[SÉRIE] Sherlock – Saison 4 – Épisode 3 – The Final Problem

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The Final Problem est le troisième épisode de la quatrième saison de la série télévisée Sherlock diffusé pour la première fois sur BBC One et BBC One HD le 15 janvier 2017.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-maxresdefault 1. Synopsis :
Sherlock Holmes et John Watson ont découvert le plus grand secret de Mycroft : il a caché l’existence d’Eurus [SPOLIER] psychopathe à l’intelligence redoutable.

Traumatisé par [SPOLIER]  dans son enfance, la mémoire de [SPOLIER] a fait un blocage complet sur son existence.

Sherlock décide de se confronter à Eurus dans sa prison, mais Eurus l’attend.

sherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-violinsherlock-saison-4-episode-3-the-final-problem-fid17207Ce que j’en ai pensé (chronique garantie sans paraben, sans huile de palme, sans spoliers !!) :
Vu comment les scénaristes vicelards nous avaient laissé à la fin de l’épisode 2, j’avais hâte de voir l’épisode 3 !

Là, j’ai failli avoir la trouille de ma vie, effrayée que j’étais devant cette intro digne d’un excellent film d’horreur, qui n’aurait rien à envier à un certain livre du King.

Oh putain, Mycroft est humain !! Non mais sérieusement, quoi, je commençait à en douter…

Avant d’oublier, mention spéciale pour Mrs Hudson qui passe son aspirateur en écoutant Iron Maiden… Excellent !

Après, l’épisode va nous souffler le chaud et le froid, me donner des sueurs froides, me faire froncer les sourcils, me faire dire « chiqué » ou « pas possible avec si peu de séquelles » et au final, me donner envie de me gratter la tête de dépit tant un truc n’est tout simplement pas logique, pas normal, ou trop exagéré !

J’m’explique sans dévoiler les bijoux de la Castafiore… Sherlock, au moment des faits,  ce n’était pas un gamin de 3 ans qui aurait pu « oublier » l’affaire.

À cet âge là, c’est un peu tard pour se faire  un autre film dans sa tête que ce qui s’est passé en réalité. J’aimerais vous en dire plus, mais pour cela, il faudrait que vous ayez vu l’épisode aussi, sinon, je risque de vous divulgâcher l’affaire.

Pourtant, l’épisode avait du potentiel, notamment dans le fait de pousser les gens dans leurs retranchements, de les faire d’interroger sur ce qui est juste ou pas, sur ce qui est moral ou pas, sur ce qui serait le moins dommageable pour eux, pour les autres.

La personne qui jouera avec les nerfs de Mycroft, Sherlock et John est un esprit torturé, sadique, sans morale, amorale, sans empathie, sans règles, hormis les siennes. Qui a dit « Donald Trump » ?? Oui ça y ressemble, mais ce n’était pas lui, c’était bien pire… mais ce n’était pas président !

Plusieurs fois les scénaristes vont jouer aussi avec nos yeux, se jouant de nous, nous étonnant, jouant avec des événements du passé, qui, présentés ainsi, ont de furieux airs de ressemblance avec le présent, ce qui me fera jurer copieusement avant que je ne me rende compte qu’on jouait avec mes couilles que je n’ai pas.

On nous montre un Mycroft au bord de la crise de nerf, ayant perdu tous ses repères, tous ses gadgets, sa puissance, sa morgue, suant et roulant des yeux devant l’indicible qui se déroule devant lui.

On aura un John Watson raide, redevenant un soldat, mais gardant toujours un part de moralité, tandis que Sherlock, manipulé, devra réfléchir vite, sous tension, en communication avec une petite fille en danger, résoudre des énigmes, le tout dans le stress et comble du comble, sous émotions. Trois personnages torturés et mis dans des situations peu habituelles pour eux.

Le passage avec Molly était des plus poignants, des plus sadiques, des plus durs…

Oui, une fois de plus, les scénaristes nous livrent un Méchant Grandiose, un esprit machiavélique, un esprit retors, fou, sans limites aucune et la voix de Moriarty ne nous aidera pas à avoir un rythme cardiaque stable.

