train de perdre la tête et ait inventé cette histoire pour donner un sens à des oublis ou absences dont elle n’aurait évidemment pas conscience… Et elle appelle Lady Ginger à l’aide.

La voilà qui arrive à Bray Manor avec son amie future médecin, au moment où s’organise un bal pour les vétérans de la Première Guerre mondiale, souvent très abîmés, afin de récolter des fonds pour l’hôpital ou la maison de convalescence qui prend encore en charge les plus meurtris.

Pas question que Ginger puisse échapper à la fête…

Le lendemain, une des bruyantes invitées est retrouvée morte, le corps à moitié immergé dans l’étang de la propriété… Et pas sur la piste de danse comme on aurait pu le comprendre en lisant trop vite la 4ᵉ de couverture !

Une enquête commence, et ne manquera pas de faire ressurgir deux hommes que Lady Ginger a rencontrés lors des ouvrages précédents… Un qui est un fieffé salaud… Et l’autre qui est un vrai chevalier héroïque et opportunément inspecteur à Scotland Yard.

Une bonne raison de plus pour enquêter avec lui…

Qui sait ? Aidera-t-il Lady Ginger à faire son deuil et à envisager qu’elle puisse encore avoir un avenir en tant que femme ? Mais que leur réserve l’avenir ?

Comme vous l’aurez compris, la dimension sentimentale prend quelque peu le pas sur l’intrigue policière. On ne peut pas dire qu’elle la supplante totalement, mais elle y est étroitement mêlée.

De fait, le roman prend vie des allures de roman à l’eau de rose mâtiné avec une revue de mode, Lady Ginger ne pouvant pas s’empêcher de détailler les tenues et coiffures de tout personnage se présentant à elle.

On a le droit d’apprécier ce genre de livres, mais ce n’est pas mon cas. De fait, mon intérêt pour cette lecture en a pâti.

L’enquête reste fort heureusement bien présente malgré tout, même si j’avais le sentiment qu’elle servait juste de prétexte à autre chose.

Les personnages féminins sont diversifiés et intéressants… La comtesse douairière n’était pas sans me rappeler une autre qui vivait à Downton Abbey et qui, à son exemple, n’avait pas vu le temps passer depuis que Sa Gracieuse Majesté Victoria n’était plus…

En revanche, j’ai trouvé les personnages masculins plus rares (ou alors anonymes quand ils sont en nombre) et plus stéréotypés : un vieux majordome typiquement confit dans l’amidon et la naphtaline, mais pouvant faire preuve d’humanité si on ne le regarde pas… Un inspecteur chevaleresque, beau, viril, bien bâti, intelligent, brave, qui sent bon, s’habille élégamment, etc., etc. Et un ex-militaire très immonde, sans scrupules, misogyne, violent, etc.

L’intrigue est plutôt bien construite cela dit. Assez crédible. L’auteur ne nous fait pas le détestable coup de l’indice déterminant, découvert au dernier moment, tombant du ciel avec la vérité vraie… nous donnant juste l’impression d’avoir tourné en rond pour rien pendant les 95% du livre lorsqu’on aime essayer de découvrir qui est l’assassin et quels sont ses motifs.

Les indices sont discrètement distillés et le puzzle prend forme peu à peu. Aussi, sur ce plan, je n’ai rien d’autre à en dire que du bien.

En résumé : Une intrigue solide et crédible, des personnages féminins intéressants, un bon ancrage historique, mais… un roman plus destiné aux amatrices suffisamment amatrices d’histoires à l’eau de rose, où les personnages masculins manquent de profondeur.

  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°01 [Dame Ida].

[FILMS] Deadpool & Wolverine : Shawn Levy (2024) 🇺🇸

Deadpool et Wolverine (Deadpool and Wolverine) est un film américain réalisé par Shawn Levy et sorti en 2024.

Il s’agit du 34e film de l’univers cinématographique Marvel et le quatrième de la phase cinq. Le film met en scène le personnage de Deadpool, interprété par Ryan Reynolds, et celui de Wolverine, incarné par Hugh Jackman, tous deux introduits dans la série de films X-Men du studio 20th Century Studios.

