Le pays des petites pluies : Mary Austin

Titre : Le pays des petites pluies

Auteur : Mary Austin
Édition : Le mot et le reste (12/02/2019)
Date publication originale : 1903
Édition Originale : The Land of Little Rain (1903)
Traducteur : François Specq

Résumé :
Ce texte de Mary Austin est l’un des grands classiques de la tradition américaine de nature writing et les critiques de son temps ont comparé sa sensibilité à l’environnement à celles de Thoreau et Muir.

Sa célébration de la beauté du désert la place au commencement de toute une lignée d’écrivains américains qui, de John Van Dyke à Edward Abbey, ont fait porter sur ces régions un regard à contre-courant du désir d’exploitation indissociable de l’histoire de l’Ouest américain.

Se tenant à l’écart tant de l’esthétisme que du sentimentalisme, Austin n’en parvient pas moins, dans une prose sobre mais intense, à évoquer les singuliers pouvoirs d’envoûtement du désert de l’Ouest, tout en laissant entendre de manière poignante la résonance intime du mélange de beauté et de douleur propre à ce lieu.

Critique :
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, comme le disait si bien la publicité pour les chocolats dont je ne citerai pas la marque.

Voilà le genre de bande-titre que l’on pourrait apposer sur cet oldies parlant de nature-writing et datant de 1903.

Pour la plupart des gens, dans les déserts, il n’y a rien, pas de vie, pas de flotte, juste la chaleur la journée, le froid la nuit et l’immensité désertique.

À la lecture de ce roman composé de nouvelles, ou plutôt, de petites chroniques, on apprend qu’il n’en est rien et que le désert n’est pas dépourvu de vie et qu’il n’est pas juste une étendu de sable matraquée par le soleil implacable, infernal.

Elles nous parlera des plantes qui y vivent, des oiseaux, de l’eau que l’on peut trouver en creusant un peu et où des aventuriers sont morts de soif alors que s’ils avaient creusé un peu, ils eussent survécu.

Vous pouvez faire confiance aux Indiens pour ne manquer aucune des vertus du monde des plantes !

Elle nous parle de cette fascination que le désert a sur l’Homme, sur la magie qui s’en dégage, sur ses dangers mais aussi sur tout ce qu’il a offrir.

Pour tout ce que le désert prend à l’homme il donne une contrepartie, des respirations profondes, un sommeil profond et la communion des étoiles. Il nous vient à l’esprit avec une force renouvelée, dans les silences de la nuit.

Venez donc vous qui êtes obsédés par votre importance dans l’ordre des choses, et qui ne possédez rien qui n’ayez obtenu sans peiner, venez par les sombres vallées et les collines charnues, jusqu’au pays des jours paisibles, et faites vôtres la générosité, la simplicité et la sereine liberté.

Ça se lit confortablement installé au soleil, pour en sentir sa morsure et ainsi, on peut se laisser porter par le récit fort bien détaillé de l’auteure, imaginer les paysages, sentir les odeurs et se laisser bercer par ses petites chroniques où il ne se passe rien, mais où il se passe bien des choses car on parle tout de même de la Nature.

Telle est l’économie de la nature, mais avec tout cela on ne prête pas assez attention à l’oeuvre de l’homme. Il n’y a pas de charognard qui mange les boites de conserve et nulle créature sauvage ne laisse de telles souillures sur le sol de la forêt.

Le Mois Américain – Septembre 2019 – chez Titine.

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La Mort selon Turner : Tim Willocks

Titre : La Mort selon Turner

Auteur : Tim Willocks
Édition : Sonatine (11/10/2018)
Édition Originale : Memo from Turner (2018)
Traducteur : Benjamin Legrand

Résumé :
Après La Religion et Les Douze Enfants de Paris, le nouvel opéra noir de Tim Willocks.

Lors d’un week-end arrosé au Cap, un jeune et riche Afrikaner renverse en voiture une jeune Noire sans logis qui erre dans la rue. Ni lui ni ses amis ne préviennent les secours alors que la victime agonise.

La mère du chauffeur, Margot Le Roux, femme puissante qui règne sur les mines du Northern Cape, décide de couvrir son fils. Pourquoi compromettre une carrière qui s’annonce brillante à cause d’une pauvresse ?

Dans un pays où la corruption règne à tous les étages, tout le monde s’en fout. Tout le monde, sauf Turner, un flic noir des Homicides.

Lorsqu’il arrive sur le territoire des Le Roux, une région aride et désertique, la confrontation va être terrible, entre cet homme déterminé à faire la justice, à tout prix, et cette femme décidée à protéger son fils, à tout prix.

Petit Plus : Le fauve Willocks est à nouveau lâché ! Délaissant le roman historique, il nous donne ici un véritable opéra noir, aussi puissant qu’hypnotique. On retrouve dans ce tableau au couteau de l’Afrique du Sud tout le souffle et l’ampleur du romancier, allié à une exceptionnelle force d’empathie.

Loin de tout manichéisme, il nous fait profiter d’une rare proximité avec ses personnages, illustrant de la sorte la fameuse phrase de Jean Renoir : « Sur cette Terre, il y a quelque chose d’effroyable, c’est que tout le monde a ses raisons. »

Critique :
Mais quelle voix rauque, cette Turner ! Quel déhanchement ! Quels frissons elle me donne lorsqu’elle chante « GoldenEye »…

Mille excuses, on m’annonce dans l’oreillette qu’il y a un Ike dans le potage et que ce n’est pas de Tina Turner que l’on parle dans ce roman mais d’un flic têtu et bourré de violence qui ne demande qu’à sortir si on vient lui chercher des poux dans la tête.

L’Afrique du Sud, sans ses vuvuzelas, mais bien ses Township, sa misère crasse, pour ne pas dire noire puisque là-bas, c’est le Blanc qui régna en maître et qui règne toujours.

Une femme pauvre et miséreuse qui se fait écrabouiller contre un container de poubelles et qui meurt dans d’atroces souffrances 30 minutes après, ça ne devrait même pas faire lever la tête des flics du Cap, la ville qui a un taux de criminalité à faire pâlir Tijuana, mais loin derrière la ville de Los Cabos.