Mon cardiologue pourrait leur intenter un procès pour mise en danger de mon palpitant, si j’en avais un (de cardiologue).

Vous pourriez croire que j’ai adoré l’épisode, mais je vous détrompe de suite : j’ai aimé certaines choses, il avait du potentiel, mais malheureusement, certaines incohérences ou faits trop gros m’ont fait trouver la chose ratée, trop cuite, trop salée, et au final, indigeste.

Une incohérence me reste en travers de la gorge, telle une arrête de poisson et ça me gratte. Je pense qu’un autre « visionnage » à tête reposée de toute la saison 4 me fera du bien, afin de mieux l’appréhender, la regarder en étant plus concentrée (tel le lait de chez Nestlé), afin de voir si je n’aurais pas loupé des choses.

Mais l’incohérence me restera toujours en travers de la gorge, sauf avec une bonne explication… Et encore, j’ai des doutes…

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et Le Mois du polar 2017 chez Sharon.

 

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 6 – Métro Baker Street : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 6 : Métro Baker Street (The Case of the Gypsy Goodbye)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2011 – 2013)

Résumé :
1889, Londres. Alors qu’Enola est lancée dans une nouvelle enquête sur la disparition de Lady Blanche fleur del Campo, elle découvre que son frère Sherlock la recherche désespérément.

Il vient en effet de recevoir un énigmatique paquet en provenance de leur mère,adressé tout spécifiquement à Enola, et qu’elle seule saurait décrypter.

Sherlock, accompagné de son frère Mycroft, se voit donc contraint de suivre les traces d’Enola dans ses pérégrinations au coeur des sombres tunnels de Londres.

Ensemble,les trois Holmes devront répondre à une triple question : Qu’est-il arrivé à leur mère ? Où est donc Lady Blanche fleur ? Et que décidera l’aîné Mycroft de l’avenir d’Enola lorsque ses frères l’auront rattrapés ?

Critique :
Dernier roman avec Enola Holmes et je sens déjà que mon p’tit coeur se brise. Oui, cela a beau être de la littérature jeunesse, les romans ont beau avoir quelques petits défauts, je me plais bien à suivre les pérégrinations de la petite soeur de Sherlock et Mycroft.

Grâce à elle, j’ai appris plus sur les mœurs des habitants de Londres qu’un 56 nouvelles et 4 romans que comporte le canon holmésien. Contrairement aux récits de Conan Doyle, Nancy Sringer nous a éclairé sur la condition féminine du 19ème siècle, qui n’était guère brillante, dénonçant les violences des bas quartiers londoniens et les conditions de travail qui donneraient des sueurs froides au plus grand m’en-foutiste des syndicalistes.

Une série instructive et distrayante. Quoi  d’autre ? What’else ?

Ce dernier tome ne m’a pas déçu : c’est palpitant et émouvant.

Les frères Holmes auront la part belle et Mycroft va enfin comprendre que leur petite sœur est indépendante, réaliser qu’elle a toujours su tirer son plan (« se débrouiller » : belgicisme) et que le chemin qu’elle a parcouru en un an est énorme.

Oui, la disparition de sa mère a entraîné son émancipation précoce et elle n’est plus une adolescente, mais presque une femme, point de vue mental.

Enola exerce le métier qu’elle aime, a trouvé un sens à sa vie et affirmé ses choix en faisant preuve d’intelligence face à ses deux frangins.

Je dois dire que j’ai passé un bon moment de lecture avec une jeune héroïne ô combien sympathique, forte mais pas infaillible non plus. Bien que le juste équilibre ne soit pas tout à fait atteint, Enola ayant quand même bénéficié des coups de pouce de l’auteur.

Dans ce dernier tome, le secret de la mère d’Enola est enfin dévoilé – je ne dirai rien !

Au menu, une enquête sur la disparition de l’épouse du duc espagnol, de la douceur et de la sensibilité.

Malheureusement, c’est un point final très convaincant. Fidèle à ce que nous avons pu lire et à ce que j’avais pu penser.

Une série bien agréable pour des lectures sans se prendre la tête, des intrigues bien faites, même si pas transcendantales.

