Fin de ronde : Stephen King

Titre : Fin de ronde

Auteur : Stephen King
Édition : Albin Michel (08/03/2017)

Résumé :
Dans la chambre 217 du Service des Traumatismes Crâniens de la région des Grands Lacs, quelque chose vient de se réveiller. Quelque chose de Maléfique.

Brady Hartsfield, auteur du massacre à la Mercedes où huit personnes ont été tuées et bien plus gravement blessées, a passé cinq années dans un état végétatif à la Clinique des Lésions Cérébrales Traumatiques.

Selon ses docteurs, il est très peu probable qu’il récupère complètement. Mais, derrière la bave et le regard vide, Brady est réveillé, et en possession de nouveaux pouvoirs mortels lui permettant de faire d’immenses dégâts sans avoir à quitter sa chambre.

Critique :
Le deuxième tome de cette trilogie policière m’avait laissé sur ma fin, alors j’attendais beaucoup du troisième…

Surtout au vu du final dans le tome 2 qui laissait présager le grand retour d’un Grand Méchant : Brady Hartsfield himself, le tueur à la Mercedes.

Ce fut un réel plaisir de me retrouver en compagnie de mes vieux copains, Bill Hodges, l’ancien policier à la retraite devenu détective privé et son associée, Holly Gibney.

Les chapitres sont courts, rythmés, on ne s’endort pas sur son roman et il y a du suspense avec le graaaaand retour de Brady, le légume de la section des comateux, qui n’a plus l’air de trop baver on dirait…

Paraît même que des z’objets se sont mis à bouger de manière totalement étrange, comme mus par la seule force de la pensée de Brady, le tueur devenu légume. Rumeurs folles ou vérité ?

Yes, le King est de retour avec des éléments fantastiques ! Et en plus de nous faire entrer de plein-pied dans cet élément qui a fait sa renommée, il nous glisse aussi des petites piques et des avertissement sur certains dangers de notre société, notamment les réseaux sociaux utilisés à tort et à travers. C’est bien le King comme je l’aime !

Notre tueur parasite de retour, ça fait plaisir car c’était un méchant sadique bien réussi et il m’avait donné des sueurs froides dans le premier tome. Son esprit est toujours aussi retors et son retour est flamboyant.

Oui mais… Parce que oui, il y a un mais dans toute cette allégresse : il manque un je-ne-sais-quoi au roman qui fait que cette lecture ne m’a pas hypnotisée, captivée comme elle aurait dû le faire. M’agripper, comme certains romans du King ont fait avec moi.

Alors quoi ? Problème dans mon cerveau à cause des flash bleus qui n’ont pas fonctionné ou alors je n’avais pas le bon modèle de vous-savez-quoi avec les poissons roses ? Mon esprit serait-il immunisé contre les ondes du parasite Brady et donc, par analogie, mon cerveau aurait-il refusé le scénario du King ?

Le bât a blessé quelque part, il manque un truc dans le roman car  je n’étais pas si pressée que ça de le finir, alors que d’habitude, quand le suspense est là, je me rue dessus, je le bouffe, le dévore, je le cannibalise, je ne lâche plus. Et ici, je l’ai lâché quelques fois sans problèmes.

Attention, je dis pas que c’est de la merde, loin de là, ni que je n’ai pas apprécié ma lecture, d’ailleurs, j’ai trouvé cet opus meilleur que le tome 2, mais ça manquait d’un peu plus de peps, de sel, d’un truc piquant, comme seul le King sait faire.

Malgré tout, je le recommande, car l’écriture du King fait toujours mouche, il sait soigner ses personnages et ses intrigues aux petits oignons, sans jamais rien laisser au hasard, même dans les détails insignifiants. C’est là que le diable se cache, dit-on.

Surtout qu’ici, nous avons souvent une longueur d’avance sur l’enquête, sur ce que sait Bill Hodges et ça rend les choses encore plus terrifiantes quand on les voit venir, quand on y assiste…

Et puis, qui sait, votre cerveau sera peut-être plus enclin à se laisser parasiter par le plan dément de ce salop*** d’encu** de fils de pu** de Brady !

3,9/5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017) et Le « Challenge US 2016-2017 » chez Noctembule.

Je sais qui tu es : Yrsa Sigurdardottir

Je sais qui tu es - SigurdardottirTitre : Je sais qui tu es                                       big_3-5

Auteur : Yrsa Sigurdardottir
Édition : Points (2013) / Belgique loisirs (2013)

Résumé :
Trois amis s’embarquent pour une drôle d’aventure : retaper en plein hiver une maison abandonnée à Hesteyri, village désert de la région des fjords, à l’ouest de l’Islande, pour le transformer en gîte estival.