Pourtant, Turner, lui, veut le résoudre, ce crime crapuleux et trouver ces Blancs qui n’ont même pas pris la peine d’appeler les secours, même s’ils auraient été inutiles.

Dans ce roman, on commence à l’envers puisque la scène d’ouverture est une de celles qui se passeront à la fin. Ça donne déjà envie de savoir comment Turner s’est retrouvé dans cette merde et une fois que l’on est revenu au point de départ, on n’a plus qu’une envie, tracer sa route et savoir.

Le suspense ne sera pas important niveau coupable puisque nous savons quasi qui a fait le coup, ne reste plus qu’à le prouver et traîner des Blancs riches et puissants devant les tribunaux, et vous savez que c’est là que ça va se corser, comme disaient les Romains face à Ocatarinetabellatchitchix.

Dans ce roman surchauffé et bourré de corruption, pas de manichéisme, personne n’est tout blanc ni tout noir, même celui qui a écrasé la pauvre fille et l’a laissé agoniser sur le bitume. Quant à Turner, malgré le fait qu’il soit incorruptible, quand on le cherche, on le trouve et généralement, on bouffe son acte de naissance jusqu’à la racine.

Un roman noir survolté, un roman où l’Afrique du Sud et son racisme est bien présent, un roman où les exactions de l’Homme sont bien décrites, sa cupidité aussi, ainsi que le fait qu’on ne bâtit pas une fortune en jouant aux Bisounours.

Un roman où une scène terrible m’a fait sauter des lignes, tant elle était horrible mais pourtant, nécessaire à la survie.

Un roman où les personnages sont si proches qu’on pourrait presque les toucher, un roman où la frontière entre le bien et le mal est ténue et où la ligne rouge est facile à franchir dès qu’on pense qu’on agit dans ses droits ou qu’on s’arrange avec sa propre conscience.

Un roman où l’écrasement d’une pauvresse déjà condamné au Cap va déclencher un tsunami de morts dans une ville (Langkopf) encore plus paumée que le trou du cul de l’anus monde (aux portes du Kalahari).

Non mais les gars, est-ce que ça valait la peine de faire tant de mort pour si peu ? Aux lecteurs de juger… En tout cas, voilà un thriller policier qui envoyait du lourd et dans lequel on n’a pas le temps de s’ennuyer.

PS : Mention spécial aux personnages de Turner, Simon, Hennie et Mokoena et de Mimymathy… Pardon, Iminathi !

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2018-2019), Le Challenge « Les Irréguliers de Baker Street » repris par Belette [The Cannibal Lecteur] et sur le forum de Livraddict (N°57 – La Crinière du Lion – lire un livre se passant en Afrique) et Le challenge British Mysteries (Janvier 2018 – décembre 2018) chez My Lou Book (auteur anglais).

 

Avaler du sable : Antônio Xerxenesky

Titre : Avaler du sable

Auteur : Antônio Xerxenesky
Édition : Asphalte (05/02/2015)
Édition Originale : Areia nos dentes
Traducteur : Mélanie Fusaro

Résumé :
Mavrak est une petite ville du Far-West peuplée de pistoleros et de filles de joie, située au milieu d’un désert de sable brûlant. Ici, la sobriété est déraison.

Depuis toujours, deux familles, les Marlowe et les Ramirez, s’opposent en une rivalité assassine. Celle-ci se voit bientôt ranimée par le meurtre lâche d’un des fils Ramirez.

D’autant qu’un shérif est envoyé à Mavrak pour faire régner la justice dans cette zone de non-droit.

Critique :
Mesdames (et messieurs, on ne sait jamais) avant de baver sur le clavier à cause du bel animal (celui de devant ou de derrière, au choix), je vous préviens de suite que je ne vais pas critiquer un western bourré de love boys…

L’image est indépendante de l’article, pour une fois, mais vu le moment de lecture que je viens de passer, j’avais envie de me faire plaisir les yeux.

Les familles Marlowe et Ramirez sont un peu les O’Timmins et les O’Hara du coin. Ils ne savent pas se piffer et personne ne sait pourquoi. Si nous étions en Corse, nous aurions un peu le même genre de rancœur comme entre le clan de Figatellix et celui d’Ocatarinetabellatchitchix… En tout cas, c’est très grave !

Car ce que je raconte, c’est l’histoire de mes ancêtres, des tensions qui se sont progressivement amplifiées et qui ont culminé avec le retour des morts. Non. Je mens. J’écris sur une ville, la bourgade où mes ancêtres ont vécu, celle où les Ramírez et les Marlowe ont existé et ont cessé d’exister. De cet endroit, il reste peu de chose. Cherchez sur une carte ou dans un atlas : vous ne trouverez rien.

Les éditions Asphalte ont pour habitude de me sortir de mes sentiers habituels de lecture me proposant des auteurs moins connus dans nos contrées, nous proposant de l’exotisme intelligent et noir.

Si  j’ai ronchonné un peu en lisant les chapitres avec les atermoiements d’un des personnages, qui tente d’écrire un livre western sur ses ancêtres (les Ramirez) qui avaient vécu dans le trou du cul du monde au temps du Far-West, j’ai pris mon mal en patience, attendant patiemment le retour des enfants terribles qui étaient ses ancêtres.

Parce qu’en plus de larmoyer et de boire comme un trou, notre homme écrivain nous gratifie dans son texte d’onomatopées et met même en page un bug informatique qui lui ravage un super passage qu’il venait d’écrire et que nous ne connaîtrons jamais. Frustration, quand tu nous tiens.

Déjà que niveau dialogues, l’avarice régnait en maître au niveau des guillemets et des tirets cadratins… Ce qui me fait souvent bouillir intérieurement et rend le style plus brouillon.

Anybref. On remarque vite dans le récit western qu’il y a une analogie entre les relations de Juan Ramirez (l’auteur) et Martín, son fils qu’il n’a jamais compris et celles qui régnaient entre son ancêtre et Juan, un des fils de celui-ci, celui qui était parti étudier dans le Nord, qui ne buvait pas et qui tirait aussi bien qu’un type atteint de la parkinson.