L’important, dans une lecture, étant aussi de passer du bon temps et il n’y a pas huit millions de façons de le faire.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 5 – L’énigme du message perdu : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 5 : L’énigme du message perdu (The Case of the Cryptic Crinoline)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2010 – 2012)

Résumé :
Depuis près d’un an, je parviens à me soustraire à la vigilance de mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes qui s’entêtent à vouloir m’expédier en pension pour faire de moi une lady.

Grâce à mon cabinet de « Spécialiste » en recherches – Toutes disparitions », et sous une fausse identité, je concurrence désormais mon détective de frère sur son propre terrain – parfois même avec plus de succès que lui !

Mais voilà qu’en ce jour de juin 1889, regagnant mon logis, je découvre un spectacle effroyable : tiroirs arrachés, étagères vidées, débris de vaisselle sur le plancher.

Et surtout, surtout, aucune trace de Mrs Tupper ma chère petite logeuse sourde comme un pot ! Aussitôt, je me lance à sa recherche, avec pour seuls indices quelques jupons épars et un énigmatique message…

Critique :
Je dépose plainte : le roman est plus court que les précédents, seulement 200 pages ! L’intrigue policière est intéressante, toujours agréable à lire et on s’attache à Enola. Je sens que je vais avoir du mal à la quitter.

Le style d’écriture est toujours agréable, bien écrit, il y a des situations cocasses, les explications sur la société victorienne ainsi que les descriptions de Londres sont réalistes, sans oublier que nous avons le combat « beaux quartiers vs bas-fonds », les péripéties d’Enola et le chassé-croisé avec son frère Sherlock ne sont pas dénués d’humour.

Quel chassé-croisé ? Mais enfin, vous suivez ou vous venez de prendre le train en marche ? Pour les p’tits derniers, Enola Holmes est la sœur cadette de Sherlock et Mycroft Holmes, leur mère a disparu et la petite de 15 ans a filé à l’anglaise, elle vit seule à Londres et fait tout ce qu’il faut pour ne pas tomber dans les mains de ses frères, qui souhaitent l’enfermer dans un pensionnat pour jeunes filles de bonne famille.

J’ai regretté de ne pas avoir de nouvelles de maman Holmes. Rien, nada, que dalle. Maman ne répond pas aux petites annonces codées de sa fille et aucune indiscrétions ne transpire de chez les vieilles rombières : silence radio total.

Perturbant car je pensais (et je ne dois pas être la seule à l’avoir pensé) que Nancy Springer allait, au fur et à mesure des tomes, nous ramener vers l’élément déclencheur de la série, à savoir : maman partie, provoquant l’arrivée des frangins Holmes, entrainant la fuite d’Enola, son émancipation et le début de sa carrière d’apprentie détective.

Peut-être est-ce voulu… Une vision fugace de la fin m’étant venue à l’esprit, me faisant pencher pour… Non, je ne dirai rien ! Seul le tome 6 me dira si j’ai bien deviné.

Point de vue intrigue, c’est un peu différent : la logeuse d’Enola, la vieille Mrs Tupper (ware ?) a reçu d’étranges menaces via un billet anonyme.

La vioque est kidnappée et sa maison retournée de fond en comble.

Non mais, ça va pas, non ? On s’attaque aux p’tits vieux qui n’ont même pas une épargne pension digne de ce nom ?

Le sang d’Enola Holmes ne fait qu’un tour. Pourquoi s’en prendre à une veuve sans le sou, dont la seule richesse semble être une robe de crinoline en soie bleu de Prusse. Si encore elle avait eu des actions dans les pétrochimiques…

Quoi ? Qu’est-ce que je viens de dire, là ? Elle possède une robe de crinoline en soie bleu de Prusse ? Hé, fashion victim, la Tupper (ware) ? Comment possède-t-elle cette super robe, elle ? Volée au Zara du coin ?

Comme nous sommes en 1889, pas question de Googeliser le nom de la logeuse, donc, on travaille à l’ancienne et on fouille le passé de la dame.

