Jack The Ripper – 9.2 Mais que fout la police ??? [PART III et fin]

Dans l’East End, la peur s’était intensifiée et durant la semaine qui suivit le double meurtre, les rues de Whitechapel furent quasiment désertées à la tombée de la nuit.

Les prostituées évitèrent de rester dehors, autant qu’elles le pouvaient, se logeant dans des asiles de pauvres ou dans leur famille. Les Londoniens évitaient le quartier et les commerçants virent peu de clients.

La peur fait adopter des comportements stupides, parce que depuis les meurtres, les rues n’avaient jamais été aussi sûres ! Tout le monde était en état d’alerte et de nombreux policiers, qu’ils soient en civil ou en uniforme, patrouillaient jour et nuit.

De plus, le « Comité de Vigilance de Mile End » employait des hommes, équipés de sifflet et de gourdin, pour sillonner les rues après minuit.

Un policier s’habilla même en femme et se fit passer pour une prostituée, essayant d’attirer le tueur. Il s’attira surtout les quolibets des habitants du quartier…

La police visita les asiles de nuit et interrogea plus de 2000 logeurs.

Plus de 80 000 prospectus furent imprimés et distribués, demandant à d’éventuels témoins du double meurtre de s’adresser au poste de police le plus proche.

76 bouchers et équarrisseurs furent interrogés, ainsi que leurs employés.

La police interrogea aussi les marins qui travaillaient sur la Tamise.

Des chiens policiers furent déployés dans le quartier, mais on ne possédait pas d’objet ayant appartenu au tueur que les chiens auraient pu renifler. Et puis, les odeurs putrides de Whitechapel perturbèrent l’odorat des chiens.

Durant tout le mois d’octobre, toute la ville respira car aucun meurtre sauvage ne vient entamer sa quiétude et répandre le sang dans les ruelles sombres et sordides.

L’Éventreur aurait-il prit sa retraite anticipée ? Serait-il mort ? En aurait-il eu marre ? Indigestion provoquée suite à l’ingestion d’un rein frit ?

Que nenni ! L’homme aiguisait son couteau, tout simplement…

À suivre avec le meurtre atroce de Mary Jane Kelly…

CHALLENGE - Embarquez pour Mois anglais

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Jack The Ripper – 9.1 Mais que fout la police ??? [Part II]

On ne leur taillera pas trop de costumes, ils ont tout de même réunis quelques indices durant les autopsies et quelques témoignages… qui embrouillent plus qu’ils n’éclairent !

Pour Elizabeth Stride, le Dr Blackwell expliqua que le tueur devait être quelqu’un « habitué à utiliser un lourd couteau« . Il semble qu’Elizabeth n’a pas été étranglée avant d’être égorgée, et le couteau était plus large et moins pointu.

De plus, de nombreux témoins contactèrent la police pour expliquer qu’ils avaient vu « Liz » juste avant sa mort.

L’agent de police William Smith, qui avait fait sa ronde près de Berner Street et avait vu Liz parler avec un homme vers minuit et demi, peu avant son meurtre.

Il le décrit comme un homme « d’environ 28 ans » qui portait un « chapeau de chasse sombre et un manteau noir, une chemise blanche et une cravate« . Il avait un paquet dans les mains et avait « l’air respectable« .

Un autre témoin, Israël Schwartz, expliqua à l’inspecteur Swanson qu’à 00h45, il avait vu un homme s’arrêter et parler à une femme qui se tenait debout devant la cour.

L’homme avait essayé de tirer la femme en direction de la cour, mais elle avait résisté et il l’avait jetée à terre. Elle avait crié, mais pas vraiment fort. Croyant assister à une dispute, Schwartz s’était éloigné.

De l’autre côté de la rue, il avait vu un homme sortir d’un pub. Cet homme ou celui qui avait tiré la femme vers la cour avait crié « Lipski ! » (Israël Lipski était un Juif qui avait empoisonné une jeune anglaise en 1887 et son nom était depuis utilisé pour insulter les Juifs).

Schwartz, Juif lui-même, avait pris peur et s’était enfui. Il avait eu l’impression que l’homme du pub l’avait suivi.