Chacun a des motivations très différentes pour s’imposer ce défi : Garðar y voit l’occasion de s’en sortir et de regagner l’admiration de sa femme, Katrín, qui l’accompagne par pure solidarité conjugale. Leur amie Lif les suit, c’est pour elle une chance de faire le deuil de son mari, récemment décédé.

Tous trois ont une chose en commun : ils s’attendaient à être seuls.

De l’autre côté du fjord, la police fait appel à Freyr, un psychiatre brisé par la disparition mystérieuse de son fils, trois ans auparavant, pour éclaircir les circonstances troubles du suicide d’une vieille femme.

Il ne s’attendait pas à ce que cette enquête le ramène à son drame personnel.

POLAR - je sais qui tu esCritique : 
« Lire ce roman seul(e) dans une maison à la campagne est fortement déconseillé » disait l’inscription sur la couverture. Alors, qu’en est-il ? Accroche commerciale or not accroche ?

Si je devais trouver une comparaison avec une autre lecture en huis-clos, qui fiche la trouille et que j’ai lu « adulte », je dirais que « Shining » est bien plus flippant. Mais ceci est mon avis personnel, bien entendu.

Certes, les chapitres consacrés au trio qui s’est embarqué dans un trou perdu pour retaper une maison en plein hiver, alors que le village est désert, sont assez angoissant. J’ai tremblé pour Garðar, Katrín, Lif et le petit chien Putti.

Pas autant eu peur que lors de ma lecture de « Shining », mais bon, je sentais monter la trouille et le sentiment oppressant du huis-clos, m’en délectant à l’avance.

Là où la pression est retombée comme un soufflé, c’est quand on est passé à l’autre histoire du livre : Freyr, un psy brisé auquel les flics ont fait appel pour une classe vandalisée et le suicide d’une vieille dame dans une église.

Pour illustrer le fait que ma tension artérielle soit retombée en flèche dès le chapitre II, je pourrais comparer ça avec un show érotique qui serait soudain coupé par un épisode de l’inspecteur Barnaby. Douchée je fus, mon adrénaline retombant dans les chaussettes, mais j’ai poursuivis ma lecture, ne comprenant pas très bien le rapport.

À force d’alterner les chapitres, j’avais les nerfs en pelote dû aux multiples cliffhanger des trois lascars (et le chien) dans leur trou perdu où ils n’ont pas l’air si seuls qu’ils le pensaient. Des événements troublants s’y déroulent et c’était une déchirure véritable que de les quitter. Encore une auteure sadique !

Après quelques chapitres, j’avais compris que ce qu’il se passait dans la « petite » enquête du psy aurait toute son importance plus tard et je me suis passionnée pour ces mystères, me demandant constamment comment tout cela allait se terminer et être expliqué.

Je me doutais que tous ces faits inexplicables mettraient à jour un truc bien plus terrible et je dévorais ce roman.

Le style d’écriture était agréables, profond comme le sont les écrivains islandais, mais sans s’étendre sur les descriptions de paysages, parlant plus des personnages et de leurs blessures. Les moments « trouilles » montaient en puissance et je sentais monter l’orgasme littéraire poindre. Que du bonheur, quoi.

Là où le bât à blessé, c’est dans les explications finales… Les premières m’avaient comblées de plaisir à cause de leur ingéniosités et de leurs perversités, me donnant quelques coups de pied au cul en passant. Je vous dit, j’approchais du Saint-Graal !

Mais… Il y a un « mais » ! Je ne m’attendais pas du tout à la présence d’un élément qui est venu foutre par terre une partie de mon plaisir. C’était pire que si on m’avait annoncé que le chien des Baskerville était bel bien sorti tout droit des Enfers !

Un peu comme si, messieurs, votre strip-teaseuse sensuelle, après avoir fait monter la tension jusqu’à l’ultime dévoilement, alors qu’elle serait en train de retirer son string avec lenteur, le dos tourné, vous faisant hurler de plaisir… Et au moment où elle se tourne, vous apercevez un énorme membre viril… C’était un Katoï. Et bien, ça fait cet effet là !

Lorsque je lis King ou Sire Cédric, je m’y attend, ça ne me choque pas, mais ici… Il m’a fallu du temps pour avaler cette explication là ! Un peu trop facile, un peu trop capillotractée je trouve.

Malgré ce gros bémol, ce fut tout de même une belle lecture angoissante, mais je grogne sur une partie des explications finales.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba (2013-2014) et au Challenge « Nordique » chez Mes chroniques Littéraires.

CHALLENGE - Nordique loups_scandinavieCHALLENGE - Thrillers polars 2013-2014 (2)