Écrins fatals ! – La première enquête de Sherlock Holmes : Pierre Charmoz & Jean-Louis Lejonc

Écrins fatals - La première enquête de Sherlock Holmes - Charmoz & Lejonc

Titre : Écrins fatals ! – La première enquête de Sherlock Holmes

Auteurs : Pierre Charmoz & Jean-Louis Lejonc
Édition : Guérin (2015)

Résumé :
Il aura suffi d’un pique-nique improvisé au pied de la muraille de la Pointe des Arsines (les Écrins), au lieu-dit « Les Balmes de François Blanc » , associant deux gentlemen écrivains – Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc – , et la découverte fortuite, non loin du lieu des agapes, de quelques ossements, de lambeaux de vêtements et d’une antique sacoche contenant un carnet dûment annoté, pour que le doute s’installe : Whymper, Moore, Walker et leurs guides Croz et Almer sont-ils bien les premiers à avoir foulé le sommet des Écrins ?

Doute qui devient certitude une fois connu le contenu du carnet : le chevalier Dupin, guidé par de solides autochtones, y relate son ascension de la Barre des Écrins. Ils parviennent avant les Anglais.

Pourtant, l’histoire n’a retenu que la première de Whymper et consorts. Lejonc et Charmoz n’en ont cure.

S’appuyant sur le récit de Dupin et le témoignage, ô combien précieux du jeune Sherlock Holmes, alors âgé de 14 ans, et présent sur la face nord des Écrins ce 24 juin 1864, nos deux révisionnistes mettent à mal la version officielle.

Écrins fatals, l’ouvrage que nos auteurs ont tiré de cette enquête, est tout entier consacré au rétablissement de la vérité des faits. On dit que la vérité n’a pas de prix : le talent de Pierre Charmoz et Jean-Louis Lejonc non plus. Et la fantaisie encore moins.

écrinsCritique : 
C’est… toute essoufflée que… j’ai écrit cette chronique… après avoir… escaladé les Écrins… haut de 4102 mètres…

Escaladé deux fois, en plus, tiraillée que j’étais entre le récit des alpinistes français accompagnés du chevalier Dupin et celui des anglais, accompagnés du jeune Sherlock Holmes. Ouh, mon cœur, ce n’est plus de mon âge des grimpettes pareilles !

Sous-titré « La première enquête de Sherlock Holmes », ce récit ne l’est pas vraiment puisque les disparitions resteront un mystère pour l’ancien (Dupin) et le futur détective (Holmes).

Nous sommes en 1864 et notre jeune Sherlock, âgé de 14 ans, se trouvait en compagnie de Whymper, vieil ami de la famille, grand alpiniste devant l’Éternel et ne rêvant que de déflorer le plus haut sommet de France depuis que la Savoie est rentrée dans le giron de Napoléon III. Pardon, de la France !

Le récit est court (150 pages) mais le dépaysement est garantit et l’ascension du massif des Écrins est bien détaillée.

À ma droite, représentant la France, Dupin et ses alpinistes. À ma gauche pour l’Angleterre et The Queen, Sherlock Holmes ! Et au milieu, un curieux personnage. Que le meilleur gagne. Ou le plus malin.

Mais… et si la vérité était ailleurs ? Et si ce qui est noté dans les annales n’était pas l’exacte vérité ? Et si le mystère de 1864 n’était révélé que maintenant, dans les années 2000 ?

Alternant les récits de Dupin et de Holmes, le roman se lit tout seul sur quelques heures, le sourire aux lèvres devant les déductions holmésiennes, les sourcils froncés quant à l’origine de l’Autre qui se déplace furtivement dans le massif, ne cherchant pas encore le jeune Tchang. Agent Mulder, venez faire un tour dans le massif des Écrins, je vous prie !

Un roman dépaysant, frais, court, agréable, qui fait un bien fou après des romans noirs particulièrement sombres.

Une lecture sans prise de tête, bien au chaud dans le canapé, l’esprit tranquille et détendu.

Une lecture qui pourrait ravir les holmésiens comme les néophytes ! Moi, j’ai souri à l’idée de la matière dans laquelle Sherlock fera réaliser son deerstalker.

— Mon jeune ami, c’est là toute la science de l’alpinisme : savoir où l’on est perdu.

Étoile 3,5

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon,  le Challenge « Victorien » chez Camille,  le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict.

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L’évangile des ténèbres : Jean-Luc Bizien [LC avec Stelphique – Intro]

— Chouette, un roman qui parle de l’enfance de papa ! [Cannibal qui bat des mains]
— Papa ? Tu peux développer, Cannibal ? [Stelphique étonnée]
— Les Ténèbres, ça fait référence au diable et le diable, c’est papounet ! [Enjouée]
— Encore à côté, Cannibal ! [Stelphique désespérée et exaspérée] Ce n’est pas ça, rien à voir avec le Diable, que diable !
— Zut. [Dépitée] De toute façon, moi je sais une chose : les Ténèbres vont plus vite que la lumière !! [Yeux qui brillent]
— Heu, je doute, c’est impossible, vu que la lumière se propage à la vitesse de 299 792 km/s. Les physiciens et les amateurs de science-fiction le savent: rien ne peut aller plus vite que la lumière dans le vide ! [Cou qui gonfle]
— Élémentaire, ma chère Stelphique… parce que les Ténèbres sont toujours là avant l’arrivée de la lumière ! CQFD [Rire gras]
— Mouais… Et dire que je dois bosser tous les mois avec une folle pareille ! Et dire que je suis assez zinzin pour lui confier les rédactions de nos intros… Je dois aimer la prise de risque et jouer avec le feu, moi. [Gros soupirs de Stelphique]
— Stelphique, si tu veux, pour la prochaine LC, on peut se faire une lecture des Évangiles tout court… PTDR !!!
[Gros, gros, gros soupirs de Stelphique]