T’es le pistolero le plus lent de l’Ouest ! Une espèce de limace avec un poncho ! Une tortue à éperons ! Viens plus me dire que t’es pas un pistolero. Maintenant, tu l’es. Je l’ai décidé.

Un fils qui ne savait même pas boire, ça ne pouvait pas être un homme, un vrai. Surtout dans une ville où, selon Miguel, la sobriété est déraison.

À un moment, je me suis même demandée si Juan Ramirez n’écrivait pas son western pour tenter de comprendre et d’exorciser le fait qu’il ne voyait plus son fils et qu’il avait tout raté avec lui, tout comme cet ancêtre avant lui, l’histoire étant un perpétuel recommencement.

Si j’étais doté d’un talent pour la fiction, je modifierais sans pitié les événements. Parce que Miguel, d’une certaine façon, répète tout ce que j’ai fait. Ou, plutôt, moi, plus de cent ans plus tard, je répète tous ses désastres. Je suis la preuve définitive que l’histoire est cyclique. 

Une bonne idée de scénario et j’ai de suite accepté le postulat que son histoire de western n’était peut-être qu’une invention de son esprit, qu’il se mettait en scène avec son fils, dans une autre époque, afin de comprendre où tout avait foiré…

Jusque là, tout allait donc plus ou moins bien dans le récit et l’auteur confirmait même que j’avais bien deviné.

Tu en penses ce que tu veux, lecteur, mais moi, je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Tout le reste est faux. Ce n’est pas un western. C’est autant un western qu’Apocalypse Now est un film de guerre. 

Je commence à croire que l’histoire que j’écris est celle d’un père et d’un fils. Rien de plus.

Là où je suis tombée de ma chaise, c’est lorsque des zombies sont entrés en action dans le roman western et que tout est parti en sucette !

Heu ? Déjà que les récits de morts-vivants ne sont pas ma came, mais bon, si je lis un livre de zombies, je sais que je vais en voir débouler. Mais pas ici, bordel de merde !

Encore un livre qui va rejoindre ma pile de « À donner » !

L’univers, c’était Mavrak, et la petite ville s’extrayait de l’inertie matinale pour démarrer la journée. Par la fenêtre, rien n’échappait au regard de Miguel Ramírez. Il vit des chevaux s’abreuver. Il vit un Marlowe. Il vit son autre fils, Juan, cheveux gras volant dans son cou malgré son chapeau. Son petit-fils Sergio, au loin.

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018) et le Mois Espagnol chez Sharon (Mai 2018).

Tango – Tome 1 – Un océan de pierre : Matz & Philippe Xavier

Titre : Tango – Tome 1 – Un océan de pierre

Scénariste : Matz
Dessinateur : Philippe Xavier

Édition : Le Lombard (03/11/2017)

Résumé :
John Tango se croit à l’abri, dans son coin perdu de la Cordillère des Andes. Il a refait sa vie. Mais là comme ailleurs, tout le monde a ses secrets.

Quand des hommes armés viennent agresser ses voisins et amis, Tango intervient et déclenche une succession d’événements imprévisibles. Après tout, quatre ans de tranquillité, c’était déjà pas mal…

Critique :
En Belgique, un Tango n’est pas qu’une danse, c’est aussi un mélange grenadine/bière.

On a aussi une chanson du Grand Jojo, mais rassurez-vous, je ne vous casserai pas les oreilles en vous chantant « Le Tango du Congo »…  ♫

Quoique, je pourrais…

Non, restez, faut pas avoir peur !

Les éditions du Lombard n’apprécieraient pas que tout les lecteurs potentiels fuient ma chronique, surtout qu’elle ne va que dire du bien de ce nouvel album que le facteur a gentiment déposé dans ma boite aux lettres.

Déjà la prise en main était bonne : j’avais dans mes petites menottes douces et délicates un album bien lourd. Putain, un 66 pages ?? Ça existe encore, parait ? D’habitude, on radine un peu sur les pages.

J’ouvre… Waw, la première image m’en met plein les mirettes !

Un dessin réaliste, des couleurs chaudes, des paysages à me couper le souffle et mon imagination est déjà au travail, m’imaginant en train de chevaucher dans ces contrées de rêves (si Le Lombard et Babelio veulent me payer le voyage… Je suis partante).

Je suis arrivé dans la région plus ou moins par hasard. J’en avais entendu parler. j’avais lu quelque part que c’était un pays presque vide. Ça m’allait très bien. moins il y a de gens au kilomètre carré, et moins il y a de cons et de nuisibles… c’est mécanique…

Et le fameux Tango ? Qu’en est-il ? Ni un mélange à boire, ni une chanson, ni une danse, mais un homme qui est allé se perdre dans le trou du cul de la Cordillère des Andes, et sûrement pas pour éluder ses impôts, mais pour fuir quelque chose, ou quelqu’un ou se faire oublier.

Ce qu’il y a de bien avec le désert, c’est qu’il n’y a personne…Exactement ce que je cherchais : des paysages magnifiques, de l’espace, un climat agréable , et surtout la paix . la tranquillité, la solitude, le vide. on peut rouler des heures sans croiser personne, ici. C’est presque comme sur l’océan…

— Non mais c’est pas vrai, ça ! Pas vu âme qui vive depuis 2 heures, je m’arrête pour pisser un coup, et un bon dieu d’indien sort de derrière un cactus ! Où est-ce qu’il faut aller pour avoir la paix, bordel ? En Antarctique ? 

Ma foi, le Tango, je le croiserais au coin d’un cactus dans la pampa, je lui demanderais l’heure et même plus.

Il a la beauté troublante d’un beau brun ténébreux, un corps avec les tablettes de chocolat non fondues et selon Agustina, il n’a pas l’air d’être un branleur au lit.

Bref, il avait une petite vie tranquille, peinard, sans se prendre la tête, intégré dans le paysage et dans la populace, et puis, bardaf, l’embardée, il a aidé ses voisins et amis lorsque le père s’est fait agresser et le passé, tel Zorro, a surgit hors de la nuit.