Il se déroule dans la continuité des films Deadpool de Tim Miller (2016) et de Deadpool 2 de David Leitch (2018) et sert de transition entre les deux univers à la suite de l’acquisition de 21st Century Fox par Disney en 2019.

Résumé :
Six ans après les événements de Deadpool 2, Wade Wilson mène une vie tranquille, ayant laissé derrière lui sa vie de mercenaire et cherche des petits boulots. Jusqu’au jour où il est retrouvé par le Tribunal des Variations Anachroniques (TVA), une organisation dont la mission est de surveiller les différentes réalités du multivers et tenter de régler les interférences temporelles.

L’agent Paradox lui propose alors l’opportunité de devenir un véritable héros parmi ceux du MCU. Dans son périple, il croise la route de l’indomptable mutant Wolverine, qu’il va tenter de convaincre de l’aider. Tous les deux vont s’unir pour sauver leur univers.

C’est le plus gros succès du box-office mondial pour un film classé R et le plus lucratif, record jusque-là détenu par Joker (2019) de Todd Phillips.

Ce que j’en ai pensé :
Comme vous le savez, j’adore Deadpool ! Son côté irrévérencieux, politiquement incorrect, sa gouaille, son humour, son côté obsédé sexuel…

Associé à Wolverine, c’est encore mieux, puisque j’adore aussi ce personnage. Bref, le film me tentait à fond et pourtant, j’ai mis le temps avant de me décider à le visionner. Peur d’être déçue, sans doute…

Bon, il y à boire et à manger, des bonnes choses, comme des plus poussives.

Au rayon des plus funs, je dirais qu’on a de la baston (mais à la fin, trop, c’est trop), des effets du sang qui gicle sur l’écran comme dans le film 300, qu’on a l’humour de Deadpool et le côté taiseux et renfrogné de Wolverine, une méchante qui n’est pas en carton pâte, qui fait peur, qui reste d’un calme absolu et qui est d’un sadisme total.

Le méchant est réussi, normalement, le film devrait être réussi, selon Hitchcock ! Même la bande-son est top ! Les caméos sont réussis, les allusions au rachat de la Fox par Disney aussi, sur le fait que Wolverine ait été tué par la Fox et ressuscité par Disney qui va l’exploiter jusqu’à ses 90 ans… Le scénario était tout de même recherché…

Oui, tout ça était réussi, même si, pour comprendre l’humour de Deadpool, il faut avoir révisé ses références Marvel (mon homme n’a rien compris de la moitié des trucs drôles).

Mais… Trop de baston tue l’action et deviennent énervantes, à la fin. Pendant tout ce temps-là, on a l’impression que le film stagne et que les scènes de bagarre entre Deadpool et Wolverine ne sont là que pour allonger le temps du film. Idem avec la scène de combat au début du film. Elle est géniale, mais elle dure trop longtemps…

Alors oui, dans Avenger Endgame, on avait des scènes de bataille aussi, mais il y avait un peu plus de profondeur dans le scénario. Attention, le film Deadpool & Wolverine a du bon, le scénario tient la route avec les différents multivers, mais il a manqué un petit truc pour que ce soit une franche réussite.

C’est bien simple, j’ai regardé le film sur deux soirées, tant la première moitié m’avait un peu fait chier…

En fait, le problème, en plus d’un trop plein de scènes de bagarre entre nos deux protagonistes, c’est le fait que la super méchante n’est pas assez exploitée ! Elle est retorse, puissante, vit dans le Vortex, dans un décor à la Mad Max (vu les véhicules, ça sentait le Mad Max à plein nez) et finalement, hormis quelques scènes, elle n’intervient que peu, alors que son potentiel est immense.

Merde alors, les scénaristes avaient un super personnage de Méchant et ils ne l’exploitent pas plus ? Dommage… Il y avait de quoi aller plus loin avec elle et de quoi bien foutre le bordel sur Terre. Mais ça fait vite pshiiitttt.

