Sherlock, Lupin & moi – Tome 1 – Le Mystère de la dame en noir : Irene Adler

Titre : Sherlock, Lupin & moi – Tome 1 – Le Mystère de la dame en noir

Auteur : Irene Adler
Édition : Albin Michel (02/01/2017)

Résumé :
Eté 1870, Sherlock Holmes, Arsène Lupin et Irene Adler font connaissance à Saint-Malo. Les trois amis espèrent profiter de leurs vacances en bord de mer, mais le destin en a décidé autrement.

Un corps s’est échoué sur une plage voisine et les trois camarades se retrouvent au beau milieu d’une enquête criminelle. Un collier de diamants a disparu, le mort semble avoir deux identités et une sombre silhouette rôde, la nuit, sur les toits de la ville.

Trois détectives ne seront pas de trop pour résoudre l’énigme de Saint-Malo !

Critique :
Ce ne sera pas le polar de l’année, mais niveau fraicheur et plaisir de lecture, il a fait son job ! What’else ?

De plus, son postulat de départ n’avait pas encore été proposé, du moins, pas à ma connaissance.

Et si Sherlock Holmes avait bien connu Arsène Lupin lorsqu’ils étaient de jeunes garçons en villégiature à Saint-Malo ? Et si, dans ce duo, c’était rajouté la jeune Irene Adler ??

C’est sans aucun doute tout à fait impossible dans l’absolu, mais puisqu’on a le droit de violer l’Histoire pour lui faire de beaux enfants, alors, allons-y gaiement et prenons plaisir à découvrir leurs aventures au bord de la mer.

C’est de la littérature jeunesse, le style est donc adapté pour les plus jeunes, cela étant, il n’est pas gnangnan non plus ou bas de plafond. Je dirais qu’il est tout ce qu’il y a de plus normal étant donné que le récit est raconté par la jeune Irene Adler.

Un agréable petit roman policier qui se lit en quelques heures et qui ravira les plus jeunes, comme les vieux cadors du polar tel que votre serviteur qui ne cherchait qu’à se faire plaisir et prendre un peu d’air frais après un roman noir oppressant.

Nous sommes loin des énigmes de la mère Agatha (Christie), le but n’étant pas de construire un mystère obscur et une enquête de malade puisque nous sommes face à trois jeunes qui veulent enquêter sur une mort mystérieuse et rien de plus. Restons cohérent, donc.

Les personnages sont fidèles à ce qu’ils auraient pu être dans leur jeunesse, Holmes est déjà le futur détective qu’il sera, Lupin est agile et Irene a une belle voix qui charmera ses deux compagnons de vacances.

De plus, elle nous annonce quelques petits secrets sur elle-même qu’elle a appris bien plus tard et dont elle nous révèle durant son récit.

C’est plaisant à lire, vite lu, on en ressort avec un sourire de contentement d’avoir pris un bon bol d’air en compagnie de nos jeunes amis et on n’a qu’une seule envie, découvrir la suite de leurs aventures, qui, je l’espère, seront traduites intégralement car je ne saurais pas les lire dans leur V.O qui est l’Italien.

Pas le polar de l’année, ni l’énigme du siècle, mais le but du roman n’est pas là. Quant à sa mission qui était de me divertir et de me changer les idées, elle est réussie pleinement.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Sherlock Holmes – Tome 3 – Sherlock Holmes et l’Énigme du Jodhpur : Manunta & Seiter

Titre : Sherlock Holmes – Tome 3 – Sherlock Holmes et l’Énigme du Jodhpur

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Giuseppe Manunta

Édition : Le Verger (02/08/2016)

Résumé :
Port-Saïd, avril 1892. Le paquebot Jodhpur est en route pour Bombay, avec à son bord Irène Adler et Sherlock Holmes, qui retrouve peu à peu la mémoire après les événements de Retrouvailles à Strasbourg.

Le mari d’Irène a disparu aux Indes depuis de longs mois, et le célèbre détective lui a promis de l’aider à le retrouver. Dans le sillage de Sherlock Holmes, le crime et l’aventure ne sont jamais loin…

Critique :
Hop, on quitte Strasbourg pour aller chercher un peu d’exotisme à Bombay, toujours en charmante compagnie puisque Irene Adler voyage avec Sherlock Holmes que tout le monde croit mort dans les chutes.

Depuis le temps, tout le monde devrait savoir qu’il n’y est pas vraiment tombé… Mdr

Anybref, cette fois-ci, c’est Sherlock qui renvoie l’ascenseur à Irene puisque c’était le deal : elle l’aidait pour son enquête à Strasbourg et lui, il l’aiderait pour tenter de résoudre la mystérieuse disparition de son mari, aux Indes.

Non, Sherlock ne se tape pas les Indes pour rapporter du curry à madame Hudson ! Il enquête, messieurs, dames ! Avec Irene Adler, en plus ! Disons-le de suite, elle a des atouts que Watson ne possède pas…

Et bien oui, nos deux petits coquins se font passer pour mari et femme : les Hansson (♫ Mmmbop ♪). Mais je rassure les puritains qui passeraient dans le coin, ils ont réservé une confortable suite de deux cabines !

Damned, ils font chambre à part ! Mais Irene dort avec une jolie nuisette qui ne cache pas grand-chose de son corps. Je dis ça et je dis rien, Holmes n’avouera jamais ce qu’ils font de leurs nuits car c’est un gentleman. Les paris sont ouverts quand à savoir si oui ou non ils… Ou si l’un(e) voudrait et pas l’autre.

— J’ai une question à vous poser. Quelles sont exactement vos relations avec Irene ? Êtes-vous intimes ?
— Vous êtes sérieux ? Vous penser qu’un gentleman va répondre à une telle question ?

Cette fois-ci, le dessin de Sherlock Holmes m’a plu, avec ses cheveux plus court, il fait plus gentleman qu’avec ses cheveux longs et bouclés. Quant aux couleurs, elles sont chatoyantes et c’est un plaisir de les regarder.

Niveau scénario, ce n’est pas un branquignol qui est aux commandes : comme dans le tome 2, il se tient, on poursuit le mystère de la disparition du mari d’Irene aux Indes et on sent qu’on vient de mettre la main dans un nid de vipères avec ces compagnies du chemin de fer qui veulent être les seules à posséder l’affaire, quitte à magouiller en coulisses, ou plus, si possibilités.

— Tenez Irene. Le bijou est pour vous.
— Mais… Mais je ne peux pas accepter. Ce bracelet a bien trop de valeur !
— Pour vous remercier de m’avoir aidé à redevenir Sherlock Holmes et en témoignage du plaisir que me procure votre compagnie.
— Un plaisir partagé, soyez-en assuré, Sherlock !

L’affaire de la disparition de monsieur Norton ne sera pas résolue dans ce tome-ci, mais pas de panique, on ne glandouillera pas car nous aurons aussi une enquête sur un vol avec violence qui a eu lieu sur le bateau et des retrouvailles avec le Méchant de service qui ne rêve que d’une chose : tuer Lucky Luke !

Pardon, je voulais dire « qui ne rêve que d’une chose : tuer Sherlock Holmes ! ». Autant Jo Dalton était hilarant et plus bête que méchant, autant John Clay est un salopard de première.

Les auteurs nous offrent donc un album avec leur version personnelle du Grand Hiatus, version personnelle qui se tient.

Par ailleurs, nous avons droit à un récit où l’on ne s’embête pas, c’est rempli de mystères, de magouilles, de rebondissements, de situations dangereuse, de déductions et moi je dis « Vivement le prochain épisode » !

— Puis-je vous aider ? [Irene Adler]
— Vous le proposez de remplacer Watson ?… Je vous promets d’y réfléchir.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

Sherlock Holmes – Tome 2 – Retrouvailles à Strasbourg : Manunta & Seiter

Titre : Sherlock Holmes – Tome 2 – Retrouvailles à Strasbourg

Scénariste : Roger Seiter
Dessinateur : Giuseppe Manunta

Édition : Le Verger (06/10/2014)

Résumé :
Bruxelles, 28 avril 1891. Un télégramme informe Sherlock Holmes que le professeur Moriarty a lancé à ses trousses tous les criminels d’Europe.

Pour brouiller leur piste, le détective entraîne le docteur Watson dans le premier train en partance. C’est celui de Strasbourg.

Ce démarrage est authentique : il est dans le « Dernier problème » de sir Arthur Conan Doyle, qui ne fait passer à ses héros qu’une nuit à Strasbourg, avant de repartir pour la Suisse. Mais quelle nuit !

Critique :
Vous connaissez mes vices et Sherlock Holmes en fait partie ! Comment résister à une autre bande dessinée sur mon détective préféré ? Impossible !

Pourtant, j’avais l’impasse sur cette série, le premier album étant la mise en bédé d’un roman que je n’avais pas fort apprécié.