Avant de s’enfoncer tête baissée dans les ennuis, il faut toujours tourner son flingue sept fois dans sa ceinture. Et si c’est trop tard, alors il faut essayer de comprendre comment ne pas s’enfoncer encore plus profondément dans le merde.

J’ai lu quelque part que même quand on s’installe dans un bled ou on ne connait personne, on finit par se créer des devoirs et des obligations envers les gens exactement comme avec ses proches. On dirait que ça se vérifie pour moi…

Si le scénario a des airs de grand classique avec des personnages aux passés troubles, renfermant des secrets pas nets, sordides, se cachant du monde après l’avoir fui (parce qu’ils ont fait des grosses bêtises), je dois avouer que la manière de nous le présenter et de nous le conter est des plus intrigantes.

Il faut croire que les choses ne sont jamais aussi simples qu’elles en ont l’air, même dans les petits bleds. On pense que c’est différent de la grande ville, où on sait que c’est trouble, emberlificoté, que les gens sont perfides et tordus, impatients et impitoyables, et en fait, là aussi, les gens y ont leurs petits et grands secrets, leurs petits et grands mensonges…

Ici, personne n’est tout blanc ou tout noir, chacun a ses secrets, son passé, ses emmerdes, ses erreurs de jeunesse, avec ou sans circonstances atténuantes. Vous serez seul juge.

Comme je le disais, tout le monde ment tout le temps à tout le monde à tous propos, et chacun a ses raisons pour le faire…

— Je ne te juge pas, Anselmo. D’abord parce que rares sont ceux qui n’ont pas fait de choses dont ils n’ont pas honte ou qu’ils ne regrettent pas, et parce que tu es un ami et qu’on ne juge pas ses amis. On les aide. 

On se laisse porter par l’histoire, on s’attache à Tango et à son jeune aidant, Diego, on tremble pour eux, on cravache nos montures pour échapper aux méchants, tout en se disant que la nuque brisée, pour certains, c’est encore trop gentil.

Tiens, vu la qualité du dessin et des paysages, j’aurais vu surgir Blondin entre deux cactus que je n’aurais pas été étonnée. Niveau musique, celle, magique, d’Ennio Morricone, aurait donné un trip d’enfer à certains passages.

Je n’espère qu’une chose, c’est que les aventures de notre Tango ne soient pas la seule et l’unique et que, si suite il y a, elle soit d’aussi bonne qualité littéraire que celle que je viens de dévorer.

Pour ceux qui voudraient la découvrir – l’album vaut la peine qu’on l’achète – cette histoire se suffit aussi à elle-même puisqu’elle a un début, un milieu et une fin, sans cliffhanger.

Le tout servi par un bon scénario, un ton incisif, des personnages attachants (pas tout, hein !) et une bonne dose d’humour, ce qui ne gâche rien.

Mon avenir proche était une équation à plusieurs inconnues et je n’ai jamais été très bon en maths…

Tiens, niveau Tango, on a aussi une réplique dans « Garde à vue » avec Ventura, Serrault, Guy Marchand et Romy :
— Tango, ça s’écrit comme un tango ?
— Oui. Comment voulez-vous que ça s’écrive ? Comme paso doble ?

Allez, je ne résiste pas à vous chanter du Grand Jojo pour fêter ce 4 Sherlock !

♫ J’suis amoureux d’une congolaise
C’est une belle noire
Et elle s’appelle Thérèse
Et sa mère est Madame Caca
Dans un snack-bar
Au Katanga
C’est le tango, le tango, le tango
Du Congo
C’est le tango, tango d’amour
Je t’aimerai toujours
Non, ce n’est pas du Mozart, ni du Bach
C’est pas une valse anglaise
C’est le tango, le tango, le tango
De ma congolaise
Un jour j’étais sous son balcon
Avec une boite de macarons
Un ptit bouquet de pissenlits
Et un disque de Tino Rossi
Elle m’a dit: « Viens, tu peux monter »
Au parlophone, j’ai répondu O.K
Jusqu’au 20ème j’ai mis une heure
Je savais pas qu’y avait un ascenseur ♪

Challenge Thrillers et Polars de Sharon (2017-2018).

Désert solitaire – Edward Abbey

Titre : Désert solitaire

Auteur : Edward Abbey
Édition :

Résumé :
Peu de livres ont autant déchainé les passions que celui que vous tenez entre les mains. Publié pour la première fois en 1968, Désert solitaire est en effet de ces rares livres dont on peut affirmer sans exagérer qu’il « changeait les vies » comme l’écrit Doug Peacock.

À la fin des années 1950, Edward Abbey travaille deux saisons comme ranger dans le parc national des Arches, en plein cœur du désert de l’Utah.

Lorsqu’il y retourne, une dizaine d’années plus tard, il constate avec effroi que le progrès est aussi passé par là. Cette aventure forme la base d’un récit envoûtant, véritable chant d’amour à la sauvagerie du monde, mais aussi formidable coup de colère du légendaire auteur du Gang de la Clef à Molette.

Chef d’œuvre irrévérencieux et tumultueux, Désert solitaire est un classique du Nature Writing et sans conteste l’un des plus beaux textes jamais inspirés par le désert américain.

Critique :
Comme le disait si bien Monsieur Preskovik : « Ça est caustique ».

Si vous êtes un adepte de la voiture pour aller chercher votre pain à 200 mètres, ce livre risque de vous faire mal aux jambes car notre homme préconise le retour à la bipédie, autrement dit « lève-toi et marche » comme disait si bien une autre personne.

Ce qui lui donnait des aigreurs d’estomac, à notre Edward Abbey, c’est que l’on construise des routes dans les parcs nationaux afin que les gens puissent arriver jusqu’aux sites principaux en bagnoles.

Pourquoi ? Afin de gagner plus d’argent puisque ces « fainéants » viendraient visiter le parc, tandis qu’avec des chemins de terre fréquentables uniquement à pied ou à cheval, et bien on vise un moins large public.

La plume est acide, caustique, virulente envers cette Amérique qui ne se déplace qu’avec un engin motorisée, qui veut voir des lieux naturels, mais en accédant bien calé dans leur siège de voiture, la clim’ à fond.