Enola va croiser, durant son enquête, l’ombre d’une grande dame, recroiser par la même occasion Sherlock qui passait dans le coin, avant de faire feu des deux fuseaux pour ne pas qu’il lui mette la main au collet.

A peine plus de 200 pages, le livre ! Pas à dire, ça frétille dans tous les sens, même si l’intrigue, bien qu’agréable et distrayante à lire, ne fera jamais repousser les jambes d’un cul-de-jatte ou casser les trois pattes d’un canard.

Oh, tiens, une lueur chez Sherlock ! Non, il ne vient pas de souscrire à la fée électricité chez Electrabel ou GDF-Suez, mais il est en train de comprendre que le bonheur de sa petite soeur n’a pas de prix, qu’il ne se bride pas comme un cheval et qu’il ne se met pas en pensionnat…

Vivement la suite ! Oh, ce sera déjà le dernier de la série… Snif.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 4 – Le secret de l’éventail : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 4 : Le secret de l’éventail (The Case of the Peculiar Pink Fan)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2009 2010 )

Résumé :
Voilà déjà plus de huit mois que j’ai échappé à la vigilance de mes aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui s’étaient mis en tête de m’expédier en pension pour faire de moi une lady.

Je m’emploie depuis, par l’intermédiaire de mon cabinet de « Spécialiste en recherches ? Toutes disparitions », à résoudre des enquêtes ? parfois même plus efficacement que mon détective de frère ! Or voici qu’en ce jour de mai 1889 mon chemin croise une ancienne connaissance, lady Cecily Alistair.

Il est clair qu’elle est en plein désarroi ! Juste avant de disparaître, encadrée de deux sévères chaperonnes, elle me glisse furtivement un éventail rose, qui recèle un mystérieux message.

Décidée à porter secours à ma jeune amie en détresse, je m’efforce d’en percer le secret. Je ne le sais pas encore, mais, dans cette entreprise, je vais me retrouver bientôt face à un autre détective, investi de la même mission… mon frère Sherlock.

Critique :

Tiens donc, v’là ti pas une ancienne connaissance que nous avions croisé dans le tome 2 « L’affaire Lady Alistair » : la jeune Cécily qui avait été enlevée et droguée (y’a plus d’jeunesse) ! Le monde est petit, non ?

L’auteur, pour nous mettre directement dans le bain, a décidé de nous entraîner dans un lieu d’aisance… et elle fait bien puisqu’elle a l’ambition de nous faire découvrir le Londres tel qu’il était, avec ses bons et ses mauvais côtés. Là, je vous rassure de suite, l’auteur ne sombrera pas dans la scatologie. Quoi ? Ah, vous auriez aimé des détails… Pas de chance.

Aux latrines, la demoiselle Cecily (et pas Cécilia) n’a pas l’air dans son assiette… Non pas qu’elle souffre de diarrhée aiguë, mais juste parce qu’elle est escortée par deux vieilles biques mal baisées, aux manières fort rêches (normal, jamais baisées, donc, elles sont fort sèches).

De plus, la jeune fille est engoncée dans une toilette qui entrave le moindre de ses mouvements. A si elle avait connu les jean’s ! Plus simple d’aller au petit coin en jean’s que lorsque qu’on est empêtrée dans des jupons, des sous-jupons, des corsets, des machins et des trucs qui rendent l’opération de vidange aussi complexe que si on devait extirper une idée lumineuse du cerveau de Nabilla et Bush Jr.

C’est son jour de chance puisqu’Enola est elle aussi dans les toilettes (les miracles de la narration) et notre pauvre coincée lui communiquera un message de détresse original…

Un peu à la manière de Louis De Funès dans « La folie des grandeurs », quand il était déguisé en vieille rombière et qu’il agitait son éventail devant Blaise (Yves Montand) qui ne l’avait pas reconnu ou celle  d’Alice Sapritch (même film, scène du stip), l’allusion sexuelle en moins, évidemment !

Le cerveau un peu embrumé, Enola mettra quelques heures avant de comprendre le message caché de la pauvre fille qui ne pouvait même pas aller faire pipi toute seule.