Cry Father : Benjamin Whitmer

Cry Father - Benjamin Whitmer

Titre : Cry Father

Auteur : Benjamin Whitmer
Édition : Gallmeister (2015)

Résumé :
Depuis qu’il a perdu son fils, Patterson Wells parcourt les zones sinistrées de l’Amérique pour en déblayer les décombres. Le reste du temps, il se réfugie dans sa cabane perdue près de Denver.

Là, il boit et tente d’oublier le poids des souvenirs ou la bagarre de la veille dans un bar. Mais ses rêves de sérénité vont se volatiliser lorsqu’il fera la rencontre du fils de son meilleur ami, Junior, un dealer avec un penchant certain pour la bagarre.

Les deux hommes vont se prendre d’amitié l’un pour l’autre et être peu à peu entraînés dans une spirale de violence.

18775358Critique : 
Il est des gens qui ont une propension à se détruire de l’intérieur et de l’extérieur, brûlant la chandelle par tous les bouts et cherchant misère à tous les coins de bar.

Patterson Wells, déblayeur de décombres aux États-Unis en est un et son plus sérieux concurrent est Junior, le fils de son ami Henry, ancien champion de foutage en l’air de sa life.

« Pike » était déjà fort sombre mais pour « Cry Father », on vient de franchir encore un pallier dans la noirceur de certains personnages.

Vous êtes prévenu, ici, on ne vous apportera pas la lumière !

Patterson Wells n’est pas le genre de gars dont on chercherait la compagnie pour faire la fête. Le moral en berne depuis la mort de son fils, il ressasse cette perte au point qu’elle l’entraine vers le fond, dans l’abîme.

Sa vie est remplie de rouille et il la soigne à coup d’alcool ou avec d’autre substances ressemblant au bicarbonate du tonton qui toussait. Pour lui, la solitude est une vieille copine.

Le pire, c’est que lorsque son gamin était en vie, il ne s’en occupait pas des masses, trop occupé qu’il était à bosser comme un dingue, à faire les 35h en deux jours et à écluser pire qu’un régiment en goguette.

On peut dire que c’est cette propension à foutre leur vie en l’air – à l’aide d’alcool, de drogues et de bagarres – qui a réuni Patterson et Junior, bien que ce dernier fasse aussi dans le crystal meth (pas la fabrication, il n’est pas Heisenberg !).

Junior n’a pas envie de quitter la I-25 à Walsenburg. Il sniffe sa cocaïne directement dans le flacon, maintenant. En buvant du café de station-service noyé de bourbon. Tout est bon pour rester éveillé. Il sait qu’il ne devrait pas rallonger son trajet. Surtout pas pour faire route sur la San Luis Valley. Mais quand tu restes suffisamment longtemps sans dormir et que tu carbures à la cocaïne et aux vapeurs d’essence, tes mains font plus ou moins ce qu’elles veulent.

L’écriture est aride, cherchez pas de traces de bonheur, vous n’en trouverez pas, pour la rédemption, vous repasserez aussi. Ici, tout est noir, sombre, rouillé, tout n’est que vies en lambeaux pour ces deux âmes en perdition qui se télescopent un jour.

Comme dans Pike, on se trouve face à des pères qui n’assument pas, qui sont incapables de montrer leur affection ou de protéger leurs gosses, qui sombrent dans la violence, fréquentent assidument les bars et se laissent entrainer vers le fond de la piscine alors qu’il leur suffirait de lâcher le poids qui les y entraine.

À croire qu’ils aiment ça, la haine d’eux-mêmes.

Il est presque impossible d’évaluer les blessures que les jeunes hommes blessés sont capables de s’infliger. Passant leurs nuits à boire, prenant toutes les drogues qu’ils peuvent se payer, pataugeant dans le type de conversations circulaires et sans fin que seuls les jeunes hommes blessés peuvent supporter. Des conversations à tel point saturées d’auto-apitoiement et de haine de soi qu’elles ne peuvent s’achever que par imposition soudaine de la force physique.

Pas de jugement de la part de l’auteur, ses personnages sont libres, majeurs, vaccinés (je crois) et s’ils se foutent eux-mêmes dedans, on ne peut s’empêcher d’avoir mal pour eux (surtout pour Patterson), d’avoir les tripes nouées en les voyant presque se mettre le canon du révolver dans la bouche (métaphore).

La vie ne leur a pas fait de cadeau mais ils n’ont pas fait grand-chose pour garder la tête hors de l’eau non plus. Ici, les introspections sont hard.