Le film reste un bon divertissement, avec de l’action, de l’humour, deux personnages importants, puisque c’est la rencontre entre un anti-héros et un héros, on croisera aussi de vieilles connaissances comme Blade, mais le pitch des multivers, du vortex, des multiples Deadpool et de la méchante ne sont pas assez exploités ou alors, mal exploités.

Pas un mauvais film, mais pouvait mieux faire !

  • Challenge « American Year » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°05.

 

Histoire du polar (en bande dessinée) : Sandrine Kerion et Claire Caland

Titre : Histoire du polar

Scénariste : Claire Caland
Dessinateur : Sandrine Kerion

Édition : Les Humanoïdes Associés (05/03/2025) – 216 pages

Résumé :
Découvrez la première bande dessinée documentaire retraçant l’histoire du polar, racontée par une spécialiste du genre. À travers une véritable réflexion autour du genre, découvrez le polar de sa préhistoire à aujourd’hui.

Quand est né le genre ? Qui en sont les précurseurs ? Quels livres faut-il absolument avoir lu ? Qui a tué Sherlock Holmes ?

Critique :
Passionnés du polar, bonsoir… Si vous êtes mordus des polars, des thrillers, des détectives privés, des romans noirs, bref, de littérature dite policière, alors, cette bédé est faite pour vous !

Et si vous n’aimez pas la bédé, alors, vous allez louper quelque chose de rare, car dans cet ouvrage, on vous parle de cette littérature tant décriée auparavant et qui a retrouvé toutes ses lettres de noblesse depuis un bon bout de temps.

Tout, tout, tout, vous saurez tout, non pas sur le zizi (je vous entends chanter d’ici), mais sur les polars en tous genres, des précurseurs aux classiques, en passant par les romans hard-boiled, historiques, nordiques,…

En 21 chapitres, vous en saurez assez que pour pouvoir soutenir une conversation sur le genre et, bonus en prime, vous aurez une foultitude de titres de polars à lire, découvrir ou à cocher, si vous les avez déjà lus. Même moi, qui en lit depuis des lustres, j’ai appris des choses, découvert d’autres auteurs et j’aurais pu faire exploser ma wish-list, si je ne m’étais pas retenue…

Non, le ton n’est pas pompeux, c’est expliqué de manière ludique, simple, rigoureuse, sans pour autant se prendre au sérieux. Les mises en scènes sont claires, nettes, pas trop bavardes, tout en disant l’essentiel. Bref, un bel équilibre et bien bel objet dans la biblio, nom d’une pipe à Maigret ou Holmes !

En prime, vous n’êtes pas obligés de lire tout d’un coup, moi-même, j’ai fractionné ma lecture, picorant chapitres après chapitres, avant de refermer ce livre, une fois que j’avais tout lu, tout en me disant qu’il faudra que je le relise, avec une feuille et un bic, afin de noter tout de même quelques titres de polars que j’aimerais découvrir…

Bref, cette bédé, c’est la bible des amateurs de polars, qu’ils soient friands de romans noirs, de whodunit, de policiers nordiques taiseux et alcoolo, de cosy-mystery ou de true crime, parce qu’il y en aura pour tout le monde !

Un véritable plaisir pour quelqu’un comme moi qui adore les énigmes et les enquêtes, policières ou réalisées par des détectives privés.

La muse rouge – Victor Dessange 01 : Véronique De Haas 🇫🇷 [LC avec Bianca]

Titre : La muse rouge 🇫🇷

Auteur : Véronique De Haas 🇫🇷
Édition : Fayard (03/11/2021) – 445 pages

Résumé :
Paris 1920. À son retour des tranchées, Victor Dessange, ancien de la Mondaine, intègre la brigade Criminelle.

L’ambiance à la capitale est électrique – entre grèves à répétition et affrontements entre communistes et anarchistes d’un côté et royalistes de l’Action française de l’autre. Des clandestins de l’International affluent de partout, tandis que les empires coloniaux se fissurent.

Dans un tel contexte, les meurtres successifs de plusieurs prostituées peinent à apparaître comme des affaires prioritaires. Jusqu’à ce que ce soit non plus une belle-de-nuit, mais un client, représentant officiel de la République de Chine, qui trouve la mort dans une maison close.

