Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie : Robert Galbraith [Par Dame Ida]

Titre : Cormoran Strike – Tome 2 – Le ver à soie

Auteur : Robert Galbraith
Édition : Grasset (2014) / Le Livre de Poche (2015)
Édition Originale : Cormoran Strike, book 2 : The Silkworm (2014)
Traducteur : Florianne Vidal

Intro Babelio :
 Owen Quine, écrivain célèbre, a disparu. Il venait d’achever son dernier manuscrit – un sulfureux roman à clés qui dresse le portrait au vitriol de son entourage. De quoi inquiéter bon nombre de personnalités en vue… C’est ce que pressent le détective privé, Cormoran Strike, chargé de l’enquête.

Qui aurait intérêt à ce que Quine soit réduit au silence ? Lorsque Strike retrouve le cadavre de l’auteur, assassiné selon un rituel particulièrement atroce, il comprend qu’il a affaire à un tueur impitoyable, tel qu’il n’en encore jamais rencontré dans sa carrière.

Résumé :
Le succès de l’affaire du mannequin Lula Landry n’a pas vraiment suffit à renflouer efficacement les finances de Cormoran Strike.

Il arrive toujours à peine à équilibrer ses comptes et à payer le loyer de son bureau miteux et sa secrétaire Robin (tient… les super héros ont tous besoin d’un Robin depuis Batman… et Strike est gaulé pareil…) au salaire minimum ce qui ne cesse de crisper le fiancé de celle-ci qui aimerait bien qu’elle aille travailler ailleurs.

D’autant qu’elle a refusé un poste bien plus rémunérateur pour rester avec son patron dont… il serait presque jaloux.

Faut dire que Robin passe bien du temps avec ce patron dont la vie personnelle l’intéresse plus qu’on ne s’intéresse généralement à celle de nos patrons et que le fiancé est un poil égocentrique…

Et il nous est aussi sympathique que cette femme de la haute, bien névrosée qui semble ne vouloir rester avec Strike que pour le lui reprocher d’être avec elle.

Or donc, une petite dame à l’allure modeste se présente au bureau de Strike et lui demande de retrouver son mari qui a disparu.

Le dit mari est un écrivain bien connu dans un petit cercle restreint, dont un livre bizarre aurait eu un certain succès… Et qui se préparait à en sortir un autre « à clés »… Et visiblement des clés qui menaçaient d’ouvrir des placards pleins de cadavres pour les gens de ce petit monde littéraire dans lequel il évolue.

La détresse de cette dame, qui se retrouve seule avec sa fille handicapée qui pourrait en savoir plus qu’on ne le croit, touche notre détective malgré la faiblesse des honoraires qu’elle propose de lui verser avec une naïveté désarmante.

Et voilà Cormoran et Robin partis dans une nouvelle enquête dans le milieu feutré de l’édition, cernés de personnages hypocrites, faux, égotiques ou fêlés, et se découvrant l’un l’autre davantage peu à peu… et permettant aux lecteurs de se rendre compte qu’ils auraient presque plus d’affinités l’un pour l’autre qu’avec leurs partenaires respectifs…

Hum… Oui… le fameux cliché qui veut que les privés finissent par séduire leur secrétaire a encore de beaux jours devant lui.

Mon avis :
Bon ben, si vous n’avez pas compris depuis le premier volume des aventures de Cormoran Strike, que je suis conquise par ce nounours bourru au cœur groooos comme ça, futé et courageux comme pas deux…

Et bien c’est que vous ne savez pas lire épicétou !

Donc si vous ne savez pas lire, pourquoi je me fatiguerai à écrire la suite de ma petite fiche de lecture ?

Ah ? Pour celles et ceux qui l’ont bien compris parce qu’ils m’ont bien lue ?

Ouais… C’est exactement ça ! Les autres circulez y a rien à voir !

D’abord… L’intrigue vaut son pesant de cacahouètes. C’est d’un glauque ! D’un pervers ! Avec quelques scènes bien gores (évitez de trop manger avant de lire si vous êtes sujets aux nausées…) !

Mais comment un être humain normalement constitué peut-il imaginer des enchaînements pareils !

Et puis il y a le style de JK Rolling alias Robert Galbraith (Robert… m’enfin… franchement… pourquoi pas Raymond !!! Qu’est-ce qui lui a pris à JK ???) qui en ayant pas l’air d’y toucher, feignant un discours factuel qui se déroule sans jugement, balance sauvagement sur les travers de ses contemporains, sur une société de classes aussi monolithiquement figées en compartiments étanches que le système des castes en Inde,  sur une sur l’avidité matérialiste d’un Londres qui n’a rien à envier à Manhattan quant à son taux de requins au mètre carré dans la population générale…

Tandis que ses personnages, pleins d’une fraîche pureté s’agitent pour boucler leurs fins de mois, à la recherche du vrai, du bien et de la justice, tels des chevaliers des temps modernes perdus dans une épouvantable jungle urbaine peuplée de redoutables prédateurs.

J’avoue… Dit comme cela, ça fait un peu pompier… manichéen… cliché…

Sans parler de la caricature de virilité incarnée par Strike et la féminité faite femme qu’est Robin (vous voyez la Vénus de Botticelli ? Et ben vous lui faites perdre 10 ou 15 kg et c’est Robin !), et qui ne cessent de se tourner autour, s’appréciant mutuellement au point de trouver leurs propres partenaires insupportables, et qui bien entendu n’ont absolument jamais l’idée de conclure.

On est en pleine passion platonique (sa mère) pour ne pas parler d’amour courtois entre la gente demoiselle courageuse qui surmonte ses détresses et notre vaillant chevalier qui pourfend le meurtrier comme il terrasserait le dragon.

J’en parlais lors de la présentation du premier volume des enquêtes de Cormoran Strike : outre son sens humoristique de la satire sociale, JK Rolling aime jouer avec les codes du genre littéraire comme elle l’avait fait avec sa saga Harry Potter.

Elle reprend les poncifs du polar pour les mélanger avec ceux d’autres genres et… je la soupçonne ici, vous l’aurez compris, de les avoir associés à ce du roman de chevalerie histoire de les magnifier un peu.

Et aussi surprenant que cela paraisse… ça marche très bien. Sur moi en tout cas… Et sur vous ?

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