Schwartz identifia le corps de Liz comme celui de la femme qu’il avait vue jetée à terre, puis décrivit l’homme qui l’avait poussée : environ 30 ans, environ 1m65, cheveux bruns, moustache, vêtu de noir, une casquette noire à visière, rien dans ses mains. L’homme du pub avait environ 35 ans, 1m80, des cheveux châtains, une moustache, un manteau sombre, un chapeau noir à bords larges.

La police prit les témoignages de Smith et de Schwartz très au sérieux.

Deux autres témoins apparurent peu après. William Marshall vivait au 64, Berner Street et s’était tenu non loin du lieu du meurtre vers 23h45, plus d’une heure avant le meurtre.

Il avait vu Liz discuter avec un homme d’âge moyen, portant une casquette à visière assez courte « comme un marin« , plutôt corpulent, de taille moyenne, habillé comme un employé de bureau avec une veste noire et qui parlait « comme un homme éduqué« .

Malheureusement, Marshall n’avait pu voir le visage de l’homme. Liz avait très bien pu parler à un autre homme que son assassin, une heure avant le meurtre.

Un dénommé James Brown contacta la police pour annoncer qu’il avait vu Liz vers 00h45, quelques minutes avant sa mort.

Brown avait estimé l’heure plutôt que d’en être sûr : il n’avait pas de montre.

Lorsqu’il avait atteint l’intersection de Berner et de Fairclough Street, il avait vu Liz parler à un homme. Brown avait entendu Liz dire : « Pas ce soir, un autre soir« . L’homme était assez grand et portait un long manteau sombre.

Ces témoignages n’aidèrent malheureusement pas la police à trouver un suspect. D’ailleurs, ils le cherchent toujours !!

Pour Catherine Eddowes, 4ème victime, l’autopsie [âmes sensibles, fichez le camp] révéla que l’abdomen avait été ouvert et les intestins détachés. Le rein gauche, comme nous le savons, avait été prélevé avec soin, sans être abîmé.

L’utérus avait été coupé horizontalement et presque entièrement enlevé, alors que le vagin et le col de l’utérus n’avaient pas été endommagés.

Le foie, l’aine, le pancréas avaient été tranchés. Selon le Dr Brown, le médecin légiste, le meurtrier avait utilisé un couteau très aiguisé d’environ 15cm de long.

Il ajouta : « L’instigateur de cet acte devait avoir une grande connaissance anatomique, pour réussir à retirer le rein et connaître sa position. De telles compétences peuvent être acquises par quelqu’un habitué à tuer des animaux… Il a fallu au moins cinq minutes pour perpétrer ces mutilations« .

Le visage de Kate était mutilé au niveau des yeux, une partie du nez avait été coupé, ainsi que le lobe de son oreille droite.

[Revenez maintenant ! Le rapport d’autopsie est terminé]

Niveau témoins, Joseph Lawende vint expliquer qu’il avait vu un couple discuter dans Church Passage, près de Mitre Square. Lawende reconnut les vêtements de Kate.

L’homme qui parlait avec elle avait environ 30 ans, était de taille moyenne, vêtue d’un manteau gris, arborait une petite moustache claire et portait un une casquette à visière grise ainsi qu’un foulard. A peine 10mn plus tard, Kate était assassinée.

Sérieusement, arriver à tirer le portrait de ce type va être coton !!

Si ça se trouve, de tous ces hommes décrits, il n’y avait peut-être même pas le tueur, mais juste des clients potentiels ou autre…

À suivre… « Mais que fou la police – part III »

Jack The Ripper – 9. Mais que fout la police ??? [PART I]

Et que fait la police durant tout ce temps ?? Elle a interrogé des milliers de personnes dans Whitechapel ! Vous imaginez le travail ?

Sans compter qu’elle passe au peigne à poux les récits des témoins qui déclarent avoir aperçu certaines victimes en compagnie d’un homme, peu de temps avant leurs assassinat.

Ils ne sont pas aidés par tout ceux qui se disent être le coupable et ceux qui en profitent pour dénoncer le voisin.

La police épluche aussi les rapports dans des consulats anglais qui se trouvent à l’étranger, sait-on jamais que l’on trouverait des crimes similaires.