N’ouvrez pas ce roman dans le but d’y lire une histoire rythmée par autres choses que les saisons et le temps qui passe, car ici, hormis les quelques aventures d’explorateurs racontées par Abbey, il ne se passe pas grand-chose d’exceptionnel.

Enfin, rien d’exceptionnel, c’est exagéré car on a entre les mains un véritable roman de nature writing, une ode aux déserts, à la nature brute, le tout dans des décors magnifiques que la main de l’Homme va, une fois de plus, bouleverser avec son « bétonnez-moi tout ça ».

La vallée est belle… et pourtant, on va submerger tout ça avec un lac artificiel, à un autre endroit, on va faire des routes pour que les gros 4×4 des familles en visite puissent passer et aller partout, afin que ces gens puissent visiter la Nature sans descendre de leurs fauteuils confortables.

Abbey sait de quoi il parle et dans son roman, il nous raconte tout simplement son quotidien au sein de l’Arch National Monument, lui qui y fut ranger durant six mois, dans les années 50. Un boulot solitaire, mais pas toujours, car il faut se méfier des prédateurs dangereux que sont l’Homo Erectus !

Mélangeant le nature writing à la philosophie de vie, de pensées, ajoutant une critique amère des religions, ou plutôt de la manière dont les gens la vivent, critique caustique, amère et cynique de la société américaine, ce roman nous transporte dans un autre lieu, un autre monde, un monde que l’on aimerait visiter autrement qu’assis dans son divan… À pieds, par exemple, comme les vrais.

Ce roman, c’est plus qu’une ode à la Nature sauvage, c’est aussi un plaidoyer pour elle, un cri de colère contre l’Homme qui détruit tout, qui ne respecte rien, c’est une déclaration d’amour à la solitude, c’est des escapades dans des lieux magiques où l’Homme n’est pas passé souvent et ne l’a donc pas détruit ou altéré.

Un récit qui se déroule tout en langueur, un récit que l’on lit dans le calme, la sérénité, avant d’avoir envie d’exploser devant la connerie humaine et sa propension au bétonnage et aux ordures laissées derrière lui.

Le Challenge « Il était une fois dans l’Ouest » chez The Cannibal Lecteur et Le « Mois Américain – Septembre 2017 » chez Titine.

Le Messie de Dune – Dune II : Frank Herbert [LC avec Stelphique]

Titre : Le cycle de Dune – Tome 2 – Le messie de Dune

Auteur : Frank Herbert
Édition : Pocket (2005)

Résumé :
Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremens ont conquis l’univers. Il est devenu l’empereur Muad’hib. Presque un dieu, puisqu’il voit l’avenir.

Ses ennemis, il les connaît. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice qui donne la prescience et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans.

Mais il voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre. Il est hanté par la vision de sa propre mort.

Et s’il n’avait le choix qu’entre plusieurs suicides ? Et s’il ruinait son œuvre en matant ses ennemis ? Peut-être n’y a-t-il pour le prescient pas d’autre liberté que celle du sacrifice…

Critique (Stelphique en bas) : 
Mitigée je suis à la fin de cette lecture.

D’un côté, l’écriture et le scénario ont gagné en puissance. La première est presque magistrale et le second a augmenté en profondeur, s’enfonçant dans le politico-religieux de haut-de-gamme.

Les personnages ont atteint des sommets, l’intrigue est dense, il y a une tension psychologique dans ces pages qui vous donnent envie de vous bouffer les doigts…

Et pourtant, j’ai l’impression que je viens de passer à côté royalement.

Pas que je n’avais pas la tête à ça (du moins, je le pense) juste que j’ai eu un mal fou à rentrer dedans après un petit mois loin du sable brûlant de Dune.

Est-ce dû au manque d’Épice qui aurait mis ma préscience à mal ? Est-ce dû au fait qu’après un gros pavé – dont une grande partie à parcourir le désert et vivre avec toute la troupe de Sietch – je me suis sentie à l’étroit dans un petit 240 pages et une vie de nanab dans un palais ?

« On n’accule pas les gens dans un coin, dit Alia. Pas si on attend d’eux qu’ils demeurent paisibles. »

Est-ce dû au fait qu’on nous parle sans cesse des multiples conquêtes des Mondes qu’à réalisé l’Empereur Muad’Dib – Paul Atréides – et son armée et que je n’ai pas pris part à cette guerre ?

Est-ce dû au fait que ça bouge un peu moins dans ce tome qui, pourtant, est riche en événements ?

Je ne le sais pas, mais j’ai terminé ma lecture le cul entre deux Vers des Sable, ne sachant pas si j’allais tirer à gauche ou à droite.

Ce n’est pas à la création que les Empires souffrent de ne pas avoir de but, mais plus tard, lorsqu’ils sont fermement établis et que les objectifs sont oubliés et remplacés par des rites sans fondements.

Croyez bien que ça m’emmerde profondément de passer à côté d’un roman pareil et de me retrouver à ma gratter la tête dans l’espoir de trouver une solution à mon problème.

On n’implore pas la pitié du soleil.

Bon sang, tout était réuni pour faire mon bonheur : suspense, manipulations, complots, magouilles, pièges, des personnages principaux forts, des secondaires dont on ne sait jamais si on peut s’y fier totalement ou pas… Des surprises, aussi.

J’adore lorsqu’on me parle des considérations économiques, politiques et religieuses  – puisqu’ils ont fait de Paul un quasi Dieu.  J’aime lire un récit qui s’appuie sur le pouvoir et ses multiples dérives, découvrir les critique de la société – ici ce sont les Fremens qui ont un peu renié leurs principes (certains) – et voir de l’eugénisme dans le comportement de la Révérende Mère Bene Gesserit.

Les gènes… Seuls comptaient les précieux gènes des Atréides. Le besoin transcendait l’interdiction. Pour les Sœurs, la fécondation allait au-delà de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule. C’était la psyché qu’il fallait viser.

Et puis, Muad’Dib est magistral, dans ce roman. Avec ce culte qu’on lui voue, cette déification, de Jihad, sa puissance qui est telle qu’elle fait de lui un être seul, même entouré. Les autres ont fait de lui un Dieu et lui « ne sait rien faire là-contre » (comme on dit à Bruxelles).