Dans quel guêpier Cécily Alistair s’est-elle donc encore fourrée, bien malgré elle ? Aurait-elle enfilé une guêpière devant ses gardiennes eunuques ?

Pourquoi sa mère, lady Theodora, ne répond-t-elle à aucun message et ne reçoit-elle aucune visite ? Chez les gens de la Haute, c’est « shocking ».

Que cache cette famille (un ogre, une sorcière ?) qui, pour bien se faire voir de la bonne société, n’hésiterait pas à compromettre la naïveté de Cecily, qui est jeune fille abîmée moralement car elle souffre de troubles de la personnalité ?

Vous le saurez en lisant le tome 4 des aventures d’Enola Holmes !

Dans cette série, c’est place aux femmes (contrairement aux histoires de Conan Doyle). La petite soeur fictive de Sherlock en profitera pour nous décrire l’injuste condition de notre sexe « faible ».

Enola est une jeune fille rebelle (héritage de sa suffragiste de maman) : elle s’est enfuie pour éviter de se retrouver enfermée dans une école pour « jeunes filles de bonne famille » par son frère Mycroft parce qu’elle n’en a rien à foutre d’apprendre « les arts domestiques dans l’attente de son prochain mariage ». Et puis quoi encore ?

Loin d’être une pique-assiette, elle a monté son cabinet spécialisé en recherches, se camoufle sous des déguisements et se joue même de ses propres frères, passant sous leur nez sans qu’ils ne la reconnaissent ! Humour garantit.

Enola se trouvera aussi face à Sherlock et on sent bien qu’elle a envie de se rapprocher de lui, de tisser des liens affectifs avec le frangin, mais la confiance est une denrée rare chez les Holmes ! Pourtant Sherlock est amusé par le tour de force de sa petite sœur et de la colère qu’elle suscite chez l’aîné, Mycroft.

Ce quatrième tome se lit d’une traite ! Chapeau bas aussi, parce qu’au fil des tomes, le style d’écriture ne se délétère pas et ne sombre pas vers le pis en pis (Gruz, je viens de la placer). Mieux, je bois du petit-lait en lisant Enola.

J’ai déjà fait l’éloge de ses nombreuses qualités et je le répète, cette série est une lecture agréable, sans prise de tête et conseillée pour ceux qui voudraient découvrir Sherlock Holmes autrement que par les récits de son père littéraire.

Convient aussi pour les amateurs de gentilles intrigues policières – qui ne casseront pas trois roues au chariot d’un cul-de-jatte – avec un fond de vérité Historique ou pour ceux qui, après avoir lu des tas de romans noirs, voudraient se refaire une santé.

Convient aussi pour les holmésiens de tous poils qui voudraient changer de lecture et trouver un peu de fraîcheur.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 3 – Le mystère des pavots blancs : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 3 : Le mystère des pavots blancs (The Case of the Bizarre Bouquets)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2008 – 2011)

Résumé :
Se choisir un nom n’est pas chose facile.

D’autant que mon prénom, Enola, qui à l’envers se lit : alone – en anglais : seule – me va comme un gant.

Je me vois pourtant condamnée aux pseudonymes, seul moyen d’échapper à mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui se sont mis en tête de m’expédier en pension pour faire de moi une lady. Peine perdue ! J’ai maintes fois réussi à tromper leur vigilance, allant même jusqu’à résoudre des enquêtes qui laissait perplexe mon détective de frère.

Or, en ce frais matin de mars 1889, dans l’East End de Londres, alors que je m’inventais encore une nouvelle identité, mon attention fut captée par un titre du Daily Telegraph : Mystérieuse disparition de l’associé de Mr Sherlock Holmes – le Dr Watson introuvable !

Deux personnes déjà cherchaient à savoir où se trouvait le Dr Watson : sa femme, il va de soi; et son meilleur ami, mon frère Sherlock.

On pouvait désormais eu ajouter une troisième : moi.

Critique : 

Oui, je m’enfile l’intégrale des Enola Holmes ! Pas ma faute, mais celle du « Mois anglais » chez Titine et Lou. Je vis à l’heure anglaise durant tour le mois de juin, affalée sur une chaise longue, au soleil et buvant de la bièr.., heu, du thé, à profusion.