Un roman fort sombre, sans fard, sans pincettes, sans concession, une écriture tout, sauf froide, et qui décrit, crûment, la VDM de certaines personnes dans les environs de Denver.

Les après-midi chaudes où le rouleau de puanteur d’huile et de charogne vient submerger la zone, vous avez l’impression que vous allez mourir étouffé dans une conduite d’égout. On appelle ça la grande puanteur, et la rumeur dit qu’on peut s’y faire avec le temps. La rumeur dit aussi que parmi les résidents de troisième génération certains prétendraient ne plus la remarquer du tout. Mais il y a très peu de résidents de troisième génération.

Comme le disait Raoul Volfoni « Faut r’connaître… c’est du brutal ! ».

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et « Une année avec Gallmeister : les 10 ans » chez LeaTouchBook.

L’enfer de Church street : Jake Hinkson

Titre : L’enfer de Church street

Auteur : Jake Hinkson
Édition : Gallmeister (2015)

Résumé :
Alors qu’il est victime d’un braquage sur un parking, Geoffrey Webb propose à l’agresseur de lui donner tout ce qu’il veut à condition qu’ils partagent ensemble cinq heures en voiture jusqu’à Little Rock dans l’Arkansas. Webb a quelque chose à dire et a besoin de se confesser, même avec un forcené.

Critique : 
Encore un petit Noir savoureux que je viens de déguster. Avec une légère goutte de lait tout de même.

Oui, j’ai honte de l’avouer mais j’ai failli pouffer de rire quand la vie de Geoffrey Webb a basculé dans l’horreur, à Church Street.

Oui, j’ai vraiment honte… C’est horrible, j’en ai conscience mais ce petit salaud m’a fait rire devant toute l’horreur de la scène. Tout ça à cause de sa bite qu’il n’a pas su contenir dans son pantalon…

Webb pourra dire ce qu’il veut, accuser un autre d’être plus sordide que lui, c’était entièrement de sa faute… Et moi, je riais en imaginant la tête de l’Autre quand il se rendrait compte que Webb était un fou furieux dans le fond.

Oui, j’ai aimé le voyage dans l’Arkansas, la ballade vers Little Rock avec Webb et son agresseur – auquel il raconte sa vie – m’a entrainé dans un autre monde, celui des Baptiste, que je n’ai pas l’intention de fréquenter. Pas besoin d’intermédiaires entre moi et Lui (si vous voyez de Qui je parle).

Oui, j’ai pris du plaisir avec son récit, même si je n’ai pas frémi devant toute sa noirceur et le nombre de morts. À force, on devient blindé, vous m’excuserez. Il aurait passé un chat dans un micro-ondes que là j’aurais eu les poils qui se seraient hérissés.

Mais ici, non, je jubilais littéralement. Va p’têt falloir que je consulte, moi.

Par contre, je n’aurais pas voulu habiter Church Street pour tout l’or du monde, quand bien même j’ai pris du bon temps avec ses habitants dont certains avaient l’âme et le cœur plus noir que le trou de cul d’un mineur occupé à creuser une galerie au fond d’une mine, à minuit par une nuit sans lune. ♫ Black is black ♪

— Nous ne sommes pas vraiment dans la petite maison dans la prairie, Frère Webb.

Je n’ai jamais aimé la bigoterie et dans ce roman, elle s’en prend plein la gueule.

L’écriture est sèche, elle claque comme un coup de fusil dans ta gueule, elle est remplie de cynisme et charge à fond l’hypocrisie de certains croyants qui pensent laver plus blanc que blanc ou être plus croyant que Jésus-Christ lui-même.

Pourtant, la fautive n’est pas la religion mais la manière dont on s’en sert et dont on impose certaines choses aux autres.

Quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage… J’espère que l’auteur l’a compris au moins.

Un petit roman noir jouissif, cynique, sans une once de lumière et où personne n’est à sauver non plus. Malgré tout, j’ai eu de l’empathie pour ce bon gros Geoffrey – amateur de branlette et de porno – qui m’a fait passer un très bon moment de lecture.

Je marquai une pause dans l’étude de mon plan parce que le porno avait atteint un point crucial, et j’atteignis un point crucial en même temps que lui. J’allai à la salle de bain me nettoyer et retournai sur mon lit.

Étoile 4

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

CHALLENGE - Gallmeister 10 ans

Monstres et Compagnie [#LeFilmDeLaSemaine2016 – 5/52]

Monstres et Cie (Monstres et Compagnie) ou Monstres, Inc. au Québec (Monsters, Inc.) est le 4ème film d’animation en images de synthèse des studios Pixar. Sorti en 2001, il a été réalisé par Pete Docter et coproduit par Walt Disney Pictures.

Ce film a donné lieu à plusieurs œuvres dérivées, dont une préquelle, Monstres Academy, sortie en 2013.

Synopsis :
Monstropolis est une petite ville peuplée de monstres dont la principale source d’énergie provient des cris des enfants. Monstres & Cie est la plus grande usine de traitement de cris de la ville.