Éliminons d’entrée de jeu ce qui fâche : je  n’ai pas aimé la représentation physique que Manunta a faite de Sherlock Holmes, lui dessinant des longs cheveux pas coiffés. Par contre, à la fin de cet album, avec les cheveux recoupés, là j’aime bien !

Autre chose qui me fait froncer les sourcils, c’est la couverture qui reprend une scène qui n’existe pas dans l’album car l’homme avec le manteau brun qui tourne le dos ne menacera pas Holmes d’un révolver mais d’un piolet, cela ne se passera pas sur la place de Strasbourg et Irene Adler ne sera pas présente durant l’affrontement de ces deux hommes puisque ce sera aux chutes de Reichenbach.

Mais revenons à tout ce qui m’a plu dans cette bédé qui commence au moment où Holmes a quitté Londres pour Strasbourg, dans « The Final Problem ». Dans le canon holmésien, nos deux amis n’y restaient que le temps d’une nuit, ici, le scénariste reprend cette nuitée à l’hôtel et extrapole de manière convaincante.

Non, que les fans de yaoi se calment, pas de scènes de cul dans la chambre entre les deux hommes, on se calme, ils ne mangent pas de ce pain là, par contre, Holmes va devoir enquêter pour retrouver son ami et il recevra l’aide de LA femme, Irene Adler en personne.

Canoniquement parlant, le scénario se tient, il est plausible, l’enquête et le relevé des indices sont dignes de Sherlock Holmes et sans l’aide d’Irene Adler, il aurait eu plus de mal à s’en sortir.

Les dialogues entre eux sont savoureux, très corrects, et l’amateur de belles courbes aura même droit à la vision d’Irene Adler se déshabillant derrière son paravent, nous faisant l’honneur de nous montrer les courbes de son corps, de ses fesses et d’un morceau de son opulente poitrine…

— Bonsoir, monsieur Sherlock Holmes !
— Vous ?! Vous ici ?
— Je vois que vous vous souvenez de moi.
— Comment aurais-je pu oublier Irene Adler ?
— À vrai dire, depuis que j’ai épousé Godfrey il y a trois ans à Londres, mon nom est Irene Norton. Dois-je vous rappeler, très cher, que vous avez servi de témoin à cette union ?
— Non, rassurez-vous ! Cela non plus, je ne l’ai point oublié !

Mais revenons à des choses moins opulente pour parler du final de l’album qui est réussi, lui aussi, nous offrant une autre vision du duel Moriarty-Holmes qui reste tout aussi plausible que la version racontée par Watson à son agent littéraire Conan Doyle…

Une bédé qu’on lit d’une traite, un scénario sans temps mort, on bouge et on prend énormément de plaisir à suivre Holmes aidé de LA femme, tentant de retrouver ce pauvre Watson, enlevé par les sbires d’un sbire à Moriarty (oui, le petit personnel) et dont on ne sait pas où il est détenu.

Mais pourquoi ne l’avais-je pas acheté plus tôt, cet album ??

— Je… Je ne m’attendais pas à ce que vous m’offriez un portrait de vous.
— Ce n’est pourtant pas la première fois !
— Que !… Que voulez-vous dire ?
— Je fais allusion à une photographie que vous avez demandée à un monarque de notre connaissance, il y a trois ans… Bien que je doute que vous l’ayez apportée dans vos bagages !

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2016-2017),  le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, « A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), Challenge British Mysteries chez My Lou Book, le Challenge « Polar Historique » de Sharon et le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park.

[Sherlock Holmes] Crime en Bohême- The Royal Scandal (2001) [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 26/52]

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Crime en Bohême (The Royal Scandal) est un téléfilm américanocanadien réalisé par Rodney Gibbons et diffusé le 19 octobre 2001 sur Hallmark Channel.

1. Résumé :
Sherlock Holmes enquête sur une affaire de chantage, mêlant le prince héritier de Bohême, une princesse scandinave et une talentueuse chanteuse d’opéra…

2. Distribution :
Matt Frewer : Sherlock Holmes
Kenneth Welsh : Docteur Watson
Liliana Komorowska : Irene Adler
Seann Gallagher : Meisener
Daniel Brochu (en) : Wiggins
R.H. Thomson : Mycroft Holmes

3. Dates de sortie :
États-Unis : 19 octobre 2001
Canada : 6 janvier 2002
France : octobre 2003

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Ce que j’en ai pensé : Le seul crime ne serait-il pas d’avoir fait le film ?

Comme pour le film avec « Le chien des Baskerville, les ayants droit n’ayant pas donné leur autorisation, les scénaristes ont fait ce qu’ils voulaient, pour mon (notre) grand malheur.

Dès les premières images, j’ai écarquillé les yeux de surprise devant la scène d’ouverture qui nous laissait apparaître un Holmes avec des cheveux plus blonds que noirs (blonds ? J’ai bien vu ?), poursuivant un homme et puis se bagarrant avec lui.

Cette scène se passe trois jours après le début de l’affaire. Rassurez-vous, elle vous laisse déjà sur un suspense dont le final est plus que prévisible.

Ben oui, on s’en doute, de la fin !

Le film revient ensuite trois jours en arrière, sur le début de l’affaire, avec un prince déguisé comme au Carnaval, qui vient trouver Holmes au sujet d’une photo compromettante que l’on aurait prise de lui, au lit avec femme (à l’insu du prince, mais du plein gré de la femme).

Leurs tenues étaient celles d’Adam et Eve, feuille de vigne non comprise et leur occupation (horizontale ou verticale ?) devait être l’exploration d’une caverne obscure par le sceptre de Sa Majesté…

Anybref, sa position ne devait pas être très catholique ! Très embêtant, non ?

Bien que l’histoire du prince et de la photo compromettante nous fasse penser à « Un scandale en Bohème », le film n’a que peu à voir avec la nouvelle, le nom du prince allemand étant différent (von Hohenzollern) et la photo aussi (celle-ci étant classée X, vous ne la verrez pas).

Pour le reste, Matt Frewer est fidèle à lui-même et il joue mal, il surjoue, même.

Son Holmes n’est pas crédible. Encore moins quand il explique à papy Watson qu’il connaît bien Irène Adler – reconvertie en infâme maître chanteur dans le film – et qu’elle l’a déjà battue une fois. On saura tout…

Nous avons droit à un flash-back qui nous expliquera leur rencontre, à l’opéra, tandis que Irène donnait une représentation de « Magdalena ». Sirupeux à souhait, la cantatrice qui chante.

Envie de pleurer de rire tellement elle a l’air « déplacée », gesticulant, faisant de grands gestes tout en chantant en play-back. Toujours pas compris pourquoi le public (dont Holmes) était sous le charme.

Autant j’aime beaucoup Gayle Hunnicutt (Granada) et Rachel McAdams dans leurs rôles d’Irène Adler, ici, cette Liliana Komorowska, qui joue Irène, n’est pas à mon goût. Elle en fait trop et je n’ai ressenti aucun attachement avec le personnage.

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C’est d’ailleurs le problème de cette série de films : pour le moment, je n’accroche à personne. Les acteurs sont fades ou en font trop.

Cela m’a même fait soupirer le fait que Holmes avoue à Watson qu’il ne s’était jamais cru capable de ressentir des émotions et que là, il était subjugué devant elle.

En temps normal, ce genre de remarque m’aurait fait hurler de joie, et là : rien. Voir Holmes sous le charme de l’autre pouf me laisse de glace et lui, il se fait berner de la plus belle des façons (et de quelle manière elle le berne !).

Watson n’avait jamais eu droit à un tel déballage de confidences de la part de Holmes. Moi, je baille d’ennui. C’est vous dire. Ce genre de confidences aurait dû me faire sauter de joie. Là, rien !

Autre petit problème du film : le budget « cheval » devait être fort petit car j’ai vu passer plusieurs fois la même paire de chevaux, mais avec des attelages différents et ce fut pareil avec un cheval monté. Reconnaissable, en plus, avec sa croupe mouchetée de blanc.

Sérieusement, ça fait cloche qu’à chaque déplacement de Holmes, on le voit se promener en arrière-plan. Entre nous, ce n’est pas ça le pire.

Holmes aussi doit avoir des soucis de budget, Watson devant payer lui-même Wiggins (toujours le même, la trentaine bien engagée ! Pas crédible non plus).

De même qu’il est trop facile de faire discuter Irène et Meisener devant des fenêtres afin que Wiggins puisse tout voir ! La ficelle est trop grosse.

Mon nez fin avait flairé depuis longtemps l’odeur d’un complot et la suite me montrera que j’avais raison. Ça complote dans tous les coins au sujet de la photo porno du prince.

Mycroft viendra mettre son nez dans l’affaire et si Irène n’est pas crédible dans son rôle, le frère aîné de Holmes l’est encore moins. Lamentable.

Comme dans le Canon, Holmes se déguisera aussi en pasteur non conformiste, mais je me demande comment Irène ne reconnaît pas son visage anguleux.