Chargé de l’enquête, Victor tente de démêler un écheveau qui le mènera d’une colonie pénitentiaire pour enfants en Bretagne à l’attaque d’un convoi d’or au Maroc, dont ni les coupables ni le butin n’ont jamais été retrouvés.

Critique :
Il est cinq heures, Paris s’éveille… À la Villette, on tranche le lard et une prostituée s’est fait égorger…

Voilà un polar historique comme je les apprécie : l’enquête est bien mise en scène et l’Histoire entre dans la petite, sans l’étrangler, sans prendre le pas sur le récit, tout en étant assez bavarde pour que l’on apprenne des choses et que l’on soit bien immergé dans cette période d’après Première Guerre mondiale.

D’ailleurs, avant de passer aux meurtres, le récit nous fera vivre quelques moments de la grande boucherie, le jour de l’Armistice, afin de nous présenter les deux futurs protagonistes de cette enquête : l’inspecteur Victor Dessange et Max, policier qui fait équipe avec lui.

Voilà un duo que j’ai pris plaisir à suivre et avec qui j’aimerais bien encore passer un bon moment. Victor est revenu blessé des tranchées, il a dû plier face à son père et épouser celle que son paternel voulait qu’il épouse, mais il a gardé sa maîtresse et a tenu bon pour pouvoir être policier et non notaire.

Les chapitres sont en alternances et nous proposerons plusieurs arcs narratifs. Celui consacré à l’enquête et à la vie de nos policiers, ceux consacrés à l’assassin et ceux qui mettront en scène Pierrot, un jeune gamin, ami des prostituées et qui va fréquenter les milieux anarchistes.

Ces chapitres étaient des plus intéressants à lire, ne fut-ce que pour en apprendre un peu plus sur la vie dans le Paris de 1920, mais ils auront aussi leur utilité dans le récit de l’enquête. Ils n’étaient pas là pour faire de la figuration ou rajouter des pages.

Ce polar historique se lit facilement, sans prises de tête, avec plaisir, même. Les crimes seront nombreux, d’autres histoires viendront se greffer sur l’enquête, sans que l’on sache s’il y a un rapport, ou non, entre tous ces faits.

C’est un vrai polar historique, où l’enquête est importante, ainsi que de recueillir des preuves scientifiques, puisque les méthodes de police ont évoluées. Nous n’en sommes pas encore aux techniques des Experts (CSI), mais au moins, l’autrice a pris soin de nous faire partager les avancées sur le sujet et cela a rajouté un petit truc en plus. J’ai vraiment bien aimé.

Un polar historique qui a des airs de roman noir, puisqu’il nous parlera de la précarité, des pauvres, des prostituées, de la difficulté de vivre à Paris, si l’on n’est pas un nanti, un bourgeois, un commerçant bien installé ou toute autre profession qui permettait de vivre décemment.

Une LC que je suis contente d’avoir fait avec Bianca. Elle a eu le nez fin et me proposant ce polar historique et tout comme moi, elle a bien aimé les moments avec les anarchistes et Pierrot.

Les ombres du monde 🇷🇼 : Michel Bussi 🇫🇷

Titre : Les ombres du monde 🇷🇼

Auteur : Michel Bussi 🇫🇷
Édition : Presses de la Cité (14/08/2025) – 576 pages

Résumé :
Octobre 1990.
Le capitaine français Jorik Arteta, en mission au Rwanda, rencontre Espérance, jeune professeure engagée dans la transition démocratique de son pays.

6 avril 1994.
Un éclair déchire le ciel de Kigali. Le Falcon du président rwandais explose en plein vol.

Commencent alors cent jours de terreur et de sang. Les auteurs des tirs de missiles ne seront jamais identifiés. Quelqu’un, pourtant, connaît la vérité.
Noël 2024.

Jorik, sa fille et sa petite-fille s’envolent pour le Rwanda. Tous poursuivent leur propre quête, tourmentée par les fantômes du passé.