Oui, le roman était formidable et moi, je devais être fort minable entre les deux fêtes de fin d’année, avec un esprit ailleurs, tourmenté comme celui de Paul…

— […] La croyance peut être manipulée. Seul le savoir est dangereux.

Le final est horrible et beau à la fois… le désert est immense et nul ne saura jamais vraiment si… La légende est en marche !

— Le désert impose ses propres rythmes, dit Stiglar. Nous l’avons accueilli, nous l’avons appelé Muad’Dib, notre Madhi. Nous lui avons donné son nom secret, Usul, la Base du Pilier.
— Pourtant il n’était pas né Fremen.
— Cela ne change rien au fait que nous l’avons considéré comme tel… finalement (Stiglar posa a main sur l’épaule d’Idaho). Tous les hommes sont des étrangers, mon vieil ami.

Malgré cet opus plus plat en action pure et dure, je compte bien poursuivre ma découverte de la saga parce que ce serait bête de passer à côté d’un truc aussi monumental.

Le « Challenge US » chez Noctembule.

Étoile 3,5

Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
On poursuit avec ma binôme, les aventures sur la planète hostile….

Synopsis :
Paul Atréides a triomphé de ses ennemis. En douze ans de guerre sainte, ses Fremens ont conquis l’univers. Il est devenu l’empereur Muad’hib. Presque un dieu, puisqu’il voit l’avenir.

Ses ennemis, il les connaît. Il sait quand et comment ils frapperont. Ils vont essayer de lui reprendre l’épice qui donne la prescience et peut-être de percer le secret de son pouvoir. Il peut déjouer leurs plans. Mais il voit plus loin encore. Il sait que tous les futurs possibles mènent au désastre. Il est hanté par la vision de sa propre mort. Et s’il n’avait le choix qu’entre plusieurs suicides ?

Et s’il ruinait son œuvre en matant ses ennemis ? Peut-être n’y a-t-il pour le prescient pas d’autre liberté que celle du sacrifice…

Les personnages :
Hayt, quel personnage!!!Il a éveillé ma curiosité pendant tout le long!!!Intéressant et mystérieux, il n’en fallait pas plus pour plaire à la gent féminine, si ce n’est son aspect Mort/Vivant.

Alia ne remplacera pas Jessica dans mes coup de cœur, mais j’espère qu’elle prendra tout autant de prestance dans l’avenir.

Paul élevé au rang de Messie, presque au rang de Dieu, possède une aura qu’on a plaisir à voir. Un personnage admiré et admirable !!!!

Ce que j’ai ressenti :
« Je goûtais le silence, dit-il enfin. Nos haines valent mieux lorsqu’elles ne quittent point nos bouches. « 

Le retour sur Dune fut un plaisir mitigé….Autant, j’ai aimé Paul et sa son fabuleux destin, retrouver la planète de tous les dangers, et rencontrer de nouveaux personnages mystérieux. Autant , j’ai trouvé trop court ce tome pour me mettre vraiment en phase avec cette lecture.

En fait, mon impression est qu’il est un tome de transition, un « entre-deux » un peu léger, qui commence à mettre en place la suite de la descendance.

Et en parlant de succession, j’ai trouvé que ça parlait vachement « bébé », tellement que mes hormones s’y sont mis aussi: « Tiens, et si…. » auquel mon cerveau a répondu: « ouais mais non… ». J’adore les discussions avec les parties de mon corps….mdr (Cannibal PTDR en découvrant la chose). mdr, Non sans rire, elles sont en folie ses nanas, leur horloge biologique est en pleine effervescence !!!!

« On peut reconnaitre le mal à son odeur. « 

Un tome donc lu très vite mais qui ne pas laissée de grandes impressions, comme pour le tome 1. Du mal à écrire une chronique au pied levé, certes, j’ai aimé, vraiment, n’en doutez point , et je continuerai à suivre les aventures de Paul et sa famille, mais pour ce tome, je ressors un poil déçue, il y avait trop de stratégies et complots sombres, et on perd quand même deux de mes personnages préférés, sans compter l’aspect écologique et fascinant de cette planète si particulière, et tout l’enseignement Bene Gesserit qui m’avait tant plu…

Donc, moins de magie quand on est une fée, ça ne fait pas de grande envolée….

« Chaque question religieuse, gouvernementale ou financière se résume ainsi : Qui exercera le pouvoir? « 

Ma note Plaisir de lecture fee clochette 7/10

BILAN - Minion tasse dépité - OK

Le Messie de Dune : Frank Herbert [LC – Impressions de lecture 2/2]

Messie de Dune - Dune II - Frank Herbert [NUM]

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 140) : On rempile avec le distille…
Toujours ces bons vieux complots, des trahisons, des coups de pute dans le dos… Quand on joue au jeu des Trônes, soit on gagne, soit on perd… Beaucoup de mystères aussi quand à Hayt, il m’intrigue au plus haut point.

Impressions de Stelphique (page 1 à140) : On rempile…
On se remet notre combi-distille, et on y va gaiement….Les énigmes sont toujours de la partie: on parle de vivants et de mort, de Mort-vivant, de bébé, bref la Vie est au centre de ce tome, même si de là, ça ne fait pas trop envie….Très intriguée par Hayt…

Impressions du Cannibal (pages 121 à 240) : Dur de m’accrocher, le sable de Dune glisse entre mes doigts…
Moins de pep’s que le premier tome, roman pivot, qualité d’écriture trèèès haute et pourtant mon esprit bat le désert et se perd parfois. Malgré tout, je compte continuer à faire des pâtés de sable sur Arrakis.