Grâce au nombre impressionnant de portes de placards dont dispose l’usine, une équipe de monstres d’élite pénètre dans le monde des humains pour terrifier durant la nuit les enfants et récolter leurs hurlements.

Le Terreur d’élite le plus réputé de Monstres & Cie s’appelle Jacques Sullivan, alias Sulli. C’est un monstre cornu de 2m40 de haut à la fourrure bleu-vert tachetée de violet.

Assisté de Robert Razowski, alias Bob (Wazowski dans la V.O), un drôle de mini-cyclope vert, Sulli n’a pas son pareil pour horrifier les bambins. Ce grand monstre sait comme personne pétrifier et tétaniser sans jamais toucher, puisque tout contact physique avec un enfant humain serait mortel.

Une nuit, alors que Sulli se trouve à l' »Étage de la Terreur », il s’aperçoit qu’une porte de placard n’a pas été fermée correctement.

Pour vérifier que tout est en place, il l’ouvre, permettant sans le vouloir à Bouh, une petite fille, de pénétrer dans son monde.

Ce que j’en ai pensé :
Non, je ne suis pas désolée d’adorer ce film d’animation que j’ai découvert sur le très tard, quasi 14 ans après puisque mon 1er visionnage eut lieu en octobre 2015.

Même pas honte de me le refaire une fois de plus pour le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016, tiens.

Pourquoi aie-je mis si longtemps à la découvrir ? Je ne saurais pas dire, mais ce fut comme avec Toy Story : découvert sur le tard, mais adoré !

Ici, l’humour et la dérision sont au menu. Humour entre Sulli et Bob, mais aussi « dérision » puisque les monstres qui font peur aux enfants, la nuit, ont eu même peur des gosses qu’il pensent toxiques.

Bref, on pense toujours que celui qu’on ne connait pas est toxique…

Beaucoup d’humour aussi quand la petit fille surnommé Bouh arrive dans le monde des monstres et que Sulli, après moult péripéties, la déguise en monstre pour la faire repartir par sa porte.

Non, sérieux, j’ai toujours mal ma gueule à force d’avoir un sourire béat d’amusement.

Et puis, il y aussi un Grand Méchant réussi avec le personnage de Léon (Randall dans la V.O)  : jaloux, méchant, prêt à tout pour gagner, salaud, sans gêne, manipulateur, magouilleur, flagorneur…

Je reste béate aussi d’admiration pour la fourrure de Sulli dont les poils bougent quand il se meut. Les effets spéciaux sont réussis.

C’est drôle, c’est frais, on ne peut qu’aimer Sulli et Bob, cet étrange œil que je possédais depuis des lustres en porte-clé…

Le suspense est là aussi puisqu’ils doivent à tout pris faire réintégrer la chambre à Bouh avant qu’on ne la découvre… Les enfants sont toxiques et dangereux, vous le savez bien !

Du suspense, je disais, de l’humour, du rythme (la course-poursuite avec toutes les portes est excellente) et des rebondissements imprévus.

Sans oublier une belle leçon pour nos monstres sur la tolérance ! Oui, il ne faut pas écouter les gens qui nous racontent que certaines personnes sont toxiques… faut pas remonter loin pour en avoir des exemples, hélas.

Un cocktail que l’on savoure avec délice et sans modération.

Ne fait pas grossir, juste rire, sourire, et c’est que du plaisir. Attention, peut donner une addiction aux Pixar.

Étoile 4,5

Le « Challenge US » chez Noctembule et le Challenge #LeFilmDeLaSemaine2016.

Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex : L.C. Tyler

Titre : Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir Tudor du Sussex

Auteur : L.C. Tyler
Édition : Sonatine (2014)

Résumé :
Findon, province du Sussex. L’écrivain Ethelred Tressider a décidé de délaisser pendant un temps le roman policier pour se consacrer à sa grande œuvre littéraire. Au grand dam de son agent, Elsie Thirkettle, que la littérature intéresse surtout pour son aspect commercial.

Pour apaiser les tensions qui règnent entre eux, ils s’affrontent au Cluedo et sortent dans le grand monde. Comme ce fameux soir où Sir Robert Muntham, un ami d’enfance d’Ethelred ayant fait fortune dans la finance, les convie à dîner avec quelques notables.

À peine ont-ils le temps de remarquer la saisissante ressemblance entre le magnifique manoir de Sir Robert et celui du Cluedo que leur hôte est retrouvé étranglé. Avec une corde. Dans la bibliothèque.

Commence alors pour Ethelred et Elsie une nouvelle partie, bien réelle cette fois, d’autant plus « jubilatoire » que la pièce était fermée de l’intérieur lors du crime, et que seul l’un des dix convives présents a pu commettre le meurtre.

Critique : 
Qui a tué le respectable banquier – si tant est que l’on peut être respectable ET banquier – avec la corde dans la bibliothèque ?

Ici, pas de mademoiselle Rose ou de Colonel Moutarde, mais des invités qui se sont absentés au moins une fois au cours de la soirée avant que l’on retrouve Sir Robert ayant avalé son extrait de naissance, dans la bibliothèque où tout était clos !

Une mort par strangulation dans une pièce hermétiquement fermée. Le mystère est épais comme un pudding indigeste dégusté un jour de terrible fog.