Déguisement : zéro pointé ! Dieu que Frewer a mal joué la scène ! Et Irène ne vaut pas un clou non plus. Ils sont bien assortis, tiens.

Le seul bon point ira au jeune Lestrade, tout jeune, débutant dans la profession.

Le pitoyable est atteint avec un Holmes qui fait bien trop de courbettes devant Sa Majesté.

Majesté qui est ridicule avec son petit bouc pendouillant au menton et qui se prend pour un tyran despotique. Ou un despote tyrannique, au choix.

Holmes lui a passé de la crème à reluire pour cinq générations, au moins, lumbago compris à force de se courber devant lui. Ce n’est pas vraiment lui… Nous ne sommes pas devant la reine Victoria !

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On touchera tout à fait le fond quand Sa Majesté sera toute guillerette, prête à sortir cotillons et flonflons, croyant que toute l’affaire est résolue parce qu’Elle (Irene) a récupéré sa photo cochonne. Encore un acteur qui joue mal son rôle.

Juste une mention spéciale à Cadogan West qui joue bien le mort.

Puisque les ayants droits n’ont pas donnés leur accord pour l’histoire (comme susmentionné en haut), autant mélanger plusieurs nouvelles, n’est-ce pas ? On prend donc un peu de « Un scandale en Bohème », on le saupoudre de « Plans du Bruce Partington » et la sauce ne prend pas. Elle tourne à l’aigre, même.

Un autre détail me vient à l’esprit : un jour, je devrais faire une enquête poussée sur le fait que tous les méchants étranglent toujours leur victime par devant.

À moins de vouloir occire un homme en lui enfonçant la pomme d’Adam, je ne vois pas la raison d’accomplir cet acte par devant (je parle toujours de l’étranglement).

Bien trop difficile, la victime peut vous crever les yeux, si elle a les mains libres et en plus, étrangler à la main, c’est fatiguant et pas facile.

Messieurs les assassins, utilisez une fine cordelette et passez derrière la victime.

Messieurs les scénaristes, soyez crédibles dans vos tentatives d’étranglement. Sauf si votre le but est que la victime en réchappe…

Des autres détails m’ont frappé : le thé servit à Holmes ne fume pas, et lorsqu’il suivra une piste, à la fin, il ne regardera pas tout de suite au sol mais courra droit devant lui, comme s’il savait où il devait aller. Il a lu le scénario…

Sans oublier que dans tout bon film d’espionnage sur fond de complot royal ou de sauvegarde du pays, il y a les traîtres, les agents doubles, les vrais qui sont faux, les bons, les brutes, les truands, le Caïn…

Le gros déballage sera pour la fin du film, que j’ai accueillie avec plaisir (la fin, enfin !).

Pour en finir, je parlerai du titre du film en français « Crime en Bohème ». Ne cherchez pas de crime en Bohême, il n’y en a pas. Holmes n’y mettra même pas les pieds. Alors ? « Un scandale royal » n’était pas assez vendeur comme titre ?

Le crime serait-il celui que les scénaristes, à l’âme bohème, ont perpétré en écrivant un truc pareil ? Un crime de « lèche-majesté » que Holmes aurait effectué à force de courbettes ? Celui d’Irène qui est restée seule avec Holmes, se faisant surprendre par l’arrivée intempestive de Watson ?

La question reste ouverte, tout comme les coffres-forts (vous comprendrez l’allusion en faisant l’effort de regarder le film en entier, tout comme moi). Ma boîte à sarcasmes aussi, reste ouverte.

Pour le film, passez votre chemin, sauf si vous êtes maso ou que, comme moi, vous avez acheté le coffret, croyant passer de bons moments.

Les bons moments, je les passe dans mes critiques ! Là, je me fend la gu**** !

étoile 0

« A year in England » chez Titine (Juillet 2016 – Mai 2017), le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, le Challenge British Mysteries chez My Lou Book, Le Challenge Halloween (2016) chez Lou & Hilde.

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Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium : André-Paul Duchâteau & Guy Clair

Titre : Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium

Scénariste : André-Paul Duchâteau
Dessinateur : Guy Clair

Édition :  Bdétectives – Claude Lefrancq n°24 (1993)

Résumé :
Sherlock Holmes et son fidèle Watson sont appelés en Transylvanie par le comte Pokol, un des descendants du fameux comte Vlad Dracul, rendu célèbre par le roman de l’écrivain anglais Bram Stocker.

Certes, le comte Pokol ne croit pas aux vampires, mais les vampires, eux, croient à Pokol et en profitent pour terroriser le manoir et ses habitants.

Mais s’agit-il de vampires ? Holmes n’en est pas convaincu, d’autant que le cocher du comte, l’énigmatique Orga, est troublant.

Sherlock et Watson se mettent en chasse. Une chasse qui va les mener à Saint-Pétersbourg où ils rencontreront le moine fou Raspoutine; un être qui – déjà – les déteste…

Critique :
What The Fuck ?? C’est ainsi que ce résume le mieux cette bédé qui nous emmène en Transylvanie, chez un descendant du fameux comte Vlad Dracul.

Sherlock Holmes et le docteur Watson (toujours aussi mal dessiné tous les deux) vont affronter la neige, les forêts plus profonde que la Gorge du même nom (arrêtez la machine à fantasme, les mecs) et devront faire face à des loups qui n’aideront pas leurs collègues de France à mieux se faire voir…

Ici, on surfe, pardon, on ski sur le l’élément fantastique en plein et mes relectures de cette collection ne la fait jamais remonter dans mon estime.

Tout ici n’est que bizarreries, loufoqueries, trucs pas nets et pas holmésiens pour un franc cinquante.

Il faut dire aussi qu’un nain et Orga, le cocher aussi aimable qu’une porte de prison tuera quelqu’un avec une béquille en aluminium qui en réalité un fusil transformé…

Holmes et Watson se retrouverons à suivre la piste des zozos dans la neige et le froid. Je n’en dis pas plus, sauf que Holmes porte toujours cette foutue cape et sa ridicule casquette qui me mettent en rogne.

Bon, le livre ne vaut vraiment que pour la présence d’Irene Adler et du fait que Holmes signale à Watson – juste devant l’affiche où l’on voit Irene – qu’il est allé à de nombreux concerts. Le regard de Watson est éloquent…

Bon, ensuite, notre détective sauve la vie de la miss Adler et la voilà étendue sur le lit de Holmes, soignée par le docteur Watson… Mais que c’est cochon, ce livre. Une femme, deux hommes et de nombreuses possibilités. Ben même pas une scène de cul pour me remonter le moral…

Le must c’est quand la belle demande à Holmes de l’appeler « Irène », comme par le passé le tout sous des toussotements de Watson. Là, j’ai pris mon pied.

Le meilleur moment reste quand elle lui avoue qu’elle l’aime, perturbant Holmes qui s’engage tout de même dans le chalet en feu, poussant Watson.

Non, ils ne finiront pas ensemble, les méchants ayant obligé Irène à fuir vers la frontière. Nous la retrouverons dans l’album « la vieille Russe » dont je vous parlerai durant le Mois Anglais si j’ai encore envie de me faire mal.

Pour le reste, beaucoup de fantastique ! Duchâteau en est coutumier, ainsi que des fins pas très explicite du tout.

On dirait que sur la fin, il s’est rendu compte qu’il n’avait pas tout expliqué. Deux phylactères plus loin, c’est fait et j’ai pas tout pigé…

étoile 1

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes : Guy Ritchie [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 21/52]

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Sherlock Holmes est un thriller réalisé par Guy Ritchie, sorti en 2009. Écrit par Mike Johnson, Anthony Peckham et Simon Kinberg, il est adapté du comic book jamais publié de Lionel Wigram et d’après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle.

Il met en scène Robert Downey Jr. dans le rôle-titre et Jude Law dans celui du Dr. Watson, ainsi que Rachel McAdams en Irène Adler et Kelly Reilly en Mary Morstan.

Le film est sorti aux États-Unis le 25 décembre 2009, le 6 janvier 2010 en Belgique et le 3 février 2010 en France.

Une suite, intitulée Sherlock Holmes : Jeu d’ombres, est sortie en décembre 2011 (Belgique) et en janvier 2012 pour la France.

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1. Synopsis :
Après être enfin venu à bout du tueur et occulte « magicien » Lord Blackwood, le légendaire détective Sherlock Holmes et son assistant le Dr Watson peuvent clore un autre cas brillamment résolu. Mais quand Blackwood revient mystérieusement d’entre les morts et reprend ses sombres activités, Holmes doit repartir sur ses traces.

Devant gérer la nouvelle fiancée de son partenaire et le commissaire Lestrade, chef de Scotland Yard, le détective intrépide doit démêler les indices qui le mèneront vers une série de meurtres tordus, des tromperies et de la magie noire, ainsi que l’étreinte mortelle de la tentatrice Irène Adler.