C’est avec plaisir que je retrouve la petite sœur de Sherlock Holmes, qui a réussi à échapper in extremis à la surveillance de son détective de frère.

Notre héroïne vit dans une petite chambre et elle se fait la plus discrète possible, son cabinet de « spécialiste en recherches et toutes disparitions » étant momentanément fermé. Trop dangereux !

Il lui faut s’inventer une nouvelle identité mais elle a un soucis : Enola est une grande dégingandée, sans atouts « majeurs » bien placés, tout en menton, bref, comme le célèbre Jean-Claude Duss, elle ne peut pas tout miser sur son physique..

Oui, si la demoiselle a hérité d’un patrimoine génétique généreux au niveau de l’intellect, si elle a la ruse du renard et la fougue d’une jeune pouliche non débourrée, elle a une fâcheuse tendance à se déprécier physiquement.

Mais puisqu’il lui faut une nouvelle identité, pourquoi ne pas devenir une Lady raffinée et pleine de charme ? Poupoupidou…

Viola Everseau entre en donc en scène et c’est réussi. La top classe.

Mais pourquoi se déguiser, au fait ? Parce que notre petite amie a une nouvelle enquête et pas des moindres.

Il s’agit en fait de savoir ce qu’il est advenu du docteur Watson qui a disparu. Pour commencer, il faut aller chez son épouse, donc, se déguiser. Vous suivez ?

Nouvelle identité, nouvelle enquête et une nouvelle fois déjouer les manoeuvres de Sherlock qui la cherche, jouer au chat et à la souris, tout en recherchant Watson et sa mère ! Quinze ans et déjà un boulot de malade.

Un véritable chassé-croisé de messages codés, de filatures, de cache-cache entre notre Enola, son grand frère Mycroft, son autre frère Sherlock et la mère d’Enola. Sont fous, ces Holmes !

Quand à Watson, il y est, chez les fous !

Nancy Springer, l’auteur, nous offre une nouvelle plongée dans le Londres victorien bien restitué; nous parle des vêtements (on en apprend un peu plus à chaque tome); les frères Holmes sont assez fidèles aux personnages canoniques, tout en ayant été adaptés.

Enola évolue au fil des tomes, grandit, s’émancipe; l’enquête ne cassera pas la baraque mais elle est plaisante à lire et le charme des ouvrages réside dans la somme de petits détails que nous apprenons sur l’époque, dont ceux sur les droits des femmes.

Quels droits des femmes ? Heu, ben y’en a pas beaucoup, mais nous avons autant de droits qu’un gosse de 10 ans. Ah, 3 féministes qui me lisaient sont tombées dans les pommes et une est allée chercher ses calicots pour monter au front. Hé, on se calme, nous sommes en 1889.

L’auteur, au travers de son personnage, dénonce les absurdités de l’époque, tel que le fait que vous ne pouviez pas laisser entrevoir un soupçon de votre cheville, mesdames ! Par contre, vos robes du soir étaient tellement décolletées qu’elles vous faisaient risquer une pneumonie. A croire que les hommes préféraient admirer la naissance de vos roploplos plutôt que vos chevilles.

Un lecture idéale pour les plus jeunes lecteurs qui voudraient découvrir Sherlock Holmes autrement que par les écrits de Conan Doyle (le détective n’est pas trop dénaturé et son esprit de fin limier, redoutable renard, est bien présent) ou pour des lecteurs plus âgés qui voudraient en apprendre un peu plus sur l’époque, ou lire un roman sans se prendre la tête tout en passant un bon moment de lecture.

Un très bon moment de divertissement littéraire que je viens d’avoir !

Petit bémol : Watson a l’air de ne pas avoir trop de séquelles de son séjour chez les dingos. Pourtant, un léger traumatisme passager aurait ajouté un peu plus de réalisme à cet épisode…

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

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Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 2 – L’affaire Lady Alistair : Nancy Springer

Titre : Les enquêtes d’Enola Holmes – Tome 2 : L’affaire Lady Alistair (The Case of the Left-Handed Lady)

Auteur : Nancy Springer
Édition : Nathan (2007 – 2010)

Résumé :
Je m’appelle Enola, qui à l’envers se lit : alone,  » seule  » en anglais. Et c’est bien seule que je me suis retrouvée à quatorze ans, lorsque ma mère a disparu de façon inexpliquée.