À qui profite le crime ? Telle est la question que vont se poser nos deux narrateurs présents sur place : Ethelred Tressider, auteur raté de polars et Elsie Thirkettle, son agent littéraire et éditrice à la verve caustique et ayant des manquements au niveau de l’éducation.

Les récits de nos deux protagonistes sont bien distincts de par des polices d’écriture différentes et de par leur ton utilisé aussi car il varie selon l’auteur du récit.

D’un autre côté, il était peut-être juste allé pisser. La soirée atteignait le moment où un certain nombre de vessies se rendaient compte qu’elles n’étaient plus toutes jeunes.

Si Ethelred est un grand benêt devant une paire de nibards sur-gonflés, Elsie nous éclaire davantage mais nous ment effrontément sur ce qu’elle a mangé (nous parler de saumon alors qu’elle s’est goinfrée de 3 paquets de frites).

De plus, elle n’a pas sa langue en poche et cela donne quelques jolies réparties drôles ou des pensées pas piquées des vers. Le vert étant pour le personnage Olive.

[Elsie] Vu la façon dont il l’avait regardée depuis notre arrivée, j’aurais eu tendance à penser que n’importe quel liquide servi dans une gamelle pour chien aurait fait l’affaire tant qu’il venait des blanches mains d’Annabelle et s’accompagnait d’une tape sur la tête et d’une grattouille derrière les oreilles.

[Elsie] Elle l’aurait inscrit à un concours canin qu’il n’aurait pas remué plus fort sa chère petite queue.

— C’est le type que j’ai vu un peu plus tôt ? m’enquis-je. Des tonnes de muscles, pas beaucoup de chemise, un cul bien ferme ?

[Elsie] J’ai dans l’idée que ses nibards ne sont pas ceux que Dieu lui a donnés.

J’ai souri, j’ai pouffé en les lisant, c’est drôle et amusant mais ça ne cassera pas trois pattes à un banquier véreux ou à Pervenche.

— S’il avait voulu alerter la police, il leur aurait écrit directement. Leurs coordonnées sont dans l’annuaire. Leurs voitures ont des lumières bleues qui clignotent. Ils sont volontairement faciles à localiser.

Une roman policier amusant, une enquête drôle mais une résolution un peu simpliste.

À lire quand on veut se ménager une plage détente car on passe un bon moment, même si ça ne restera pas inscrit dans les annales.

— Nous devrons en informer la police… quand il le faudra. Mais inutile qu’ils reprennent la main tout de suite : Sherlock Holmes et eux, pour l’instant, ça fait deux.

Étoile 3

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016) et « A year in England » chez Titine.

CHALLENGE - Sherlock___Running_Wallpaper_by_draft624 Corrigé

Corrosion : Jon Bassoff

Titre : Corrosion

Auteur : Jon Bassoff
Édition : Gallmeister (2016)

Résumé :
Un vétéran d’Irak au visage mutilé tombe en panne au milieu de nulle part et se dirige droit vers le premier bar. Peu après, un homme entre avec une femme, puis la passe à tabac.

L’ancien soldat défiguré s’interpose, et ils repartent ensemble, elle et lui. C’était son idée, à elle. Comme de confier ensuite au vétéran le montant de l’assurance-vie de son mari qui la bat.

Ce qu’elle n’avait pas réalisé, c’était qu’à partir de là, elle était déjà morte.

Critique : 
Qui a éteint la lumière ? Parce que ce roman est noir de chez noir. Il n’y a d’ailleurs personne à sauver dans ses pages.

Si la corrosion désigne l’altération d’un matériau par réaction chimique avec un oxydant, ici, il est question que de corrosion de l’âme des gens, de leur cœur, de leur esprit.

Et quand la corrosion lente commence, on ne l’arrête plus.

Le début nous présente Joseph Downs, un vétéran d’Irak, le visage mutilé par la guerre… Mais il n’a pas que ça de mutilé, son âme aussi l’est.

Dans cette histoire, tout n’est que noirceur, crasses, ténèbres et j’en passe. C’est noir de chez noir et même pas un petit peu blanc.

J’ai eu un peu de mal au début, avec la narration inhabituelle des dialogues : pas de tirets cadratins, pas d’ouverture de guillemets mais des dialogues plaqués sans rien sur la feuille, au milieu des autres phrases.

Le deuxième récit est encore plus noir que le premier (j’aurais pas cru ça possible) et la corrosion de l’âme de Benton Faulks se réalisera sous nos yeux horrifiés, pétrifiés, avant que le récit ne revienne ensuite dans sa troisième partie sur Joseph Downs.

C’est à ce moment là que l’ultime corrosion sera atteinte. Comme quoi, c’est toujours possible de faire pire que le précédent.

Un roman noir de chez noir mais qui ne m’a pas fait battre le cœur. J’ai frémi, j’ai été horrifiée mais pas conquise à cent pour sang.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), Le « Challenge US » chez Noctembule et Une année avec Gallmeister : les 10 ans chez LeaTouchBook.