Critique :
Comme je voulais en savoir un peu plus sur le génocide au Rwanda et que j’apprécie les romans de Michel Bussi, j’avais l’assurance de passer un bon moment de lecture, même de terminer avec un coup de coeur…

Hélas, ce n’est pas ce qu’il s’est passé et ça me désole fortement. D’ailleurs, comme j’avançais péniblement dans la première partie de ce récit, j’ai mis ma lecture sur pause et j’ai enchaîné avec d’autres romans, avant d’y revenir, d’en sauter quelques chapitres et puis de le terminer en une journée.

Qu’est-ce qu’il s’est passé avec ce roman ? Eh bien, si j’ai adoré les chapitres consacrés au récit d’Espérance, qui nous parlera de son pays, de ses problèmes, de la colonisation, des français qui ne comprenaient pas le pays, ni ses habitants, j’ai eu plus de mal avec le récit des années 2024 où Maé, quinze ans, a reçu un billet pour aller voir les gorilles au Rwanda, en compagnie de sa mère et de son grand-père.

Maé, petite-fille de rwandaise tutsi, a reçu le carnet que sa grand-mère a rempli entre 1990 et 1994 et, durant le récit, elle partagera le récit avec nous.

Durant le premier quart du récit, c’est long, c’est lent et l’auteur n’a pas pu se retenir d’ajouter des ressorts et des trucs propres aux thrillers. Un kidnapping, des menaces, que je me demandais bien ce que cela venait faire là-dedans, qu’elle allait être leur utilité au récit d’Espérance, déjà plus qu’intéressant en ce qui me concernait.

Bon, ok, après, l’auteur a fait les raccords avec les années 1990, mais le problème est qu’il a utilisé trop de ressorts du thriller et qu’à la fin, il a réussi à sucrer le sucre et saler le sel. Trop, c’est trop. Je n’ai rien contre un twist dans un récit, mais là, niveau révélations fulgurantes, on a commencé avec deux pour le prix d’une pour terminer carrément avec une grosse promo sur les révélations fracassantes et inattendues.

Une fois de plus, si certaines étaient intelligentes et bien mises en scène, d’autres auraient pu ne pas avoir lieu, puisqu’elles n’ont rien apporté de plus au récit. Le problème, lorsque l’on insère une histoire fictionnelle dans de l’Histoire, c’est qu’il faut savoir raison garder et éviter d’ajouter trop de retournements de situation. Nous ne sommes pas un James Bond, non plus.

En ce qui concernait l’Histoire en elle-même, rien à redire, l’auteur s’est documenté, il ne s’est pas contenté de balancer n’importe quoi, n’importe comment. On a beau savoir, penser savoir tout, mais j’en ai encore appris sur le sujet en lisant son roman, ce qui fait que cette lecture n’est pas tout à fait perdue pour moi. Que du contraire !

Pour le compte-rendu via le journal d’Espérance, ce roman mérite la plus haute note, car je suis entrée en empathie avec elle, j’ai appris des choses sur le pays, sur les conneries des colons belges, sur celles des français, notamment d’un président et sur les manipulations que l’on peut faire, sans oublier le négationnisme de ce génocide.

Bref, coup de cœur pour le récit d’Espérance, pour ses explications, pour son parcours semé d’embûches, pour son histoire dans l’Histoire, pour les détails,…. Si l’auteur avait été plus sobre et plus court dans son récit des années 2024, cela aurait été mieux (mais ceci n’est que mon avis, hein !).

Là où le bât a blessé, vous le savez, c’est dans le côté thriller que l’auteur a choisi pour son récit dans les années 2024, allant même un peu trop loin, avec les méchants surgis du fin fond du passé, les double jeu, les twists à gogo, les gorilles, le kidnapping, les multiples menaces,… N’en jetez plus, il y en avait trop. Indigestion de mon côté.

Malgré tout, la balance penchera plus du côté des émotions ressenties avec Espérance qu’avec papy Jorik, Maé et Aline, sa mère… La note ne sera pas vache, parce que je ne saurais pas coter méchamment un tel récit historique qui m’a emporté loin dans les émotions…

Une enquête sur un génocide qui me donne envie d’en apprendre encore plus sur le sujet, même si j’ai déjà lu quelques livres là-dessus et que certains ont terminé au freezer, tant ils étaient terribles à lire.