Partie à sa recherche, j’ai échappé à la vigilance de mes frères aînés, Mycroft et Sherlock Holmes, qui souhaitaient m’expédier en pension. A l’image de mon détective de frère, j’ai alors ouvert à Londres un cabinet de  » Spécialiste en recherches – Toutes disparitions « .

Et quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris l’identité de mon premier client : le docteur John Watson.

Critique :

Dans ma critique précédente, je vous avais parlé de la petite sœur de Sherlock et Mycroft Holmes : Enola, 14 ans. Comment ça « vous ne voyez pas de qui je parle ? ». Pour les retardataires, allez lire la critique du tome 1 et suivez !

Le tome 2 m’attendait et c’est avec plaisir que j’ai ouvert cette suite des aventures d’Enola Holmes, la sœur cadette imaginaire des frères Holmes et que j’ai plongé dans cette aventure, avant de plonger dans la piscine…

Les livres n’étant pas épais et se lisant vite, ils sont parfaitement adaptés aux vacances.

L’auteur avait planté son décor et ses personnages dans le tome 1 « Double disparition » et je suis familiarisée avec l’univers d’Enola, jeune fille indépendante, courageuse et débrouillarde.

Oui, la petite a de la suite dans les idées, un cerveau, et elle sait s’en servir, n’étant pas la sœur cadette de Sherlock pour rien.

Là, elle compte bien enquêter sur la mystérieuse disparition de sa mère, tout en montant un cabinet de « Spécialiste en recherche » car son pécule n’est pas infini.

Pas facile de mener ses enquêtes à Londres sans se faire remarquer de ses frères. Surtout que son premier client n’est autre que le docteur Watson en personne !

Enola, déguisée et se faisant passer pour la secrétaire du Dr Ragostin, Ivy Meshle, a eu chaud.

Niveau fausses identités multiples, elle en ferait pâlir de jalousie certains parce qu’elle en use et en abuse, alternant les rôles comme au théâtre.

Mieux, ayant découvert la pauvreté de Londres, elle se déguise en bonne sœur et vient en aide aux plus démunis. Or un soir, elle est victime d’un étrangleur, qui la laisse presque morte sur le trottoir.

Oulà, et si on rajoute la disparition d’une jeune lady, on a du pain sur la planche.

« The game is afoot ! » comme le dit si bien Sherlock.

Ce deuxième tome nous plonge très vite dans l’ambiance sombre de Londres, alternant entre les beaux quartiers et les plus sordides.

Sans bouger du bord de la piscine ou de votre fauteuil, vous vous retrouvez dans le Londres du XIXème siècle : ses quartiers coupe-gorge, sa pauvreté, ses revendications sociales, ses suffragettes, sa misère, ses crèves la faim,…

Outre que l’ambiance londonienne est bien recrée, avec son fog et tout ce qui fait le charme de la ville à cette époque (puanteur comprise dans le prix), il y a aussi le fait qu’on nous parle des tenues vestimentaires…

Une fois de plus je remercie l’auteur de nous en apprendre plus sur les différents costumes de cette époque, là où d’autre ne s’en sont pas donné la peine.

L’habit FAIT le moine parce que la façon de s’habiller définit la classe sociale à laquelle vous appartenez. Enola, tout en enquêtant ou en se déguisant, nous en apprend un peu plus sur ses fringues, sans que cela soit ennuyant.

Bien ficelé, prenant, ce roman se lit rapidement, agréablement, sans se prendre la tête.

Ok, si on pousse la réflexion à fond, l’intrigue policière ne casse pas trois pattes à un unijambiste, mais j’ai pris plaisir à lire les messages codés qu’Enola faisait passer dans les journaux, tentant d’avoir des nouvelles de sa maman tout en évitant de se faire repérer par Sherlock qui, tel un chien de chasse, est sur sa piste.

