Bilan Livresque Mensuel : Mai 2017

En Mai, c’est toujours fais-ce qu’il te plaît ?

Non, en Mai, c’est révises tes auteurs hispaniques, et pour les cancres du fonds qui ne suivent pas, cela veut dire que Mai, c’est le Mois Espagnol  et Sud-Américain chez Sharon et je lui ai fait honneur avec 9 lectures.

Si la fin Mai est chaude niveau températures, le mois a été chaud niveau lecture aussi et j’ai remonté mon piteux score d’avril car ce n’est pas moins de 14 Romans furent lus, ainsi que 4 Mangas, 3 Comics et 1 bédé au moment où je publie ces quelques lignes.

Quoi de neuf dans ce super score ? Le meilleur de 2017 pour le moment…

Il y a eu quelques lectures marquantes qui ont rythmé ce mois de Mai et quelques grosses déceptions aussi, des romans où je suis passé à côté, de ceux où j’ai eu du mal à finir, sans parler d’un roman où je suis passée plus qu’à côté au point de ne pas le finir.

J’ai commencé le mois fort avec un roman qui m’a emporté et qui m’a laissée sans voix, sans mots pour exprimer ce que je ressentais vraiment après sa lecture. Rien ne se perd de Cloé Mehdi (ICI) est un roman noir fort, sombre, rempli d’émotions à l’état brut. Superbe !

Après un coup de coeur devenait sans doute venir LA grosse déception à tel point que je n’ai pas su terminer La tristesse du samouraï de Victor Del Arbol alors que j’avais adoré un de ses autres romans. Pour ma première lecture du Mois Espagnol, ça commençait bien !

Décidément, je cumule… Après un abandon, vient une déception et j’ai dû m’accrocher pour ne pas balancer Pssica d’Edyr Augusto (ICI) au loin. Si l’atmosphère plombée était réussie, le style foutraque m’a plus que déstabilisé et a fortement entravé ma lecture.

Heureusement que j’ai apprécié la lecture de L’Opossum rose de Federico Axat (ICI), vu la pénibilité pour l’obtenir. Au final, j’ai lu un roman psychologique qui m’a bluffé ! Je l’ai terminé avec la tête en vrac et des pétillements dans les yeux.

On continue sur sa lancée pour faire honneur au auteurs Sud-Américains avec la lecture de L’aiguille dans la botte de foin d’Ernesto Mallo (ICI). Waw, voilà une lecture d’où l’on sort groggy car tout est sombre, sordide, malsain, morbide, dangereux. Bref, rien de joyeux dans ce polar noir de chez noir, sans sucre, sans édulcorants, sombre, cynique.

On m’en avait parlé en bien, c’est donc toute joyeuse que j’ai commencé J’ai été Johnny Thunders de Carlos Zanon (ICI). Si le début fut bon et le final aussi, j’ai royalement décroché au milieu et de ce fait, ma lecture m’a paru longue, mais longue ! Je m’attendais à mieux comme roman noir social, ou alors, lui et moi on n’était pas fait pour se rencontrer et jouer ce morceau ensemble…

J’avais de grandes attentes en commençant ma lecture de Rio negro de Mariano Quiros (ICI) car on disait que c’était un petit bijou d’humour noir. L’humour noir, le cynisme et le burlesques sont présents, nous avons une cohorte de morts, mais je n’ai pas gloussé de plaisir devant nos deux personnages qui, se retrouvant avec un cadavre sur les bras, s’enfoncent de plus en tentant de s’en défaire.

Blackout Ripper ? Il a réellement existé ? Oui ! Et notre Amelia Pritlowe va enquêter, malgré elle, sur cette sordide affaire de tueur en série. Blackout Baby de Michel Moatti (ICI) est un policier historique qui possède une atmosphère qui lui est propre car nous sommes durant la seconde guerre et qui mêle, avec brio, la réalité à la fiction. Chouette, une super lecture !

Allez, on reste dans le noir avec le bien nommé Société noire d’Andreu Martin (ICI) qui est un roman noir profond qui n’a qu’un seul défaut : il est un peu court. Et quand c’est bon, on voudrait que ce soit plus long… J’ai dégusté ce petit noir serré qui nous parle, entre autre, des triades, du racket des commerçants chinois, des crimes atroces… Un bon moment de lecture !

Publier une uchronie dystopique sur ce qu’il se serait passé si le nazisme avait triomphé ? Rien de bien compliqué, vous me direz… Oui mais, cette dystopie uchronique a été publiée en 1937 !!! Swastika night de Katharine Burdekin (ICI) est d’un réalisme effroyable, une véritable mise en garde et elle vaut toujours pour notre époque. Glaçant de réalisme !