The Fisherman : John Langan 🇺🇸

Titre : The Fisherman 🇺🇸

Auteur : John Langan 🇺🇸
Édition : J’ai Lu – Imaginaire (27/11/2024) – 439 pages
Édition Originale : The Fisherman (2016)
Traduction : Thibaud Eliroff

Résumé :
Au nord de l’État de New York, dans les bois de Woodstock, Dutchman’s Creek coule paisiblement. Une rivière poissonneuse mais quasi inaccessible, et bien plus profonde qu’il n’y paraît…

Ce matin-là, Abe et Dan — deux veufs liés par la solitude et l’amour de la pêche — décident de tenter l’aventure.

Surpris par une pluie torrentielle, ils se réfugient au Herman’s Diner, dont le patron va leur raconter l’incroyable histoire de Dutchman’s Creek. « Folklore », pensent-ils.

Pourtant, ils appartiendront bientôt corps et âme à cette légende aussi ancienne que ténébreuse…

Critique :
Je connaissais les Fisherman’s friend, ces pastilles au menthol et eucalyptus, crées pour soulager les maux de gorge des pêcheurs…

Dans ce roman, il sera question de pêcheur, d’un pêcheur, mais pour apprécier et comprendre le récit, pas besoin de sucer ces pastilles fortes, ni d’avoir visionné toutes les émissions de Thalassa ou lus les magazines Chasse et pêche.

Il suffit d’avoir envie de se laisser embarquer dans une histoire qui commence de manière triste, puisqu’il sera question de deuil. Deux hommes, endeuillés par la perte de leurs épouses, vont se retrouver pour aller à la pêche. Banal, vous me direz… oui, mais !

The fisherman est un roman d’épouvante et de fantastique. Non, vous ne risquez pas de finir planqué sous votre lit, mais tout de même, certains passages étaient tout de même flippants, angoissants et le suspense était à couper au couteau. L’auteur ne s’est pas pris les pieds dans le tapis, a réussi à garder l’équilibre dans son récit, sans jamais sombrer dans le grand-guignolesque.

Ce roman comporte un récit dans le récit, une histoire dans l’histoire, qui sera racontée par le tenancier du Herman’s Diner, à nos deux pêcheurs qui voulaient aller lancer leurs lignes à Dutchman’s Creek. C’est ce récit qui lorgnera avec le fantastique et l’horreur.

Le début du roman est assez lent, mais jamais endormant. Je dois dire que j’ai été vite happée dans l’univers de l’auteur, que je suis entrée en empathie avec ses personnages, notamment Abe, qui est le narrateur et Dan, son partenaire de pêche. Les détails sur la pêche ne sont pas lourds à lire, l’auteur en donne assez que pour que l’on comprenne l’essentiel, sans jamais aller ad nauseam.

Certains passages m’ont fait penser à un roman de Stephen King, d’autres à la saga Blackwater et il y avait aussi des influences de l’univers de Lovecraft, sans pour autant que l’auteur les ait copiés. Être influencés par ses lectures ne veut pas toujours dire que l’on plagie les autres. Mais ces influences sont toujours marquantes et laissent des traces.

Le récit dans le récit pourrait paraître long, mais il n’en est rien, parce qu’il était des plus intéressants aussi, surtout en nous montrant les conditions de vie, de travail, des immigrés, des damnés de la terre, bossant pour des grands patrons. L’histoire nous parlera d’Histoire, celle avec une majuscule et même si, pour quelques centaines de pages, j’ai abandonné Abe et Dan, j’ai apprécié le récit aux accents d’épouvante et de fantastique.

Les portraits des personnages sont bien faits, sans que l’auteur se soit appesanti sur leurs qualités ou leurs défauts. Ils sont réalistes, humains et l’auteur a su éviter aussi le pathos inutile. Ils ne manquaient pas de profondeur, d’humanité, ils étaient touchants, chacun à leur manière. Bref, ils étaient réussis et ça compte beaucoup dans un roman.