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2. Fiche technique :

  • Titre original : Sherlock Holmes
  • Réalisation : Guy Ritchie
  • Scénario : Mike Johnson, Anthony Peckham et Simon Kinberg, adapté du comic book de Lionel Wigram et d’après les personnages créés par Sir Arthur Conan Doyle

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3. Distribution :

  • Robert Downey Jr. : Sherlock Holmes
  • Jude Law : Dr. John Watson
  • Rachel McAdams : Irène Adler
  • Mark Strong : Lord Henry Blackwood
  • Kelly Reilly : Mary Morstan
  • Eddie Marsan : Inspecteur Lestrade
  • James Fox : Sir Thomas
  • Hans Matheson : Lord Coward

« Tout a commencé avec ma propre lecture des romans d’Arthur Conan Doyle, et l’image que j’avais de Holmes. Historiquement, ce n’est qu’au début des années 1930, avec l’interprétation de Basil Rathbone, que Holmes s’est mué en une sorte de gentleman british. Mais lorsque vous vous replongez dans les livres, Holmes est un personnage beaucoup plus moderne que ça. Il a même un côté un peu bohémien et peut passer deux semaines sans se raser ni se laver. J’ai vraiment essayé de rester le plus proche possible de ce que Conan Doyle avait créé. » — Lionel Wigram, Studio Ciné Live

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Adler-and-Holmes-sherlock-holmes-and-irene-adler-31023312-301-430Ce que j’en ai pensé :
Je commencerai tout d’abord par vous parler de ce que j’ai ressenti à l’époque, quand il est sorti et que je pus le voir via un téléchargement illégal via mon PC (début 2010). Le pied !

Exit l’horrible Deerstalker, ce chapeau anglais totalement ridicule, jusqu’ici emblématique des enquêtes de Sherlock Holmes dont les réalisateurs l’affubleront non stop, même à l’opéra !

Mon détective préféré avait été complètement rénové !

On nous proposait un Sherlock Holmes sexy, jeune, musclé, un peu fou, dynamique, drôle, prétentieux, accompagné d’un Dr Watson tiré à quatre épingles, sexy aussi, pas un vieux croulant comme on nous offre habituellement, un Watson qui allait faire chavirer les coeur, le tout avec de l’action, des explosions, des courses-poursuites, des complots, du mystère, du suspense…

Sans oublier une idylle entre Holmes et Irene Adler, de l’humour, des taquineries entre Holmes et Watson, des déductions, une musique de Hans Zimmer que j’écoute toujours tant je l’aime.

Les impressions qui sont venues ensuite, avec le temps et les multiples visionnages, sont un peu plus critiques.

La scène d’ouverture, remplie de cascades et d’une voiture tirée par des chevaux qui roule dans la nuit londonienne débouche ensuite sur une scène qui m’a fait penser à celle dans « Le secret de la pyramide » ou dans un « Indiana Jones » avec tout ces cagoulés faisant partie d’une secte.

Ça bouge beaucoup, on se bat, ça pétarade, on s’éloigne des enquêtes habituelles de Holmes mais bon, ça ne me dérange pas.

Ensuite, on va retrouver Holmes dans son appart, tentures tirées, aussi énergique qu’un mollusque écrasé sur une plage. Et là, au 221B, c’est un bordel monstre ! Quant à Holmes… heu…

Certes, on nous a offert un Holmes plus jeune, mais bordel de Dieu, fallait-il en faire un espèce de bohémien débraillé qui se comporte – au resto – en rustre envers la future femme de Watson alors qu’il est un gentleman ?

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Fallait-il le faire sale et pas lavé ? Non, messieurs ! N’en déplaise à Lionel Wigram, concepteur du comics jamais publié qui dit que Holmes « peut passer deux semaines sans se raser ni se laver » mais je lui demanderai où il a lu ça parce que Holmes avait la propreté d’un chat !

Certes, s’il avait dû se déguiser en mendiant, il aurait sans doute fait en sorte de ne pas passer chez cheveux avec des lotions de chez madame Bettencourt, ni faire en sorte que son interprétation du mendiant le soit avec des ongles manucurés ! Mais de là à être à la limite de l’hygiène, il y avait un pas à ne pas franchir !

Autre chose qui m’avait chagriné c’est le fait que l’amitié qu’il y avait entre Holmes et Watson soit tournée en truc gay-friendly et que Holmes soit si opposé que ça au mariage de Watson, comme  un enfant égoïste qui ne veut pas que on l’abandonne.

Le Holmes canonique n’est pas ainsi et faut arrêter de tout mettre à la sauce homo parce qu’à la fin, ça devient chiant…

L’hétérosexualité n’a peut-être plus la cote, mais si ces amatrices de yaoi veulent qu’on paie leurs pensions lorsqu’elles auront 67 ans, va falloir se reproduire et là, faut toujours un ovule et des spermatozoïdes que je sache ! mdr

Ne me faite pas dire non plus ce que je ne n’ai pas dit ! Je n’ai jamais défilé pour l’interdiction du mariage homo, il est même passé chez nous dans l’indifférence totale, ils font ce qu’ils veulent, après tout… Mais qu’on arrête un peu de mettre tous les personnages des romans à la sauce homo, nom d’une pipe ! Fin de la parenthèse.

Malgré les fines allusions à ce que Sherlock aurait pu faire avec Irene (et oui, je parle bien de sexe), la majorité s’obstine à nous en faire un homo refoulé amoureux de son Watson.

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Quant à l’utilisation de Irene Adler, une aventurière qui était tombée amoureuse du futur couronné de Bohème et qui avait juste voulu se venger après qu’il l’eut laissé choir pour une autre femme plus de son rang, on nous la reconvertie en voleuse de grand-chemin, femme fatale pour les autres hommes, mais qui vient se ressourcer dans les bras de Holmes, qui l’aime mais qui chipote avec un certain Moriarty…

« Vous êtes ma seule faiblesse » dira-t-elle à Holmes.

Envie de chialer tellement c’est beau !

Bon, un autre truc qui fait tache aussi, ce sont les explications de fin…

J’ai ressenti l’horrible impression que le scénariste les avait oubliées et qu’il les a balancées entre deux scènes d’explosion, vite fait, bien fait…

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Malgré ces petites choses qui me font grincer des dents et le fait que je trouve dommage que pour faire venir les gens voir un film il faille leur offrir des explosions, des complots en tout genre, une touche de fantastique, des cascades qu’un véritable Holmes n’a jamais fait dans les romans, des courses-poursuites et toussa-toussa, j’apprécie toujours autant revoir le film, écouter sa musique, m’amuser des petites répliques assassines entre Holmes et Adler.

Le film fait passer du bon temps avec un Sherlock remasterisé, remit à une autre sauce pour faire entrer les jeunes au ciné et pas les vieux holmésiens en déambulateur.

Par contre, les jeunes filles qui ont découvert Holmes via ce film et qui liront ensuite les aventures canoniques risquent de les trouver bien fades face à cette aventure où ça court, ça saute, ça bouge, dans tous les sens et où les crimes ont l’air d’avoir été commis par le diable en personne… Mhouhahahaha

Je le dis aussi avec franchise, en 2010, juste après avoir vu le film, j’aurais mis 4,5/5 mais avec le recul, je vois mieux les défauts, et donc, 3,5 parce que malgré tout, c’est Sherlock et qu’il était sexy, même si un peu barakî (1) sur les bords !

Par contre, avec la suite, là, j’ai eu beaucoup plus de mal (The game of shadows) !

Étoile 3,5

(1) Du wallon barakî signifiant « forain, celui qui vit dans une baraque ». En Belgique, le mot est utilisé dans le langage familier et insultant puisqu’il concerne les personnes sans manières, qui s’habillent mal, souvent habillés en training, qui passent leur temps à crier sur leurs enfants déguenillés et qui, le plus souvent, parle mal le français. C’est le stéréotype parfait des personnes de basses classes et si à votre age vous n’avez jamais vu une maison d’un barakî, ben vous avez raté votre vie, là ! PTDR

.Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park, Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016 et Le Mois anglais 2016 (Saison 5) chez My Lou Book et Cryssilda.

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Sherlock Holmes – Détective consultant : John Bastardi Daumont

Titre : Sherlock Holmes – Détective consultant                        big_2

Auteur : John Bastardi Daumont
Édition : Editions de la Martinière (2014)

Résumé :
Son nom est synonyme de détective privé, mais aussi d’acuité intellectuelle, de vélocité d’esprit. Pour certains, il a réellement existé, tandis que d’autres ont tout simplement oublié son géniteur, Conan Doyle.

John Bastardi Daumont a enquêté durant deux ans pour retracer la biographie du plus populaire des héros de fiction policière : il a parcouru l’Angleterre afin de recréer le parcours de Sherlock Holmes.