Un peu de légèreté dans ce monde de brutes avec Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux d’Ana Campoy (ICI) qui met en scène la jeunesse et la rencontre entre Alfred Hitchcock et Agatha Christie. Un agréable petit moment de détente avec deux personnages attachants, dont la soif de résoudre des mystères va faire naître une belle amitié.

Mai sera le mois des « Je suis passée à côté » car j’ai remis ça avec Ton avant-dernier nom de guerre de Raúl Argemi (ICI) qui a tout du récit bordelique. Un roman noir qui aurait pu ma plaire, mais dont je suis sortie frustrée à cause de ses scènes incohérentes et de son récit morcelé. On oublie celui-là aussi !

Un premier roman percutant, des émotions à l’état brut, un roman écrit d’une plume qui manie aussi bien le sombre que le lumineux et qui les fait se côtoyer pour le meilleur et pour le pire. Voilà ce que j’ai ressenti en découvrant Elijah de Noël Boudou (ICI), mon seul bémol étant pour la violence extrême et non nécessaires durant certains moments. Il aurait pu se contenter de leur casser la gueule au lieu de les massacrer…

Ces derniers temps, les Gallmeister me procurent un peu moins d’émotions que d’habitude et cela vient de se vérifier avec Un moindre mal de Joe Flanagan (ICI) qui, tout en étant un bon roman noir, ne m’a pas émotionné comme je l’avais espéré.

Niveau Comics, j’ai découvert le détonnant Scalped qui est un comics hardboiled, aussi noir qu’un bon roman noir, mais se déroulant dans une réserve indienne. Violent, sombre, alcoolisé… La totale !

Du talentueux Allan Moore, j’ai lu Watchmen – L’intégrale et j’ai entamé les premières de V pour Vendetta. Je vous en parlerai plus en détail en Juin, pour le Mois Anglais.

Au rayon Mangas, avec les deux tomes du thriller psychologique Perfect Crime, j’ai eu ma dose de cynisme et de perfidie pour tout le mois et je me demande bien ce que le mangaka va nous réserver pour les tomes suivants.

Quant à Undertaker Riddle, c’est frais, joyeux, limite gay-friendly et si ça vire à ça dans les tomes suivants, je passerai mon chemin puisque ce n’est pas cela que je cherche dans mes lectures.

Bien que j’ai vu venir le coup de trèèèès loin, j’ai tout de même passé un bon moment avec le Tome 1 du Manga Arsène Lupin – Le diadème de la princesse de Lamballe de Takashi Morita, même si c’est assez incohérent que l’Arsène ressemble trait pour trait à la personne pour laquelle il se déguise…

Et rien que pour me faire plaisir, même s’il n’était pas de saison, je me suis faite le spin-off Il faut sauver Noël de Benjamin Renner qui a été ajouté à la réédition du livre « Le Grand Méchant Renard » que je me suis offerte puisque lorsque je l’avais lu, c’était un emprunt à la biblio.

Bilan Livresque Mensuel Mai : 14 Romans lus

  1. Rien ne se perd : Cloé Mehdi
  2. La tristesse du samouraï : Victor del Arbol
  3. Pssica : Edyr Augusto
  4. L’Opossum rose : Federico Axat
  5. L’aiguille dans la botte de foin : Ernesto Mallo
  6. J’ai été Johnny Thunders : Carlos Zanon
  7. Rio negro : Mariano Quiros
  8. Blackout Baby : Michel Moatti
  9. Société noire : Andreu Martin
  10. Swastika night : Katharine Burdekin
  11. Les enquêtes d’Alfred et Agatha – Tome 1 – L’affaire des oiseaux : Ana Campoy
  12. Ton avant-dernier nom de guerre : Raúl Argemi
  13. Elijah : Noël Boudou
  14. Un moindre mal : Joe Flanagan

Bilan Livresque Mensuel Mai : 4 Mangas lus et 1 BD

  1. Undertaker Riddle – Tome 1 : Higasa Akai
  2. Perfect Crime – Tomes 1 – 2 : Yuuya Kanzaki & Arata Miyatsuki
  3. Arsène Lupin – T1 – Le diadème de la princesse de Lamballe : Takashi Morita
  4. Il faut sauver Noël – Le Grand Méchant Renard : Benjamin Renner

