Haka : Caryl Férey [Saga Maorie 2]

Titre : Haka                                                            big_5

Auteur : Caryl Férey

Édition : Folio Policier

Résumé :

D’origine maorie, Jack Fitzgerald est devenu flic à Auckland avec l’espoir de retrouver sa femme et sa fille, mystérieusement disparues.

Secondé par une jeune criminologue tout aussi acharnée, il trouvera sur sa route une effroyable série de cadavres liés – ou non ? – à des rites ancestraux, mais surtout la vérité sur les fantômes qui le hantent…

Critique :

On peut dire que le flic Jack Fitzgerald est à la Nouvelle-Zélande ce que le commissaire Erlendur Sveinsson est à l’Islande…

Le parallèle est facile face à deux flics non-conventionnels, ayant souffert tous deux d’une disparition, n’hésitant pas à tutoyer la dive bouteille et menant leurs enquêtes d’une manière un peu particulière et bien à eux.

La différence étant que Jack, métis maori, est aussi un cocaïnomane (et il ne se contente pas d’une solution à 7%, lui !) et que, pour calmer ses rages, il utilise ses poings pour cogner la racaille et autres truands qui lui tombent sous la main. Les interrogatoire, avec lui, c’est sans l’avocat mais avec le tabassage compris dans le prix ! Bon, il a la carrure qui le lui permet aussi.

C’est vous dire que le cas de Fitzgerald est grave et tout à fait désespéré ! Pourtant, j’ai bien aimé ce flic torturé qui n’hésite pas à alpaguer les malfrats par le collet. Quand il fait de même avec des témoins potentiels, ça l’fait moins…

Et voilà que pour lui changer les idées, nous avons une jeune fille retrouvée sur la plage avec – âmes sensibles, veuillez m’excuser – le pubis tranché et le petit triangle rose jeté négligemment plus loin… Gloups !

L’enquête policière de Fitzgerald est remplie de violence et dedans se greffera le passé culturel de la Nouvelle-Zélande, omniprésent dans le roman, nous livrant quelques informations intéressantes, mais avec parcimonie.

Les Maoris ne sont jamais loin et certaines de leurs anciennes coutumes ont de quoi vous couper l’appétit.

Ce roman est sombre, glauque, noir, oppressant, sordide, lugubre,… avec quelques métaphores dans un style d’écriture qui m’a fait penser à Frédéric Dard, mais la comparaison s’arrêtera là.

Moi qui aime, lors de mes lectures de policier, recevoir une bonne claque – pas une claquounette du genre « Fifty shades » avec les formules de politesse – voire un bon coup de pied au cul, je vous avoue que je viens d’être servie au-delà de mes espérances !

J’en suis encore toute retournée ! Encore un peu, le livre m’en tombait des mains.

Les révélations du final sont délirantes, mais pas fantaisistes et j’avais la mâchoire qui béait durant la lecture des dernières pages.

Je dois vous avouer que mon esprit un peu sadique avait émis une théorie sur la disparition un peu trop brutale de la femme et de la fille de Jack et que ma perversité m’avait fait glousser un « tiens, ce serait drôle si… » et puis l’idée un peu folle m’était sortie de la tête et j’avais poursuivi ma lecture.

A un moment, dans ma lecture, j’ai même pensé que je m’étais trompée de personne.

Que nenni ! Mon esprit pervers était bien sur la même longueur d’onde que celui de l’auteur et, bien que j’y ai pensé au début de ma lecture, le fait de lire noir sur blanc, et bien, les bras m’en sont tombés.

Je croyais en avoir fini avec les rebondissements mauvais pour le coeur, vu ce que je venais de me prendre dans la face, mais l’auteur n’en avait pas fini avec moi.

– P***** de b***** de D*** ! me suis exclamée, le souffle court et les yeux hagards (du Nord).

Ce roman, « C’est extraaaa » comme le chantait Léo Ferré, qui n’est pas le cousin de Caryl Ferey ni celui de la gaufrette croustillante à laquelle, dès son appel, on vient au galop.

En tout cas, ce livre porte bien son nom : « Haka » qui veut dire « la danse de la mort »…

Ben, il ne restait pas grand monde pour exécuter quelques pas de danse…

Tiens, « exécuter », que voilà un jeu de mot foireux pour ce roman hallucinant.

A noter que dans ce double roman, il y a un chapitre inédit, uniquement disponible pour cette édition, sous forme de prologue à « Haka » et faisant le lien avec les deux romans.

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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Cyanure : Camilla Läckberg [Saga Erica Falck et Patrik Hedström 11]

Cyanure - Läckberg

Titre : Cyanure
 

Auteur : Camilla Läckberg

Édition : Actes Sud (2012)

Résumé :

Quelques jours avant Noël, sa petite amie, Lisette Liljecrona, invite Martin Molin (collègue de Patrick Hedström) à venir passer le week-end avec sa famille sur la petite île de Välo en Suède.

L’idée ne l’enthousiasme guère et c’est à contrecœur qu’il accepte de l’accompagner. Ses appréhensions se voient confirmées lorsqu’il fait la connaissance des Liljecrona.

Avec plus ou moins d’élégance, tous s’acharnent à obtenir les faveurs du patriarche dont la fortune s’élève à plusieurs milliards de couronnes.