Étoile 3,5

Nous ne sommes qu’ombre et poussière : Lyndsay Faye

Titre : Nous ne sommes qu’ombre et poussière

Auteur : Lyndsay Faye
Édition : Pocket (2015)

Résumé :
Londres, automne 1888. Les atrocités commises sur deux prostituées assassinées dans le quartier de Whitechapel vont convaincre l’inspecteur Lestrade de solliciter le célèbre spécialiste des affaires criminelles.

Qui mieux que Sherlock Holmes, aidé du Dr Watson, saurait traquer l’homme qui sème désormais la terreur parmi la population de l’East End ? Mais le grand détective ne sortira pas indemne de cette enquête.

Pour démasquer son insaisissable adversaire, dont le nom, Jack l’Éventreur, restera longtemps gravé dans les mémoires, il devra enfreindre bien des règles, briser les codes, et tenter de sauver sa vie autant que sa réputation.

Critique : 
Confronter Jack The Ripper avec Sherlock Holmes est un exercice des plus casse-gueule qui soit, puisque, quoique l’on décide, le détective ne pourra jamais revendiquer le fait de l’avoir attrapé.

L’identité de l’Éventreur doit rester un mystère pour le grand public…

Casse-gueule aussi car il y a un long moment entre les victimes Stride/Eddowes et la dernière, Mary Jane Kelly, et puis parce qu’on mélange réalité et fiction, aussi bien dans les faits que dans les personnages. Bref, l’auteur marche sur une corde raide, sur le fil du scalpel (oserais-je dire ?).

C’est donc toujours avec de la crainte mêlée d’envie que j’ouvre ce genre de roman qui réuni deux personnages qui ont marqué leur époque commune, de différente manière, cela va de soi.

Si « Duel en enfer » de Bob Garcia m’avait déçu, il n’en fut rien avec ce pastiche de Lyndsay Faye qui tient la route dans tous les sens.

Reprenant les faits qui ensanglantèrent l’automne 1888, elle y a introduit les personnages de Conan Doyle avec brio. Watson a bien son côté protecteur, l’ami qui est prêt à tout pour seconder Holmes et un détective un peu froid, prêt à tout pour résoudre une enquête, sauf à mettre en danger son ami. On sent bien leur amitié profonde dans ce pastiche qui possède une petite dose d’humour.

— Holmes, elle a reçu vingt coups de couteau.
— Et votre expertise médicale inattaquable est qu’un seul aurait suffi.
— Ma foi, oui, répondis-je avec hésitation.

Quand à Lestrade, il est fidèle à lui-même, venant quérir l’aide de Holmes, ne le croyant pas toujours, tenace comme un bouledogue, s’envoyant des piques tout deux, mais l’inspecteur n’est pas dupe, il sait ce que le Yard doit à Holmes…

— Lestrade, je dois vous féliciter car votre hypothèse ne va à l’encontre d’aucun des faits connus. Malheureusement, elle échoue lamentablement à les valider tous pris globalement. Mais vous avez commis une erreur pire encore, mon bon ami, car votre théorie présente des points délicats.

— Je peux vous assurer, Watson, que si Scotland Yard devait me rembourser le temps perdu sur des indices fichus en l’air à cause de leur négligence ou de leur manie de l’hygiène, je pourrais sans problème prendre ma retraite sur l’heure.

Les temps d’attente entre deux crimes ne sont pas ennuyeux, Sherlock Holmes et John Watson sont bien campés – même si aucun auteur ne sera Conan Doyle – et la ville de Londres aussi, bien qu’ici nous ayons surtout arpenté ses bas-fonds, ses ruelles sombres, sales où s’entassent la misère humaine et une fumerie d’opium.

— Pour vivre dans ce quartier, commenta Holmes, il faut soit fermer les yeux, soit intégrer l’élément criminel. Regardez cette rue, Flower and Dean – c’est un des endroits les plus dangereux au monde –, et nous ne sommes pas dans les contrées sauvages de l’Afrique mais à quelques kilomètres du lieu où vous et moi accrochons si paisiblement nos chapeaux.

Sans entrer trop dans les détails des problèmes liés à l’enquête (tels les chiens pisteurs, Warren qui s’en prit plein la gueule et la Reine qui intervint pour éclairer Whitechapel à coup de réverbères) ou de la misère noire qui régnait dans ces quartiers, l’auteur se concentre sur Holmes qui mène l’enquête et sur la presse qui publiait tout et n’importe quoi pour vendre leurs torchons.

— Watson, si on devait condamner les journaux chaque fois qu’ils font des spéculations, toute la presse anglaise aurait bientôt mis la clé sous la porte.

Du suspense, du mystère, une enquête pas facile, des déductions, de l’amitié, des fausses-pistes, des bâtons dans les roues, des ruelles sordides, des mano à mano, des balles, des guet-apens, des coups de couteau qui vous larde la chair, des tripes répandues, des erreurs de Holmes qui n’était pas infaillible (il est humain) et une auteure qui nous emmène vers une solution finale tout à fait plausible.

— Tout en morceaux ! sanglota le gosse. Tout ce qui devait être dedans était dehors…

Un roman que l’on repose sur la table avec un pincement au cœur, quittant deux vieux amis de plus de 27 ans, en ce qui me concerne.