On peut dire que les flics n’ont pas bien fait leur travail, mais je pense qu’à cette époque là, sans le matériel d’aujourd’hui, avec la pression qu’on leur avait mis sur les épaules, sans compter le climat délétère qui régnait dans les quartiers suite aux meurtres, ben, c’était pas du gâteau leur job !

Suite au double crime du 30 septembre, la police avait inspecté les lieux à la recherche d’indices ou de témoins. Et il y avait des indices !

A 2h55, le policier Alfred Long trouva un morceau de tablier de femme ensanglanté dans l’entrée d’un bâtiment de la Goulston Street, vers le nord-est de Whitechapel, non loin d’une fontaine publique à l’eau rougit de sang (il est possible que le meurtrier s’y soit lavé les mains).

Le morceau de tablier appartenait Catherine Eddowes, assassinée le 30 septembre dans Mitre Square.

C’est Long aussi qui découvrit un graffiti inscrit à la craie blanche sur un mur, non loin du lieu où Catherine Eddowes avait été assassinée.

Le texte en était : « The Juwes are the men That Will not be Blamed for nothing » (« Les juifs ne seront pas blâmés pour rien »).

La police pensa que l’inscription avait été faite par le tueur. Un policier fut laissé en faction devant l’inscription et on demanda à ce qu’elle soit photographié. Mais cela ne fût jamais fait !

En effet, afin de ne pas éveiller de mouvements anti-sémites qui avaient déjà eu lieu dans le quartier, l’inscription fut immédiatement notée et effacée sur ordre de Sir Charles Warren, le Préfet de Police. Mais pas photographiée !

Warren sera violemment critiqué pour cette décision, mais se justifia sur le fait que l’inscription était visible de tous et ne pouvait être couverte : il craignait que les juifs soient lynchés et leurs magasins détruits.

Le tueur avait-il été capable d’accomplir ces deux meurtres en peu de temps, et notamment les mutilations de la seconde victime, sans être vu par un policier ou un passant, alors que le quartier était sur ses gardes ?

Et il avait peut-être même pris le temps d’écrire sur le mur… Ou pas. Plusieurs théories courent sur cette inscription.

La première théorie (sans doute la bonne) est que le message n’a pas été écrit par le tueur, mais plutôt par un quelconque antisémite, et que le tueur a, par coïncidence, jeté là le morceau de tablier avec lequel il avait essuyé son couteau.

L’inspecteur en chef Swanson indiqua dans un rapport que l’inscription était ancienne, un peu estompée.

L’autre théorie était que le message avait bien été écrit par le tueur, mais était « un subterfuge intentionnel dans le but d’incriminer les Juifs et d’éloigner la police de la piste du véritable meurtrier« .

Cette théorie était celle qui avait les faveurs de Scotland Yard et de la communauté juive.

Une chose est sûre : les habitants de Whitechapel furent terrifiés, choqués, indignés et courroucés par le double meurtre.

Ils se réunirent même dans les rues pour demander la démission de Warren et du ministre Henry Matthews.

Mais ils ne furent pas les seuls ! De toute part on réclame la démission de Sir Charles Warren, le directeur de Scotland Yard. On le déclara « nul ».

Monsieur Warren est un militaire, et il refusera de démissionner… Du moins, à un moment donné, il ne pourra plus refuser. Mais ceci fait partie d’un autre récit.

Nos poulets piétinent et tout le monde veut une arrestation rapide.

La police interrogea tous les habitants des maisons alentour ainsi que les passants qui s’étaient réunis pour voir le corps.

On ne leur jettera pas la pierre, ils ont tout de même réunis quelques indices durant les autopsies et quelques témoignages… qui embrouillent plus qu’ils n’éclairent !

Tiens, au fait, près du corps d’Annie Chapman, on avait retrouvé des fragments d’une enveloppe avec le cachet « Royal Sussex Regiment » et il restait les 2 « M » du nom du destinataire.

C’est sur ces fragments d’enveloppe et d’adresse que l’auteure Sophie Herefort se basera pour nous dévoiler le nom de son coupable.

Non, je ne pense pas que j’aurai le temps disponible pour vous en parler, de sa théorie. Mais cela pourrait faire l’objet d’un article ultérieur.

La suite au prochain épisode « Mais que fou la police – Part II »…