Cette course à l’héritage tourne court lorsque, le soir même, Ruben, déçu et furieux contre les membres de sa famille, affirme les avoir déshérités.

Gagné par son emportement, le vieil homme meurt soudainement, vraisemblablement victime d’un malaise cardiaque.

Une tempête de neige fait rage dans la région et les hôtes sont dans l’impossibilité de regagner le continent. Martin prend alors la situation en main et constate que Ruben a été empoisonné.

Personne n’a pénétré dans la maison, le meurtrier est donc forcément parmi les convives. En les interrogeant, le jeune policier tente avec peine de démêler les vieilles rancœurs familiales des pistes plus sérieuses. Seul Matte, l’un des petits-enfants de Ruben, semble sincèrement affecté par sa mort.

Comme tous les moyens de communication avec l’extérieur sont coupés, Martin se retrouve livré à lui-même face à sept suspects.

Bientôt, un nouveau meurtre est commis.

Mêlant heureusement les influences de Conan Doyle et d’Agatha Christie, Camilla Läckberg nous offre dans ce spin-off une variation réjouissante et glaçante sur le roman policier classique.

POLAR - CyanureCritique :

Ayant un grand besoin de « lecture calme » après celle de « Haka » et ne voulant pas commencer « Utu » de suite, je me suis dit qu’un petit crime familial en huis-clos était tout ce qu’il me fallait…

Les ambiances feutrées devant la cheminée, la maison isolée et bloquée à cause de la neige, du thé chaud en quantité, un enquêteur sur place, bref, y’a comme un parfum d’Agatha Christie qui flotte dans l’air…

Je m’en frottais les mains à l’avance, sans mettre la barre trop haut vu que mes dernières lectures m’avaient déjà comblée au niveau « policier » et « huis-clos » (Haka/Bloc 11). Il était statistiquement impossible de tomber sur un troisième « waw » mais au moins, j’allais pouvoir suspecter tout le monde et n’importe qui.

Ce que j’en ai pensé ?

Le roman se lit facilement, sur une après-midi, étant donné qu’il n’est « guerre et paix »… heu, je veux dire qu’il n’est « guère épais ».

Et c’est là que le bât blesse…

Niveau huis-clos, j’aurais aimé que l’auteur aborde plus en détail le fait de se retrouver coincé dans une maison, isolés sur une île à cause de la neige qui tombe en paquet de cinquante centimètres, sans communication téléphonique, avec papy riche et mort, empoisonné, tout en se disant que le coupable est parmi nous.

Bien que les personnages aient des squelettes dans les placards et un mort plus frais dans la chambre froide, nous n’assisterons pas vraiment à la foire d’empoigne que j’aurais aimé lire. Pourtant, il y avait là manière à écrire et à approfondir. L’auteur aurait pu faire plus.

C’est l’inconvénient des livres peu épais…

De plus, on ne peut pas dire que le personnage du flic soit sympathique. Je vous dirai même qu’il est un peu crétin et pas du genre de Columbo qui faisait semblant d’être idiot alors qu’il ne l’était pas.

Là c’est parfois à la limite du « m’en foutisme » notre enquêteur ! Bon dieu, j’avais compris ce qu’il s’était passé pour le second meurtre, moi. L’avantage de connaître les aventures de Sherlock Holmes et de repérer l’indice qu’il avait lui même détecté dans une de ses enquêtes…

Le rapport ? Le papy refroidi au cyanure était un grand fan de Sherlock Holmes et le nom du détective reviendra souvent. Un bon point pour papy, même s’il fut un père médiocre, bourré de fric mais incapable d’aimer ses deux fils correctement.

Les références à deux Grands se trouvaient dans le roman (Holmes et la mère Agatha pour l’ambiance) mais ce n’était pas suffisant, leur parfum était trop léger.

Bref, vous l’aurez compris, bien que le livre soit plaisant, il avait la couleur d’un huis-clos à la Agatha Christie mais pas la saveur. Les personnages nous apprennent un peu trop vite la teneur de leurs squelettes dans leurs placards sans qu’il soit nécessaire de les presser comme des citrons.

Quant à la solution, le saint-esprit nommé Sherlock Holmes illuminera notre enquêteur à la fin… comme par hasard ! Crétin de flic, va !

D’accord, je ne m’attendais pas à ça pour le premier meurtre, je fus surprise, même, mais la manière d’y arriver est un peu trop facile à mon goût et les ficelles sont trop voyantes. Dommage parce que le roman avait du potentiel.

Entre nous, que papy, fan de Holmes, nous sorte un « élémentaire, mon cher Watson, comme l’aurait dit Sherlock Holmes » m’a fait bondir. Rien que pour cela j’aurais bien mis le cyanure dans son verre !

Au final, un roman agréable, sans plus, des personnages peu attachants, un flic pas terrible, pas très fute-fute, un huis-clos « peu mieux faire », un arrière-goût factice de la Reine du Crime et la méthode de Sherlock Holmes distillée en solution à 0,001%.

Le genre de roman à lire lorsqu’on sort d’un roman « super coup de pied au cul » et que l’on veut passer à du plus calme. En cela, il a parfaitement joué son rôle de tampon en m’offrant une lecture calme et reposante.

Mais de quoi je me plains, moi ??

Critique publiée dans le cadre du challenge « Thrillers et polars » organisé par Liliba.

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