Un excellent pastiche qui ravira les holmésiens (il cherchera les références canoniques) et les amateurs d’enquête policières.

— Mais c’est une erreur fatale, un péché impardonnable, que de vouloir plier les faits pour valider une théorie, plutôt que valider sa théorie en s’appuyant sur les faits.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016), le Challenge « Polar Historique » de Sharon, le Challenge « Sherlock Holmes » de Lavinia sur Livraddict, le Challenge « Victorien » chez Camille, le « Challenge US » chez Noctembule (auteur américaine), le Challenge « XIXème siècle » chez Netherfield Park et « A year in England » chez Titine.

Étoile 4

Le jour des morts : Nicolas Lebel [LC avec Stelphique]

Jour des morts, le - Nicolas Lebel

Titre : Le jour des morts

Auteur : Nicolas Lebel
Édition : Marabout (2014)

Résumé :
Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine: un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie…

Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur: celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’oeuvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans.

Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée?

Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ?

Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse: elle est une voisine, une sœur, une ex, et la chasse aux sorcières s’organise. Mais derrière l’Empoisonneuse, c’est la Mort elle-même qui est à l’œuvre, patiente et inexorable: nul ne lui échappera.

l-amour-est-mortCritique (Stelphique en bas) : 
C’est avec un plaisir non dissimulé que j’ai retrouvé toute l’équipe du capitaine Mehrlicht que j’avais laissée aux abords de la Sorbonne en décembre 2015.

Vu le plaisir ressenti lors de ma lecture précédente, je ne voulais pas laisser passer trop de paquet de Gitane sans filtre avant de retrouver mes policiers hors du commun.

Cette fois-ci, le mystère, ce sont des morts suspectes, des gens sans liens apparent entre eux, tués comme par un Ange de la Mort. La piste est plus qu’évanescente.

Bourré d’humour (de nicotine et de goudron) dans les réparties acerbes que le capitaine Mehrlicht balance à tour de mâchoire (et à tout être qu’il n’apprécie pas), servi par des dialogues au poil entre les différents policiers – chacun étant bien typés – ce roman est un condensé de plaisir pur et addictif.

Dans cette enquête, l’auteur mettra en avant des magouilles de politiciens (rhôôô, eux qui sont si innocents), des pistons bien huilés, les dérives des médias, des livres rares que l’on rêverait de posséder et quelques pages sombres de l’Histoire…

L’Histoire sombre… Celle que l’on aime pas faire sortir des placards à squelette, celle de la folie qui saisi les Hommes et pourrait les ressaisir une fois de plus, celle qui fait que l’Homme est un loup pour l’Homme et que dès que le vent tourne, les victimes deviennent vite bourreaux.

Sans juger personne – c’est au lecteur à se faire juge et à sortir la guillotine ou pas – l’auteur déploie sa verve à travers les réflexions ou les pensées de ses policiers pour titiller là où ça fait mal.

Si Mehrlicht m’avait choqué dans le premier tome avec ses bizutages du pauvre stagiaire François, ici, je ne fus pas le moins du monde choqué et j’aurais volontiers mordu moi-même la main du nouveau, Guillaume.

Par contre, ce que je ferai, si je croise l’auteur, c’est lui coller le visage sur la table tout en transformant mon stylo en thermomètre anal parce sa dernière ligne… Salaud, je ne boirais plus de Côte-Rôtie et ne ferai plus de poupée vaudou.

Cet auteur peut vous faire rire, mais avec lui, j’ai aussi la larme facile. Mince, comment il a su m’émouvoir à certains moments ce *CENSURÉ*.

Du suspense, du mystère, une enquête prenante, des bons mots, une plume qui m’a chatouillé les zygomatiques, une plume acide dans certains cas, plongée dans le vitriol qui nous fait dire « c’est bien vrai, ça ! », de l’émotion, de la profondeur et juste un seul regret : Mehrlicht a changé son appli de sonnerie de téléphone.

Vivement le prochain Lebel, surtout si le troisième est du même niveau que le premier et le deuxième, moi, je signe, mais je sens qu’une visite à quelqu’un de drôle va me manquer horriblement.

Challenge « Thrillers et polars » de Sharon (2015-2016).

Étoile 4

Pourquoi je l’ai choisi – Par Stelphique :
Nous avions tellement aimé le premier opus avec ma binôme de lecture Cannibal Lecteur, que ce second roman s’est imposé comme une évidence pour cette LC Interactive, la première de 2016 ! ^^

Synopsis :
Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlicht, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint-Antoine : un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain, c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs-Élysées. Puis un couple de retraités à Courbevoie…

Tandis que les cadavres bleutés s’empilent, la France prend peur : celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’ouvre et semble au hasard décimer des familles aux quatre coins de France depuis plus de quarante ans.

Les médias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses : qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisée ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout, qui parmi nous sera sa prochaine victime ? Dans la tornade médiatique et la vindicte populaire, chacun reconnaît la tueuse : elle est une voisine, une sœur, une ex, et la chasse aux sorcières s’organise. Mais derrière l’Empoisonneuse, c’est la Mort elle-même qui est à l’oeuvre, patiente et inexorable : nul ne lui échappera.