Le final était énorme, glaçant, glauque, avec de véritables morceaux de trouille et d’épouvante. J’ai eu envie de crier « Cours, Abe, cours ! ». C’est sombre, horrible, mais d’un autre côté, on a aussi des moments touchants, parce qu’il est question de deuil, de déni aussi et d’avoir envie de tout faire pour pouvoir passer encore un moment avec les gens que l’on aimait et qui sont partis trop tôt…

Un récit de pêche, oui, d’épouvante et de fantastique, oui aussi, mais aussi de la difficulté de faire son deuil, de l’intransigeance des patrons, des travaux gigantesques (un barrage), de la folie humaine et de ceux qui sont prêts à tout pour revoir les leurs, quel que soit le prix à payer…

Un roman d’épouvante, mais aussi de nature, de respect des autres et d’humanité.

  • Challenge « American Year 3 » – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 16 novembre 2025 au 15 novembre 2026) # N°04.

Récursion : Blake Crouch 🇺🇸

Titre : Récursion 🇺🇸

Auteur : Blake Crouch 🇺🇸
Édition : J’ai Lu Science-fiction (21/05/2025) – 416 pages
Édition Originale : Recursion (2019)
Traduction : Antoine Monvoisin

Résumé :
La réalité n’est qu’un souvenir.
Barry Sutton, flic désabusé de la police new-yorkaise, enquête sur une vague de suicides engendrée par le Syndrome des Faux Souvenirs, une maladie neurologique inexpliquée dont les victimes se remémorent une vie qu’ils n’ont jamais vécue.

Parallèlement, Helena Smith, une neurologue travaillant sur la mémoire, est recrutée par le richissime Marcus Slade pour développer un dispositif permettant d’enregistrer les souvenirs, officiellement pour lutter contre la maladie d’Alzheimer.

Mais Slade comprend bientôt que cette invention peut faire bien plus que cela, et ses ambitions font peser sur la réalité elle-même un danger inouï.

Seuls Helena et Barry, en joignant leurs forces, ont une chance de l’arrêter…

Critique :
Et voilà, défi relevé, mon cher Yvan (Blog Émotions), puisque je viens de lire l’autre roman de Blake Crouch. Cette fois-ci, ce fut plus intéressant à lire que Dark Matter.

Les voyages dans le temps et moi, ça fait deux, parce que, bien souvent, il y a des trucs que je ne capte pas, des distorsions, des choses qui ne sont pas logiques pour mon petit cerveau…

Pourtant, dans ce roman de SF dystopique, j’ai quasi tout compris et en plus, cela se lit assez vite, le récit étant mystérieux, intriguant et, de ce fait, addictif.

Imaginez qu’à un moment donné, dans la journée, vous ayez tout d’un coup l’impression d’avoir vécu une autre vie. Comment est-ce possible ? C’est déroutant pour bien des gens et cela donne des vagues de suicide, de gens perturbés par ce syndrome des faux souvenirs (SFS).

La première moitié du roman sera consacrée à suivre quelques pistes éparses pour Barry, policier, intrigué par le SFS. Nous suivrons aussi, sur une autre temporalité, la vie d’Helena, une scientifique, et, au fur et à mesure, l’auteur va déposer les pièces de son puzzle, afin que nous ayons une vue d’ensemble du truc.

Ah oui, pas mal pensé, ce truc… Avec des prix à payer. Science sans conscience n’est que ruine de l’âme.

J’ai eu peur que la seconde moitié du récit ne tournasse en rond, parce qu’à un moment donné, c’est l’impression que j’aie eue, mais l’auteur a su ne pas s’enliser et me donner envie de poursuivre la lecture de son histoire.

Ouf, cette sensation n’a pas durée longtemps et ensuite, il a changé de braquet et est reparti de plus belle, avant de nous terminer le tout en beauté. De manière correcte, avec une certaine logique et sans que cela semble sorti tout droit d’un chapeau de magicien.

Bref, une histoire de retour dans le passé qui pourrait paraître complexe, mais qui ne l’est pas (puisque j’ai tout compris), bien racontée, bien mise en scène, addictive, intelligente et terrifiante, quand on y pense, vu les drames qui se déroulent sur terre et les grandes puissances qui veulent toutes posséder le fauteuil.