Impressions de Stelphique (pages 121 à 240) : Un poil déçue…
Un tome un peu court qui se laisse moins apprivoiser que le premier… Seul un peu sur la fin, j’ai senti l’émotion qui m’avait tant plu sur Dune : Paul possède une aura que j’adore retrouver. J’avais raison de m’intéresser de près à Hayt !!!! 😉

Le Messie de Dune : Franck Herbert [LC avec Stelphique – Intro]

Messie de Dune - Dune II - Frank Herbert [NUM]

Vu le beau temps et le Noël au balcon que nous venons d’avoir, on s’est dit, Stelphique et moi, qu’il faisait un temps à aller barboter dans l’eau et faire des châteaux de sable ! J’adore quand ma binômette Stelphique me fait des propositions pareilles « Dune, ça te dit ? »… J’aime la plage alors je dis oui !

— Cannibal, lorsque je parlais de « Dune », je demandais si tu voulais lire la suite de la saga de Frank Herbert, pas d’aller courir en bikini sur la plage !
— Oh, merde, Stelphique, tu fais chier là ! Moi je pensais VRAIMENT aux dunes que l’on trouve sur la plage ! Rhââââ, j’avais déjà sorti mon deux pièces et mes seaux pour les pâtés dans le sable.
— Ben, t’as qu’à aller le lire sur la plage si tu veux…
— Non, toute seule, c’est pas drôle, je vais lire dans mon divan, tiens…

 

L’Alchimiste : Paulo Coelho [LC avec Stelphique]

Titre : L’Alchimiste                                                                         big_3

Auteur : Paulo Coelho
Édition : Anne Carrière (1994) pour la première édition / J’ai Lu / Livre de Poche

Résumé :
L’alchimiste Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu’il rencontre l’Alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve.

Merveilleux conte philosophique destiné à l’enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a déjà marqué une génération de lecteurs.

Critique :
Voilà un roman que je n’avais jamais voulu lire… Tout le monde me bassinait avec ce livre en 1995 et puisque tout le monde ne jurait que par lui, j’avais pris la décision ferme et définitive de ne jamais le lire. Na !

Pourquoi ce revirement ? À cause de ma binômette de Lecture Commune, Stelphique, qui l’adore et qui a insisté (pas trop) pour qu’enfin je le découvre et puisse ensuite le critique ou le porter aux nues.

C’est donc avec circonspection que j’ai commencé ma lecture, vu les critiques peu élogieuses que j’avais lues sur ce best-seller.

Je conseillerais à ceux qui veulent le commencer de le faire avec l’esprit d’un enfant, avec le côté fantastique enclenché et de le voir en tant que conte philosophique. Sans ça, j’aurais trouvé le style à chier, neuneu, cliché, trop mielleux, naïf, simpliste, bourré de philosophie à deux balles (ou de comptoir) et râlé que tout tombe tip-top.

C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante.

Je t’aime parce que tout l’Univers a conspiré à me faire arriver jusqu’à toi.
 
Il n’y a qu’une chose qui puisse rendre un rêve impossible : c’est la peur d’échouer.

Personne ne peut fuir son cœur, c’est pourquoi il vaut mieux écouter ce qu’il dit.

Mais voilà, j’ai ouvert mon âme enfantine plus fort que madame Cash juste avant une triple… *vous savez quoi* et j’ai suivi avec le sourire les pérégrinations de Santiago qui voulait accomplir son rêve, sa Légende Personnelle.

Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve.

Certes, niveau écriture, c’est du « easy reader », de l’écriture fast-food, low-cost, ça cassera pas 5 pattes à un dromadaire, mais je vous avoue qu’une fois ouvert ce roman, je ne l’ai pas reposé avant de l’avoir terminé.

Pourquoi ?? Un Djinn m’aurait-il enchanté ?

Non, mais de temps en temps, j’aime lire des histoires assez simple, bourrée de clichés, de philosophie bas-de-gamme que tout le monde connait, me donnant souvent l’impression de lire un article rempli de citations ou d’être dans « Les citations des Minions », mais que voulez-vous, ma raison a ses raisons que ma propre raison ignore : j’ai aimé ce bouquin !

J’aurais dû hurler devant ses clichés plan-plan, devant ces deus ex machina utilisé pour sortir Santiago de l’impasse, j’aurais dû balancer le livre devant certains faits impossibles, mais puisque c’était un conte, je l’ai pris comme tel et j’ai passé deux bonnes heures de lecture sans me prendre la tête.

La peur de la souffrance est bien pire que la souffrance elle-même…

Quand nous avons de grands trésors sous les yeux, nous ne nous en apercevons jamais. Et sais-tu pourquoi ? Parce que les hommes ne croient pas aux trésors.

Tout ce que nous craignons, c’est de perdre ce que nous possédons, qu’il s’agisse de notre vie ou de nos cultures. Mais cette crainte cesse lorsque nous comprenons que notre histoire et l’histoire du monde ont été écrites par la même Main.

Comme quoi, les miracles peuvent arriver : j’ai lu ce roman, je l’ai apprécié, même s’il ne fera jamais partie de mon Top 20 littéraire.

Lire « À Tous Prix » chez Asphodèle (Grand prix des lectrices Elle – Roman – 1995).

BILAN - LC réussie - OK
Pourquoi je l’ai choisi (par Stelphique) :
Je relis souvent pour le pur plaisir ce livre régulièrement, mais cette fois ci, je partage cette lecture avec ma binôme complètement délurée: Cannibal Lecteur et ça me touche qu’elle m’ait suivi sur cette lecture. Merci encore à elle…;)

Synopsis :
Un jeune berger andalou, Santiago, part à la recherche d’un trésor enfoui au pied des pyramides. Il découvrira pendant son périple la clef d’une quête spirituelle. ‘L’ Alchimiste’ est le récit d’une quête, celle de Santiago, un jeune berger andalou parti à la recherche d’un trésor enfoui au pied des Pyramides. 

Dans le désert, initié par l’alchimiste, il apprendra à écouter son cœur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Destiné à l’enfant que chaque être cache en soi, ‘L’ Alchimiste’ est un merveilleux conte philosophique, que l’on compare souvent au ‘Petit Prince’, de Saint Exupéry, et à ‘Jonathan Livingston le Goéland’, de Richard Bach.
Ce que j’ai ressenti….Un doux apaisement…..