Les personnages :
Quel plaisir de retrouver cette équipe! Ce trio est très agréable à suivre! Ils ont chacun une personnalité et un trait de caractère qui font qu’on s’attache à eux irrémédiablement! Mehrlicht et ses traits d’esprit, Dossantos et son inflexibilité dans la Loi, Latour et sa sensibilité ! Chaque fois qu’un d’entre eux est mis en avant, ça nous donne de jolis moments d’émotions diverses.

Même s’il est un personnage secondaire, j’ai beaucoup aimé Denis Leroy  et sa passion dévorante!

Ce que j’ai ressenti:….Un frissonnante lecture !

« Là où il y a du sang, il y a de l’encre. Et souvent du blé à se faire… « 

Le Jour des Morts…Halloween vous branche ? Vous aimez les fantômes et les sorcières ? Il semblerait que l’auteur s’est beaucoup amusé à mettre au gout du jour, et dans une enquête passionnante, un remake de cette fête morbide.

C’est une hécatombe cet opus (et non plus les catacombes comme pour L’heure des fous) ! Sous les doigts d’une Empoisonneuse immortelle, le présent connait une série vertigineuse de meurtres.

Les vivants n’ont plus qu’à se mettre à l’abri du fléau de l’amanite, car cette Mort n’est en rien enviable ! Les corps tombent dans des positions peu ragoutantes, et il semble que Paris tremble dans ses fondements mêmes!

Quand politique, passé trouble et journalisme véreux font partie de la toile de fond, on est sûr de passer un moment instructif derrière le drap troué !

fantôme

Victor Hugo semble encore une fois planer derrière ce roman, inspirant Lebel d’une flamme palpitante. Merci donc pour ce morceau choisi avec intelligence du grand œuvre : Le Dernier jour d’un condamné. Dans le premier tome, Notre-Dame-de-Paris et sa cour des miracles était le fond de décor, ici, il semblerait que ce soit sa philosophie éclairante  qui insuffle une dynamique plus profonde à ce thriller.

Et en parlant de littérature justement, j’ai adoré suivre Denis Leroy, libraire acharné, le « Rat de bibliothèque », dans ses quêtes poussiéreuses mais ô combien inestimable de trésors.

Sentir même de loin, l’odeur du papier et du cuir, toucher du bout des doigts ses pages d’un autre temps, je me suis régalée de voir cet amour et ce respect pour les grands auteurs français.

Je continuerai avec grand plaisir, pour ne pas dire *impatience névrotique*, les aventures cette équipe! Je suis fan de l’auteur et de son écriture. J’adore l’humour qui se dégage de ses romans. Entre joutes verbales, reparties cinglantes, et jeux de mots, je me tords de rire dès fois en lisant certains passages !

Je trouve aussi qu’il s’en sort remarquablement bien dans ses propositions d’enquêtes, nous emmenant chaque fois plus loin en réflexions sur notre société actuelle.

« Je me suis mis à la télé tellement je m’emmerde. Et bien figure toi que la télé, c’est un super moyen pour accepter la mort. « 

En conclusion, je ne dirais qu’une chose : viiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiite le tome 3 !!!!

Meilleurs Moments du livre :

  • Le Lundi 31 octobre : Halloween: La scène dans l’hôpital avec Mehrlicht et Jacques nous apporte autant de rires que de larmes. Il m’a été difficile de lire après ce grand moment d’émotion.
  • La scène du Chaudron : Non mais celle là, elle est mythique! Jamais, je crois je n’ai autant ri de bons mots et de plaisir délectable en bouche. Merci Monsieur Lebel de défendre si hautement la cuisine française!
Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 9/10
index LC

BILAN - LC réussie - OK

Le jour des morts : Nicolas Lebel [LC – Impressions de lecture 2/2]

Jour des morts, le - Nicolas Lebel

Impressions du Cannibal (page 1 à 200) : Chouette, je retrouve l’équipe du capitaine Mehrlicht !
Quelle joie de repartir avec eux sur une affaire de meurtre… Non, sur plusieurs affaires en même temps !! Beaucoup de mystère, d’humour et de suspense. Accrochée à leurs basques je suis. Mais mon capitaine Kermit utilise moins d’argot…

Impressions de Stelphique (page 1 à 200) : Gourmande….
Attention à vos assiettes ! Quand poison et mal bouffe trainent ensemble ça ne fait pas toujours bon ménage ! Mais quoi de mieux que de retrouver autour d’une bonne table nos chers amis quitté le mois dernier ? Rien assurément ! Une poêlée de bons fous rires et une soif de bons mots, nous rendront encore le moment pus doux.

Impressions du Cannibal (page 201 à fin) : Lâcher le roman ? Jamais !
Impossible de lâcher le livre, je me délecte de chaque mot, dialogues, pensées, sarcasmes. Monsieur Lebel m’a contaminé (David, tu as de la concurrence !!), empoisonné !

Impressions de Stelphique (pages 201 à fin) : Rassasiée !
La recette Lebel fonctionne à merveille. Rien à ajouter à ce moment de partage et d’énergie positive ! Nous avons même droit en fin de repas, à une envolée philosophique, après un fort instant d’émotion…