Les sociétés holmésiennes les plus célèbres comme la Sherlock Holmes Society of London ou des fonds documentaires uniques, comme celui de la bibliothèque de Marylebone, l’ont aidé dans ses recherches.

Plus qu’une simple biograhie, cet ouvrage analyse la méthode holmésienne à l’aune des méthodes scientifiques contemporaines.

Ainsi, le lecteur y apprend autant sur Sherlock Holmes que sur la police scientifique moderne.

Enfin, l’auteur analyse les raisons du succès de ce personnage victorien à travers ses réussites, ses rencontres, ses extravagances démontrant ainsi que Sherlock Holmes est plus vivant que jamais.

Critique : 
La première chose qui m’est venu à l’esprit lorsque je l’ai acheté à sa sortie, c’est que je tenais dans mes mains un bien bel ouvrage.

Pages épaisses, pas en papier glacé (j’aime pas le papier glacé), belles illustrations…

Ensuite, il y a eu la polémique et le tacle, assassin mais justifié, du président de la SSHF (Société Sherlock Holmes de France) car le livre était bourré de fautes dans des dates ou dans l’orthographe de certains prénoms (Oracio au lieu de Horatio, celui des Experts Miami, pour ne citer qu’elle).

Sans vouloir revenir sur l’affaire ou mettre du pétrole sur le feu, il y a bel et bien des omissions ou des raccourcis qui sont malhabiles. L’auteur sait sans doute de quoi il parle, mais le lecteur n’étant pas dans sa tête, comment arriver à saisir le sens de ce qu’il sous-entend par-là ?

Sincèrement, je ne sais pas comment je dois interpréter un « Andrew Scott a donné de Sherlock Holmes, une interprétation remarquable… ». Moi, dans ma tête, je me dis qu’il y a erreur, c’est Benedict Cumberbatch qui interprète Holmes, pas Andrew Scott qui lui a le rôle de Moriarty.

Serait-ce un private joke sur le fait que certains holmésiens pensent que Holmes et Moriarty ne sont qu’une seule et même personne ???

Si c’est le cas, seul un holmésien peut comprendre ou y penser, mais je vous avoue que c’est bête de noter pareille chose sans l’expliquer.

Une personne non initiée pourrait prendre pour argent comptant le fait que ce soit Andrew Scott qui joue le rôle de Sherlock.

Oui, le livre est truffé de fautes, plus ou moins grosses et je vous le dis de suite, sans la SSHF pour les énumérer toutes, certaines seraient passées à la trappe dans mon esprit parce que je ne suis pas érudite dans la chose.

Un lecteur qui voudrait en savoir plus se retrouverait avec des renseignements totalement faux pour certains.

Holmes a pris sa retraite en 1903 et pas en 1930 comme renseigné dans le livre.

« Conan Doyle a écrit quatre nouvelles et cinquante-six histoires courtes ». Non, c’est 4 romans et 56 nouvelles, les mots sont importants ! Mary devient Marie, Irene se retrouve avec un accent (Irène).

« Holmes suscite depuis cent cinquante ans, de façon ininterrompue, une littérature apocryphe et de commentaires. ». Datant de 1887 (première publication), cela fait… 127 ans puisque l’ouvrage présent est paru en 2014.

Bref, même si cet ouvrage est bien fait au niveau du design, il présente de nombreuses coquilles et des erreurs monumentales que pour être conseillé.

Lorsqu’on les connait (voir ICI), il suffit de les imprimer et de lire l’ouvrage avec la liste sous les yeux, mais tout de même, vu son prix, ça fait mal !

Dommage, j’en attendais beaucoup… WTF !!

BILAN - Minion mauve - WTF OK

Challenge « Thrillers et polars » de Canel (2014-2015), Challenge « Polar Historique » de Sharon, Challenge « Victorien » chez Camille, Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Mois Anglais (Juin 2015) chez Titine, Lou et Cryssilda.

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[Série] Elementary – Saison 1 : Une série qui a mis des nichons à Watson

Synopsis :

Le célèbre détective venu de‭ ‬Londres, Sherlock Holmes, habite à New York. Tout juste sorti d’une cure de désintoxication, il est contraint de cohabiter avec son sobre entraîneur, le Dr Joan Watson,‭ ‬ancienne femme chirurgien reconvertie dans l’assistanat.‭ ‬

Les capacités d’observation et de déduction d’Holmes et l’expertise médicale de Watson servent à résoudre les affaires les plus impossibles du NYPD.

Distribution :

 1. Acteurs principaux :

  • Jonny Lee Miller : Sherlock Holmes
  • Lucy Liu : Joan Watson
  • Aidan Quinn : Capitaine Tobias Gregson
  • Jon Michael Hill : Détective Marcus Bell

Production :

Le‭ ‬23  octobre  2012, la chaîne a commandé neuf épisodes supplémentaires, soit un total de 22 épisodes.

Le 15  novembre  2012, CBS a commandé deux épisodes supplémentaires, soit un total de 24 épisodes.

Diffusion :

Aux‭ ‬États-Unis, la série est diffusée depuis le 27  septembre  2012 sur CBS.
Au‭ ‬Canada, la série est diffusée en simultané sur le réseau Global. La série a été diffusée début 2014 sur RTL-TVI, chaîne Belge.

Épisodes en anglais – Saison 1 :

  1. Pilot‭
  2. While You Were Sleeping
  3. Child Predator
  4. The Rat Race‭
  5. Lesser Evils
  6. Flight Risk
  7. One Way to Get Off
  8. The Long Fuse
  9. Do It to Yourself
  10. The Leviathan
  11. Dirty Laundry‭
  12. M
  13. The Red Team
  14. The Deductionist
  15. A Giant Gun,‭ ‬Filled with Drugs
  16. Details
  17. Possibility Two
  18. All Over Again
  19. Snow Angels
  20. Dead Man’s Switch
  21. ‭ ‬A Landmark Story‭
  22. Risk Management‭
  23. The Woman‭
  24. Heroine‭

Détective Marcus Bell

Similitudes entre les romans et la série :

Comme dans les romans d‭’‬Arthur Conan Doyle, Sherlock Holmes est apiculteur amateur et possède une ruche sur le toit de son immeuble. Mais dans les romans, il faut attendre sa retraite pour le voir s’occuper d’abeilles, à Londres, il n’en possédait pas.

Sherlock Holmes est violoniste et bien qu’il tente de brûler son violon lors de l’un des premiers épisodes,‭ ‬il en joue à nouveau à la fin du même épisode. Dans les romans, il n’a jamais tenté de brûler le sien qu’il avait acheté pour 55 shillings chez un brocanteur de Tottenham Court Road.

Les tatouages de l’acteur‭ ‬Jonny Lee Miller sont authentiques et ont été inclus dans l’apparence de Sherlock qui, canoniquement parlant, n’a jamais parlé qu’il avait des tatouages…

Le premier épisode de la saison montrera le mythique‭ ‬221B Baker Street, adresse de l’appartement de Sherlock à Londres.

J’en ai pensé quoi au tout début ?? [Avant diffusion]

Ben, pour être franche, au départ, sur papier, lorsqu’on m’en a parlé pour la première fois, je n’étais pas très chaude chaude à l’idée d’un Sherlock Holmes en Amérique.

C’est vrai quoi, on avait déjà l’excellente série « Sherlock » de la BBC, alors, pourquoi en refaire une autre qui transposerait Holmes dans notre époque ?

Sans compter qu’il pourrait y avoir des similitudes entre les deux séries… De ce côté là, Sue Vertue, femme de Moffat, a fait très attention à la série américaine afin qu’il n’y ait pas de plagiat.

En plus, le Watson version femme ne me bottait pas du tout !

Pour ce qui était de Sherlock Holmes, les américains avaient l’habitude, ayant déjà mis en scène quelques films :

  • Les américains sont tout de même à l’origine de la série avec Rathbone-Bruce qui, aujourd’hui encore, est considérée avec le même respect par les holmésiens et les cinéphiles.
  • Bien qu’Autrichien d’origine, Billy Wilder a fait toute sa carrière aux states, dirigé Marilyn Monroe ou Kirk Douglas, et nous a quand même offert : « La vie privée de Sherlock Holmes ».
  • Nicholas Meyer est américain mais, aussi bien son pastiche « La solution à 7% » que le scénario du film qu’il en a lui-même tiré (film produit par Universal, firme américaine, dirigé par un réalisateur américain, Herbert Ross, avec des comédiens américains et britanniques) sont excellent.
  • Sheldon Reynolds était un producteur américain qui est à l’origine de deux excellente séries télé: celle des années 50 avec Ronald Howard et celle des années 80 avec Geoffrey Whitehead.
  • Thom Eberhardt est américain et a réalisé ce qui demeure la meilleure parodie holmésienne jamais réalisée à ce jour: « Without a clue », avec Ben Kingsley et Michael Caine.
  • « Meurtre par décret », de Bob Clarck nous vient aussi du « nouveau monde » (même si c’est un film canadien et non américain).
  • « Le secret de la pyramide », de Barry Levinson, produit par Spielberg, fait généralement la joie des holmésiens. Or, c’est un film… américain, oui.
  • Les BSI, c’est tout de même le nec plus ultra pour chaque holmésien et ce sont bien des américains qui l’ont mise sur pied, cette société, non ?