Une dystopie que je suis contente d’avoir découverte ! Merci, Yvan, de m’avoir poussé à la lire…

Si les chats pouvaient parler – Marzio Montecristo 02 : Piergiorgio Pulixi 🇮🇹

Titre : Si les chats pouvaient parler – Marzio Montecristo 02 🇮🇹

Auteur : Piergiorgio Pulixi 🇮🇹
Édition : Gallmeister (08/10/2025) – 330 pages
Édition Originale : Se i gatti potessero parlare (2025)
Traduction : Anatole Pons-Reumaux

Résumé :
La librairie de Marzio Montecristo, Les Chats Noirs, a été choisie comme « librairie flottante » pour un événement exclusif : le célèbre auteur de romans policiers Galeazzo écrira les derniers chapitres de son nouveau roman à bord d’un bateau de croisière qui fera le tour de la Sardaigne.

Marzio n’est pas très enthousiaste — il déteste Galeazzo —, mais la librairie est en difficulté et c’est une opportunité à ne pas manquer.

Le libraire se lance donc dans l’aventure, emmenant avec lui l’inspecteur Caruso, futur membre du club de lecture des « enquêteurs du mardi », et ses deux mascottes félines, Poirot et Miss Marple.

Marzio imagine passer des vacances somme toute agréables, mais le voyage prend une tournure inattendue lorsqu’un meurtre vient troubler l’atmosphère idyllique de la croisière. Personne ne peut quitter le navire et la tension est à son comble.

Critique :
J’avais hâte de retrouver le duo de choc, constitué de Miss Marple et de Poirot. Si, si, je vous assure, ils sont un couple d’enquêteurs ! Bon, ok, c’est un couple de chats…

Si les chats pouvaient parler, que nous diraient-ils ? Plus de croquettes ? Plus d’heures de sieste ?

En tout cas, nos deux félins seront du voyage pour une croisière qui aura des allures de Mort sur le Nil, puisque l’un des passagers se fera refroidir (on y assistera dans le premier chapitre).

Alors que l’on partait sur les chapeaux de roues avec déjà un assassinat dans les premières pages, la suite fut plus lente à se mettre en place. Le récit va repartir quelques jours auparavant et nous allons suivre Marzio Montecristo, notre libraire ronchon au sale caractère, dans ses problèmes de ventes. Entre nous, s’il parlait autrement à ses potentiels clients et prenait des cours de gestion de la colère, ça irait sans doute un peu mieux…

Avant que l’on se retrouve sur le bateau pour la croisière mortelle, il faudra patienter plus de la moitié du roman. Attention, ce n’était pas inintéressant ce qu’il se passait avant, mais l’inconvénient, c’est que le Club du Mardi n’enquêtera pas sur le bateau avec Marzio. Dommage, parce que ce club de lecture, composé de fans absolus de polars, était ce qui faisait le sel et le piment du premier tome.

Bon, au moins, les chats sont là, mais pour les interrogatoires, on repassera ! Eux, ils se baladent, observent tout, mais sont incapables de désigner le coupable du crime qui a eu lieu…

Si le début est lent, une fois sur le bateau avec l’écrivain, ses proches et notre libraire au caractère acariâtre, tout va se précipiter et j’ai eu l’impression que cela allait trop vite pour la résolution. C’est dommage quand on a des problèmes de vitesse dans un polar et que cela donne un trop grand écart entre les deux moitiés du roman.

Non, le deuxième volet des enquêtes de Marzio n’est pas mauvais, il ne manquait pas de suspense, de mystères, de secrets, de non-dits et notre libraire est toujours bon enquêteur, mais il manquait les membres du club du mardi, ainsi qu’un peu plus de pages dans le final, afin de ne pas trop précipiter la résolution.

C’était, malgré mes bémols, malgré le fait que je préfère le premier, ce fut une bonne lecture détente et ce n’est pas Bianca qui dira le contraire, elle qui lisait ce polar en ma compagnie et qui pense tout comme moi pour ce polar. Allez lire sa chronique !