Sans être transcendantales, les différentes intrigues s’imbriquent parfaitement, pas de découvertes parachutées dont on ne sait où, pas d’évènements incongrus, tout est parfaitement agencé.

L’auteur connait son canon holmésien, s’en inspire, tout en s’en détachant. Enola n’est pas que la digne héritière du célèbre détective mais elle a un p’tit truc en plus : l’intuition féminine.

Plaisant à lire, distrayant, le livre parfait pour les vacances ou pour un moment de calme.

Lu dans le cadre des Challenges « Thrillers et polars » de Liliba,  « Polar Historique » de Samlor,  « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « I Love London » de Maggie et Titine, « Le mois anglais » chez Titine. et le challenge « Victorien » chez Arieste.

Extraits du tome 2 où l’on comprend que Sherlock est attaché à sa petit soeur :

– Nous ne serions pas dans cette situation déplorable, déclare le plus jeune et le plus longiligne des deux messieurs en grande discussion dans ce petit salon feutré, si vous ne vous étiez mis en tête, à toute force, de la placer dans un pensionnat !
Sec comme un coup de trique, les traits taillés à la serpe, il arpente le parquet ciré à longues enjambées d’échassier. Son costume noir de la tête aux pieds – jaquette à queue de pie, pantalon à pli, souliers étincelants – fait de lui un grand héron sévère.
– Mon très cher frère…
Douillettement enfoncé dans les capitons d’un fauteuil de cuir pleine peau, le plus âgé des deux – et le plus plantureux – lève bien haut des sourcils pareils à des broussailles en hiver.
– Pourquoi tant d’âpreté ? Cela ne vous ressemble guère.
Il s’exprime en toute placidité, car ce lieu est son club, son territoire attitré, son espace pour échanges privés. Et c’est en salivant d’avance à la pensée de l’excellent rosbif qui va suivre qu’il poursuit, affable :
– Même s’il est indéniable que la jeune écervelée se trouve seule dans ce chaudron de ville et qu’elle pourrait fort, à l’heure qu’il est, s’être déjà fait dépouiller de tous ses biens, si ce n’est pire, je ne vois là aucune raison de vous laisser emporter par vos émotions.
– Et le moyen de faire autrement ?
Pivotant sur ses jambes sans fin, l’arpenteur jette à son ainé un regard d’aigle.
– C’est notre sœur !
– Une sœur tellement plus jeune qu’en tout et pour tout, dans votre vie, vous avez dû la voir deux fois !
L’échassier s’arrêta net.
– Une fois aura suffit.
Sa voix s’est radoucie. Ce n’est pas son aîné qu’il regarde, mais le lambris de chêne ou plutôt, par-delà le lambris, un point invisible, quelque part dans l’espace et le temps.
Et il reprend à mots lents :
– Elle me rappelle l’adolescent que j’étais à son âge. Tout en bras et en jambes. Trop de nez, trop de menton. Gauche et solitaire, à sa place nulle part…
– Ridicule ! Elle est de sexe féminin. Son intellect est peu développé, elle a besoin de protection… Votre comparaison ne vaut pas.
Pareille insulte au sens commun assombrit l’homme d’autorité, mais, en fin diplomate, il se fait conciliant.
– Interroger le passé de la sorte ne sert rigoureusement à rien, croyez-moi. La seule question de bon sens à se poser pour l’heure est celle-ci : comment comptez-vous la retrouver ?
Avec un effort manifeste, le cadet s’arrache à sa contemplation lointaine et ses yeux gris perçants se tournent vers son aîné.
Après un silence, il dit sobrement :
– J’ai un plan.
– Je n’en attendais pas moins. Peut-être même allez vous m’en faire part ?
Silence. L’aîné se renfonce dans son fauteuil avec un sourire pincé.
– Toujours ce besoin de vous draper de mystère, hein, Sherlock ?
Alors le cadet – que d’autres nomment « le grand détective » – hausse les épaules éloquemment. Il a retrouvé son flegme, plus coriace encore que celui de son aîné.

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