Malgré tout, la série enchaînait les handicaps  :
— Adaptation de livres : on sait que si fidèle au livre, plus de surprises
— Remise au goût du jour d’une icône connue : ça peut passer mal !
— Délocalisation à New York, en 2012 : Holmes qui n’est pas à Londres, c’est un peu moins Holmes, non ?
— On change le sexe et la nationalité d’un personnage principal : Watson qui va se voir affublé d’une paire de nibards, avec toutes les déviances que cela pouvait donner entre les deux personnages.
— Le sujet était déjà actuellement adapté dans une série britannique de grande qualité et dans deux films populaires : trop de Holmes pourrait-il tuer le Holmes ?

Afin de sortir du lot et éviter les procès pour plagiat « Elementary » devait absolument s’éloigner de la comparaison obligée avec Sherlock BBC, la version anglaise proposée par Steven Moffat, et, dans une moindre mesure, avec « Sherlock Holmes », les films d’action de Guy Ritchie avec Jude Law et Robert Downey, Jr.

Beaucoup de choses à faire ou ne pas faire pour un départ… sans compter des fans qui ne trouvait pas que Jonny Lee Miller soit un Holmes.

Alors docteur, l’autopsie, ça donne quoi ??

Ben tout compte fait, vu que je m’attendais au pire, j’ai été agréablement surprise ! Je ne crierai pas « au génie » mais j’ai passé un bon moment en visionnant la série.

Ok, Jonny ne sera pas mon Holmes favori, d’ailleurs, je le verrais plus comme un « descendant » de Holmes ou s’inspirant de ses méthodes, que comme un Holmes à part entière.

Malgré tout, l’acteur m’a plu dans son jeu de mimiques, son phrasé rapide, genre « 800 mots minute », sa manière de se tenir…

Si au départ j’ai fait la soupe à la grimace en apprenant que Watson sera une femme, j’ai vite compris que le choix de Lucy Liu était excellent dans la mesure où elle se révèle, comme dans le canon, un compagnon fidèle pour Holmes, le secondant et servant de garde-fou à l’homme.

De plus, Holmes, dans la série, ayant subi une cure de désintoxication, ce Watson là n’est là – en principe – que pour un temps très court, juste pour assurer son rôle de compagnon de probité et c’est tout.

Il était intéressant de voir comment les scénaristes allaient amener Joan Watson à rester auprès de Holmes sans tomber dans le guimauve ou les faire jouer la bêbête à deux dos… Je reconnais que ce fut bien amené, lentement, sûrement et hop, emballé c’était pesé.

Juste un truc qui me chiffonne : Holmes est accro aux flics du NYPD et semble lorgner sur son téléphone à longueur de journée dans l’espoir d’un appel à l’aide de la part de ces pieds nickelés préférés… Sorry, mais j’aurais bien aimé avoir un Holmes qui ne dépendrait pas des miettes des flics mais qui aurait reçu des clients chez lui, comme dans le canon.

S’il y a des éléments canoniques dans le série (le cerveau qu’il ne faut pas encombrer inutilement), le reste s’éloigne assez fort des romans originaux, essayant de rester fidèle à l’esprit tout en innovant pour s’éloigner un maximum de sa sœur anglaise de la BBC qui elle, tend plus à adapter à sa sauce les histoires de Holmes.

Petites choses qui restent les mêmes : Holmes est un accro de la nouvelle technologie et utilise souvent son smartphone, les PC, la télé (il en possède 6 ou 7, allumées en permanence) et l’Internet.

Je dirais que la série « Elementary » tient plus d’un « Mentalist » ou d’un « Castle » que d’un Sherlock Holmes.

Une sorte d’amitié se noue entre Watson et Holmes et je croise les doigts qu’ils ne finissent pas dans le même lit. D’ailleurs, il y a plus de sous-texte ambigu entre Holmes et Watson dans les films de Ritchie que dans la série de CBS.

Le respect entre les deux personnages est bien présent aussi mais il évolue durant la saison, leur départ se faisant un peu avec froideur.

De « curieuse » et « désintéressée », Watson comment tout doucement à s’intéresser aux affaires du client qu’elle doit baby-sitter, Holmes se rend compte qu’elle peut lui être utile et il finira par lui apprendre ses techniques. Avec Holmes comme mentor, elle n’est pas au bout de ses surprises pour ses exercices !

Leur passé respectif nous est dévoilé à petites doses, au fur et à mesure des épisodes, un petit suspense étant même entretenu au sujet d’une certaine Irene Adler… Holmes se renfermant comme une huître de Bretagne à la mention de son nom.

Les scénaristes nous ont même ménagé quelques petites surprises durant la première saison, se moquant de nous ou jouant avec nos pieds, dans le bon sens du terme, ce qui ne fut pas toujours pour me déplaire.

Donc, à chaque épisode, un crime a lieu et on assiste au raisonnement de Holmes, assisté de Watson, sur la résolution d’un problème complexe : comment une femme dans le coma peut commettre des meurtres (1.02) ou comment retrouver la fille kidnappée de son ancien dealer sans impliquer la police (1.15).

Les scénaristes ont par contre un peu foiré leurs épisodes dans le sens où la trame est souvent la même… Holmes résout l’affaire en peu de temps, mais oups, il y a un os, une faille, un oubli et l’intrigue est relancée.

Ok, c’est un bon plan pour ne pas terminer les épisodes en 20 minutes, mais on parle de Holmes qui, bien qu’ayant commis des erreurs et n’étant pas infaillible dans le canon, n’en est tout de même pas au point de se planter à chaque fois ! J’aurais aimé une autre manière de faire durer les épisodes.

Point positif, Watson n’est pas une conne ou une crétine, elle sait réfléchir et ne reste pas non plus béate d’admiration pour Holmes, le filet de bave compris au coin des lèvres. Non, pas de vénération bête et tant mieux !

Elle arrive même à s’accommoder de ses excentricités… enfin, pas toujours ! Quand vous avez un rancart, vous n’avez pas trop envie à votre retour que votre colloc vous fasse le topo de votre soirée ratée.

Watson n’aura pas la vie facile en étant compagne de probité de Holmes, lui qui court partout pour ses enquêtes. On sent qu’elle aime l’univers que le détective lui a fait découvrir.

De l’autre, Holmes n’apprécie pas que Watson enquête sur son passé. Joan lui dénie la maitrise de l’évolution de leur relation sur ce terrain.

Niveau personnages secondaires, là, on est très mal servi. Que se soit au niveau de l’inspecteur Gregson (Aidan Quinn) ou du détective Bell (Jon Michael Hill).

Inspecteur Gregson

Le premier est l’homme qui a connu Holmes à Londres, mais qui ne sait rien de son passé de junkie. C’est lui qui a fait « entrer » Holmes dans les enquêtes de la NYPD.

Quant au second, on a l’impression qu’il n’est là que pour qu’il y ait un black dans la série ou comme excuse pour forcer Holmes a exprimer à voix haute son raisonnement. Dommage…

Il faut attendre sept épisodes pour qu’on en apprenne un peu plus sur Gregson, mais surtout, ce n’est qu’au treizième épisode qu’une confrontation entre lui et Sherlock rend le personnage bien plus intéressant. Purée, il était temps !!

Comme je vous disais au sujet du détective Bell, il est montré comme le flic qui ne voit pas ce que Sherlock voit et qui ne le croit jamais ou difficilement, alors que Holmes a largement fait ses preuves…
Heureusement, son personnage subira lui aussi une transformation. Enfin, les scénaristes réparent leur bourde monumentale, ayant compris que les personnages secondaires sont aussi importants que les autres.

Il aura même droit à avoir son propre épisode (1.16) où Sherlock chantera ses louanges. Alors que la relation Gregson-Holmes se tend, celle de Sherlock avec Bell devient beaucoup plus respectueuse et amicale où point où Holmes ira jusqu’à mentir pour le protéger (1.16).

Mauvais point total pour le méchant Moriarty qui n’a pas l’étoffe de celui de la BBC… Déçue je fus !

Bref, rien de nouveau sous le soleil, mais une série qui se regarde avec plaisir pour l’évolution de ses personnages et la recherche pour quelques unes de ses intrigues dont je n’avais pas vu venir la solution.

C’est tout de même à voir… ça fait passer le temps de manière agréable.