 » C’est justement la possibilité de réaliser un rêve qui rend la vie intéressante. « 

Pourquoi Est-ce Mon Livre Préféré ?
Tout d’abord parce que c’est un conte. Un conte merveilleux, d’une douceur apaisante. Je suis fan de Andersen, Perrault, Grimm, je relis sans cesse leurs histoires, car j’admire leur façon d’écrire sous couvert de féérie, les drames de l’Histoire.

Et ce conte là de Paulo Coelho me touche particulièrement, car il nous montre un berger à la recherche de son trésor, un homme qui observe le monde qui nous entoure, en suivant sa destinée.

Je crois que si ce livre m’a autant plu, c’est que je l’ai lu avant que mon innocence se soit envolée, et je le relis sans cesse pour ne pas oublier cette vision de la vie simple et ouverte sur notre monde, juste pour essayer de ne jamais perdre cet esprit d’enfant ébloui, par la beauté de notre planète.

J’ai appris que le monde possède une âme, et celui qui pourra comprendre cette âme comprendra le langage des choses.

Il n’a qu’une façon d’apprendre, répondit l’Alchimiste. C’est par l’action. Tout ce que tu avais besoin de savoir, c’est le voyage qui te l’a enseigné.

Le monde arabe nous est raconté avec magie et spiritualité. Le désert n’aura jamais autant été si beau et aussi enivrant, les pyramides, un rêve à portée de main, l’Islam aussi généreux. Santiago a un œil neuf, observateur attentif aux signes, à la vie tout simplement…. Il va devenir au cours de sa route un homme transformé, un être courageux et confiant, un esprit éclairé.

Suivre sa destinée lui a permis de mieux se connaitre, mieux comprendre le monde qui nous entoure, mieux appréhender l’avenir. Oui, un conte merveilleux qui aurait pu commencer par la formule autrement célèbre « Il était une fois »  » Once upon a time »: la formule magique qui englobe ô combien d’idées merveilleuses.

Peut-être Dieu a-t-il créé le désert pour que l’homme puisse se réjouir à la vue des palmiers »

Ensuite c’est un conte philosophique. Il y a à l’intérieur une certaine forme de spiritualité, un courant de pensée apaisant. Une histoire riche en rebondissements et en enseignement porteur de lumière.

Si on se laisse guider par ce flot, on en ressort profondément touché en plein cœur, grandi d’une vision d’amour et de partage, élevé d’ Espoir.

C’est certes une philosophie simple, (d’autres diront naïve), mais il n’y a pas de mal à se faire du bien? La simplicité ne serait -elle pas la clé du bonheur ?

Moi , j’aime y voir dans ces pages un simple berger, instruit et attentif aux signes, qui s’ouvre spirituellement pour toucher la Magie de ce monde, de le voir se transformer en vent, de le voir s’ouvrir aux secrets de l’Alchimie, de le voir succomber à l’Amour dans un regard.

Je suis une incroyable romantique, une inconditionnellement rêveuse, et une fée émerveillée encore de Merveilleux, pour moi ce texte est puissant car rempli de simplicité et d’altruisme, il se lit en deux vitesses et comporte ce qu’il faut de féérie pour nous faire rêver plus fort.

« Avant de réaliser un rêve, l’Âme du Monde veut toujours évaluer tout ce qui a été appris durant le parcours. Si elle agit ainsi, ce n’est pas par méchanceté à notre égard, c’est pour que nous puissions, en même temps que notre rêve, conquérir également les leçons que nous apprenons en allant vers lui. Et c’est le moment où la plupart des gens renoncent. C’est ce que nous appelons, dans le langage du désert : mourir de soif quand les palmiers de l’oasis sont déjà en vue à l’horizon. »

En bref, lorsque je relis ce livre, il m’apporte l’apaisement, il me permet de me recentrer, de revenir à l’essentiel et surtout de garder mon âme d’enfant.

A chaque lecture, j’ai l’impression de découvrir une nouvelle chose qui trouve sa voie dans mon quotidien. En ces jours si sombres qui frappent la France, cette lecture m’a permis  de trouver la force de croire encore à un avenir meilleur.

« Quand on veut une chose, tout l’Univers conspire à nous permettre de réaliser notre rêve. »

« C’est dans le présent que réside le secret ; si tu fais attention au présent tu peux le rendre meilleur. Et si tu améliores le présent, ce qui viendra ensuite sera également meilleur. Oublie le futur et vis chaque jour de ta vie selon les enseignements de la Loi, et en te fiant à la sollicitude de Dieu à l’égard de ses enfants. Chaque jour porte en lui l’Éternité. »

 

Ma note Plaisir de Lecture fee clochette 10/10

L’Alchimiste : Paulo Coehlo [LC : Impressions de lecture 2/2]

Impressions de lecture du Cannibal Lecteur (page 1 à 100) : Prise en main avec circonspection…
Entrée dans le livre très vite car j’avais allumé mon cœur d’enfant, ouvert mon esprit aussi grand que si j’allais entamer la lecture d’un conte. La magie a opéré. Oui, Magie, c’est le mot.

Impressions de Stelphique (page 1 à 100) : Nostalgie….
C’est avec nostalgie que je relis ce livre, près de 10 ans après, mais pour la treizième fois. Quel apaisement dans ses lignes… Un homme a la recherche de son chemin personnel dans un monde compliqué. Aller au bout de ses rêves, se donner la peine de les accomplir, et garder foi en l’avenir… Que de jolies philosophies abordées…. Allez je vais me confronter au désert….

Impressions du Cannibal Lecteur (pages 101 à fin) : La quête !! (un mot que j’aime bien, phonétiquement parlant… je sors !)
Ah, le désert, les chevauchées fantastiques, les cheveux au vent, le chèche dans le cou, les Touaregs… Plus quelques enseignements que je connaissais déjà. Dévoré le roman en une fois, d’un coup, avec mon âme d’enfant, et digestion ensuite…

Impressions de Stelphique (pages 100/à fin) : Apaisement.
En plus de lire une belle histoire, c’est un flot d’apaisement qui nous envahit à la lecture de ses lignes. Une certaine magie nous envahit, une féérie du désert qui opère, une forme de spiritualité qui nous éveille sur le monde. Un merveilleux moment de lecture.