Bilan Livresque Mensuel Mai : 3 Comics lus

  1. Scalped – Tome 1 – Pays indien : Jason Aaron & R.M. Guéra
  2. Scalped – Tome 2 – Casino boogie : Jason Aaron & R.M. Guéra
  3. The Watchmen – L’Intégrale : Allan Moore & Dave Gibbons
  4. American Vampire – T1 à 7 : Scott Snyder & Rafael Albuquerque [Lus en Avril, publication de la chronique en Mai]
  5. V pour Vendetta – L’Intégrale : Allan Moore & David Lloyd [En cours, comptera pour Juin]

Publicités

Un moindre mal : Joe Flanagan

 

Titre : Un moindre mal

Auteur : Joe Flanagan
Édition : Gallmeister (06/04/2017)

Résumé :
Cape Cod, 1957. Dans cette petite communauté tranquille, une série de meurtres d’enfants paralyse la population. Une famille disparaît dans d’étranges circonstances, un homme se fait violemment tabasser et refuse de dénoncer ses agresseurs.

Le lieutenant Warren, de la police locale, découvre la difficulté de mener à bien son enquête dans un service corrompu.

Sa position devient intenable quand arrive dans la région Stasiak, officier légendaire de la Police d’État aux pratiques douteuses.

Destitué de ses dossiers, Warren comprend vite que résoudre ces affaires n’est pas ce que recherche ce flic brutal et manipulateur.

Pourtant il ne peut rester en retrait de ce chaos, au risque d’y perdre sa place, sa réputation et peut-être beaucoup plus.

Critique :
Damnés bandeaux titres que j’adore détester, qui ont souvent tendance à trop encenser un roman, ou à la comparer à d’autres, comme ici au L.A Confidential de Ellroy.

Il peut être dangereux de comparer un roman ou un auteur à un autre, déjà célèbre et qui a marqué les esprits…

Ça induit le lecteur en erreur qui pense retrouver l’atmosphère de l’autre roman avec lequel on le compare et bien souvent, ça se termine pas un « Bardaf, c’est l’embardée » comme le disait si bien notre regretté Manu Thoreau.

Pas besoin que vous soyez les enfants naturels de Sherlock Holmes pour en déduire que je suis passé un chouïa à côté de ce roman noir dont on vante les mérites un peu partout.

J’avais tellement envie de le lire… Sans doute avais-je aussi un peu la tête ailleurs car j’ai souvent pataugé avec les nombreux personnages, les mélangeant allègrement, ne sachant plus qui était qui dans cette multitude de personnages secondaires.

Non pas qu’ils n’étaient pas bien distincts, que du contraire, même, ils étaient travaillés, réalistes, différents, énigmatiques, mystérieux, mais l’auteur les appelant une fois par leur nom de famille et l’autre fois par leurs prénoms, j’ai fait une soupe avec eux, ce qui ne m’a pas aidé à me concentrer sur le livre.

Dommage que ma tête ait été ailleurs et que le brouhaha dans les transports en commun m’ait empêché de bien m’immerger dès le départ dans ce roman noir car son atmosphère est oppressante et magnifiquement bien décrite.

Entre quelques flics intègres, les ripoux de chez ripoux, les homophobes qui comparent tous les homos à des pédophile, qui cherchent des poux dans la tête du seul couple gay de Cap Cod et les magouilles sadiques d’un policier d’état, on baigne dès le départ dans une ambiance glauque qui fleure bon les années 50 et les petites villes.

De plus, la plume est envolée, lyrique, belle, et nous décrit les choses au point que le film se joue devant nos yeux.

Quant à l’intrigue, elle est complexe, possède des fausses pistes, des ramifications inattendues et son final m’a fait monter ma tension (au moins j’ai ressenti quelque chose).

Comment ai-je réussi à passer à côté et ne pas m’immerger à fond dedans dès le départ ? Il devait y avoir un truc qui coinçait dans ma caboche… Et le panel des personnages secondaires y était pour beaucoup puisque ma concentration n’était pas optimum.

Il avait tout d’un grand roman, j’en attendais beaucoup aussi et au final, je n’ai pas ressenti beaucoup d’émotions durant ma lecture, hormis pour Little Mike et son père. Et encore, pas autant que j’aurais voulu.

Dommage pour moi car ce n’est pas dans les habitudes d’un Gallmeister de me décevoir.

Mais qui sait, peut-être que vous, il vous enchantera si vous pénétrez correctement dans les ambiances sombres la petite ville de Cap Cod et de sa galerie de personnages.

Ce n’est pas parce que moi j’avais des tas de choses dans ma tête que vous ferez la même erreur que moi.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.