Sherlock Holmes et le fantôme de l’opéra : Nicholas Meyer

Titre : Sherlock Holmes et le fantôme de l’opéra

Auteur : Nicholas Meyer
Édition: Archipoche (2010)

 
Résumé :
Sherlock Holmes, coulant des jours heureux dans sa retraite du Sussex, est pressé de questions par son ami Watson… Que s’est-il passé durant ces deux années où le détective est sensé avoir disparu dans les chutes de Reichenbach ? Et où est-il allé ?

1891. Alors que toute l’Angleterre le croit mort et enterré Sherlock Holmes, fin mélomane, vivote à Paris en donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt.

Apprenant que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste, il parvient à se faire engager. Mais, très vite, il découvre que le Palais Garnier est le théâtre d’évènements étranges.

Le fantôme de l’opéra existerait-il ? A défaut, comment expliquer les accidents qui y surviennent ? Et les voix que chacun dit entendre résonner dans le labyrinthique édifice ?

Chargé de protéger une jeune soprano, le célèbre détective va se lancer dans une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain. Une course contre la montre … et la police française.

Critique :

Mais que diable à donc pu faire Sherlock Holmes durant les trois années que durèrent le Grand Hiatus ? Si vous voulez la réponse qu’il donna à Watson, je vous invite à aller lire la nouvelle « The Empty House » (la maison vide) dans le canon holmésien (recueil intitulé « Résurrection de Sherlock Holmes »).

Pour ceux qui seraient sceptiques (comme la fosse, mais ça s’écrit pas pareil), je les invite à lire ce petit roman de Nicholas Meyer.

An de grâce 1891. Toute l’Angleterre le croit mort et enterré. Toute ? Oui, toute !

Mais Sherlock Holmes n’est pas tombé dans les chutes de Reichenbach et, en fin mélomane qu’il est, il se retrouve à Paris, donnant des cours de musique sous un nom d’emprunt jusqu’à ce qu’il apprenne que le prestigieux orchestre de l’Opéra recrute un violoniste.

Le voilà engagé… Un travail pépère ? Que nenni ! Déjà que l’Opéra Garnier va engager une certaine soprano de notre connaissance et qui va donner quelques bouffées de chaleur au détective.

Toute l’Angleterre le croyait mort, et bien maintenant, on peut dire qu’une femme, LA femme, sait que non (elle résiste encore et toujours à son charme… mais pour combien de temps ?) : Irène Adler is back !

Patatras, si Holmes croyait se la couler douce tout en admirant la belle Irène, c’est rappé parce que le Palais Garnier est le théâtre d’évènements étranges.

Il y a un fendu pantôme ! Pardon, je parlais d’un fantôme et il n’est pas pendu. Par contre, faudra revoir la police d’assurance de l’opéra… Tout ces accidents qui y surviennent, ça fait mauvais genre.

Tiens, Jeanne d’Arc est revenue ? Oui, certains entendent des voix résonner dans le labyrinthique édifice…

Un vrai délice, ce pastiche ! Sherlock Holmes, Irène Adler… What’else ? Heu, des détails cocasses et coquins ? Ok, je sors.

Notre détective préféré qui est chargé de protéger la belle soprano,  une chasse à l’homme à travers le Paris nocturne et souterrain, une course contre la montre sans produits dopants… et le fantôme de l’opéra.

Un excellent moment de lecture, un Holmes plus humain, avec un coeur qui fait « boum, boum », de l’aventure avec un grand A, jubilatoire. Surtout la dernière phrase… hé, hé, hé, y’en a deux qui n’ont pas dû s’emmerder.

Bon, je ne connais rien au fantôme de l’opéra, donc, je ne puis me prononcer sur la justesse ou non de ce mythe (pour les mythes, je conseille la lavande, ça sent meilleur que la naphtaline), mais que ce soit au niveau de l’écriture, de l’histoire, rien à dire.

Du rythme et c’est trépidant dans la course-poursuite.

Livre participant au Challenge « Thrillers et polars » de Liliba, au Challenge « Polar Historique » de Samlor, au Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddic, au Challenge « I Love London » de Maggie et Titin, au Challenge « Le mois anglais » chez Titine et Lou et au Challenge « Victorien » chez Arieste.

CHALLENGE - DEstination la PAL CHALLENGE - Faire fondre la PAL

 

Le mystère Sherlock Holmes : Pièce de théâtre

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« Le mystère Sherlock Holmes » de Thierry JANSSEN

Mise en scène : Jasmina DOUIEB
Costumes : Ronald BEURMS

Avec :
Nicolas OSSOWSKI (SHERLOCK HOLMES)
Othmane MOUMEN (WATSON)
Ana RODRIGEZ (IRENE ADLER)
Jo DESEURE (LA COMTESSE)
Gérald WAUTHIA (OSWALD)
Thierry JANSSEN (RICHARD)
Didier COLFS (LESTRADE)

Quand : Du jeudi 18 avril au samedi 18 mai 2013

Où :Théâtre Royal du Parc, rue de la Loi, 3 à 1000 Bruxelles

2356227217.3Et oui, désolé de vous apprendre que c’est trop tard et que vous ne pourrez pas voir cette super pièce… Moi même, je suis allée la voir durant le long week-end de l’ascension et là, c’est fini…

Bon, pour que vous séchiez vos larmes, je vais vous parler de la pièce et vous dire tout le bien que j’ai pensé d’elle.

Parce que, il faut dire une chose, il n’est pas évident de rallier des spectateurs de tout âge avec une pièce sur le détective le plus célèbre.

Thierry Janssen, le metteur en scène y est parvenu, réussissant le tour de force de plaire à une holmésienne telle que moi et de plaire aussi à mon homme,  néophyte en la matière. La seule différence étant que moi j’ai repéré les adaptations non canoniques et pas lui…

L’année dernière, ils avaient proposé « Le tour du monde en 80 jours », qui avait été un succès.

Avec « Le mystère Sherlock Holmes », ce talentueux adaptateur a mis en scène un spectacle populaire, de qualité, bourré de rebondissements et d’humour, épicé d’un brin de grand guignol, mâtiné d’univers à la Tim Burton et Lewis Carol, d’un soupçon de fantastique enfermé dans un huis clos, d’une touche de sensuel, de références canoniques, de références à d’autres films, le tout baignant dans le sang et le mystère plus épais que le smog londonien.

Moi qui suis une mordue de Sherlock Holmes, je me suis régalée et mon homme aussi.

Avantage ? La pièce, vous ne la verrez nulle part parce qu’il n’a rien adapté ou pompé une intrigue déjà existante. Non, il a tout écrit ! Na !

Au commencement de la pièce, il était une fois Sherlock Holmes qui était revenu de son Grand Hiatus et qui, n’ayant plus Moriarty sous la main, s’emmerdait ferme.

Watson fut bien tenté de le faire lever de son fauteuil où il était engoncé, la seringue dans son bras presque enfoncée. Mais Holmes a encore de la vivacité, bien qu’il vive dans la fumée, avec les rideaux tirés.

Premières impressions des personnages : Holmes est grand, athlétique, bien que sa figure soit maquillée trop blanche.

Watson, plus petit, mince, moustache, horrible costume, mais je le trouve sexy et j’ai bien aimé son rôle de garde-fou du détective, son rôle d’ami, même si Holmes lui répète à l’envi qu’il n’est pas son ami.

Watson ne veut pas qu’il se drogue et leur passe d’arme à la canne bouge dans tous les sens. Dès le départ, le rythme est là.

Petite psychanalyse à la Freud ?

Arrive Irène Adler pour un pas de danse avec l’homme du 221b. Là, bien que la scène soit sensuelle, je n’ai pas aimé l’actrice, sa manière de parler, d’en faire trop, et la robe qu’elle portait, bien que l’échancrure ait dû ravir les premiers rangs, elle n’était pas victorienne.

Mention spéciale à l’inspecteur Lestrade qui mérite une invitation à un prochain dîner de cons… Lapsus dans ses expressions, nous sortant des « ne pas chercher Médée à quatorze heures » ou « on n’est pas sorti de l’asperge« , jonglant maladroitement avec les mots, les tordant dans le mauvais sens, se moquant bien du style.

Il est drôle et il jalouse Holmes parce qu’il ne lui arrivera jamais à la malléole.

Si le commissaire Lestrade débarque à Baker Street (sans savoir que Holmes est vivant – on ne lui dit jamais rien), c’est parce qu’il a un mort sur les bras et que, comme d’habitude, il ne sait pas comment résoudre son enquête.

Une enquête ? Voilà le mot magique qui va booster le moral de Sherlock Holmes. Bien que lorsqu’il apprend l’endroit du crime, il se doute qu’il doivra affronter ses vieux démons…

Je vous explique la future enquête qui va se dérouler dans une ambiance angoissante : nous sommes le soir de Noël et notre petit monde (Irène comprise) file en barque vers l’île.

620658815Cette île possède un manoir et c’est là que Sherlock a passé son enfance.  Enfance que l’on doute brisée par quelque chose de grave.

Mais en ce qui nous concerne, c’est le comte Arthur Blackmore a été trouvé mort au pied de la falaise… Suicide ou meurtre ? Je ne vous gâche pas la surprise de ce que Holmes vous apprendra sur le comte.

Où est l’angoisse ? *roulement de tonnerre* C’est une île que l’on dit maudite, elle serait, selon la légende, sise sur la Bouche des Enfers *roulement de tonnerre* et elle est constamment envahie par les brumes (qui ne comptent pas pour des prunes).

De plus, on accède à cette île maudite à l’aide d’un passeur encapuchonné dans un sinistre manteau… Ce mec fait froid dans le dos lorsqu’il tend la main pour recueillir son obole.

Le huis clos ? L’île se retrouvera cernée par les glaces… Coupée du monde !

Je vous avais parlé de l’ambiance à la Tim Burton sur scène et dans l’adaptation ? Oui, et bien, j’vous explique plus en détail :

Avec la rencontre du fils du châtelain, Richard Blackmore, en version chapelier fou et taxidermiste dingue, on ne pouvait pas mieux tomber. Mr. Lewis Carroll fut son professeur de littérature. Suite à un traumatisme violent, le jeune comte infortuné n’a jamais grandi. Il est un peu innocent, simple d’esprit, sporadique… Thierry Janssen endosse ce rôle magistralement.

3362515160.4Sa mère, la mystérieuse comtesse Margaret Blackmore (et épouse du défunt Arthur), est une parfaite silhouette Timburtonienne qui cache à tous un passé inavouable. Flanquée d’Oswald, un majordome monstrueusement bossu et d’un chien nommé Cerbère, pour parachever l’ambiance fantastique.

600503442Quoi de mieux pour faire remonter à la surface les blessures de l’enfance de Sherlock ?

La belle Irène ? Oubliant Holmes, elle se métamorphose en une vamp sensuelle en quête d’hommes à croquer ou de bijoux à dérober, dans l’ordre ou le désordre. Dans le rôle, Ana Rodriguez m’a moins convaincue que les autres.

Et c’est parti pour un autre moment de folie, sans temps mort, mais où les cadavres se suivent à la queue-leu-leu !

Le château est macabre, le parfait décor pour des incantations sataniques ou des étranges rituels de magie noire.

1036181541On se croirait dans Alice au pays des Merveilles avec le Chapelier fou qui s’amuse à servir le thé, sans oublier des allusions au Docteur Jekyll et Mr. Hide et au mythe du Cthulhu, de Lovecraft. Les références sont trop nombreuses et il faudrait une seconde vision pour tout repérer.

En quelques mots, il y a des squelettes dans les placards, les gens perdent la tête, les cadavres disparaissent et Sieger, le fantôme du père de Holmes erre sur la lande…

Voici Sherlock Holmes à la recherche de ses racines, tentant de résoudre le nouveau mystère et un ancien, que je ne dévoilerai pas. Il lutte contre la figure paternelle, ressentant des bouffée de nostalgique de l’amour maternel.

L’homme de Baker Street doit affronter le déferlement de ses émotions : « Tous ces souvenirs m’empêchent d’y voir clair. Je ne sais plus qui je suis » nous dira-t-il.

Oui, Sherlock Holmes, bien qu’il le cache, nous laisse apercevoir une part de son humanité, celle qu’il cache bien.

« Te crois-tu assez courageux pour vaincre tes propres démons ? » demandera Violet, la mère de Sherlock Holmes, dans un rêve.

Non, on ne connaît pas le véritable nom des parents de Holmes, mais les holmésiens sont partis du principe que si Holmes, durant le Grand Hiatus, a choisi de voyager sous le nom de Siegerson, c’était en référence au prénom de son père « Sieger » puisque son nom voudrait dire « Le fils de Sieger ».

Quand à la mère et son prénom « Violet », cette hypothèse vient du fait qu’une bonne moitié de ses clientes se prénomment Violet et que c’était le prénom de la mère de Conan Doyle.

Certes, l’auteur prend des libertés avec l’enfance du héros. Le tout est supposé, puisque nous savons peu de chose… Pour ne pas dire rien. C’est ici que l’holmésien fera la différence avec le non-initié.

Les ingrédients d’un bon moment sont donc tous réunis pour le plus grand plaisir des grands : crime, sang, vengeance, jalousie mortelle, des passages secrets menant droit aux Enfers débordants de flammes dévorantes, mystère et introspection au son d’un violon tout aussi endiablé…

Oui, tout est fait pour terroriser et pour plaire à un public friand de mystérieux et de macabre.

Attention, ne mangez rien, les mets sont empoisonnés ! Quant au cake à la carotte de la mère de Sherlock, c’est sa madeleine de Proust.

4105198077Une enquête parsemée de cadavres et de fausses pistes… Mais sont-elles si fausses que ça, les pistes ? Holmes a l’air de patiner un peu sur cette enquête, se faisant prendre à partie par l’inspecteur Lestrade.

Ah, Lestrade n’en a pas fini de jalouser l’intelligence du grand Sherlock Holmes qui possède cette mémoire étonnante et cette logique tellement prompte  et … intuitive.

Nous aurons même droit à certaines interrogations que la plupart des holmésiens se sont posées un jour, que certains auteurs ont mises en scène (L’ultime défi de Sherlock Holmes). Une fois de plus, cela ravira l’holmésien, quel que soit son niveau (les niveaux 7 à 10 ne doivent pas oublier de prendre leurs pilules).

Thierry Janssen s’inspire de l’œuvre d’Arthur Conan Doyle, multipliant les clins d’œil au canon holmésien, aux films et séries, entrant aussi dans le terrier de « Alice » et faisant référence à la « Chasse au Snark » (toujours de Lewis Caroll).

J’ai adoré Holmes (Nicolas Ossowski) qui a une allure parfaite, très calme,  très britannique  et qui convient  bien  personnage de Sherlock.

Un tonnerre d’applaudissement aussi pour Watson (le jeune Othmane Moumen) et son agilité de cabri, sa bienveillante patience et son amitié indéfectible, car Sherlock Holmes est plutôt rugueux malgré ses apparences de Dandy : « Seule la logique vous sauve de l’ennui ».

Lestrade souffrira d’irritation chronique devant tant de suffisance. Lestrade, notre enquêteur  maladivement jaloux de Sherlock Holmes et totalement dépourvu d’imagination.

Pas d’hérésie canonique non plus avec des ustensiles inadaptés : Holmes et Watson porteront une grande cape, pour aller sur l’île, mais pas un vilain macfarlane. J’aurais bien piqué leurs capes à la fin de la représentation, d’ailleurs. Juste un petit deerstalker passe-partout et pas l’horrible que nous voyons dans certains films.

Oui, l’univers de Conan Doyle était bien présent, mâtiné de celui d’autres.

Un final on ne peut plus inattendu, mais tout à fait plausible. « Inattendu » dans cette pièce, mais j’avais déjà lu de pareils scénarios… cela ne m’a pas empêché de le savourer.

Même la musique était bien trouvée. Heureusement, une mauvaise musique aurait fait foiré l’excellente mise en scène.

Les coups de tonnerre et les éclairs sont de la partie, les coups de feu tirés dans le mur aussi, ainsi que les musiques d’épouvante. A croire que le tout fut savamment orchestré par … le Diable  lui-même.

Dans cette pièce, les surprises déferlent dans un rythme infernal, « à en avoir la chair de poulpe » selon le mot de l’inspecteur Lestrade, qui se gorge de lapsus drolatiques.

Il y a une accumulation de procédés qui donneront à cette mise en scène un côté satirique très désopilant et le texte est bardé d’humour et de parodies savoureuses qui a tenu le public en haleine.

MAGNIFIQUE !

Allez, deux p’tit extraits :

Sherlock Holmes : Je ne suis qu’un mensonge ! Une erreur ! L’Enfant d’un ange et d’un démon !!!
Lestrade : Vous aussi vous croyez à ces légendes ?
Sherlock : Absolument pas. C’est juste pour l’atmosphère !

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Sherlock : Ces traces confirment qu’on a bien traîné ici les corps du Comte et d’Oswald. Sentez-vous ce courant d’air ? Ce passage secret ouvre sur l’extérieur.
Watson : Aïe !
Sherlock : Quoi ?
Watson : Je me suis brûlé avec la cire.
Sherlock : Vous êtes plus douillet qu’une femme ! Approchez votre flamme par ici, près de la roche. Vous voyez ?
Watson : Qu’est-ce que c’est ?
Sherlock : Des symboles cabalistiques. Ces dessins m’ont l’air très anciens. Ils datent certainement de bien avant la construction du Manoir.
Watson : Mais où  sommes-nous ?
Sherlock : Dans la Bouche des  Enfers !!!
Watson : Bon sang de bonsoir !
Sherlock : Silence !